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(. . . )

-Je n'aurais pas cru découvrir en vous une collègue en rationalisme , Lady Helen .

Était-ce l'effet de son sang encre échauffé , ou celui de la cordialité inattendu de Sa Seigneurie ? . En tous cas , elle se surprit à répliquer :

-Il me semble plutôt , Lord Carlston , que vous n'auriez pas cru que j'étais capable de penser

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-Que voulez-vous à Lady Helen ? demanda le duc à voix basse avec un sourire forcé . Son oncle vous a pourtant fait comprendre que vous n'étiez pas le bienvenu ici.

-Le régent m'a prié de danser avec elle , répliqua Carlston . Son oncle n'a élevé aucune objection . Quelle raison avez-vous de vous y opposer ?

-Ma raison ,c'est vous .

Carlston sourit.

-N'auriez-vous pas une raison dont je puisse ne pas me ficher ?

-Son oncle m'a autorisé à demander sa main . Je vais l'épouser .

Helen vit Carlston serrer la mâchoire . Il se retourna pour la regarder . Ses yeux étaient totalement noires.

-Lady Helen est-ce vrai ? demanda -t-il d'une voix tendu

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(Helen)

- Bonaparte a vraiment une lourde responsabilité. Après l'Europe, c'est la mode qu'il dévaste.

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En sanglotant , elle s'agrippa à Carlston .

Un instinct aveugle lui criait qu'il fallait que leurs peaux s'unissent .

Qu'elle le touche pour le sauver.

Elle pressa son visage trempé de larmes sur le sien , sa bouche sur le sang et la sueur maculant la joue du comte .

Il agita la tête en haletant de douleur , en effleurant des lèvres sa gorge , sa mâchoire. Ses lèvres . L'espace d'un instant ,elle se figea -un réflexe- puis elle plongea dans la saveur du sel et du brandy de cette bouche , mêlant son souffle affolé au sien .

Un flot d'énergie jaillit entre eux , mit à nu le moindre de leurs nerfs avant d'exploser en une souffrance qui était comme une extase étrange et déchirante .

Les bras de Sa Seigneurie se refermèrent sur son dos , leurs corps cherchèrent à se rapprocher encore , remplis à chaque contact d'une puissance grandissante . Elle éprouvait une joie sauvage , un triomphe vertigineux.

Son cœur s’arrêta quand tout culmina en un instant de transformation irréversible ,qui la souleva au-dessus d’elle-même le temps d'une exaltation merveilleuse avant de la laisser retomber dans son esprit et son corps

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"Il est parfois impossible de choisir pour le mieux. Il faut simplement choisir."

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Helen sentit un mouvement autour d'eux. Les gens s'écartaient en leur lançant des regards obliques. Manifestaient-ils ainsi leur déférence pour Mr Brummell ou leur dégoût envers Carlston ? Un examen rapide des visages alentour donna la réponse à Helen. Apparemment, la fameuse influence de Mr Brummell ne suffisait pas à rendre lord Carlston acceptable. Pas encore, en tout cas. — Je suis toujours charmé de vous voir, milady, dit Mr Brummell en s'inclinant derechef. Helen sentit de nouveau le regard scrutateur du Beau, dont les sourcils légèrement haussés trahissaient la curiosité. Puis il désigna d'un geste élégant lord Carlston.

— Lady Pennworth, puis-je vous présenter le comte de Carlston. Tante Leonore inclina la tête en un salut glacé.

— Lord Carlston.

