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Bibliothèque de laurak29 : Mes envies

Les Prisonniers de la liberté Les Prisonniers de la liberté
Luca Di Fulvio   
Mon premier roman de Di Fulvio... une sacré claque !

Le résumé de "Les prisonniers de la liberté" est très évasif et je ne savais pas du tout dans quoi je me lançais. On suit 3 personnages principaux : Raquel, Rosetta et Rocco. Tous les trois sont forcés de fuir vers Buenos Aires pour survivre et se retrouvent dans les pires des situations.

Le récit est extrêmement violent. Le viol est omniprésent dans le roman, jusqu'à la page 300 environ, toutes les femmes que l'on croise se font violer. Certes, l'auteur parle d'une époque très difficile où ce genre de pratiques étaient courantes. Cependant, c'est quand même dur à lire et je pense que ce roman n'est pas à la portée de tous (où alors il faut que les personnes soient prévenues à l'avance !).

Mais l'écriture de l'auteur nous fait tourner les pages les unes après les unes, et on arrive au bout des 700 pages beaucoup plus vite que l'on ne l'aurait imaginé ! Il y a toujours de l'action, des rencontres et des retournements de situation (ce qui fait que nos personnages se retrouvent toujours coincés) et on suit l'intrigue sans voir les pages défiler.

Une expérience de lecture très intense, par les sujets crus et difficiles que le livre aborde, mais aussi par les expériences que les personnages affrontent et les liens qui se tissent entre eux. Je pense que les livres de Luca Di Fulvio sont volontairement violents, car comme cela ses histoires ne quittent pas nos esprits avant un long moment et on tourne et retourne ce qu'il s'est passé dans nos têtes. Et c'est ce qui fait aussi un bon livre : ne pas pouvoir enchaîner avec un autre sans avoir digéré celui-là d'abord.
Ashes falling for the sky, Tome 1 Ashes falling for the sky, Tome 1
Mathieu Guibé    Nine Gorman   
Wattpad… un lieu étrange, à mi-chemin entre les chroniques foireuses et mille fois écrites, et les histoires de badboy ultra-plébiscitées et rarement bien scénarisées. Dans ce cadre, dur de trouver une romance potable, pas trop clichée, et bien écrite.

Je ne sais pas ce qui m'a poussée à aller vers Ashes Falling For The Sky. Probablement la couverture, en premier lieu. Ce mélange frappant de jaune et de gris, avec un titre poétique et a priori mal orthographié.
Et puis, j'ai découvert le fond. AFFTS aurait très bien pu tomber dans les clichés classiques, fille niaise et garçon au passé douloureux, qui s'ouvre progressivement au contact de la fille et lui apprend en même temps que la vie n'est pas si rose. Mais c'est sans compter sur le passé des personnages principaux (des deux personnages, et j'insiste bien là-dessus). Dès le début, il y a de petits indices. Minuscules, parfois insignifiants, mais quand on arrive au milieu du bouquin et qu'on apprend la vérité… ça fait mal.

Pour ça, d'ailleurs, une mention spéciale à Sky, qui aurait mille fois mérité son poids en oursons en peluche, juste pour tout ce qu'elle a dû endurer par le passé – et au travers de l'histoire, d'ailleurs. Sa vérité, son histoire à elle, sont bien moches, et m'ont donné envie de fracasser le crâne de quelques personnes contre un mur.

Parce que, oui, les personnages principaux ont leur lot de problèmes, mais si on devait se lancer sur le sujet des secondaires…
C'est probablement eux qui donnent une pointe de profondeur supplémentaire à l'histoire. Ils sont tous en nuances de gris, ni beaux ni mauvais, ils ont tous leur moment d'importance.

Et puis, bon, faut qu'on parle de la fin. Typiquement, pour une histoire clichée, on aurait la fin positive – ils vécurent heureux et eurent beaucoup trop de gosses bipolaires – et la fin en simili demi-teintes – le badboy dut se barrer pour une raison X ou Y impliquant nécessairement protéger sa copine d'un vieil ennemi qui vient de refaire surface, mais évidemment, sa copine le retrouvera… après qu'elle se soit casée avec un autre mec pour avoir une épaule sur laquelle pleurer.
Et devinez quoi ? Ces beaux clichés ont dû se barrer comme s'ils avaient le diable aux trousses, à mon avis, parce que la fin est magique.

