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Le Clan de Mallaig, tome 1 : L'Hermine



Description ajoutée par Akisame 2013-09-23T14:03:14+02:00

Résumé

Écosse, 1390. Pour éviter un mariage détestable qu'on lui impose, la belle Lite MacGugan se résout à épouser Baltair MacNèil, qu'elle sauve ainsi de la potence.

Tandis que Baltair, embauché comme mercenaire par différents seigneurs, assiste à la déroute de Robert III dont le règne est malmené par les luttes entre nobles, Lite se consacre corps et âme à l'expansion du domaine de sa belle-famille, à Mallaig, tout en tenant son époux à distance.

C'est pourtant elle qui, bien des guerres et des trahisons plus tard, tentera par tous les moyens d'empêcher la perte de Baltair...

Source : Edition Pocket 2013

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Classement en biblio - 152 lecteurs

extrait

Je survolai plus que je ne franchis la passerelle de la galerie jusqu’à la tour d’angle dans laquelle je m’engouffrai en tenant mes jupes au-dessus de mes mollets pour faciliter mon ascension. Il me fallait atteindre le toit et me rendre au beffroi avant d’être rattrapée par celui que le comte venait de lancer à ma poursuite.

Peu après le décès de sir Walter Leslie, dame Euphémia avait fait ériger ce petit clocher au sommet du donjon en prévision d’une attaque du château dont sa garde n’aurait pu venir à bout. Elle semblait n’avoir jamais douté du soutien que les habitants du bourg manifesteraient à l’appel de sa cloche et nous n’avions encore jamais eu l’occasion de vérifier le fait. Les tempes mouillées, les jambes flageolantes et le cœur palpitant, je priais, tout en grimpant, que le miracle se produise et que les braves gens de Dinkeual viennent en aide à leur comtesse dans cette circonstance extrême où elle était privée de la protection de son fils.

Mais encore fallait-il que je réussisse à donner l’alarme et j’entendais le bruit inquiétant que faisait mon poursuivant en gagnant du terrain dans l’escalier à vis qui, me sembla-t-il, n’en finissait plus de tourner sans jamais parvenir à son aboutissement. Soudain, j’atteignis le palier du dernier étage du donjon et je quittai l’escalier pour m’y engager en espérant semer l’homme. Je traversai la pièce déserte en trois enjambées et m’engouffrai dans la tour de l’angle opposé. Mais, au son feutré que faisaient les pas du maraud mêlé à sa respiration sifflante, je devinai qu’il n’avait pas poursuivi sa montée dans l’autre tour et qu’il était toujours dans mon sillage. Si j’avais un quelconque avantage sur lui, c’était bien celui de connaître parfaitement le parcours jusqu’au beffroi avec ses obstacles, ses cachettes et les détours possibles. Et avant de m’avouer vaincue, je comptais bien tirer le meilleur parti de cette prérogative.

Sur les quatre tours d’angle que comptait le donjon, deux n’étaient que des tours de guet et ne débouchaient pas sur le toit alors que les deux autres y donnaient accès, dont celle dans laquelle je venais de m’engager. Celle-là, exposée aux vents dominants, était munie d’une porte destinée à empêcher la neige de s’accumuler dans l’escalier en hiver. J’espérais la franchir et réussir à la barrer derrière moi, ce qui me donnerait suffisamment d’avance pour atteindre le beffroi. Ainsi, mon poursuivant se buterait sur cet obstacle, devrait rebrousser chemin et chercher à atteindre le toit par l’une des trois autres tours. Avec un peu de chance, il choisirait une tour sans issue et son errance me permettrait de donner l’alarme et de retraiter ensuite.

Là-haut, à l’instant où j’émergeai sur le toit, une forte bourrasque me coupa la respiration et souffla ma coiffe qui s’envola dans les airs. Je me jetai contre la porte que j’eus à peine le temps de refermer avant d’entrevoir le casque de mon traqueur poindre au détour de l’escalier. La barre n’avait pas beaucoup servi et elle fut facile à rabattre malgré le tremblement de mes mains. Puis sans perdre une seconde, luttant contre les forts vents qui me déportaient, j’escaladai le faîtage de bois vermoulu jusqu’au beffroi où je m’emparai de la corde de lin qui battait contre sa paroi.

