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Extrait ajouté par misssbrown 2017-05-28T15:48:45+02:00

A la clameur des discothèques, Giulia préfère le silence feutré de la bibliothèque communale. Elle s'y rend chaque jour à l'heure du déjeuner. Insatiable lectrice, elle aime l'ambiance des grandes salles tapissées de livres, que seul le bruissement des pages vient troubler. Il lui semble qu'il y a là quelque chose de religieux, un recueillement quasi mystique qui lui plaît. lorsqu'elle lit, Giulia ne voit pas le temps passer.

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Extrait ajouté par Animia8 2021-03-31T00:09:52+02:00

Elle ne sera plus jamais Sarah Cohen, cette femme puissante et sûre d'elle que beaucoup admiraient. Elle ne sera plus jamais invincible, plus jamais une super-héroïne. Elle sera elle, Sarah, une femme que la vie a malmenée, entamée, mais elle sera là, avec ses cicatrices, ses failles et ses blessures. Elle ne cherchera plus à les cacher. Sa vie d'avant était un mensonge, celle-ci sera la vraie.

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Extrait ajouté par fanfan50 2018-05-01T18:58:15+02:00

Le pire, Giulia ne peut l'envisager. Un père ça ne meurt pas, un père c'est éternel, c'est un roc, un pilier, surtout le sien. Pietro Lanfredi est une force de la nature, il nous fera un centenaire, a l'habitude de dire son ami le docteur Signore, en buvant avec lui un verre de grappa. Lui, Pietro, le bon vivant, le jouisseur, le papa, l'amateur de bons vins, le patriarche, le patron, le colérique, le passionné, lui, son père, son père adoré, ne peut pas s'en aller. Pas maintenant. Pas comme ça.i

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Extrait ajouté par fanfan50 2018-05-01T18:40:39+02:00

"Une femme libre est exactement le contraire d'une femme légère."

Simone de Beauvoir

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Extrait ajouté par misssbrown 2017-05-28T15:50:46+02:00

Le cancer fait peur. Il isole, il éloigne. Il pue la mort. A son contact, on préfère se détourner, se boucher le nez.

Intouchable, voilà ce que Sarah est devenue.

Reléguée au banc de la société.

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Extrait ajouté par Animia8 2021-03-31T00:10:24+02:00

Je connais leurs combats,

Je partage leurs larmes et leurs joies,

Chacune d'elles est un peu moi.

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Extrait ajouté par Animia8 2021-03-31T00:08:01+02:00

C'est un sentiment étrange. Elle reconnaît pourtant ses traits, sa peau pâle, ses yeux cernés. C'est elle, oui, c'est bien elle. Elle touche les mèches, les arrange, les modèle; les sculpte, dans une tentative qui n'est pas de l'appropriation, plutôt un apprivoisement. Les cheveux n'opposent pas de résistance, ils se laissent dompter; docilement, généreusement. Ils épousent lentement l'ovale de son visage, ils s'abandonnent. Sarah les lisse, les caresse, les coiffe, les trouvant si coopératifs qu'elle leur en est presque reconnaissante. Imperceptiblement, ces cheveux qui lui sont étrangers deviennent les siens, ils s'accordent à sa figure, à sa silhouette, à ses traits.

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Extrait ajouté par Animia8 2021-03-31T00:03:58+02:00

Ce qu'elle redoutait a fini par arriver : Sarah est devenue son cancer. Elle est sa tumeur personnifiée. En elle, les gens ne voient plus une femme de quarante ans, brillante, élégante, performante, mais l'incarnation de sa maladie. Pour eux elle n'est plus une avocate malade, elle est une malade avocate. La différence est de taille. Le cancer fait peur. Il isole, il éloigne. Il pue la mort. A son contact, on préfère se détourner, se boucher le nez.

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Extrait ajouté par rogelinou 2019-07-29T21:35:35+02:00

Chap 1

Smita

Village de Badlapur, Uttar Pradesh, Inde.

Smita s’éveille avec un sentiment étrange, une urgence douce, un papillon inédit dans le ventre. Aujourd’hui est une journée dont elle se souviendra toute sa vie. Aujourd’hui, sa fille va entrer à l’école.

À l’école, Smita n’y a jamais mis les pieds. Ici à Badlapur, les gens comme elle n’y vont pas. Smita est une Dalit. Intouchable. De ceux que Gandhi appelait les enfants de Dieu. Hors caste, hors système, hors tout. Une espèce à part, jugée trop impure pour se mêler aux autres, un rebut indigne qu’on prend soin d’écarter, comme on sépare le bon grain de l’ivraie. Comme Smita, ils sont des millions à vivre en dehors des villages, de la société, à la périphérie de l’humanité.

Tous les matins, c’est le même rituel. À la manière d’un disque rayé rejouant à l’infini une symphonie infernale, Smita s’éveille dans la cahute qui lui sert de maison, près des champs cultivés par les Jatts. Elle lave son visage et ses pieds à l’eau rapportée la veille du puits, celui qui leur est réservé. Pas question de toucher à l’autre, celui des castes supérieures, pourtant proche et plus accessible. Certains sont morts pour moins que ça. Elle se prépare, coiffe Lalita, embrasse Nagarajan. Puis elle prend son panier de jonc tressé, ce panier que sa mère portait avant elle et qui lui donne des haut-le-cœur rien qu’à le regarder, ce panier à l’odeur tenace, âcre et indélébile, qu’elle porte toute la journée comme on porte une croix, un fardeau honteux. Ce panier, c’est son calvaire. Une malédiction. Une punition. Quelque chose qu’elle a dû faire dans une vie antérieure, il faut payer, expier, après tout cette vie n’a pas plus d’importance que les précédentes, ni les suivantes, c’est juste une vie parmi les autres, disait sa mère. C’est ainsi, c’est la sienne.

C’est son darma, son devoir, sa place dans le monde. Un métier qui se transmet de mère en fille, depuis des générations. Scavenger, en anglais le terme signifie « extracteur ». Un mot pudique pour désigner une réalité qui ne l’est pas. Ce que fait Smita, il n’y a pas de mot pour le décrire. Elle ramasse la merde des autres à mains nues, toute la journée. Elle avait six ans, l’âge de Lalita aujourd’hui, quand sa mère l’a emmenée pour la première fois. Regarde, après tu feras. Smita se souvient de l’odeur qui l’avait assaillie, aussi violemment qu’un essaim de guêpes, une odeur insoutenable, inhumaine. Elle avait vomi au bord de la route. Tu t’habitueras, avait dit sa mère. Elle avait menti. On ne s’habitue pas. Smita a appris à retenir son souffle, à vivre en apnée, il faut respirer, a dit le docteur du village, voyez comme vous toussez. Il faut manger. L’appétit, ça fait longtemps que Smita l’a perdu. Elle ne se souvient plus comment c’est, d’avoir faim. Elle mange peu, le strict minimum, une poignée de riz délayé dans de l’eau qu’elle impose chaque jour à son corps défendant.

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Extrait ajouté par Animia8 2021-03-31T00:01:40+02:00

Non, elle n'a pas le mot "cancer" gravé sur le front, personne ne voit qu'elle est malade.

A l'intérieur elle est en miettes, mais cela, personne ne le sait.

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