Résumons. Un cliché pour base de l'histoire, un excellent développement qui pose une vision du monde assez triste, dans l'ensemble, des personnages douloureusement humains et faillibles, une double narration au poil… Franchement, même pour un non adepte de la romance, ce serait dur de ne pas être satisfait. Donc un immense bravo aux auteurs, pour avoir réussi à mettre sur papier ce petit bijou.

PS : Ze veux la suite. :-)
Le Pacte d'Emma Le Pacte d'Emma
Nine Gorman   
Le vampire au XXIème siècle dépoussiéré!
J'ai succombé à cette histoire d'amour humaine/vampire! Encore une histoire d'amour impossible et beaucoup de je t'aime mais je ne peux pas car je suis une créature sans sentiment... oui, MAIS NON!
Certes c'est le terreau de cette histoire, cependant ce n'est pas toute l'histoire.
Emma est une une jeune femme de 21 ans passionnée de lecture fantastique et qui souffre d'une maladie neurodégénérative qui ne lui laisse plus beaucoup de temps avant de sombrer dans la phase sévère de la maladie et de finir ses jours alitée jusqu'à la mort qui est inéluctable.
Un soir elle se retrouve dans une ruelle sombre de New York témoin d'un meurtre par une créature qu'elle identifie comme un vampire... réalité ou hallucination?
L'histoire commence entre découverte, défi, déni et rapprochement avec Andrew Anderson.
C'est un angle de vue nouveau sur les vampires, la romance est bien entendu présente et la maladie est aussi un personnage à part entière dans cette intrigue.
Les rebondissements sont un peu maladroits, mais le diamant le plus pur à aussi besoin d'être taillé pour révéler sa beauté au yeux de tous.
Une lecture qui ne vous laissera pas de marbre et une auteure qui présente une potentiel scénaristique extrêmement tentant dans ce genre d'intrigue.
RDV en 2018 pour la suite! ;)

par Sinner
Transférés Transférés
Kate Blair   
https://aliceneverland.com/2017/04/17/transferes-kate-blair/

Voilà une histoire qui m’a immédiatement intriguée, surtout étant donné la société dans laquelle on vit de nos jours. En effet, qui ne souhaiterait pas trouver un « remède » miracle pour éradiquer toute maladie ? J’étais donc curieuse de voir la réflexion qu’en faisait l’auteur sur ce sujet à travers cette histoire fantastique.

Dans un monde futuriste, lorsqu’une personne tombe malade, son virus est immédiatement transféré aux criminels. C’est le moyen qu’ont trouvé les scientifiques pour éradiquer les maladies de la société, même les plus bénignes. Alors, quand Talia, fille d’un riche homme politique, doit se rendre dans un centre de transfert suite à un petit rhume, elle va se rendre compte de toute l’injustice de cette situation…

J’ai vraiment beaucoup aimé la façon dont l’auteur avait développé son idée de départ. En effet, cette solution, qui peut s’avérer idéale sur le papier, cache bien des déviances. Comment peut-on se permettre d’inoculer certains virus mortels à des personnes, certes criminelles, mais qui vont irrémédiablement en mourir ? Comment peut-on juger que la valeur de la vie d’une personne riche est plus importante que celle d’un habitant du ghetto ? Surtout que, en « contaminant » ces personnes pauvres, les virus ne sont pas pour autant éradiqués puisqu’ils se propagent auprès des habitants des bas-fonds. Alors, cette solution est-elle vraiment aussi parfaite ?

C’est là toute la réflexion que le lecteur se fait, mais à laquelle Talia va également avoir droit alors qu’elle sauve Tig, une fillette. Elle va ainsi ouvrir les yeux et j’ai beaucoup aimé la voir petit à petit changer de position sur la question, elle, la fille du possible futur gouverneur de la ville, qui va donc se rebeller contre la doctrine de son père. J’ai quand même eu beaucoup de mal avec le personnage de Talia, énervante au possible, surtout au départ, alors qu’elle est pleine d’a priori. Heureusement que cette dernière va vite revoir sa copie…