« À l’aide ! À l’aide ! » gémis-je à l’unisson du son grêle de la cloche que je sonnais avec la dernière énergie, les yeux fixés sur la porte ébranlée par les assauts de celui qui était à mes trousses. Mon espoir de le voir rebrousser chemin fut vite anéanti par la pointe d’une dague qui prit le relais des secousses qu’il faisait subir à la porte pour l’ouvrir. Sous son impulsion, la barre se souleva docilement et le poursuivant que j’évoquais jusqu’alors se concrétisa devant mes yeux apeurés. Bien que de taille très moyenne, ses longues jambes nues sous son plaid* le faisaient paraître élancé. Sur sa tête, un moiron* avec des rabats protecteurs sur les oreilles et le nez ne laissait voir de son visage que les yeux d’un bleu profond et le menton garni d’une barbe roux clair, presque blonde.

Il remit tranquillement sa dague dans sa ceinture et grimpa jusqu’au beffroi derrière lequel je m’étais glissée sans pour autant cesser de secouer la corde de la cloche. Mais c’étaient là mes derniers coups : je sentis mon poignet saisi et écrasé, ce qui me fit lâcher prise. Aussitôt, je fus projetée par terre et déboulai jusqu’au parapet, à vingt pas de la tour dont la porte était encore béante. Le temps de me relever et mon assaillant y était redescendu, m’en bloquant l’accès. Le cœur battant à tout rompre, comme s’il eût voulu sortir de ma poitrine, le visage fouetté par mes cheveux épars qui m’aveuglaient presque, je me plaquai contre le muret auquel je me retins et j’entrepris de reculer en direction de l’autre tour, sans quitter l’homme des yeux.

Il sortit alors de sa position de repli et, faisant quelques pas vers moi, il jeta un œil par-dessus la rambarde. Il se raidit aussitôt et je perçus le mouvement de recul que la vue de l’abîme d’une centaine de pieds provoqua chez lui. « Cet homme souffre du vertige », songeai-je immédiatement. Quand mon poursuivant reporta son attention sur moi, nos regards se croisèrent. Immobile, il me scruta durant une interminable minute et je lus clairement la contrariété dans ses yeux : il avait compris que j’avais décelé sa faiblesse. Je ne pus refréner le sourire qui me vint aux lèvres en décidant de ne plus progresser vers l’autre tour : tant que je demeurerais à bonne distance des abris que constituaient pour lui les quatre tours du donjon, je pouvais croire qu’il ne s’aventurerait pas à me rejoindre. En plein milieu du parapet, je me plaçai dos au mur et, ce faisant, je projetai la tête en arrière, presque au-dessus du vide. Aussitôt, le vent aspira mes cheveux derrière moi en dégageant mon visage sur lequel devait certainement flotter un air de défi.

« Petite futée », siffla-t-il. Puis, sans rien ajouter, il recula vers la tour et s’y adossa en se laissant glisser sur les talons. Là, bien protégé du vent, il s’installa dans une attente qui éteignit ma bravade en quelques minutes. En rassemblant mes cheveux qui s’emmêlaient furieusement au vent, j’examinai le pourtour du château : d’où j’étais postée, je ne pouvais pas distinguer le chemin du bourg et d’ailleurs aucun bruit laissant penser que les secours arrivaient ne me parvenait. Au contraire, un silence inquiétant montait de la cour et des étages du donjon et nourrissait mes appréhensions : a-t-on entendu l’appel du beffroi ? nos gens ont-ils été molestés ? qu’advient-il de dame Euphémia que je suis peut-être la seule à pouvoir défendre en ce moment ? et enfin, que me veut ce couard des hauteurs ?

Pour l’heure, le couard m’observait sans piper mot. La seule façon de connaître ses intentions était de l’interroger, ce que je fis bien à contrecœur. Mais il s’avisa de ne pas répondre à mes questions. « Qu’attendez-vous ici ? Vous le voyez bien, l’appel de la cloche ne semble pas avoir été entendu…, fis-je.