— Milady, dit le comte en inclinant la tête à son tour. Helen devait avouer que lord Carlston était beau, d'une beauté dure et anguleuse qui faisait paraître les hommes autour de lui presque efféminés. Toutefois, le dessin de sa bouche trahissait une brutalité franchement repoussante. Sa peau arborait un hâle contraire à la mode — Andrew et tante Leonore avaient indiqué tous deux qu'il avait séjourné sur le continent —, et le marron de ses yeux était si foncé qu'il se confondait avec la pupille noire, ce qui leur donnait une expression impénétrable. L'effet était déconcertant. Son regard semblait sans âme, comme celui du requin naturalisé qu'elle avait vu à l'Egyptian Hall nouvellement ouvert. Un froid soudain fit frémir les épaules nues d’Helen. Un tel homme ne pouvait avoir une âme — c'était un meurtrier. Et peut-être un ravisseur. Elle serra plus fort dans ses doigts la pointe de l'éventail et la miniature. Il était temps, car sa tante se tournait vers elle pour lui présenter les deux hommes.

— Ma chère, permets-moi de te présenter le comte de Carlston et Mr Brummell. Messieurs, voici ma nièce, lady Helen Wrexhall.

Helen fit une révérence mais s'abstint de baisser les yeux, comme la modestie l'exigeait, afin d'examiner lord Carlston tandis qu'il s'inclinait. Il la scruta avec non moins d'attention, de son regard nettement trop pénétrant pour être poli. Ils s'observèrent ainsi un long instant. Il pouvait bien la regarder avec ses yeux noirs de requin ! Le visage d’Helen était à peu près aussi indéchiffrable que le sien.

— Lord Carlston, Mr Brummell, dit-elle en se redressant. Elle leur lança un regard distant. Même si Andrew l'avait exhortée à ne pas s'approcher du comte, elle ne pouvait quand même pas mettre sa tante dans l'embarras en refusant de lui être présentée. Et c'était une excellente occasion pour tenter de le percer à jour.

— Je suis ravie de faire votre connaissance.

Carlston continuait de l'examiner avec attention.

— Je suis moi-même enchanté, lady Helen, déclara-t-il. D'autant que nous sommes parents.

— Ce n'est qu'une parenté lointaine, observa tante Leonore en serrant les lèvres. Il eut un sourire où éclatait toute la supériorité de son rang.

— Mais irréfutable, répliqua-t-il.

Les lèvres de tante Leonore se serrèrent encore plus. Mr Brummell se racla la gorge. Ce devait être un signal pour Carlston, car celui-ci lança aussitôt un regard calculateur vers le fond de la salle. Helen mourait d'envie de regarder dans la même direction, toutefois il lui aurait fallu se retourner trop ostensiblement. Elle ne savait ce que le comte voyait, mais son visage resta impassible. Lord Carlston ne révélait aucune émotion.

Se tournant de nouveau vers Helen, il lui sourit. Elle eut l'impression qu'il la regardait comme un loup s'apprêtant à bondir.

— Lady Helen, j'ai remarqué que votre éventail était un vernis Martin.

Elle serra sa main sur la miniature. Son propre sourire s'était figé en un rictus. Quelle idée de lui parler de son éventail ! Elle porta à son cou sa main libre, comme si elle pouvait cacher ainsi la brusque rougeur envahissant son visage.

— Je m'y connais très bien en éventails, ajouta-t-il.

— Vraiment, milord ? En éventails ? lança-t-elle, la main crispée sur le sien. Et avez-vous souvent l'occasion de vous en servir ?

Mr Brummell parut réprimer un accès d'hilarité.

— Oui, Carlston, vous servez-vous souvent d'un éventail ? demanda-t-il.

Tante Leonore la regarda d'un air sévère.

— Voyons, ma chère Helen, je suis sûre qu'il s'agit d'un simple intérêt chez lord Carlston.

— C'est exact, milady, approuva-t-il.

Il mentait. Helen en était certaine, même si son visage n'arborait aucun des signes révélant habituellement le mensonge. Il n'avait pas dégluti avec force ni battu imperceptiblement des paupières.

— Me permettrez-vous d'examiner votre éventail, lady Helen ?

— Il n'a rien que de très ordinaire, lord Carlston, dit-elle en arborant un sourire aussi faux que le sien. Pourquoi insistait-il ainsi ? Elle ne pouvait pas lui confier son éventail. Sa tante avait l'œil vif. Et si elle découvrait la miniature ?

