Livres
387 702
Comms
1 359 538
Membres
275 920

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

— Une petite minute. Depuis quand exactement es-tu amoureux de moi ?

Il tressaille.

— C’est très inconvenant.

J’écarquille les yeux.

— Hector ! Dis-moi la vérité !

Il roule sur le dos et contemple le ciel de lit.

— Tu te souviens du jour où je t’ai retrouvée ici, à Basajuan ?

Depuis si longtemps que ça ?

— Oui. Le comte Treviño me retenait prisonnière. Tu m’as sauvé la vie.

Il lâche un petit cri moqueur.

[...]

— Après coup, un de mes hommes m’a dit : « Heureusement que vous avez reconnu la princesse. J’étais sur le point de la transpercer de ma lame pour avoir osé menacer un noble du royaume. » Alors, je me suis demandé : comment ai-je su qu’il s’agissait d’Elisa ?

Dans mes souvenirs, je ne vois qu’Hector. Je ne me rappelle aucun de ses hommes.

Il se tourne sur le flanc, face à moi.

— Tu avais tellement changé, murmure-t-il dans mes cheveux. Tu portais les vêtements d’un guerrier du désert, tu brandissais des armes. Tu étais dos à moi. Pourtant je savais que c’était toi. Je l’ai su tout de suite. Je te connaissais par coeur. La manière dont tu te tenais, dont tu bougeais, le son de ta voix, l’éclat de ta chevelure…

Je cligne des yeux pour chasser les larmes qui menacent de couler. Hector m’aimait déjà à cette époque. Avant que je ne trouve ma propre voie. À l’époque où je n’avais encore rien accompli. Où je n’étais encore personne.

— À ton tour, dit-il. À quel moment as-tu pris conscience de tes sentiments ?

— Quand je t’ai guéri. L’idée que tu puisses mourir… c’était atroce.

Il affiche un sourire aussi radieux que le soleil. Je constate avec un merveilleux étonnement le pouvoir que j’ai sur cet homme. Qu’une simple déclaration d’amour puisse l’affecter à ce point me bouleverse.

Afficher en entier

- Eh bien, maintenant vous êtes fixé. Je vous aime.

Il hausse un sourcil.

- Plus que vous n'aimiez Alejandro ?

- Je ne l'ai jamais aimé.

- Plus que vous n'aimiez ce garçon du désert ?

- Il s'appelait Humberto, et à présent je vous trouve mesquin.

Afficher en entier

— Je suis un peu nerveux, avoue-t-il.

— Moi aussi, dis-je dans un murmure. Nous allons sûrement être maladroits et ridicules.

Il pose la main sur le corsage de ma chemise de nuit. Un frisson de plaisir me parcourt au simple frôlement de ses doigts. Comme c’est merveilleux.

— Probablement. Mais vous et moi… (Il dénoue les liens de mon corsage et écarte le col de ma chemise.) Vous et moi sommes des érudits. Nous pensons que pour atteindre la perfection, il faut pratiquer avec assiduité.

— Oui, pratiquer, dis-je dans un souffle tandis qu’il se penche et dépose un baiser sur ma gorge. Je suis une élève très assidue, dis-je avec difficulté.

Il fait glisser ma chemise sur mon épaule. Elle coule par terre et je me retrouve nue comme un ver.

[...]

Mais à présent, il ne détourne pas la tête. Au contraire, il me dévore du regard. Je tâche d’étouffer mes inquiétudes et ma nervosité. Ses yeux parcourent mon corps avec ardeur. J’ai l’impression qu’il me caresse rien qu’en me regardant. Je lui saisis les mains et recule vers le lit, le décolleté empourpré par le désir, la crainte, et peut être même la honte d’être ainsi exhibée. Mais l’envie de me couvrir s’évapore à l’instant où il me susurre :

— Vous êtes encore plus belle que dans mon imagination.

Je m’étends sur le dos et il se penche sur moi. [...] Ce n’est pas la Pierre Sacrée qui a attiré son attention ; c’est comme s’il ne l’avait même pas remarquée. En réalité, il retrace des lèvres la cicatrice de la blessure que j’ai reçue le jour où l’on a tenté de m’assassiner. Les larmes me piquent les yeux.