— …

— N’avez-vous pas honte de profiter de l’absence de son fils pour tourmenter la comtesse de Ross dans son château ? Êtes-vous à ce point lâche ?

— …

— Si vous êtes bon chrétien, et vous devez bien l’être, comment pouvez-vous agir sous les ordres d’un impie comme Alexandre Stewart ?

— …

— C’est un monstre qui commande une meute de saccageurs. À la cour, tout fils du roi qu’il est, on l’appelle le “Loup de Badenoch”. Le saviez-vous ?

— …

— Le roi est mort, il est vrai, poursuivis-je. Alors Stewart est le frère du futur roi et il n’acquerra pas davantage de respect. Vous n’avez rien à gagner à le servir… Écoutez, laissez-moi aller auprès de la comtesse, je vous le demande par charité…

— Tu pourras rejoindre ta comtesse, après, répondit soudain mon traqueur.

— Après quoi ? m’enquis-je, étonnée qu’il desserre les dents.

— Après ma picorée. Es-tu vierge ? Ça fait un bon bout de temps que je n’ai pas mis la main sur une mignote* vierge… Il n’en reste plus beaucoup dans la contrée, alors, on ne laisse pas passer l’aubaine quand elle se présente !

— …

— Avec ta belle gorge blanche, ta toison rousse et ton nez retroussé, tu me fais penser à une hermine d’été qui grimpe au faîte des arbres… et ça me tourmente les sens ! Viens ici et laisse-toi faire : plus vite je serai contenté, plus vite tu retrouveras ta comtesse. »

Je sentis mon visage s’enflammer à sa proposition et je fus encore bien plus confuse en l’entendant s’esclaffer : « Ah, ma petite Hermine, tu tournes au rouge maintenant ? Tes cheveux, ta face, ta robe… tout flamboie ! Approche que je me chauffe à ton feu… »

J’allais répliquer quand nous entendîmes la sentinelle commander la levée de la herse d’une voix criarde. Je me retournai d’un bloc et me penchai sur la rambarde pour voir ce qui se passait en bas. Au milieu de la cour, les hommes du comte de Buchan rassemblaient leurs chevaux, tandis que des villageois munis de piques et d’estocs se massaient sur le pont-levis avec un air qui me sembla plus mou que hardi.

« Voilà les secours, fis-je en me retournant vers mon tourmenteur. Et si je ne me trompe, votre troupe s’apprête à quitter Dinkeual… Votre maître a terminé ses affaires.

— Il n’est pas mon maître, l’Hermine, fit-il en se redressant. Je suis un homme libre et je suis mon propre maître. Je suis payé pour le service de mes armes. C’est tout.

— Un cateran ! » m’exclamai-je.

Au même moment, nous ouïmes la voix tonnante d’Alexandre Stewart le héler : « MacNèil, finis-en et descends : on repart ! » Le temps que je jette un œil derrière moi, le dénommé MacNèil avait disparu par la porte et je me retrouvai soudain toute seule sur le toit du donjon, les mains moites et le cœur en cavale. Je mis une bonne minute avant de comprendre que le danger était écarté. J’inspirai alors profondément et regagnai la tour d’un pas vacillant.

Pour retourner dans la grand-salle, plutôt que de descendre par une des tours, j’empruntai l’escalier intérieur des étages et je m’inquiétai de n’y rencontrer personne. Le donjon semblait étrangement désert et silencieux. La bande du comte de Buchan était-elle encore dans la place ? M’étais-je trompée en voyant ses hommes se mettre en selle dans la cour ?

Quand j’atteignis le palier de la grand-salle, je surpris servantes et gardes à l’entrée de celle-ci, l’air ému pour les unes et piteux pour les autres. Notre intendant tenait ma coiffe à la main et me la tendit avec un sourire penaud. Je passai la porte et trouvai la comtesse tassée au fond de son fauteuil, l’air mortifié. De ses mains tremblantes, elle triturait son hennin* abîmé tout en fixant le mur, la tête haute et les lèvres pincées. Je m’approchai d’elle et pris l’une de ses mains dans les miennes : « Comment allez-vous, comtesse ? Votre mari vous a-t-il blessée ?

