Livres
432 795
Membres
354 797

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait de Le cheval pâle ajouté par Libertad 2013-12-05T17:06:37+01:00

- Ridicule, dit Ginger avec force. Quand il est question de littérature ou d'art, les gens les plus sérieux et les moins discutables écrivent n'importe quoi. Je pourrais vous citer des chapitres entiers d'absurdités.

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par Spika 2017-08-17T21:35:31+02:00

— Ce n’est pas une façon d’agir. Procédons comme il se doit.

Je haussai les épaules.

— Comme vous voudrez. Et comment « doit-on » ?

— Nous ne nous sommes même pas présentés mutuellement. J’ignore votre nom.

— Pour l’instant, je n’éprouve aucune envie de vous le dire.

— Prudent ?

— Prudent.

— Remarquable qualité… bien que parfois un peu gênante. Qui vous a envoyé à moi ? Quel est notre ami commun ?

— Je ne puis vous le dire. Un de mes amis a un ami qui connaît l’un des vôtres.

Mr Bradley opina du chef.

— Beaucoup de mes clients me viennent de cette façon. Certains problèmes sont… disons délicats. Vous connaissez ma profession, je présume ?

Il n’attendit pas ma réponse et me la fournit lui-même.

— … Je m’occupe de chevaux. Cela vous intéresse ?

— Je ne joue pas aux courses, répondis-je sans me compromettre.

— Il y a autre chose, la course, la chasse, la monte. Je m’attache au côté sportif. Le pari.

Il marqua un temps d’arrêt, puis d’un ton indifférent… trop indifférent :

— … Songez-vous à un cheval en particulier ?

Je haussai les épaules et brûlai mes vaisseaux.

— À un cheval pâle…

— Ah ! Très bien. Excellent. Mais ne soyez donc pas nerveux. Il n’y a aucune raison.

— Que vous dites ! répliquai-je brutalement.

Mr Bradley se fit encore plus doucereux.

— Je comprends parfaitement vos sentiments. Mais je vous assure qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Je suis avocat… radié, bien sûr. Sans quoi je ne serais pas ici. Mais je connais la loi, n’en doutez pas. Tout ce que je recommande est parfaitement légal. Je ne fais qu’enregistrer des paris. On peut parier ce que l’on veut : qu’il pleuvra le lendemain ; que les Russes enverront un homme dans la lune ; que votre femme aura des jumeaux. Vous pouvez parier que Mr B. mourra avant Noël, ou que Mrs C. vivra jusqu’à cent ans. Vous vous basez sur votre intuition, ou votre instinct, ce que vous voudrez. C’est simple.

J’avais l’impression d’entendre un chirurgien me rassurer avant de m’opérer.

— Je ne comprends pas cette histoire de Cheval pâle, dis-je lentement.

— Et cela vous ennuie ? Oui, cela tracasse beaucoup de gens. Franchement, je ne comprends pas moi-même. Mais les résultats sont merveilleux.

— Ne pourriez-vous m’en dire davantage ?

J’étais dans la peau de mon personnage, à présent, prudent, impatient et… terrifié. Cette attitude n’était pas neuve pour Mr Bradley.

— Ne connaissez-vous pas du tout l’endroit ?

Je réfléchis, très vite. Il eût été imprudent de mentir.

— Je… eh bien… j’y ai été avec des amis. On m’y a emmené…

— Charmante vieille auberge, restaurée de façon parfaite. Vous avez donc fait sa connaissance ? Je veux parler de mon amie, de Miss Grey ?

— Oui… oui… bien sûr. Une femme extraordinaire.

— N’est-ce pas ? Extraordinaire. Elle vous stupéfie. Quels dons !

— Et ce qu’elle raconte ! C’est… c’est impossible !

— Voilà ! Ce qu’elle prétend comprendre et faire est impossible ! Tout le monde le dirait. Devant un tribunal, par exemple…

Le regard des petits yeux noirs fouillait les miens.

— … Devant un tribunal, répéta Bradley, cela semblerait ridicule ! Si cette femme se levait et s’accusait de meurtre à distance, par la puissance de la volonté ou tout autre terme qu’il lui plairait d’employer, on ne la prendrait pas au sérieux. Même si sa déposition était vraie (ce que des gens intelligents comme vous ou moi ne pouvons croire un instant), elle ne serait pas admise légalement. Un meurtre à distance, ridicule. Et c’est là que réside la beauté de la chose… si vous y songez.

