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La Vouivre



Description ajoutée par Gambit 2011-03-22T08:08:00+01:00

Résumé

Courant après une vipère qui le nargue, Arsène Muselier rencontre au bois celle qu'en patois jurassien on appelle la Vouivre, la Fille-aux-serpents, dont le front s'orne d'un rubis fabuleux qu'elle ne pose que pour se baigner. Malheur à ceux que tente le bijou : les serpents les dévorent.

Arsène a vu le rubis, mais la baigneuse l'intéresse plus encore, ce qui séduit la Vouivre par la rareté du fait.

Lui se montre prudent car il craint pour son âme et, d'ailleurs, il aime Juliette Mindeur.

La Vouivre pourchasse partout le récalcitrant.

Le pays s'ameute, les convoitises s'allument, tandis qu'Arsène suit son petit bonhomme de chemin.

Mais ce garçon réaliste est aussi un tendre et quand, après le trépas du fils Beuillat, la petite Belette est en danger, il brave sans hésiter l'armée des serpents.

Ainsi finit cette histoire aussi réelle que fantastique où l'on voit un curé sceptique, un radical croyant, une " dévorante " pleine d'innocence et bien d'autres gens encore.

Source : Le Livre de Poche, LGF

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Classement en biblio - 64 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Carca 2014-07-01T07:32:55+02:00

"- C'est comme le paradis, dit-il d'une voix sourde, chargée de rancune. Je n'ai pas été y voir, mais je suis sûr que celui qui n'a pas les moyens, il n'entrera pas non plus.

Arsène protesta pour la forme, persuadé lui-même que l'accès au ciel était réservé à ceux qui laissaient un héritage appréciable et témoignaient ainsi qu'ils avaient honoré Dieu en sachant tirer de ses présents un parti décent. Il s'y prit du reste avec prudence, sans faire tort à sa conviction.

- Chacun a sa chance. Tant qu'on est de ce monde, il y a toujours moyen de s'arranger pour l'autre.

- Mes couilles, dit Requiem.Faut pas venir m'en raconter. Est-ce que le curé s'occupe de moi ? Il prend pas seulement la peine de me répondre quand je le salue. Il m'en veut, soi-disant qu'un jour j'aurais traversé l'église avec la Robidet sur mes épaules et qu'on gueulait comme des ânes. Mais ça m'étonne de moi.Je ne bois presque pas. C'est vrai, je suis bien plus sérieux qu'on se figure. Tiens, pas plus tard qu'hier, je me suis encore empoigné avec la Robidet parce qu'elle avait bu. Ces femmes - là, ce n'est personne. Le vin leur porte au caractère et ça ne se gêne pas de venir vous manquer au respect. Justement, je me trouvais d'avoir bu aussi, je l'attrape par les cheveux, je te lui cogne la tête au mur que j'ai cru que le nez lui avait éclaté. J'aurais voulu que le curé me voie.

- Je ne pense pas qu'il t'aurait fait compliment, dit Arsène.

- C'est bien mon idée aussi. Celui qui n'a pas les moyens, ça ne lui sert à rien d'avoir de la conduite. Il ne trouve personne qui reconnaisse. C'est bien ce que je disais, l'argent est toujours l'argent. "

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par ManonGrandhaye 2019-08-04T17:26:54+02:00
Bronze

Ce livre me tentait depuis des années, étant fascinée par la légende de la vouivre. J'ai donc fini par l'acheter, tout en pensant que cette lecture allait être un véritable coup de cœur -il ne pouvait en être autrement-. Pourtant, l'intrigue est assez éloignée de ce que je pensais alors, voire espérais. Nous sommes bien face à des mœurs de province jurassienne, mais l'intérêt de cette créature surnaturelle subsiste discutable. Toutefois, j'ai bien aimé la fin, qui prend enfin en rythme, et dont les dernières lignes sont assez touchantes, en écho avec un chapitre antérieur assez puissant.

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Commentaire ajouté par chrysta 2017-10-08T08:02:32+02:00
Argent

La vouivre, je l’avais découverte à mon adolescence au travers du film qu’en avait tiré Georges Wilson. Me plonger dans le roman de Marcel Aymé aujourd’hui m’a permis peut-être d’en voir, d’une certaine manière, l’envers du décor, et d’ouvrir à une perception plus riche de cette histoire. Cela, d’une part en resituant l’œuvre à sa période de publication, mais aussi en m’informant sur cette légende de Franche Comté fortement ancrée dans les esprits populaires au 19ème. Apparaissant pour la première fois à l’écrit sous la plume de Désirée Monnier en 1818, inspirée de traditions orales, la vouivre y est présentée comme un serpent ailé, qui traverse la nuit comme un trait de feu et porte au front une escarboucle qu’elle dépose sur la rive quand elle va boire ou se baigner ; celui qui pourrait alors s’emparer du joyau serait à jamais riche et heureux. Marcel Aymé en fait une femme, souvent se promenant nue avec un serpent, et détentrice d’un rubis qui, si on essaie de lui voler, attire une nuée de serpents sur le malfrat et engendre sa mort.