— De toutes les façons possibles, ma fille. Je jure que c’est la dernière fois… la dernière, entends-tu ? »

Puis après un moment de silence, elle m’examina avec anxiété et s’enquit de moi : « Toi, Lite, ton agresseur t’a-t-il déshonorée ?

— Non, comtesse. Par miracle, j’ai réussi à le tenir à distance.

— Et tu as pu donner l’alarme, ma chérie… Je savais que je pouvais avoir fiance en ta célérité.

— Et dans celle du bourg de Dinkeual, ma dame. Savez-vous que vos gens ont accouru à notre appel : le prévôt, le forgeron, l’armurier, les tanneurs et les bouviers ! Je les ai vus, ils sont tous là, dans la cour. »

À ces paroles, ma tutrice se redressa, sourit faiblement et ajusta sur sa tête grise ce qui restait de son hennin. Puis elle eut ces mots admirables qui témoignaient bien de sa nature digne et combative : « Ne les faisons donc pas attendre plus longtemps, ma fille. Allons les remercier, comme il se doit. Mon beffroi m’a sauvée. »

C’est exactement ainsi qu’elle présenta l’événement à Alasdair une semaine plus tard, au retour de ce dernier à Dinkeual. Elle ne relata pas le quart des innommables propos échangés avec le comte de Buchan durant sa visite et ne lui fit jamais mention qu’il l’avait forcée en présence de ses hommes. « Mon beffroi nous a sauvés », conclut-elle. Ce disant, elle me lança un œil austère qui m’imposa le silence et, malgré le fait que je brûlais de tout raconter à Alasdair, mon grand confident, j’accréditai entièrement la version qu’elle lui présenta. Comme j’étais la seule personne au château à avoir pris connaissance de l’humiliation subie par la comtesse ce jour-là, je mesurai les conséquences qu’un tel secret avait sur ma complicité avec le fils si je ne voulais pas trahir mon amitié avec la mère. Aussi, je me tus et Alasdair ne soupçonna rien. L’incident était clos et nous n’y repensâmes plus durant les semaines qui suivirent, jusqu’à ce que l’on soit de nouveau mis en présence de l’ignoble comte de Buchan, lors de l’inhumation de Robert II et du couronnement de son fils.

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Commentaires récents

Or

J’ai été agréablement surprise. J’ai aimé le style d’écriture et les personnages . Bravo !

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Argent

J'avais lu la trilogie dans l'ordre de parution, c'est-à-dire ce tome en dernier, et quand nous avons décidé, Missie et moi, de nous replonger dans cette merveilleuse saga, nous sommes tombées d'accord pour la lire cette fois dans l'ordre chronologique de l'histoire...

Avant de débuter ma chronique, je me dois donc de préciser que le personnage principal, Lite MacGugan, était déjà évoqué dans le 1er tome que j'ai lu de la trilogie (c-a-d le tome 2, vous me suivez ? ^^) mais d'une manière assez spéciale, si bien que je partais avec un a-priori négatif qui ne s'est que peu corrigé à la lecture de sa propre histoire, mais j'y reviendrai plus loin...

” Je préfère cent fois avoir pour homme un ancien cateran avec un cœur féal qu'un comte avec un cœur ployable.

(page 267)

Or donc, Lite MacGugan est la fille bâtarde d'une servante mais elle a été élevée comme une jeune fille noble par Dame Euphémia, sa châtelaine et comtesse de Ross, en compagnie des enfants de cette dernière, Mariota, sa soeur de lait, et Alasdair dont elle est secrètement amoureuse.

Sa tutrice ayant été contrainte à épouser en secondes noces le brutal comte de Buchan, Alexandre Stewart, a réussi jusqu'à présent à se soustraire à ses devoirs d'épouse mais un jour, poussé par le désir d'engendrer un héritier afin de récupérer les biens de sa femme, l'infâme Stewart envahit le château, accompagné d'une troupe de cateran (mercenaires) dont fait parti Baltair MacNèil. Après cet assaut, le comte et ses hommes de main s'en vont mettre à sac les terres de l'évêque et commettent l'irréparable en saccageant la cathédrale. Stewart laisse injustement accuser son chef cateran du sacrilège et Baltair est emprisonné avec ses hommes pour être pendu haut et court.