Il cherchait à me rassurer. Si j’engageais Thyrza Grey à user de sa puissance maléfique, je ne risquais rien, du point de vue légal. Mon scepticisme naturel reprit vite le dessus.

— Mais, bon sang ! m’écriai-je. C’est fantastique, impensable ! Je n’en crois pas un mot !

— Je suis entièrement de votre avis. Thyrza Grey est une femme douée de pouvoirs étranges auxquels on a peine à croire. Elle est écossaise et ce que l’on appelle la seconde vue est commun à cette race. Cela existe. Mais ce à quoi je crois, et sans hésitation : (il se pencha sur moi) Thyrza Grey sait, longtemps à l’avance, quand quelqu’un doit mourir ! C’est un don. Elle le possède.

Il se redressa, me regarda avec attention. J’attendis.

— … Imaginons un cas. Quelqu’un, vous-même, ou une autre personne, désire vivement savoir quand… disons la tante Eliza doit mourir. Cela peut servir, avouez-le, de connaître un détail de ce genre. Rien de déplaisant… une simple question d’affaires. Arrivera-t-il, dirons-nous, certaine somme bien utile en novembre prochain ? Si on le sait, avec certitude, on peut faire des projets. La mort est une affaire tellement risquée. La chère vieille Eliza peut vivre, avec l’aide des médecins, dix ans encore. Cela vous plairait, bien sûr, vous l’aimez beaucoup, la pauvre. Mais ce serait si agréable de savoir.

« … Comme je vous le disais, je suis joueur. Je parierais sur n’importe quoi. Vous venez me trouver. Naturellement, vous n’allez pas parier sur la mort de la vieille dame. Cela répugnerait à vos sentiments délicats. Nous présentons cela d’autre façon. Vous me pariez une certaine somme que la tante Eliza sera fraîche comme l’œil au prochain Noël. Je vous parie que non. »

Les petits yeux me fouillaient…

— … Rien là-contre, n’est-ce pas ? C’est simple. Nous discutons à ce sujet. Je prétends que la tante mourra, vous vous obstinez à dire le contraire. Nous préparons un contrat que nous signons. Je vous donne une date. À quinze jours de cette date, avant ou après, on annoncera les funérailles de la tante Eliza. Vous dites que non. Si vous avez raison… je vous paye. Si vous vous trompez, vous me payez.

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:46+02:00

Le docteur Corrigan pénétra en sifflant joyeusement dans le bureau de l’inspecteur Lejeune. — J’ai terminé votre padre, dit-il, désinvolte. — Et alors ? — Proprement matraqué. Il a dû être tué du premier coup, mais l’autre ne s’en est pas tenu là. Sale travail ! — Oui, dit Lejeune. Solidement bâti, il avait les cheveux bruns et les yeux gris. Ses gestes vifs, tranchant sur un calme trompeur, trahissaient ses origines françaises. — … Plus sale que nécessaire pour un simple vol, ajouta-t-il, songeur. — Était-ce là le motif ? — Tout porte à le croire. Ses poches étaient retournées et la doublure de sa soutane arrachée

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:39+02:00

Il s’agissait d’un vieux sac. Le Père Gorman l’accepta et commença d’écrire. Les noms, tout d’abord. C’était primordial… La porte du café s’ouvrit, livrant passage à trois jeunes gens qui s’installèrent avec bruit. Le prêtre acheva sa liste et plia le morceau de papier. Il était sur le point de le mettre dans sa poche lorsqu’il se souvint de la déchirure de celle-ci et, adoptant un procédé déjà maintes fois employé, il glissa le billet dans une de ses chaussures. Un homme, entré discrètement, s’assit dans le fond du café. Le Père Gorman but une gorgée du pâle breuvage contenu dans sa tasse, paya et sortit

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:29+02:00

Ses yeux vacillèrent. Des paroles sans suite s’échappèrent de ses lèvres. Le Père Gorman s’approcha du lit et parla comme il l’avait fait si souvent déjà, avec autorité, réconfort. Il sut trouver les mots propres à son ministère, à sa foi. La paix entra dans la chambre. La souffrance quitta le regard torturé… — Arrêtez… il faut arrêter cela… vous le ferez ? reprit la femme quand elle eut reçu les Saintes Huiles. — Ayez confiance. Je ferai le nécessaire, assura le prêtre. Un médecin et une ambulance arrivèrent peu après. — Trop tard, comme d’habitude, dit Mrs Coppins d’un ton de sinistre triomphe. Elle est morte

