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Extrait ajouté par Ukko-Ukko 2017-05-31T23:18:02+02:00

Le souvenir de la main de Lope de Vega disparaîtra avec moi quand je mourrai, comme l'accent andalou de Diego de Silva, le son des éperons d'or de Don Fransisco quand il boitait, ou le regard vert et serein du capitaine Alatriste. Mais l'écho de leurs vies singulières continuera de résonner tant qu'existera ce lieu aux contours imprécis, mélange de peuples et de langues, d'histoire et de rêves trahis : cette scène merveilleuse et tragique que nous appelons l'Espagne.

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Extrait ajouté par anonyme 2013-12-27T15:14:46+01:00

Et je ne l'ai jamais oublié. Aujourd'hui encore, tant d'années plus tard, je porte la main au sommet de ma tête et j'y sens le contact des doigts affectueux du Phénix des beaux esprits. Il n'est plus, comme Don Francisco de Quevedo, comme le capitaine Alatriste, comme cette époque misérable et magnifique que je connus alors. Mais subsiste encore dans les bibliothèques, dans les livres, sur les toiles, dans les églises, les palais, les rues et les places, la trace indélébile que ces hommes laissèrent durant leur passage sur cette terre. Le souvenir de la main de Lope de Vega disparaîtra avec moi quand je mourrai, comme l'accent andalou de Diego de Silva, le son des éperons d'or de Don Francisco quand il boitait ou le regard vert et serein du capitaine Alatriste. Mais l'écho de leurs vies singulières continuera de résonner tant qu'existera ce lieu aux contours imprécis, mélange de peuples, de langues, d'histoires, de sangs et de rêves trahis: cette scène merveilleuse et tragique que nous appelons l'Espagne.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:20:51+02:00

Il avait plu un peu, très tôt le matin, et du sol de la taverne, encore souillé de boue, montait cette odeur d’humidité et de sciure que l’on sent dans les lieux publics après la pluie. Le ciel se dégageait et un rayon de soleil, d’abord timide, puis plus sûr de lui, éclairait la table autour de laquelle Diego Alatriste, le licencié Calzas, l’abbé Pérez et Juan Vicuna s’étaient restaurés. J’étais assis sur un tabouret près de la porte et je m’exerçais à écrire avec une plume d’oie, un encrier et une main de papier que le licencié m’avait apportés à la demande du capitaine

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:20:29+02:00

L’homme à la tête ronde se retourna vers le religieux avec une extrême déférence : — Votre Révérence a tout entendu ? Le dominicain hocha sèchement la tête en toisant Alatriste et l’Italien. Puis il se retourna vers l’homme masqué et celui-ci, comme si ce geste avait été un signe ou un ordre, s’adressa de nouveau aux deux spadassins. — L’homme qui vient de sortir, dit-il, est digne de toute notre considération. Mais il n’est pas seul à mener cette affaire et il serait utile de nuancer ici plusieurs petites choses. L’homme masqué échangea un bref regard avec le religieux, attendant son approbation. Mais l’autre resta de glace

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:20:22+02:00

Italien, se dit le capitaine en entendant son accent. L’homme parlait d’une voix basse et grave, presque sur le ton de la confidence, mais avec quelque chose d’étouffé et de rauque qui produisait un vague malaise. Comme si on lui avait brûlé les cordes vocales à l’alcool pur. Il parlait sur un ton respectueux, mais il y avait comme une fausse note dans sa voix. Une espèce d’insolence dissimulée qui n’en était que plus inquiétante. Il regardait les deux hommes masqués avec un sourire à la fois amical et sinistre sous sa moustache bien taillée. On l’imaginait sans peine avec le même rictus en train de déchirer de son épée les vêtements d’un client et la chair qu’ils recouvraient. Un sourire à ce point sympathique qu’il faisait froid dans le dos

