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Les graisses animales qu’on trouve dans la viande, le lait ou les œufs contiennent bien plus d’acide arachidonique que les huiles végétales. Or, l’acide arachidonique sert de base à notre corps pour produire des messagers chimiques médiateurs de la douleur. Des huiles végétales telles que l’huile de colza, de lin ou de chanvre contiennent quant à elles plus d’acides alpha-linoléniques aux propriétés anti-inflammatoires. Même chose pour l’huile d’olive, qui contient une substance dont l’effet est similaire : l’oléo-canthal. Ces graisses agissent comme l’ibuprofène ou l’aspirine, mais à une échelle bien moindre. (…) Pour lutter contre la douleur, il suffit parfois de veiller à consommer plus de graisses végétales qu’animales.

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Toute personne qui souffre d'états anxieux ou dépressifs devrait garder à l'esprit qu'un ventre mal en point peut aussi être à l'origine d'humeurs noires

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Tandis que nos ancêtres, les chasseurs-cueilleurs, mangeaient chaque année jusqu’à cinq cents variétés de racines, d’herbes et de végétaux, nous nous nourrissons aujourd’hui le plus souvent de dix-sept plantes utiles. Rien d’étonnant, donc, à ce que notre tube digestif ait du mal à « digérer » cette évolution.

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Le tube digestif sait s’entourer d’alliés efficaces : avec pas moins de trois couches de muscles lisses, il est extrêmement souple dans ses mouvements et peut exécuter des chorégraphies différentes selon les endroits. Et le chorégraphe chargé de régler les pas et les figures de ces muscles, c’est le système nerveux viscéral ! Cet ensemble de nerfs dédié à nos entrailles a la particularité de faire sa vie sans rien demander à personne. On l’appelle aussi le système nerveux autonome. Si l’on coupe les voies de communication entre ce système et le cerveau, le spectacle donné dans nos viscères ne s’interrompt pas pour autant et les interprètes continuent de s’activer gaiement pour accomplir le travail de digestion. Le phénomène est unique dans le corps humain : les jambes, dans un cas pareil, seraient incapables de nous porter, et les poumons en auraient le souffle coupé. C’est fascinant – et en même temps, on peut regretter qu’il soit impossible pour nous d’assister au travail de ces fibres nerveuses très émancipées. J’en conviens, un rot ou un pet n’ont peut-être rien de très raffiné, mais sachez-le : les mouvements qui les induisent sont aussi élégants que ceux d’une danseuse étoile.

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L’inconscient et le conscient voisinent parfois. Je vous donne un exemple : il est midi et, assis dans votre cuisine, vous déjeunez. Ce faisant, vous ne remarquez pas qu’à seulement quelques mètres de là, dans l’appartement d’à côté, une autre personne, assise dans sa cuisine, déjeune elle aussi. Et s’il vous arrive alors d’entendre le plancher craquer, votre horizon s’élargit soudain au-delà de vos quatre murs, au-delà de ce que vous percevez consciemment. Dans notre corps, c’est la même chose : il y a là aussi des zones qui sont pour nous terra incognita. Mais que font donc nos organes toute la sainte journée ? Aucune idée, nous ne sentons rien de ce qui s’y passe. Mangeons par exemple une part de gâteau et voyons ce qui se passe : dans la bouche, nous percevons encore le goût et la consistance du gâteau, et nous sentons encore les quelques centimètres qui interviennent au début de la déglutition, mais ensuite – pouf ! – la bouchée de gâteau se volatilise. À partir de là, la matière disparaît dans une sorte de trou noir, auquel la médecine a donné le nom très prosaïque de “muscles lisses”.

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Notre ventre abrite entre trois et six mètres d’intestin grêle formant des lacets que rien ne maintient. Un tour sur le trampoline ? L’intestin fait des bonds lui aussi. L’avion décolle ? L’intestin est comme nous pressé contre le siège. Sur la piste de danse, il swingue en rythme et quand, pris de maux de ventre, nous faisons la grimace, il contracte ses muscles à peu près à l’identique.

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Le principe de base de notre métabolisme est assez simple : pour qu’une pomme mûrisse, la nature consomme de l’énergie. Nous autres humains, nous désintégrons la pomme et la brûlons jusqu’à atteindre le niveau moléculaire. Et cette énergie ainsi libérée, nous l’utilisons pour vivre. Tous les organes formés à partir du tube digestif sont en mesure de fournir du combustible à nos cellules. À chaque inspiration, nos poumons eux-mêmes ne font rien d’autre que d’ingérer des molécules. “Prendre une bouffée d’air” revient donc à prendre une bouchée d’air, à avaler de la nourriture sous forme gazeuse. Une partie non négligeable de notre poids est induite par les atomes inspirés – et non par le saucisson-beurre. D’ailleurs, les plantes tirent la plus grande part de leur poids non pas de la terre, mais de l’air ! Cela étant, loin de moi l’idée de lancer un nouveau régime alimentaire…

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Allongé dans la salle de soins d’un cabinet médical, un thermomètre dans la bouche et un autre dans les fesses… On a connu des jours meilleurs. En cas de suspicion d’appendicite, voilà ce à quoi vous pouviez vous attendre autrefois. Une température anale nettement plus élevée que la température buccale ? Le médecin détenait alors un indice précieux. Aujourd’hui, les médecins ne se fient plus aux différences de température. La fièvre et des douleurs à droite, plus bas que le nombril (là où se trouve l’appendice chez la plupart des gens), sont considérées comme les premiers signes d’une appendicite.

