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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Audrey81 2014-10-25T09:34:40+02:00

- Tu ne me reconnais pas ? s’amusa le vieux pêcheur. C’est vrai, ta mère n’a pas pu te parler de moi, mais tes oncles…

Enoch fit non de la tête. Il essaya de reculer en vain. Il n’était pas homme à s’angoisser de rien, mais là, quand même, la situation commençait à franchement lui déplaire. Le vieux pêcheur sortit sa main droite de sous sa cape. Elle étincela sous la lune. Lorsqu’il la posa sur les genoux d’Enoch, son contact se révéla glacial, et pour cause… A la place du bras et de la main droite, le vieillard portait une prothèse d’argent.

- Je suis Nodens au Bras d’Argent, dit-il, le dieu qui pêche les âmes des morts. Le dieu de ta mère. Ton dieu.

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Audrey81 2014-10-25T09:33:51+02:00

Satisfait, leur guide posa sa lanterne, enleva sa capuche. Son deuxième visage respira mieux. Il étira sa deuxième bouche. Ç’avait été assez désagréable, de dissimuler sa seconde figure sous une chape de tissu épais. Mais il doutait que les trois voyageurs eussent suivi sans regimber un ancien dieu. Enfin, Thya, peut-être. Mais certainement pas Enoch.

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Audrey81 2014-10-25T09:32:34+02:00

Thya écarquilla les yeux en reconnaissant le bijou. La colombe d’or qui brillait sur la laine rêche, c’était sa colombe, celle qu’elle lui avait donnée pour payer leur voyage vers Brog.

- Tu n’as pas pu la vendre ? demande-t-elle au maquilleur.

- Je ne l’ai pas jugée nécessaire, plutôt, répondit-il, sur un ton badin. A la place, j’ai proposé certains de mes élixirs au marchand, j’ai réussi à la convaincre que mes essences venaient de l’Orient lointain. C’est l’avantage d’une petite ville. Qu’est-ce qu’ils connaissent, à Paris, en parfums ?

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Bleuopale 2017-03-28T20:11:30+02:00

La sequala était d'un vert intense. Le même vert que les yeux de Thya, se dit Enoch, accoudé au bastingage. Il se tourna vers l'avant du navire. La-bas, la silhouette frêle de l'adolescence évoquait une seconde figure de proue. Une divinité païenne des eaux. La brise du printemps soulevait ses boucles rousses.

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Bleuopale 2017-03-28T20:11:19+02:00

Le faune se souvenait avec nostalgie des temps anciens, où des prêtres-loups les priaient en grande pompe, lui et ses semblables, à chaque fin d'hiver. Depuis, il avait vu les sylvains, les naïades, les centaures... tout son peuple surnaturel reculer au fond des forets, dans les recoins obscurs des cavernes et des combes. Ils avaient laissé les chrétiens prendre le pas sur eux, pénétrer dans les clairières interdites, piétiner les cercles de fées, arracher les arbres et briser les branches des buissons...

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par Lupa 2017-01-18T11:21:23+01:00

Elle se demandait certains jours pourquoi elle mettait autant d’ardeur à se perfectionner dans un domaine interdit. Mais son don était là, impérieux, il tapait au fond de son crâne, demandait à s’exprimer, à s’aiguiser telle la lame d’un gladius. Et puis la divination était son unique vrai jeu. Quand elle se projetait dans les futurs possibles, elle oubliait le présent. Elle ne se sentait plus recluse.

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Extrait de La voie des oracles, tome 1 : Thya ajouté par feedesneige 2016-02-26T22:51:58+01:00

chapitre I

La forêt d’Aquitaine

Le faune se dissimula vivement derrière un grand chêne. Dans le mouvement, une mèche de ses cheveux bruns bouclés passa devant ses yeux d’or. D’un geste nerveux, il la ramena derrière ses oreilles levées. La chasse approchait, les grognements des chiens portaient jusqu’aux rives de la Dorononia, dont les flots, à quelques pas des arbres, charriaient des éclats de soleil. Un printemps précoce recouvrait de vert tendre les forêts de Gaule. En ce début du cinquième siècle après Jésus-Christ, la vie, l’espoir semblaient renaître, après quelques années difficiles qui avaient ébranlé la puissance de Rome. Après des décennies d’invasion, les Huns avaient été repoussés jusqu’au-delà des lisses, les postes avancés qui marquaient les frontières de l’Empire. Le faune avait vu, enfin, les soldats quitter sa forêt, retourner dans leurs garnisons. Cependant, pour lui, la paix n’apportait ni soulagement, ni repos.

Car son monde à lui continuait de mourir. L’ancienne religion s’éteignait lentement. Les dieux païens, ses dieux, avaient été mis au ban de l’Empire. À Rome même, depuis près d’un siècle, les empereurs étaient chrétiens. Le faune se souvenait avec nostalgie des temps anciens, où des prêtres-loups les priaient en grande pompe, lui et ses semblables, à chaque fin d’hiver. Depuis, il avait vu les sylvains, les naïades, les centaures… tout son peuple surnaturel reculer au fond des forêts, dans les recoins obscurs des cavernes et des combes. Ils avaient laissé les chrétiens prendre le pas sur eux, pénétrer dans les clairières interdites, piétiner les cercles de fées, arracher les arbres et briser les branches des buissons… Des moines en haillons répandaient la nouvelle foi dans tout l’Empire, prônaient un monde sans magie, en prêchant sous les yeux de bronze des statues de Cybèle et Diane.

Le faune s’ébroua, faisant onduler la fourrure soyeuse sur son dos. L’heure n’était plus à l’amertume. Seul, contre l’avis de ses dieux même, il avait choisi de se battre. Une expression décidée durcit son visage fin, aux pommettes hautes, qui semblait avoir été taillé par un sculpteur des temps anciens. Sa main se crispa sur le manche de son poignard, une arme rituelle qui avait connu bien des sacrifices, autrefois.

Les chasseurs approchaient. Le faune dressa les oreilles. Deux hommes et trois chiens. Ils devaient se sentir en confiance, pour courir les forêts à deux seulement. Sans doute croyaient-ils les plus grands périls éloignés, à présent que les Huns avaient reflué vers l’est. Le faune plissa les narines, renifla, huma le savon et le parfum par-delà les odeurs de cheval et les relents de sueur. Ceux qui arrivaient étaient des gens de qualité. C’étaient ceux qu’il attendait.

Soudain, les deux cavaliers bondirent hors des fourrés, armés d’épieux et de dagues. En apercevant la rivière, le premier, le plus âgé tira sur les rênes de son cheval. Il n’avait pas dû prévoir de se laisser entraîner aussi loin. Autour de lui, les chiens sautillaient en jappant. Il était vêtu très simplement, une tunique blanche, des braies à la mode de Gaule, et d’épaisses bottes de cuir. Il était encore athlétique, malgré son âge avancé. Il portait ses cheveux blancs coupés courts, et ses yeux vert sombre étincelaient. Il n’avait pas besoin d’artifices pour asseoir son rang. C’était Gnaeus Sertor, sénateur, ancien général, héros de la guerre contre les Vandales, vingt ans plus tôt. Tout l’Empire connaissait son nom.

– Tu es sûr qu’il est parti par ici ? demanda-t-il au deuxième cavalier.

– Le sanglier ? répondit celui-ci. Je ne sais plus, père… Je l’ai cru, en tout cas…

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