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Extrait ajouté par misssbrown 2017-05-28T15:48:45+02:00

A la clameur des discothèques, Giulia préfère le silence feutré de la bibliothèque communale. Elle s'y rend chaque jour à l'heure du déjeuner. Insatiable lectrice, elle aime l'ambiance des grandes salles tapissées de livres, que seul le bruissement des pages vient troubler. Il lui semble qu'il y a là quelque chose de religieux, un recueillement quasi mystique qui lui plaît. lorsqu'elle lit, Giulia ne voit pas le temps passer.

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Extrait ajouté par fanfan50 2018-05-01T18:58:15+02:00

Le pire, Giulia ne peut l'envisager. Un père ça ne meurt pas, un père c'est éternel, c'est un roc, un pilier, surtout le sien. Pietro Lanfredi est une force de la nature, il nous fera un centenaire, a l'habitude de dire son ami le docteur Signore, en buvant avec lui un verre de grappa. Lui, Pietro, le bon vivant, le jouisseur, le papa, l'amateur de bons vins, le patriarche, le patron, le colérique, le passionné, lui, son père, son père adoré, ne peut pas s'en aller. Pas maintenant. Pas comme ça.i

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Extrait ajouté par misssbrown 2017-05-28T15:50:46+02:00

Le cancer fait peur. Il isole, il éloigne. Il pue la mort. A son contact, on préfère se détourner, se boucher le nez.

Intouchable, voilà ce que Sarah est devenue.

Reléguée au banc de la société.

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Extrait ajouté par ZouzouZouzou 2018-05-08T13:24:02+02:00

Elle a cessé de l'aimer à l'instant où il a refusé de se battre. L'amour est volatile, se dit-elle, il s'en va comme il vient, parfois, d'un coup d'ailes. P118

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Extrait ajouté par fanfan50 2018-05-01T18:40:39+02:00

"Une femme libre est exactement le contraire d'une femme légère."

Simone de Beauvoir

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Extrait ajouté par Pschitt 2018-03-13T21:26:03+01:00

Elle pense à ces millions de veuves qui partagent sa condition, abandonnées et démunies, oubliées dans ce pays qui décidément n'aime pas beaucoup les femmes (...).

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Extrait ajouté par Plumette91 2018-02-10T09:12:03+01:00

Il a dormi profondément alors qu'elle n'a pas trouvé de repos. Elle envie la tranquillité du sommeil de son mari ; la nuit, il est un lac dont nul remous ne vient troubler la surface, alors qu'elle même s'agite des heures durant.L'obscurité ne la délivre pas de ses tourments mais au contraire les réverbère, leur donne un terrible écho. p 89

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Extrait ajouté par rogelinou 2019-07-29T21:35:35+02:00

Chap 1

Smita

Village de Badlapur, Uttar Pradesh, Inde.

Smita s’éveille avec un sentiment étrange, une urgence douce, un papillon inédit dans le ventre. Aujourd’hui est une journée dont elle se souviendra toute sa vie. Aujourd’hui, sa fille va entrer à l’école.

À l’école, Smita n’y a jamais mis les pieds. Ici à Badlapur, les gens comme elle n’y vont pas. Smita est une Dalit. Intouchable. De ceux que Gandhi appelait les enfants de Dieu. Hors caste, hors système, hors tout. Une espèce à part, jugée trop impure pour se mêler aux autres, un rebut indigne qu’on prend soin d’écarter, comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Comme Smita, ils sont des millions à vivre en dehors des villages, de la société, à la périphérie de l’humanité.

Tous les matins, c’est le même rituel. À la manière d’un disque rayé rejouant à l’infini une symphonie infernale, Smita s’éveille dans la cahute qui lui sert de maison, près des champs cultivés par les Jatts. Elle lave son visage et ses pieds à l’eau rapportée la veille du puits, celui qui leur est réservé. Pas question de toucher à l’autre, celui des castes supérieures, pourtant proche et plus accessible. Certains sont morts pour moins que ça. Elle se prépare, coiffe Lalita, embrasse Nagarajan. Puis elle prend son panier de jonc tressé, ce panier que sa mère portait avant elle et qui lui donne des haut-le-cœur rien qu’à le regarder, ce panier à l’odeur tenace, âcre et indélébile, qu’elle porte toute la journée comme on porte une croix, un fardeau honteux. Ce panier, c’est son calvaire. Une malédiction. Une punition. Quelque chose qu’elle a dû faire dans une vie antérieure, il faut payer, expier, après tout cette vie n’a pas plus d’importance que les précédentes, ni les suivantes, c’est juste une vie parmi les autres, disait sa mère. C’est ainsi, c’est la sienne.

C’est son darma, son devoir, sa place dans le monde. Un métier qui se transmet de mère en fille, depuis des générations. Scavenger, en anglais le terme signifie « extracteur ». Un mot pudique pour désigner une réalité qui ne l’est pas. Ce que fait Smita, il n’y a pas de mot pour le décrire. Elle ramasse la merde des autres à mains nues, toute la journée. Elle avait six ans, l’âge de Lalita aujourd’hui, quand sa mère l’a emmenée pour la première fois. Regarde, après tu feras. Smita se souvient de l’odeur qui l’avait assaillie, aussi violemment qu’un essaim de guêpes, une odeur insoutenable, inhumaine. Elle avait vomi au bord de la route. Tu t’habitueras, avait dit sa mère. Elle avait menti. On ne s’habitue pas. Smita a appris à retenir son souffle, à vivre en apnée, il faut respirer, a dit le docteur du village, voyez comme vous toussez. Il faut manger. L’appétit, ça fait longtemps que Smita l’a perdu. Elle ne se souvient plus comment c’est, d’avoir faim. Elle mange peu, le strict minimum, une poignée de riz délayé dans de l’eau qu’elle impose chaque jour à son corps défendant.

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Extrait ajouté par Ayu_lis_ 2019-07-28T18:09:46+02:00

Elle se dit qu'elle est là, oui, bien là aujourd'hui.

Elle est là pour longtemps encore.

A cette pensée, elle sourit.

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Extrait ajouté par Ayu_lis_ 2019-07-28T18:09:28+02:00

Lalita reste muette, le regard dans le vide, comme si elle fixait un point imaginaire qu'elle est la seule avoir, adieu inaccessible, loin de la cahute, loin du village, où personne ne peut l'atteindre, pas même sa mère. Smita s'énerve.

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