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Il faut parfois savoir remettre en question ses habitudes. Le chemin que je prends pour aller jusqu’à l’arrêt de bus est-il vraiment le plus court et le plus agréable ? L’habitude que j’ai de plaquer sur le sommet de mon crâne chauve les quelques cheveux qui me restent est-elle vraiment appropriée ? Ou encore : suis-je bien assis pour faire caca ?

Il ne sera pas possible d’apporter des réponses sans équivoque à toutes les questions – mais quelques expériences peuvent déjà suffire à faire souffler le vent du changement. C’est aussi ce qu’a dû se dire Dov Sikirov. Dans le cadre d’une étude, ce médecin israélien a demandé à vingt-huit participants d’aller quotidiennement à la selle dans trois positions différentes : assis sur une cuvette classique, mi-assis mi-accroupi sur une cuvette anormalement petite ou accroupi comme en plein air. L’action était chronométrée et, à l’issue des festivités, les participants devaient répondre à un questionnaire. Résultat : en position accroupie, faire ses besoins prenait en moyenne cinquante secondes et les participants estimaient ensuite avoir pleinement accompli leur mission, tandis qu’en position assise, la même procédure durait en moyenne cent trente secondes et n’était pas considérée comme aussi efficace. (Sans oublier que, quoi qu’on y fasse, une petite cuvette, c’est forcément plus mignon.)

Pourquoi cette disparité de résultats ? Parce que la sortie de secours de notre système digestif n’est pas conçue pour s’ouvrir tant que nous sommes assis ou debout. Dans ces deux positions, un muscle enserre notre intestin comme un lasso et le tire de manière à ce que se crée un coude. Par rapport aux deux assurances que sont les autres muscles chargés de surveiller la sortie, ce mécanisme est un peu comme une mutuelle. Pour comprendre comment fonctionne ce coude, rappelez-vous le jeu du tuyau d’arrosage. On demande à sa grande sœur ou à son grand frère pourquoi l’eau ne coule plus et, quand ils inspectent l’embout du tuyau, on relâche le coude. Après ça, il n’y a plus qu’à attendre quatre-vingt-dix secondes avant d’être “puni-au-lit-sans-manger”.

Mais revenons-en à notre coude de fermeture du rectum : les excréments arrivent donc tout d’abord à un virage, qu’on appelle l’angle ano-rectal. Comme une voiture qui s’engage sur une bretelle de sortie d’autoroute, ils sont alors forcés de ralentir. Du coup, en position assise ou debout, les sphincters ont moins d’efforts à fournir pour contenir la circulation quand le feu est rouge. Dès que le muscle en question se relâche, le coude disparaît. La route est droite, le feu est vert : on peut mettre les gaz…

De tout temps, la position accroupie a été la position naturelle pour faire ses besoins : l’art de trôner sur une cuvette ne remonte qu’au XVIIIe siècle, date à laquelle les petits coins ont trouvé leur place entre quatre murs. Mais les explications à la “de tout temps on a…” posent souvent problème aux médecins, qui préfèrent démontrer par a + b. Après tout, qui dit que la position accroupie détend vraiment ce muscle et que la route des excréments cesse alors de se prendre pour une petite route de montagne ? Pour le savoir, des chercheurs japonais ont fait avaler des substances fluorescentes à leurs sujets tests, puis radiographié leur défécation en différentes positions. Conclusion no 1 : c’est vrai – en position accroupie, le canal intestinal est droit comme une autoroute et tout ce qui y circule va droit au but. Conclusion no 2 : il y a des gens sympas qui avalent des substances fluorescentes et se font radiographier pendant qu’ils font caca, tout ça pour servir la science. Deux résultats qui, à mon avis, ne devraient laisser personne indifférent.

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Sphincters, cellules sensorielles, conscience et électrode fessière sur fond de spectacle son et lumière – mon colocataire ne s’attendait pas à tous ces détails sophistiqués. Pas plus que le troupeau de sages étudiantes en économie qui avait entre-temps débarqué dans notre cuisine pour son anniversaire. Mais non, je n’ai pas cassé l’ambiance. Au contraire. Je me suis rendu compte que l’intestin avait des fans secrets. Et j’ai fait provision de nouvelles questions. Est-ce vrai que nous sommes mal assis sur le trône ? Comment se fait-il que nous puissions produire de l’énergie à partir d’un steak, d’une pomme ou de patates sautées alors qu’une voiture roule toujours avec le même type de carburant ? À quoi sert l’appendice et pourquoi nos excréments sont-ils toujours de la même couleur ?

Aujourd’hui, mes colocataires sont habitués à me voir arriver en trombe dans la cuisine et il leur suffit de voir ma tête pour savoir que l’heure est venue d’écouter les dernières nouvelles de l’intestin – comme l’histoire des toilettes à la turque et des bols alimentaires fluorescents.

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