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:23+02:00

Tout en parlant, elle précédait le prêtre dans un escalier à cage étroite. — Que lui est-il arrivé ? — Elle a attrapé la grippe. Elle a paru mieux. Mais elle est sortie trop tôt. Quand elle est rentrée, hier soir, elle avait une mine de déterrée. Je l’ai mise au lit. Elle n’a rien voulu manger et a refusé de voir un médecin. Ce matin, je me suis aperçue qu’elle avait une forte fièvre. Ça lui était tombé sur la poitrine. — Pneumonie ? Mrs Coppins, hors d’haleine, émit une sorte de sifflement de machine à vapeur qui pouvait passer pour un assentiment. Elle ouvrit une porte avec vigueur, s’effaça pour laisser passer le prêtre et dit d’un ton jovial : — Voilà le Révérend pour vous. Maintenant, vous allez vous remettre

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:14+02:00

C’est elle la propriétaire de la maison. Elle loue des chambres. C’est une des locataires qui vous demande. Elle s’appelle Davis, je crois. — Davis, je me demande si… Je ne me souviens pas… — Oh ! c’est une des vôtres. Une catholique, je veux dire. Elle ne veut pas du pasteur. Le prêtre hocha la tête. Ils arrivèrent bientôt à Benthall Street. Le garçon indiqua une haute maison terne parmi d’autres bâtisses semblables. — C’est là. — N’entres tu pas ? — J’habite pas là. Mrs Coppins m’a donné un shilling pour la commission. — Ah ! bon. Comment t’appelles-tu ? — Mike Potter. — Merci, Mike

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:08+02:00

Mrs Gerahty ouvrit la porte du presbytère avec sa brusquerie habituelle. Elle donnait moins l’impression de répondre à un coup de sonnette que d’effectuer une manœuvre triomphante, proclamant : « Je vous y prends, cette fois ! » — Alors quoi, qu’est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle, hargneuse. Un enfant se tenait sur le seuil, un garçon parfaitement insignifiant. Il renifla parce qu’il avait un rhume de cerveau. — C’est bien ici que le prêtre habite ? — C’est le Père Gorman que vous voulez ? — On le demande. — Qui, où, et pour quoi faire ? — Benthall Street, 23. Il y a une femme qui dit qu’elle va mourir. Mrs Coppins m’a envoyé. C’est bien la maison d’un curé, hein ? La femme, elle a dit que le pasteur il ne ferait pas l’affaire

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:03:00+02:00

Mrs Oliver m’interrompit d’un cri sauvage. — Voilà ! hurla-t-elle. Une balle de cricket ! Naturellement ! Il la voit, par la fenêtre… montant en l’air… cela distrait son attention et il ne voit pas le cacatoès ! Quelle chance que vous soyez venu, Mark. Vous avez été magnifique. — Je ne saisis pas… — Vous, peut-être pas, mais moi, oui. Je n’ai pas de temps à perdre pour vous expliquer. J’ai été ravie de vous voir, mais j’aimerais que vous partiez, à présent. Tout de suite. — Certainement. Au sujet de la fête… — J’y penserai. Ne m’ennuyez pas. Où ai-je mis mes lunettes ? C’est incroyable la façon dont les objets disparaissent

Afficher en entier
Extrait de Le cheval pâle ajouté par wizbiz06 2012-05-08T14:02:54+02:00

Vos veines charrient un sang chargé de siècles de bon scepticisme occidental. Vous manquez de prédispositions. — Ainsi, vous croyez que cela peut arriver ? — Je ne connais pas assez la question pour en juger. Qui vous a mis cela dans la tête ? Votre nouveau chef-d’œuvre s’intitulera-t-il « Meurtre par suggestion » ? — Non, vraiment. De la bonne vieille mort-aux-rats ou de l’arsenic me suffisent. Ou un instrument contondant bien honnête. Pas d’armes à feu autant que possible, c’est trop fourbe. Mais vous n’êtes pas venu ici pour parler de mes livres. — Franchement, non… en fait, ma cousine Rhoda Despard donne une fête de charité et

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode