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Par Lain_se le 03-04 Editer
La tapisserie de Fionavar : L'intégrale
Au-dessus des arbres, à l’est de la clairière de l’Arbre de l’Été, la Lumière se leva. Et, en cette nuit de la nouvelle lune, une lune pleine brilla de tous ses feux sur Fionavar. Les arbres de la forêt se mirent à murmurer et à se balancer dans le vent soudain, et Paul vit que la lune était rouge, comme la flamme et le sang, et une puissance façonna cet instant à la ressemblance de Dana, la Mère, venue intercéder en sa faveur.
Déesse de toutes les créatures vivantes dans tous les univers, mère, sœur, fille, épouse du Dieu. Et Paul vit alors, en une intuition soudaine et aveuglante, que l’identité exacte importait peu, elles étaient toutes vraies ; à ce niveau de puissance, à ce degré absolu de la puissance, les hiérarchies perdaient toute signification. La puissance seule avait un sens, la présence manifestée. Une lune rouge dans le ciel par une nuit de nouvelle lune, pour illuminer la clairière du Bois Sacré, pour envelopper l’Arbre de l’Été de brume à son pied, de lumière à son sommet.
Paul leva les yeux, au-delà de la surprise, au-delà de l’incrédulité. L’offrande sacrificielle, la coque. La pluie à venir. Et en cet instant, il lui sembla entendre une voix, dans le ciel, dans la forêt, dans la course de son sang maintenant couleur de lune, et la voix résonna, faisant vibrer les arbres comme autant de cordes :
Ce n’était pas ainsi, ce ne sera pas ainsi.
Et quand les échos se turent, Paul était de nouveau sur la route, avec Rachel sous la pluie. Une fois de plus il vit le pneu de la Mazda éclater, et la voiture aller emboutir la Ford. Il vit l’obstacle tournoyant, impossible à éviter.
Il vit, à gauche, un espace où passer, avec trente centimètres de dégagement.
Mais Dana était avec lui à présent, la Déesse, l’emportant vers la vérité. Et, dans un crescendo final d’absolution qui lui brûla le cœur, il vit qu’il avait échoué de justesse, de justesse, non à cause d’une hésitation issue d’un désir de ne pas agir, non à cause d’un désir de mort ou de meurtre, mais seulement, en fin de compte, parce qu’il était humain. Oh, ma mie, il était humain. Seulement, simplement humain, et il avait échoué à cause de son chagrin, du choc de la révélation, de la pluie. À cause de tout cela, et tout cela était pardonnable.
Et pardonné, comprit-il. Vraiment pardonné, oui.
Ne nie pas ta propre mortalité. La voix était en lui comme le vent, c’était l’une des voix de la Déesse, une voix parmi tant d’autres, il le savait, et dans cette voix il y avait de l’amour. Il était aimé. Tu as échoué parce que les humains échouent. C’est un don, comme n’importe quel don.
Puis, tout au fond de lui comme les notes basses d’une harpe – et ce n’était plus douloureux –, s’élevèrent enfin ces mots : Va, et va en paix. Tout est bien.
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