A l’époque où Marcel Aymé publie ce roman (1943), c’est l’entre-deux guerres. Quelle influence la période a-t-elle eue sur cet écrit ? Est-ce la réémergence plus affirmées de vieilles légendes dans les contrées rurales qui est aux sources de son choix d’écrire à ce sujet ? Est-ce que la réapparition de la Vouivre a à voir avec l’occupation, ou juste se raccrocher à une histoire commune qui aide à conserver mémoire de sa culture, ses origines ? … Nombre de questions peuvent à mon sens être posées relatives à cette œuvre et à la légende.

La Vouivre nous promène dans le terroir franc-comtois, et au travers d’une galerie de de portraits ruraux savoureux : le curé sceptique et qui essaie de se saisir de cette affaire pour relancer la foi, le maire radical qui fait mine de ne pas y croire, le fossoyeur amoureux d’une pocharde à laquelle il attribue fortune et rang social qu’elle n’a pas au moment où elle le quitte, la «dévorante » mangeuse d’homme qui fait honte à sa famille, le vieux qui a travaillé toute sa vie dans une ferme et doit la quitter, …. L’histoire prend aussi naissance sur fond de rivalités entre familles, persistantes bien que les causes aient été oubliées, sur les velléités de réussite sociale, les amours tues, les hontes familiales, les aspirations déçues ou impossibles, etc, tout cela fait le terreau d’un livre riche dans la rencontre qu’il nous propose avec ce village, ses  habitants et leur histoire. La vouivre, quant à elle, peu présente vraiment en corps au fil du livre, fait effet de catalyseur de passions, et suscite, dans ce village qui semblait replié sur lui-même, des changements. Elle représente l’étranger connu, puisque finalement elle n’est pas d’ici mais est déjà à maintes reprises passée par là, survivant juste dans les légendes locales entre deux apparitions. Absente ou présente, elle fait toujours partie de ce lieu-là. Elle suscite les convoitises par son rubis, mais tenter de lui voler signifie la mort par les serpents. Peu intéressée par les vies humaines et limitées des hommes, elle qui est là pour l’éternité, elle se laisse néanmoins séduire par Arsène qui la regarde elle, comme une femme, plutôt que son rubis.  Dans leurs échanges se confrontent deux mondes et deux visions : celle de celui dont le temps ici-bas est limité, avec sa perception de la mort et de l’importance de la vie, face à celle d’une femme éternelle qui ne considère la vie humaine que comme une seconde dans son éternité, et la conçoit comme négligeable. Leur rencontre néanmoins les fait changer et évoluer, s’interroger autrement sur certaines visions qu’ils ont ou avaient.

Je ne m’engagerai pas ici dans l’analyse symbolique que m’inspire ce livre, relative au féminin, au parallèle avec le mythe biblique d’Adam et Eve, mais aussi sur ce que représenterait peut-être la Vouivre de nos pulsions. Mais ce livre me semble d’une grande richesse pour travailler, tant sur l’émergence de cette légende et son contexte initial, que sur l’évolution progressive de la légende et sa transformation selon les époques, que sur le message que cette légende porte. Un peu comme un conte, elle me semble porteuse de certaines terreurs et affres pulsionnels de l’Homme.

Un livre à mon sens à découvrir et redécouvrir dès lors que l’on ne s’en tient pas au premier degré et à l’histoire telle que proposée qui, loin d’être inintéressante, et même riche de ce qu’elle propose dans cette plongée dans ce village franc-comtois et ses mentalités, n’est rien si l’on occulte la trame de fond sur laquelle elle repose.

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Commentaire ajouté par Palmyre 2017-07-05T22:10:22+02:00
Argent

L'histoire se passe dans la campagne du Jura dans l'entre deux guerres. La vouivre est une créature fantastique, une jeune femme très belle, toujours accompagnée de serpents auxquels elle semble commander. Les paysans qui disent l'avoir rencontrée l'ont vue la plupart du temps se baigner dans les mares ou les rivières. C'est d'ailleurs les seuls moments où elle enlève son diadème orné d'un gros rubis...

Arsène, un jeune fermier, découvre un beau matin qu'elle n'est pas qu'une légende...

Un beau roman, teinté d'une touche de fantastique qui parle bien de la vie des paysans et nous brosse une galerie de personnages très attachants.

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Commentaire ajouté par feufeu 2017-02-23T18:41:43+01:00
Argent

Histoire du folklore de Franche Comté la vouivre a fait l'objet de nombreux ouvrages. avec plus ou moins de réussite d'ailleurs.

Pour les "terriens" que sont les francs comtois la vouivre fait partie de la vie. Livre bien écrit, j'en garde un bon souvenir sans plus.

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Commentaire ajouté par ambre2 2013-03-01T18:18:33+01:00
Lu aussi

J'ai lu ce livre dans les années 80'. J'en garde un bon souvenir.

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Commentaire ajouté par guy-jacques 2012-07-10T22:17:12+02:00
Bronze

Le film, avec lambert Wilson, rend honneur au livre : une intrigue originale, un soupçon de fantastique de beaux personnages (surtout la Vouivre... miam !)

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Activité récente

IMLA l'ajoute dans sa biblio or
2018-09-16T22:30:57+02:00
Macabre l'ajoute dans sa biblio or
2016-06-28T06:26:46+02:00

Les chiffres

Lecteurs 64
Commentaires 6
Extraits 6
Evaluations 12
Note globale 7.75 / 10

Évaluations

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