Pour l’intrigue, je reste malheureusement quelque peu sur ma faim. L’auteur part sur une excellente base et nous fait énormément réfléchir. Pour autant, je trouve que l’histoire possède de nombreux creux où le soufflé retombe ; le rythme redémarre puis s’arrête constamment. Et, même si j’avais envie d’en découvrir plus à chaque chapitre, je trouve dommage que l’auteur n’ait pas réussi à gérer le « rythme » de son récit, surtout que ce dernier est un one-shot d’à peine plus de 250 pages… De plus, à trop vouloir expliquer les actes de tout le monde, on en vient à se dire que personne n’est méchant. Résultat, j’avais du mal à saisir contre qui se battait vraiment Talia étant donné l’aspect poussif du « mal » dans cette histoire…

Pour conclure : la réflexion sociétale qu’apporte Transférés est vraiment excellente et pousse le lecteur à réfléchir sur la frontière entre le bien et le mal. Tout ne parait pas seulement blanc ou noir, et il y a une vraie vision manichéiste derrière cette histoire. De plus, l’évolution de Talia reste agréable à observer, même si j’étais assez sceptique sur son personnage au départ. C’est le manque de rythme qui pêche un peu et qui fait que, malgré un intérêt certain pour l’intrigue, j’ai trouvé que certains passages étaient vraiment creux et que l’auteur n’allait pas au fond des choses. Transférés reste une bonne lecture, même si j’en attendais bien plus…

par Kesciana
Ici et maintenant Ici et maintenant
Ann Brashares   
Pour moi ce livre est pas mal mais il manque le petit plus qui fait qu'on ne peut plus s'en décrocher. Et la fin m'a terriblement déçue...
Une vie Une vie
Simone Veil   
Il est des personnalités comme Madame Veil qui ont marqué le siècle dernier par leurs combats et qui, alors qu'ils auraient pu en vouloir à l'humanité toute entière de ce qu'ils avaient subi, ont aimé l'humanité au point de consacrer leur vie à servir sa cause. La peine de mort, la liberté de des femmes,... Merci à vous, je transmettrai vos témoignages à mes enfants.
Les Mille Visages de notre histoire Les Mille Visages de notre histoire
Jennifer Niven   
MON. DIEU. Lâchez tout ce que vous êtes en train de faire et foncez lire cette pure merveille. Après "Tout nos jours parfaits", Jennifer Niven ne nous déçoit pas du tout.
Ce roman fait passer un message absolument magnifique. Une ode à l'acceptation de son corps, au pardon, et à l'estime de soi.
Libby est une héroïne fantastique. Je me suis beaucoup identifiée à elle. Elle parle beaucoup de bodyshamming dont on parle dans les médias aujourd'hui. Elle utilise des mots très durs mais qui montre la réalité de certaines femmes.
Jack est magique aussi. Son ressenti de la différence est très bien construit. La façon dont il vit et surmonte son "handicap" est magnifique.

Un énorme coup de coeur.

par GreyPearl
Le Vent de la haine Le Vent de la haine
Marie-Paul Armand   
J'ai énormément apprécié ce livre que j'ai dévoré en une après-midi. L'histoire est très prenante et en même temps si émouvante. Et moi qui adore l'Histoire, je suis conquise. J'ai d'ailleurs forcé ma sœur à le lire et il s'avère que le verdict est le même que pour moi. Je crois que c'était l'une des premières fois que je pleurais devant un livre. Quoi qu'il en soit, je le recommande.

par Nogitsune
Le Gang des rêves Le Gang des rêves
Luca Di Fulvio   
Je vais le dire franchement et sans concessions, "Le Gang des rêves" est un chef-d'œuvre de la littérature contemporaine, il deviendra très certainement un classique du genre (dans mon cœur il l'est déjà, d'ailleurs depuis que je l'ai terminé il ne quitte plus mon esprit jour et nuit).

La lecture se fait en deux temps, en parallèle à chaque chapitre on bascule, tout d'abord du point de vue de Cetta Luminata, puis de celui de son fils Christmas Luminata, une dizaine d'années séparent les deux lignes de lecture.

Le roman se déroule tel une chronique familiale et sociale sur une période de 20 ans (de 1910 à 1930), la grande époque où tout le monde croyait au rêve américain, mais si vous veniez du Lower East Side, il n'était même pas concevable de le toucher du bout des doigts.
Ne parlons même pas de pouvoir aimer une belle et jeune fille riche si vous veniez de là, impossible, inadmissible.
Tout ce à quoi vous pouviez aspirer tenait en deux choses, soit crever de faim en faisant des petits boulots miteux sans gagner un sous ou presque, soit devenir un voyou, et avec beaucoup de chance, devenir un gangster, à condition de ne pas finir mort dans le caniveau pour une histoire d'argent, de prostitution ou de contrebande.