— Un vernis Martin n'est jamais ordinaire, lady Helen, répliqua-t-il en tendant la main.

Helen lui lança un regard de défi. «Non, je ne veux pas», se dit-elle avec fureur. L'espace d'un instant, elle lut quelque chose de surprenant dans ces yeux de requin. De la compassion. À quel jeu jouait-il ?

— Helen, montre ton éventail à lord Carlston, ordonna sa tante.

— Je ne puis croire que vous soyez sérieux, lança Helen en s'efforçant d'imiter le ton badin qu'employait Millicent avec ses nombreux admirateurs. Je suis sûre que c'est une plaisanterie.

— Vous saurez que je suis toujours sérieux, lady Helen.

— Montre-le-lui, ma chère, souffla sa tante avec un signe de tête éloquent. Le message était clair : « Montre-lui cet éventail, que nous soyons débarrassées de cet homme. »

Il tendit la main vers Helen avec un regard impassible et une indifférence exaspérante. Elle ne pouvait refuser. Une telle impolitesse serait impardonnable, et de toute façon sa tante lui arracherait probablement l'éventail pour le donner au comte. Tant pis. Le défiant plus que jamais du regard, elle glissa la pointe de l'éventail dans sa main tendue en pressant la miniature contre sa paume. Puis elle se raidit, prête à voir son secret découvert. Tante Leonore allait être furieuse. Il déploya l'éventail en tenant la pointe dans sa grande main, qui la dérobait aux regards. Elle respira à fond pour se calmer. La catastrophe était imminente. Il pencha la tête pour observer le paysage peint. Pourquoi attendait-il ? Il devait forcément voir la miniature puisqu'elle était dans sa main, mais il ne réagissait pas. En fait, il la gardait cachée.

— Quel éventail magnifique, déclara-til.

Cependant, elle vit comme une ride imperceptible se creuser entre ses sourcils noirs. Si elle avait dû hasarder une interprétation, elle aurait dit que lord Carlston, en dépit de son calme implacable, était atterré. Il leva les yeux, en gardant un silence dont on ne savait ce qu'il annonçait. Helen se figea. Si elle ne faisait aucun geste, peutêtre se contenterait-il de lui rendre l'éventail.

— Vous l'a-t-on présenté comme un authentique vernis Martin ? demanda-t-il.

Helen respira. Un sursis. Mais pourquoi ? Sa tante se redressa avec indignation.

— Sachez que cet éventail lui a été offert par son oncle, le vicomte Pennworth.

— C'est un beau cadeau, répliqua Carlston d'un ton affable. Fermant l'éventail d'un coup sec, il le tendit à Helen. À l'instant où elle saisit la pointe, elle se rendit compte qu'il était d'une légèreté insolite. La miniature avait disparu.

Était-elle tombée ? Elle baissa les yeux, mais le portrait n'était pas sur le sol. Un morceau de ruban bleu restait emprisonné entre deux lames. Il avait été proprement découpé. Lord Carlston devait avoir un couteau, mais elle ne l'avait pas vu. Ses doigts se crispèrent sur le rivet. Espérait-il la voir s'évanouir ? Il en serait pour ses frais. Elle se força à prendre un air indifférent et aperçut une lueur nouvelle dans ses yeux noirs. Il s'amusait. Une vague de fureur monta en elle. Pourquoi agissait-il ainsi ? C'était absurde.

— Je crois que nous devons laisser la place aux autres personnes désireuses de faire votre connaissance, lady Helen, dit-il en s'inclinant. Ç'a été un plaisir.

Il allait partir. Avec le portrait de sa mère. Non !

— Lord Carlston, j'espère que nous aurons l'honneur de votre visite, lança-t-elle pour le retenir.

À côté de lui, Mr Brummell interrompit son propre salut en levant les sourcils devant une telle inconvenance.

— Pouvons-nous compter sur vous demain ? s'obstina Helen. Puisque vous êtes de la famille... Elle réussit à esquisser un sourire tendu.

— Helen ! s'exclama sa tante.