— Ça n’arrivera plus jamais, dit-il.

Il se redresse alors, ôte sa chemise et la jette par terre. Une boule se forme dans ma gorge. Son torse est sombre et musculeux ; il est d’une beauté stupéfiante.

— Ne faites pas de promesses que vous ne sauriez tenir.

— Celle-ci, je la tiendrai.

— Eh bien, dis-je sans pouvoir détacher mes yeux de lui, si une ancienne blessure vous incite à m’embrasser ainsi, je vais engager des mercenaires pour qu’ils m’en infligent de nouvelles.

— Inutile d’aller jusque-là, réplique-t-il avec un sourire en coin.

Il place les mains de part et d’autre de mon visage et s’empare de mes lèvres avec fougue. J’enroule mes bras autour de son buste et le serre fort contre moi, dans un désir de fusion totale. Hector soupire dans mon cou.

— Je vous aime, Elisa.

Afficher en entier

— Hector, désires-tu être empereur ? C’est possible, si tel est ton voeu. Tu serais mon égal, nous aurions la même autorité. Tristán me doit encore des votes au Conseil. Nous pourrions faire passer un édit…

— C’est inutile, me coupe-t-il en glissant son pouce sur mes lèvres. Je suis un bon commandant. Et toi, tu es une excellente dirigeante. Je suis ton sujet et cela ne me dérange pas d’être soumis à ton autorité. Car je suis un homme, un vrai.

— Tu en es sûr ? dis-je en affichant un air dubitatif.

Il me soulève dans ses bras et me porte jusqu’au lit, où il me dépose doucement, un immense sourire aux lèvres.

— Oh que oui.

— Alors montre-le-moi.

Et il s’exécute.

Afficher en entier

Sitôt à l’abri des regards, ses bras s’enroulent autour de ma taille et il m’attire dans la pénombre. Je m’abandonne contre lui. Ses lèvres s’écrasent sur les miennes dans un baiser fougueux. Je me livre sans retenue, donnant libre cours à mes émotions, trop longtemps refoulées. Je fais courir mes mains le long de ses bras et sur ses épaules, puis glisse les doigts dans ses cheveux, m’assurant qu’il est bien réel. Sa main s’insinue sous ma chemise et se déploie sur mon dos. Je détache ma bouche de la sienne pour caresser des lèvres le bas de son visage.

Afficher en entier

Au bout de l’allée m’attend Hector, droit et résolu. Mon ami, mon amant, mon roc pour la vie. [...] Pour la première fois de sa vie, Hector porte une couronne, comme la tradition l’exige du prince consort. Son regard pétille.

Mon père est décédé. Je n’ai ni frère, ni oncle, ni parrain. Nicandro a offert de m’escorter jusqu’à l’autel. J’ai décliné. [...] Cette fois, leur ai-je dit, je veux me donner à mon mari sans intermédiaire. De mon propre chef. C’est donc seule que je remonte l’allée.[...] Hector me prend la main sans attendre les consignes du père Nicandro. Il me regarde droit dans les yeux, le visage crispé, visiblement très ému.

Nicandro s’étend longuement sur le sens du mariage dans la Lengua Classica. Mais je n’entends pas un seul mot de ce qu’il dit, occupée que je suis à savourer mon bonheur. Nous nous en sommes sortis, Hector et moi. Nous avons survécu. Et même si notre union permet la fusion de deux régions et le salut d’une nation, ce n’est pas un enjeu seulement politique ; je n’aurais pas choisi d’autre mari que lui.

— Je t’aime, articulé-je en silence, les yeux plongés dans les siens.

Afficher en entier

— Vos sentiments pour moi sont-ils si forts ? demande-t-il.

— Ne faites pas l’imbécile. Je vous aime.

Afficher en entier

— Comment vous sentez-vous ? dis-je, embarrassée.

— Dans un jour ou deux, ça ira mieux.

Après un silence, il ajoute :

— Merci d’être venue.