Ici sont abordés pleins de thèmes différents, c'est un roman difficile à cataloguer de par son côté "fresque", disons que pour rester dans une ligne de conduite purement thématique, ont y parle de misère, de débrouille, de survie, d'amour impossible, d'amour tout court, de la vie, de gangsters, de prostitution, de prohibition, de racisme, de la mort, d'immigration, de violence physique ou morale etc.. etc..
Pour aller plus loin on parle alors de dépassement de soi, d'encouragement, de force mentale, de faiblesse charnelle, d'appât du gain, de volonté, du refus de baisser les bras, de trahison, d'amitié, d'espoir...

"Le Gang des rêves" est un roman très visuel, je dirais même cinématographique, tout du long de ma lecture je n'ai pas pu m'empêcher de trouver des références à mes films préférés, tels que Les Affranchis (regarde m'man mes chaussures elle sont pas extras ? Mon Dieu, tu a l'air d'un gangster), Gang of New-York (les five points), Il était une fois en Amérique, Good Morning Vietnam, Des hommes sans lois, Public enemies, la série Boardwalk empire (la Ford T), les incorruptibles, et même Titanic pour son côté "découverte de l'amour" (impossible entre un pauvre et une riche) et encore plein d'autres, mais aussi à des acteurs, chacun aura son propre ressenti là dessus mais pour ma part j'en ai fait un casting complément dingue, je voyais le jeune Di Caprio de la période entre Titanic et Gang of New-York dans le rôle de Christmas, Emma Watson (actuelle) dans le rôle de Ruth, Vin Diesel dans le rôle de Sal (allez comprendre pourquoi, peut-être le côté taiseux), même la petite chienne "Lillipute" m'est apparue comme une espèce de york mélangé à un teckel sans poils haha, bref tout un monde qui s'est étoffé au fil de la lecture pour m'agripper et ne plus ma lâcher alors que d'habitude j'ai du mal à imaginer les traits des personnages de roman, ils sont toujours un peu flous.
Malgré cela, le roman à sa propre identité, fabuleux.

Du côté de l'écriture c'est fluide, on ne souhaite pas s'arrêter, aucunes longueurs sur 950 pages qui passent à une vitesse folle, de plus c'est rempli de petites phrases qui pourraient devenir cultes, c'est excellent.

Attention ce roman est aussi une bombe émotionnelle, j'ai lâché ma petite larme minimum deux fois alors que cela ne m'arrive jamais, la colère est parfois montée, le stress et l'angoisse aussi, la peur, un sentiment de dégoût et d'horreur à un certain moment, heureusement que l'auteur réussi à nous faire souvent sourire au milieux de tout ça !!

Je précise que je n'ai aucun intérêt particulier à encenser ce roman, si ce n'est que j'ai tellement accroché, que j'aimerai que tous les gens que j'apprécie le lisent, que ce soit mes proches ou mes connaissances sur la toile, j'ai été littéralement absorbé par la plume de Monsieur Di Fulvio, il m'a épaté, merci à lui.

Je n'ai au final plus qu'une seule chose à dire avant de remettre les souvenirs de cette superbe lecture dans un coin de ma tête pour moi tout seul, lisez le ! (vous ferez partie du gang)

HISSEZ LE TORCHON
! BONSOIR NEW-YORK, DIAMOND DOGS !

Voir la chronique sur mon blog :
https://unbouquinsinonrien.blogspot.fr/2017/07/le-gang-des-reves-luca-di-fulvio.html

par Maks
Une fille au manteau bleu Une fille au manteau bleu
Monica Hesse   
Tout d'abord, je tiens à sincèrement à m'excuser auprès des éditions Gallimard pour le retard de cette chronique, que j'aurais dû rédiger et publier il y a maintenant quatre mois... J'ai honte, je suis impardonnable, je le sais bien, mais à cause de ma réorientation scolaire vers la fac, du temps d'adaptation et d'intégration qui en a découlé, ça n'a pas été simple pour moi et c'était difficile d'avoir la tête à faire des chroniques. Me voilà désormais apaisée et je dois vous l'avouer, écrire des critiques littéraires, ça m'a véritablement manquée, comme un manque d'air ! Me voilà prête à respirer à nouveau mon air quotidien et cette première goulée d'air, ce sera le roman Une fille au manteau bleu, que j'avais tant envie de découvrir, et je remercie du fond du cœur les éditions Gallimard pour cet envoi, et encore mille excuses. Vous êtes géniaux. Prêts à découvrir ma chronique de ce roman qui m'a chamboulée au plus haut point ? C'est parti pour que je vous révèle les mystères et les parts d'ombre de ma lecture...