L'amusement pétilla de plus belle dans les yeux de lord Carlston, donnant à son regard froidement scrutateur une chaleur soudaine.

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« Helen ploya son genou gauche et fit sa révérence, la tête baissée. Ses gestes étaient aisés, sans rien de vacillant. Elle respira – tante Leonore serait contente. Sous ses yeux, la main gantée de la souveraine était crispée sur l’accoudoir sculpté. Dans un bruissement de soie bleue, elle vit s’approcher le corsage cousu d’étoiles d’or et parsemé de diamants de Sa Majesté qui se penchait pour lui donner le baiser royal. Helen leva son visage vers un suave parfum de girofle et l’éclat de diamants brillant sur une peau tachée par la vieillesse. Puis elle sentit des lèvres desséchées se poser doucement sur son front.

- Vous êtes la fille de la comtesse de Hayden ? demanda Sa Majesté d’une voix si basse que Helen ne sentit guère qu’une haleine tiède sur sa peau.

Elle avait donc posé la question fatale. Helen sentit sa gorge se serrer et n’eut que la force de hocher la tête.

- Mon enfant, ne croyez pas tout ce qu’on dit de votre mère »

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Je n'arrive pas à croire que j'ai dansé avec un de ces monstres dit-elle. Il a l'air tellement normal.

-En fait, vous avez dansé avec deux d'entre eux ce soir répliqua-t-il avec un grand sourire

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— N'êtes-vous pas de mon avis, Carlston ? demanda Mr Brummell dans le désir évident de faire participer le comte à la conversation.

— En effet, dit Carlston d'un ton affable. Votre absence hier soir lors de la réception du prince vous a certainement aidées à garder toute votre fraîcheur.

Helen vit sa tante se raidir en comprenant l'allusion. Elle-même était partagée entre un amusement horrifié et un étrange sentiment de triomphe à l'idée qu'il ait remarqué leur absence.

— Ç'a été une soirée très ennuyeuse, lança en hâte Mr Brummell en foudroyant Carlston du regard.

— Prendrez-vous du thé ? demanda tante Leonore.

— Non, nous ne resterons pas longtemps, répondit lord Carlston. Brummell ferma un instant les yeux, sans doute désespéré par les manières de son ami.

— Ce sera tout, Sally, dit tante Leonore.

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Regardant avec égarement autour d'elle, elle se força à se concentrer sur un groupe d'enfants. Là-bas, ce petit garçon jouant avec un cerceau, dans moins de cinq secondes il allait rentrer dans ce monsieur contemplant une fleur, en envoyant voler son chapeau dans les buissons. Le sang battit avec violence à ses tempes lorsqu'elle vit sa prédiction se réaliser et le monsieur se cramponner vainement à son couvre-chef. Elle se concentra de nouveau. Derrière les enfants, une jeune dame marchant d'un bon pas avec sa mère allait trébucher et tomber dans moins de trois secondes. Helen poussa un petit gémissement en voyant la jeune fille s'affaler par terre. Comment avait-elle su que cela allait se produire ? Seigneur, aurait-elle le don de seconde vue, à présent ?

Elle sentit sur sa nuque un regard qui n'était pas de simple curiosité. Se retournant, elle aperçut lord Carlston à cheval plus loin sur l'allée. Il l'observait. Son expression était indéchiffrable : un examen impartial, dénué de toute émotion. Elle le toisa. Pourquoi se contentait-il ainsi de jouer les spectateurs ? Il n'avait même pas essayé d'arrêter le cheval emballé. Il eut un sourire — elle se rendit compte qu'il ne lui était pas adressé, mais exprimait quelque satisfaction intime. Puis il tira sur les rênes et fit faire demi-tour à son cheval pour rejoindre le cortège des cavaliers. Helen regarda son dos s'éloigner, sans parvenir à se défaire de l'impression effrayante qu'il en savait long sur elle, qu'il la connaissait même beaucoup mieux qu'elle ne se connaissait elle-même.

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