Ses paroles sont gentilles, mais le ton est froid et l’expression dure. Il est si proche de moi qu’il me suffirait de tendre les bras pour le prendre par l’épaule. Pourtant j’ignore comment refermer le gouffre qui nous sépare.

Il était en colère contre moi lorsque nous nous sommes séparés, et c’était de bonne guerre. Je l’ai trompé et humilié. Plus jamais je ne commettrai cette erreur. Je ferai preuve d’une honnêteté absolue.

— Nous sommes fiancés.

Je lâche cela de but en blanc à l’instant même où il m’apprend :

— Il y a un autre Élu.

— Quoi ? s’exclame-t-on à l’unisson.

Afficher en entier

— Comment va ta tête, Mara ?

[...]

— Mieux. Je n’ai plus de vertiges.

— Belén s’est fait beaucoup de souci pour toi. Tant que tu étais en proie au délire, il n’a pas quitté ton chevet.

[...]

— Vraiment ? bredouille-t-elle au bout d’une longue pause.

J’esquisse un sourire espiègle.

— Oui. Je t’assure. Le regard dont il te couvait ne trompe pas, tu sais. Il t’est très attaché, Mara.

[...]

— Peut-être…, balbutie-t-elle. Peut-être qu’il me considère comme une soeur. Nous sommes redevenus amis.

J’ai toutes les peines du monde à garder mon sérieux.

— Ce n’est pas toi qui me fais souvent remarquer combien je suis ignorante des choses de l’amour ? À tel point que c’en est pathétique ?

[...]

— C’est vrai, et je vous le répète. Vous étiez la seule à ne pas voir qu’Hector était amoureux de vous.

— Oui. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir des oeillères.

— Vous croyez ?

— Je pense que… parfois, lorsqu’on trouve l’amour, on préfère l’ignorer. Ou bien se persuader que c’est le fruit de notre imagination. Car c’est l’espoir le plus douloureux qui soit. Il peut nous être arraché si vite. L’indifférence. La mort. La… nécessité d’une union diplomatique. Enfin, là je parle de mon propre cas, je pense.

[...]

— J’ai peur, murmure-t-elle contre ses paumes.

— Belén t’adore. J’en suis absolument certaine.

— Je ne vous parle pas de ça.

[...]

— Tomber amoureuse de nouveau, et voir mourir l’homme que j’aime ? Non, je ne le supporterais pas, m’avoue-t-elle.

— Tu songes à Julio.

[...]

— Vous ne pensez jamais à Humberto ? rétorque-t-elle. Le fait de l’avoir perdu de manière si brutale vous a sans doute rendue… méfiante ?

— Si, je songe souvent à lui. Moins qu’avant, à vrai dire.

— Vous l’aimiez, réplique-t-elle d’un ton presque accusateur.

— Oui. J’aimais Alejandro aussi, d’une certaine manière. C’était le plus bel homme que j’aie jamais vu. Mais Humberto était le plus gentil. Une beauté différente. Intérieure.

— Et Hector ?

Je prends une profonde inspiration. Parler de lui suscite un sentiment à la fois merveilleux et douloureux.

— Hector est mon ami. Il a toute ma confiance. Mais lorsque je suis en sa présence, j’ai l’impression que mon sang bouillonne dans mes veines. Maintenant que je sais que l’on peut aimer quelqu’un de plusieurs manières à la fois, je ne pourrai jamais me contenter de moins.

Elle pousse un soupir.

— Julio était mon ami. Belén le feu qui me chauffait le coeur. Peu à peu…

— Peu à peu, Belén devient aussi ton ami. Un mélange fatal, plaisanté-je en secouant la tête d’un air désemparé.

Un léger sourire flotte sur ses lèvres.

— Nous sommes fichues, Elisa.

— Je ne te le fais pas dire.

Afficher en entier

-A propos de nos fiançailles...

-Une demande en mariage des plus romantiques.

Je suppose qu'un peu d'humour vaut mieux qu'un refus net.

-J'aurais dû songer à apporter des fleurs. Ainsi qu'un ménestrel qui compose une ode à votre virilité.

Afficher en entier