... qui, il faut le reconnaître, ne fut pas simple à mener. Pourquoi donc ? Ma lecture fut semée d'embûches, j'ai même dû faire une pause afin de me vider la tête de tous les problèmes que j'avais il y a encore quelques mois et cela a sûrement dû me brouiller l'esprit et m'empêcher de savourer ce livre à sa juste valeur. Car oui, de la valeur, il en a, je peux vous l'assurer. Il s'agit du premier roman de son écrivain (si mes souvenirs sont bons), Monica Hesse, et je tiens à l'applaudir, elle m'a eue en beauté, je me dois de lui tirer mon chapeau. Il faut que je vous explique plus en détails ce qui s'est passé au juste.

J'ai commencé ma lecture pleine d'espoir, je sentais que ce livre allait me séduire, parce-que moi et les romans d'inspiration historiques, c'est une longue histoire d'amour qui n'est pas prête de se terminer, l'histoire me passionne et c'est un témoignage inestimable de tout ce que l'humanité a dû affronter au cours des siècles. Et la période de la Seconde Guerre mondiale, je ne vous en parle même pas, c'est sûrement l'une des pires au niveau de la cruauté envers d'autres êtres humains ... Vous allez me dire que l'on endure cela depuis toujours et encore aujourd'hui, mais ce n'est pas le sujet de ma chronique. Bref, je savais que ce livre allait remuer en moi des sentiments forts, me bouleverser, m'ouvrir une fois de plus les yeux et m'en faire prendre de la graine.

Après, en voyant sur la couverture "un écho à Anne Frank", j'ai un peu grimacé, je le dis brute de pomme. Parce-que, quand même, comparer un livre au monument qu'est le Journal d'Anne Frank juste parce-que l'histoire se passe aux Pays-Bas, ça fait un peu gros quand même. Et puis, je n'aime pas ces comparaisons qu'ont fait, avec style "le nouveau Hunger Games", "le nouveau Game of Thrones", etc., car chaque oeuvre est unique en son genre, et on n'a pas le droit je pense d'essayer catégoriquement de la "remplacer", et je trouve aussi que ça fait un peu trop marketing, d'essayer de vendre ses copies en les comparant à ce qui a déjà fait carton, afin de bien attirer un certain type de lectorat ... M'enfin bref, je ne suis pas là pour me plaindre, pour juger ou quoi que ce soit, ici, c'est liberté d'expression c'est tout !

Désormais, en ressassant toutes mes pensées sur cette lecture qui fut dure mais fructueuse et marquante, je comprends mieux cette comparaison avec Anne Frank. Non, le lieu de fond que sont les Pays-Bas n'est pas le seul point commun. Dans son histoire, Monica Hesse met en effet en scène des personnages inspirés de personnes réelles, des adolescents qui avaient le même souhait d'Anne : laisser une trace d'eux, quoiqu'il puisse arriver, afin que, des années après, l'on sache ce qui s'était produit, toutes les atrocités commises par les Nazis, qu'on en soit conscients et que l'on pense à eux, toujours dans un recoin de notre esprit, eux qui étaient impuissants, qui ont subi cette guerre et cette cruauté, cette inhumanité, et qui ont fait de leur mieux pour que subsiste quelque chose d'eux, des écrits, des photographies, quitte à risquer leurs vies si les Nazis découvraient l'existence de ces preuves de leur abomination sans nom. Ils se sont aussi battus pour sauver le plus grand nombre, pour épauler les Juifs déportés au mieux, pour leur faire sentir que, non, ils n'étaient pas seuls face à leur destin funeste, que des gens pensaient à eux, souffraient aussi pour eux, et essayaient de les faire sortir de cet enfer.

