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« Je ne suis plus celle que j’étais autrefois. Ce sont eux qui m’ont fait ça, ils m’ont ouvert la poitrine et arraché le cœur. Depuis je ne sais plus qui je suis.

Je dois faire l’effort de me souvenir.

Certaines histoires circulent à propos de la nuit de ma naissance. Elles racontent que ma mère aurait croisé les jambes en plein travail et lutté de toutes ses forces pour m’empêcher de venir au monde. Bien sûr je suis née quand même ; on ne s’oppose pas à la nature. Mais je ne suis pas surprise que ma mère ait essayé… »

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Il était une fois une petite fille qui avait deux frères. L'ainé était sombre, sauvage et splendide, et quelque peu grossier. Le second possédait l'éclat de tous les soleils, et était très sévère et droit. Ils étaient beaucoup plus âgés qu'elle et très proches l'un de l'autre, en dépit des conflits qui les avaient violemment opposés par le passé. "Nous étions jeunes et idiots à l'époque", expliquait le Deuxième Frères chaque fois que la petite fille lui posait des questions à ce sujet. "Le sexe était plus drôle", lançait le Première Frère. Ce genre d'assertion rendait furieux le Deuxième Frère, ce qui réjouissait le Premier Frère, bien évidemment. Voilà comment la petite fille apprit à les connaître et à les aimer tous deux.

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Un autre souvenir d'enfance me revient; une chanson. Elle faisait... Comment faisait-elle déjà? Ah, oui. "Filou, filou / A volé le soleil / Pour faire un mauvais coup / Vas-tu le chevaucher? / Où vas-tu le cacher? / Au bord de la rivière..."

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-et alors – alors -

Tu te souviens.

Non. Non, je ne me rappelle pas.

De quoi as-tu peur ?

Je ne sais pas.

T'as-t-il fait mal ?

Je ne m'en souviens pas !

Si. Réfléchis, petite. Je t'ai faite plus forte que ça. A quoi ressemblaient les bruits ? Les odeurs ? Quelle impression ces souvenirs te font-ils ?

Une impression...une impression d'été.

Oui. Humides, épaisses ces nuits d'été. Est-ce que tu le savais ? - la terre absorbe toute la chaleur de la journée, et la restitue au cours de la nuit. Toute cette énergie s'attarde dans l'air où elle attend de servir. Elle colle à la peau. Si tu ouvres la bouche, elle s'enroule autour de ta langue.

Je me souviens. Oh, mon dieu, je me souviens.

Je savais que la mémoire te reviendrait.

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« La soirée vous plairait peut-être si vous la passiez en ma compagnie. »

Comme je demeurais silencieuse, il se tourna vers moi pour scruter mon regard et éclata de rire. « Êtes-vous si peu habituée à ce qu'on vous fasse la cour ?

-A ce que des gens que je n'intéresse pas me fassent la cour, vous voulez dire ? Oui.

-Qu'est-ce qui vous fait croire que vous ne m'attirez pas ?

-Et pour quelle raison me trouveriez vous séduisante ?

-Aurais-je besoin d'une raison ? »

Je croisais les bras. « Oui. »

Viraine haussa les sourcils. « Permettez-moi de vous présenter mes excuses, dans ce cas. J e ne m'étais pas rendu compte que je vous avais fait mauvaise impression à ce point.

-Viraine... » Je me frottai les yeux. J'étais fatiguée – pas physiquement mais émotionnellement, ce qui était pire. « Vous m'avez aidée, c'est vrai, mais je ne peux pas dire que vous vous soyez montré gentil. J'ai même douté de votre santé mentale à certains moments. Non pas que vous soyez différent des autres Arameris sur ce point.

-Jugé coupable, alors. » Il rit de nouveau. Son hilarité sonna faux elle aussi. Il faisait trop d'efforts, ce dont il se rendit compte, car il se contint soudain.

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Je m'obligeai à paraître calme, comme ma mère me l'avait appris. Je me relevai, baissant mon couteau sans le rengainer. Scimina n'en aurait pas conscience, mais en Darre, ce geste aurait été interprété comme un manque de respect évident – comme si elle n'était pas une femme digne de ce nom à mes yeux.

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La langue darréne possède un mot pour définir l'attirance pour le danger : esui. C'est l'esui qui pousse les guerriers à se lancer dans des batailles désespérées et à mourir en riant. Ou les femmes à se jeter dans les bras d'amants qui ne sont pas pour elles – des hommes qui feraient des mauvais pères, et des femmes leurs ennemies. Le terme senmite le plus approchant est soif, si l'on comprend les variantes que sont la soif du sang et la rage de vivre, même si ces derniers sens ne rendent pas bien compte de la définition première d'esui : gloire et folie. Tout ce qui est insensé, irrationnel, incertain – mais sans esui, la vie ne présente aucun intérêt.

C'est l'esui, je crois, qui explique mon attirance pour Nahadoth. Et peut-être est-ce ce qui l'attire chez moi également ?

Mais je m'éloigne du sujet.

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(...)Vous êtes des Dieux ; je ne suis pas surprise d'entendre que vous pouvez jouer avec la vie des mortels comme s'ils étaient les poins d'un jeu de nikkim. Mais je m'attendais à mieux de la part des humains.

-Vous avez été créés à notre image », rétorqua-t-elle, froidement.

Désagréablement pertinent.

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(…) il y a bien assez de domestiques. »

En effet, j'en avais aperçu un peu partout – silencieuses silhouettes laborieuses qui s'affairaient dans les différentes salles de Ciel, toutes vêtues de blanc. Une couleur très peu pratique pour des gens dont le travail consistait à nettoyer, mais je ne dirigeais pas cet endroit.

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J'opinai lentement, un nœud au ventre. Je ne ramperai pas devant elle. « ça me va. Pour le moment.

-Pour le moment ? » Scimina me dévisagea incrédule, puis éclata de rire. « Oh, Cousine. Je regrette tellement que ta mère ne soit plus en vie. Elle au moins aurait été un vrai défi. »

Je n'avais plus mon couteau, mais j'étais toujours darrène. Je me retournai vivement et frappai ma cousine si violemment que l'une de ses chaussures à haut talon vola à travers la pièce lorsqu'elle s'étala par terre.

« Certainement », répliquai-je tandis qu'elle fermait les yeux pour se remettre de la violence du choc. « Mais ma mère était une personne civilisée. »

Les poings serrés et douloureux, je tournai le dos à l'arène et me dirigeais vers la sortie.

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