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:20:11+02:00

La seule chose vivante que l’on voyait entre sa cape et son chapeau était ses yeux, très noirs et brillants, que la lumière à ras du sol illuminait dans l’ombre, leur donnant une expression menaçante et fantomatique. D’un coup d’œil exercé, Diego Alatriste examina les bottes de cuir et la pointe de l’épée qui soulevait un peu la cape de l’inconnu. Son aplomb était celui d’un spadassin, ou d’un soldat. Ni l’un ni l’autre n’ouvrirent la bouche et ils restèrent là, immobiles et silencieux, de part et d’autre du candélabre qui les éclairait d’en bas, s’étudiant pour savoir s’ils avaient affaire à un ami ou à un ennemi, quoique dans la profession d’Alatriste, ils eussent parfaitement pu être les deux à la fois

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:19:59+02:00

Nous avions soupé d’une panade, d’une chopine de vin et de deux œufs durs. Puis, après s’être lavé le visage et les mains dans une cuvette, et tandis que je ravaudais de vieilles chausses à la lumière d’une chandelle de suif, Diego Alatriste s’était préparé, avec les précautions que réclamaient les circonstances. Non pas qu’il redoutât un coup fourré de Martin Saldana, mais un lieutenant d’alguazils peut lui aussi se faire berner, ou suborner. Même lorsqu’il s’agissait de vieux amis et de compagnons d’armes. Si tel avait été le cas, Alatriste ne lui en aurait d’ailleurs pas tenu excessivement rigueur. À l’époque, tout pouvait s’acheter à la cour de ce jeune roi aimable et coureur de jupons, pieux et désastreux pour la pauvre Espagne, que fut le bon Philippe IV ; tout, même les consciences.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:19:50+02:00

Le capitaine observait son ami d’un œil intéressé. En cet instant, le mot « bourse » aurait suffi à le faire sortir du sommeil le plus profond ou de la plus atroce des soûleries. — Que veux-tu dire par bien garnie ? — Soixante écus. En doublons. — Ce n’est pas mal – les pupilles des yeux clairs de Diego Alatriste se rétrécirent. Il faut tuer ? Saldana fit un geste évasif en jetant un regard furtif vers la porte de la taverne. — C’est possible, mais j’ignore les détails… Et je ne veux pas en savoir davantage, si tu vois ce que je veux dire. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’agit d’un guet-apens. Quelque chose de discret, la nuit. Ni vu ni connu. — Seul ou avec quelqu’un ? — Avec quelqu’un, je suppose. Il faudra expédier deux hommes dans l’autre monde. Ou peut-être seulement leur faire très peur. Ou les marquer au visage… Va donc savoir. — Qui sont les pigeons ? Saldana secoua la tête, comme s’il en avait déjà trop dit

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:19:42+02:00

Il regardait dans les yeux son ancien camarade des campagnes de Flandre. Tout le monde n’a pas la chance d’être lieutenant d’alguazils, semblait-il dire. Saldana se cura les dents avec un ongle, puis hocha deux fois la tête, de haut en bas. Tous deux savaient que les hasards de la vie auraient pu faire qu’il se trouvât exactement dans la même situation que le capitaine. Madrid regorgeait d’anciens soldats qui traînaient dans les rues et sur les places, la ceinture garnie de petits tubes de fer-blanc où ils gardaient précieusement leurs lettres de recommandation toutes froissées, leurs requêtes et leurs inutiles états de service dont tout le monde se moquait éperdument. Attendant un revirement de fortune qui ne venait jamais

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-01T20:19:31+02:00

L’abbé Ferez, un jésuite, officiait dans l’église voisine de Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Sa bonté naturelle et ses maximes latines, prononcées avec la certitude du bon sens, avaient le plus souvent un effet lénifiant. Mais les deux inconnus ne savaient pas le latin et l’insulte était quand même difficile à avaler. De plus, la médiation de l’ecclésiastique se trouva compromise par les railleries du licencié Calzas, un avocaillon à l’esprit vif, cynique et rusé qui hantait les tribunaux et dont la spécialité était de transformer une cause en un procès interminable, jusqu’à saigner à blanc les malheureux plaideurs. Le licencié raffolait des disputes et ne cessait de piquer à gauche comme à droite

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