Ma lecture d'Une fille au manteau bleu m'a tout simplement empoignée le cœur, je reconnais ma défaite. Au départ emplie de préjugés et d'inimitié à l'égard de l'héroïne, Hanneke, que je ne trouvais pas du tout digne d'Anne Frank de prime abord, mon cœur s'est ensuite ouvert à elle, à sa souffrance, à son cœur qui saigne, à ses défauts, à ses regrets et amertumes, mais surtout à son courage sans nom. Pas le courage d'être une héroïne parfaite, altruiste et généreuse, non : le courage de reconnaître ses erreurs, ses faiblesses, et de tout faire pour les amender. C'est sûrement un courage que l'on mésestime et qui mériterait d'être reconnu car nous sommes loin d'être parfaits, je ne vous apprends rien, et ce livre me l'a grandement rappelé (et j'en avais bien besoin par ailleurs).

Nous suivons ainsi les péripéties d'Hanneke à travers Amsterdam. Cette jeune fille, dont la guerre et la perte de son bien-aimé Bas (diminutif de Sébastien) ont assombri son cœur, sillonne la capitale néerlandaise avec son vélo, vivant du marché noir afin de survivre et de mettre sa famille à l'abri du besoin, qui elle ne sait rien de ses actions illégales. De prime abord, vous allez me dire qu'Hanneke est une fille tout à fait bien, qui fait tout ce qu'elle peut afin de préserver sa famille, constituée de son père malade et de sa mère qui ne travaille pas et s'occupe du père. Cela, dès le départ, je l'ai respecté profondément et cela m'a rapproché d'Hanneke, cette importance primordiale de la famille. Mais cela va aussi me la faire regarder d'une manière très critique, car au tout début, elle refuse de partir à la recherche de Mirjam pour ces mêmes raisons, en plus du fait qu'elle ne veut pas avoir de problèmes avec les Nazis, alors qu'elle baigne déjà dans le marché noir jusqu'au cou. Courageuse, mais pas téméraire je me suis dis. Je me trompais totalement.

Hanneke n'est pas égoïste, enfin peut-être un peu, mais elle est humaine, comme tout un chacun, à peine entrée dans l'âge adulte, elle doit porter le poids d'un immense chagrin sur ses épaules, son cœur est fêlé, la guerre l'a brisée, et elle se sent forcément tourmentée et perdue. Alors qu'elle part finalement sur les traces de Mirjam, dont l'enquête prend carrément des dimensions policières haletantes, Hanneke va tout faire pour retrouver un peu d'air dans ce monde oppressé et étouffant, et un semblant d'humanité, car il semblerait que les Nazis aient tout pris à ce peuple démuni : leur force, leur combativité, leur dignité et même ce qui les rend humains et solidaires les uns les autres. Hanneke, en partant dans sa quête qui rouvre des blessures du passé, des pans de souvenirs à la fois nostalgiques du bonheur d'antan et douloureux, va alors à sa manière se soulever contre ces Nazis qu'elle hait de tout son cœur et qui sont en train de détruire sa patrie qu'elle aime et dont elle est fière à un autre degré. Cela devient une vraie guerre contre l'idéologie nazie, contre leurs crimes contre l'humanité, et la révolte morale d'Hanneke est impressionnante.

Au cours de ce chemin semé d'embûches, qui font écho au passé amoureux et heureux d'Hanneke et Bas, mais aussi à leur séparation tragique, et au lien qui unissait Hanneke à sa meilleure amie d'autrefois, Elsbeth, qui s'est brisé, ce roman qui a su s'approprié la noirceur et la gravité de la guerre avec brio, ainsi que toutes les qualités qui font un roman policier, empli de mystère, de suspens et de retournements de situations, la plume de Monica Hesse se montre aussi experte pour faire un éloge à l'amitié et à la beauté de notre humanité, aussi fragile et vulnérable soit-elle. En effet, chaque personnage de ce roman commet des erreurs envers ses proches, les blesse involontairement puis le regrette amèrement, jusqu'à ne plus pouvoir se voir soi-même dans un miroir.