De son côté, Lite est demandée en mariage par le fils bâtard de Stewart attiré par sa dot, et elle ne trouve d'autre recours pour y échapper que de faire valoir auprès du roi Édouard III le pardon royal des époux, coutume (réelle ou inventée par l'auteure ?) permettant de sauver un condamné à mort en l'épousant. Lite espère ainsi que la haine commune que Baltair et elle vouent à Stewart la mettra à l'abri de ses manigances. Mais ce que Baltair ne sait pas, c'est qu'il ne devra jamais espérer consommer un jour son mariage...

” Dans le foisonnement d'informations que je recueillis sur la famille, rien n'étoffa ma connaissance de Baltair MacNèil. On n'y faisait guère allusion, et, quand cela arrivait, je m'étonnais d'entendre évoquer mon mari comme s'il eût été défunt.

(page 90)

Je connaissais déjà Baltair depuis La Châtelaine de Mallaig, j'étais donc ravie de le retrouver et de découvrir les folles années de sa jeunesse tumultueuse... Baltair, bien qu'ayant un comportement parfois condamnable, n'en est pas moins un homme intègre (enfin, autant que peut l'être un cateran !^^) et loyal... D'ailleurs, l'amour inconditionnel qu'il voue à sa femme va le conduire à corriger progressivement ses actions répréhensibles et à devenir un chef de clan respectable et respecté...

Lite, comme je le soulignais plus haut, est un personnage un peu à part, dont l'ombre défunte et certaines de ses décisions arbitraires ou judicieuses pesaient lourdement dans le tome 2 ; du coup certaines de nos questions trouvent une réponse dans ce tome-là ; malgré cela, même si j'ai fini par comprendre son comportement, je n'ai pas réussi à l'apprécier... Lite est une femme énergique et déterminée, mais elle est également froide, manipulatrice et opportuniste, et n'hésite pas à déshonorer son mari en mentant à ses beaux-parents. À son arrivée à Mallaig, elle se sent désappointée à la vue du château dénué de défenses autre que de bois ; en outre, la demeure est inconfortable et mal entretenue, mais, soutenue par son ambition, elle va entreprendre des travaux de rénovation, et elle n'aura de cesse de faire briller le nom des MacNèil dans les Highlands. Grâce à ses connaissances et à sa dot, Lite prend de plus en plus d'importance au sein du clan. Seul son mari la tient en grande méfiance, blessé par ses trahisons successives, mais je n'en dirai pas plus.

Certains personnages secondaires sont extrêmement attachants : Anna Chattan et Tadèus Fair, l'un des hommes de Baltair échappé à l'incarcération, Struan, le neveu au destin poignant, et même le père de ce dernier, Parthalan, qui, malgré sa brutalité, sait éveiller notre intérêt, et bien sûr pour finir, Dame Égidia, la belle-mère de Lite, si solidaire et si compréhensive...

J'ai été complètement happée par cette histoire palpitante qui a su éviter tout manichéisme avec les personnages et nous immerger complètement dans cette Écosse de la fin du XIVème siècle. L'auteure nous restitue avec beaucoup de réalisme le décor et le contexte de l'époque : la dure condition des femmes, la violence des hommes, la guerre de pouvoir entre les clans et la couronne d'Écosse, entre les clans eux-mêmes... De même, j'ai apprécié que l'histoire d'amour soit traitée de cette manière grave, chacun des époux ayant leur part d'ombre ; la lente évolution de leurs sentiments se fait en parfaite cohérence avec leur psychologie et leur passé...

J'aurai par contre quelques réserves à émettre : j'ai trouvé quelques longueurs dans les cent dernières pages, me perdant un peu dans les combinaisons politiques, et je ne suis pas friande de l'alternance des points de vue à la 1ère et la 3è personne, qui a quelque peu perturbé ma lecture...

