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Autre exemple, dit-elle d’un ton patient. Voyez-vous, les hommes ont le dessus en termes de taille et de force physique, et beaucoup d’entre eux ont peu de scrupules à l’utiliser lorsqu'ils sentent qu'ils ne peuvent gagner par l’intelligence. D’après vous, qui a eu le premier l’idée de la prostitution ? Les femmes ? Vous croyez que nous aimons ça, de nous faire dégrader tous les jours ? Je trouve ça très ironique. C’est un service très demandé, et dans lequel s’engagent peu de femmes qui n’y soient pas contraintes. » Elle tamponna ses propres blessures et morsures de vermine d’un peu de tonique, puis tendit la fiole à Grunthor, qui secoua la tête. « Ce sont les hommes qui le veulent, poursuivit-elle. Ils se donnent parfois beaucoup de mal pour l’obtenir, puis ils se détournent des femmes et les insultent, ces femmes qui servent d’exutoire à leur besoin irrépressible. Puis les hommes se comportent comme si ces femmes devaient avoir honte de leurs actions, alors que l’idée venait d’eux. Voilà ce que je ne peux tolérer.

Tout le monde peut comprendre que quelqu'un qui a faim ait recours au vol pour nourrir sa famille, mais une femme forcée de s’engager dans cette profession par la même menace, ou par la violence, se retrouve moins que rien. Peu importe l’homme qui profite de ce service. Il n’a rien à regretter, et en général c’est même lui qui attend d’elle qu'elle considère ce mépris et ces sarcasmes comme mérités. Alors moi je dis que vous pouvez tous courir. Je vais rester célibataire.

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à mesure que le tissu se dérobait, il frissonnait de plus en plus, au point qu’au cinquième bouton, il fut pris d’un spasme nerveux et arracha par mégarde le bouton de la dentelle du corsage.

Gwydion considéra sa main avec horreur. « Emily, je suis tellement désolé », lança-t-il dans un souffle, l’embarras lui colorant violemment les joues.

Il releva son regard paniqué vers le visage de la jeune fille, et y rencontra un sourire amusé. Elle lui prit le petit bouton des mains et le retourna dans la sienne un moment.

« Ne sont-ils pas ravissants ? dit-elle, comme rêvant à voix haute. C’est mon père qui me les a rapportés de son dernier voyage à la ville, comme cadeau d’anniversaire. Je suis sûre qu’ils ont coûté beaucoup trop cher.

— Emily… »

Elle le fit taire en lui posant deux doigts sur la bouche. Elle remit le bouton sur la paume du jeune homme, et lui referma les doigts autour.

« Garde-le, Sam. Comme gage de la nuit où je t’ai donné mon cœur. »

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— Il y a deux choses qu’il faut que je te dise. »

Au sourire de la jeune fille, il vit qu’aucune des deux n’allait être difficile à entendre.

« Oui ? »

Emily baissa les yeux un moment.

« Eh bien, la première, c’est que si tu m’embrasses encore, je pense que nous allons consommer notre mariage ici, ce soir. »

Gwydion sentit les tremblements atteindre leur paroxysme. « Et la seconde ? »

Elle parcourut le visage du jeune homme de la main, qu’elle posa finalement sur son épaule. « J’ai vraiment envie que tu m’embrasses. »

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Prophétie de l'hôte indésirable

Parmi les derniers partis, parmi les premiers arrivés,

Indésirables, cherchant un accueil en terre nouvelle.

La puissance gagnée en étant les premiers

Fut perdue en étant les derniers.

Des hôtes l'élèveront, inconscients,

Comme l'invité accueilli par les sourires

Tout en empoisonnant secrètement le garde-manger

Jalousement gardé de son propre pouvoir.

Jamais cet hôte n'a ou ne devra engendrer d'enfants,

Pourtant toujours il cherche à se reproduire.

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Prophétie des Trois

Les Trois viendront, partant tôt arrivant tard,

Les âges de la vie de tous les hommes:

Enfant du Sang, Enfant de la Terre, Enfant du Ciel.

Chaque homme, fait de sang et né dans le sang,

Parcourt la Terre, nourri par elle,

Tendu vers le Ciel et abrité par lui,

Il n'y monte qu'en ses derniers instants, ne faisant plus qu'un avec les étoiles.

Le Sang offre la renaissance, la Terre apporte la nourriture;

Le Ciel donne les rêves dans la vie - l'éternité dans la mort.

Ainsi seront les Trois, chacun l'un pour l'autre.

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... "Rhapsody ferma les yeux et focalisa ce qu'il lui restait de volonté sur sa note baptistrale. Ela, la sixième note de la gamme. Une des premières choses qu'elle avait apprises, lors de son apprentissage de Baptistrelle, la fourchette harmonique mentale lui permettant de reconnaître la vérité d'une vibration donnée. Cela l'aiderait à affiner son souvenir, même livrée à la terreur. Elle inspira profondément et se mit à fredonner doucement cette note.

L'eau de l'étang était froide et de l'écume verte flottait à sa surface. Elle n'en voyait pas le fond.

Père ?

Je suis là, ma fille. Bouge doucement les bras. C'est mieux.

Il fait si froid, Père. Je n'arrive pas à rester au-dessus de l'eau. C'est trop profond. Aide-moi.

N'aie crainte. Je te retiens.

Rhapsody inspira de nouveau et sentit l'étau qui enserrait ses poumons se relâcher quelque peu. Le souvenir du visage souriant de son père, de sa barbe et de ses sourcils où perlaient les gouttes, des filets d'eau ruisselant sur ses joues, surgit de sa mémoire comme de la surface de l'étang, si longtemps auparavant.

L'eau ne te fera aucun mal. La panique, oui. Reste calme.

Elle hocha la tête comme elle l'avait fait ce jour-là, et sentit les gouttelettes de sueur projetées par le mouvement de sa chevelure, comme alors.

C'est si profond, Père.

La profondeur importe peu, du moment que tu gardes la tête au-dessus. Arrives-tu à respirer ?

Ou-oui.

Alors peu importe la profondeur. Concentre-toi sur ta respiration, et tout ira bien. Et ne panique pas. C'est la panique qui te tuera, même si rien d'autre ne te menace.

La respiration suivante fut plus facile encore. "

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De nouveau Rhapsody regarda par-dessus son épaule. Les trois gardes avaient tourné au coin de la rue et réduit la distance qui les séparait d'elle à environ dix mètres. Elle se retrouvait donc piégée entre ces inconnus et les gardes. Après sa première expérience des gardes, elle décida de demander assistance aux premiers.

Elle se tourna vers ces deux étranges voyageurs.

"aidez-moi, s'il vous plaît", lança-t-elle dans un souffle, éreintée. "Laissez-moi passer."

Les deux hommes se regardèrent, mais ne bougèrent pas.

Les gardes ralentirent le pas sans cesser d'avancer pour autant, tous les trois de front. Rhapsody pivota pour leur faire de nouveau face. Elle allait devoir les convaincre que ces étrangers étaient ses alliés, des alliés de poids. Elle fit de son mieux pour sourire à ces deux compagnons insolites.

"Pardonnez-moi, mais accepteriez-vous de m'adopter un moment ? Je vous en serais très reconnaissante."

L'homme à côté du géant hocha légèrement la tête.

"Merci", souffla de nouveau Rhapsody. Elle se retourna vers les gardes.

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