Tous ces moments de fêlures, d'incertitude des personnages, de leur incapacité à se pardonner eux-même, m'ont profondément bouleversée, et cela montre d'autant plus à quel point cette guerre les dépasse, ils sont englués dedans, elle les tue à petit feu, tout autant qu'ils sont : Juifs, autres personnes opprimées (homosexuels, etc.), la jeunesse, les parents,... Malgré cette atmosphère pesante, quasi insoutenable, ils sont loin d'avoir abandonné. Le roman nous dépeint plusieurs actes de résistance à différentes échelles : du marché noir, en passant par cacher des Juifs chez soi, jusqu'à travailler dans l'ancien théâtre qui fait office de sorte de Vel' d'Hiv' pour nous afin de faire sortir des Juifs de là, de les soutenir, de leur apporter une main alliée qui vaut tout l'or du monde...

Ce roman m'a beaucoup émue également de par la solidarité entre tout type de personnage, de n'importe quelle âge ou classe sociale, qui transparaît dans chaque page : Hanneke va avoir des alliés dans sa recherche de Mirjam, des adolescents qui n'ont rien demandé mais qui se sont rassemblés afin d'aider les Juifs, de résister du mieux qu'ils pouvaient, et de garder un témoignage éternel de cette horreur mouvante et vivante qu'ils ont dû traverser sous forme d'écrits, d'enregistrements, de photographies. Des pellicules, de l'encre et du papier qui auraient pu condamner leur jeune vie à une mort certaine. Je me suis permis de juger ces personnages, de traiter Hanneke de sans cœur et d'égoïste, Ollie de trop obtu et qui ne prend pas assez de risques, Judith d'être trop froide, la cliente riche d'Hanneke de bourgeoise superficielle ... Alors qu'en eux, ils ont tous un potentiel de héros, de Justes parmi les nations. Ils ont fait tout ce qu'ils ont pu, avec leurs faibles moyens, ils se sont montrés gentils et compatissants, malgré l'injustice dont ils ont souffert et leur tristesse et regrets dans leur cœur. Je ne suis pas digne de tels personnages, qui m'ont donné une belle leçon d'humanité, d'amitié, d'amour et de courage. Merci à eux et merci à Monica Hesse.

A vous de découvrir désormais si Hanneke va retrouver Mirjam, quelle histoire tragique se cache derrière cette disparation incongrue, de faire la connaissance de la jeune fille qu'est Mirjam, de ses proches amis, du passé d'Hanneke qui s'entremêle à cette histoire et de la conclusion à couper le souffle que nous offre l'écrivain, dont je serais ravie de lire d'autres romans, qui seront, j'en suis convaincue, de la même qualité littéraire et humaine que celui-là. Son travail de recherche, de reconstitution est juste colossal, je ne peux que l'admirer, et pour un premier roman, Monica Hesse fait sacrément fort, elle a toute mon estime. Je suis bien contente d'avoir donné une seconde chance à ce roman, je l'aurais regretté à tout jamais autrement.

Je n'oublierai jamais cette histoire si puissante, ces merveilleux personnages qui ont su briller par leur force interne, la force de leur amour et de leur amitié, qui leur a permis de briller de mille feux, d'avancer pas à pas et de faire du bien aux opprimés. Ils méritent qu'on se souvienne d'eux à tout jamais, telles les personnes qui les ont véritablement inspirés.

Je conclurai cette chronique, qui je l'espère vous aura donné envie de lire ce roman et de vous enrichir de tout ce qu'il nous apporte en connaissances, en sentiments humains, avec deux citations d'Anne Frank (j'aurais envie de vous citer tout son Journal tant il est magnifique, mais je ne vois pas trop l'intérêt ici... ). La première : « Ne me juge pas mal, mais considère-moi plutôt comme quelqu'un qui de temps en temps a le cœur trop lourd.». Cette citation correspond parfaitement au personnage d'Hanneke, dont le cœur est un lourd fardeau à porter (à l'instar de tous les personnages de l'histoire à une plus large échelle, mais de mon point de vue cela concerne particulièrement Hanneke), mais qui fait malgré tout de son mieux à chaque fois, et je demande pardon à Anne de ne pas avoir suivi son précepte dès le début de ma lecture. La seconde, la voici : « Je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort ! ».

C'est ce que tous ces gens qui ont sauvé des Juifs, qui les ont aidé jusqu'à la fin, qui ont pris des photographies, qui ont écrit malgré la souffrance que chaque mot leur apportait, malgré la peur d'être incompris, ont fait : vivre après la mort, ne pas avoir vécu en vain. Et je leur en serai éternellement reconnaissante. COUP DE CŒUR ♥

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