Pour conclure, une plongée historique dans les Highlands captivante (je dois d'ailleurs avouer que j'ai largement préféré cette saga à celle un peu trop rocambolesque portant sur le même sujet et s'intitulant La Vallée des larmes...). En ayant lu le tome 2 avant celui-là, c'était excitant de découvrir l'histoire de cette fameuse Lite MacGugan et l'origine de certaines de ses haines. De plus, j'ai trouvé original comme point de départ à son mariage le pardon royal des époux qui confine son mari dans le rôle d'un indésirable et d'un étranger dont on ne sait comment il arrivera à se rapprocher de cette épouse si altière et si indifférente...

Bref, une lecture délicieuse et dépaysante !

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Diamant

Très bon début de trilogie qui permet de découvrir le clan Mallaig. Une plongée dans l'histoire écossaise et ses codes. J'ai vraiment apprécié.

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Or

Début d'une saga conseillée et j'avoue que je suis accro. 9a promet pour la suite. Et j'adore être plongée dans l'histoire écossaise.

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Or

Une belle saga écossaise. La trilogie est prometteuse et elle l'est.

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Argent

J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteure, langage de l'époque mais tellement bien amené que ça passe naturellement.

Concernant l'histoire, là aussi c'est un sans faute, la trame de fond est rondement menée le tout sur fond d'Ecosse et de Highlanders... Les personnages ne sont pas en reste avec une Lite de caractère et forte et un Baltair attendrissant...

Seul bémol pour moi, le tome reste assez noir et un peu plus de romance ne m'aurait pas déplus pour adoucir cette vie difficile.

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai totalement dévoré, les autres tomes qui trônent dans ma bibliothèque seront bientôt lu

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Argent

Un livre historique qui fait passer un bon moment.

L'histoire suit Lite MacGugan, narratrice, de son statut de simple pupille de Ross à son rôle de châtelaine de Mallaig. Pour échapper à un mariage forcé qu'elle sait inévitable, Lite choisit de sauver un cateran de la potence en le prenant pour mari. Cependant, les débuts de sa relation avec Baltair MacNeil sont plutôt houleux : reposant sur des non-dits, des infidélités et le fait qu'ils ne se connaissent pas. Il est agréable de voir l'évolution de leur relation, la grandeur d'âme de Baltair et l'esprit de Lite montrés peu à peu au grand jour. Même les personnages secondaires sont cohérents et recherchés, comme dame Egidia ou Anna.

Le récit regorge de détails historiques pertinents et son ancrage réaliste dans l'Histoire (notamment avec les révélations de l'épilogue qui fait le lien avec les dates marquantes des personnages) ajoute un réalisme bienvenu au roman. De plus, l'écriture, légère mais conforme au langage de l'époque (avec un lexique fourni à la fin) fait glisser le tout avec facilité.

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Or

Malgré que pour moi les couvertures ne sont pas accrochantes, je n'es pas été déçu de cette série!

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Diamant

- Avec ta belle gorge blanche, ta toison rousse et ton nez retroussé, tu me fais penser à une hermine d’été qui grimpe au faîte des arbres... et ça

, me tourmente les sens ! Viens ici et laisse- toi faire : plus vite je serai contenté, plus vite tu retrouveras ta comtesse. » Je sentis mon visage s’enflammer à sa proposition et je fus encore bien plus confuse en l’entendant s’esclaffer : « Ha, ma petite hermine, tu tournes au rouge maintenant ? Tes cheveux, ta face, ta robe... tout flamboie ! Approche que je me chauffe à ton feu... »

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Argent

TRoisième tome de la série de la chatelaine de Mallaig beaucoup plus sombre que les deux précédents. Une histoire d'amour plus froide mais basé sur un fond médiéval toujours aussi soigné.

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Date de sortie

Le Clan de Mallaig, tome 1 : L'Hermine

  • France : 2013-10-03 - Poche (Français)

Activité récente

Titres alternatifs

  • La trilogie de Mallaig, tome 3 : L'hermine de Mallaig - Français

Évaluations

Les chiffres

lecteurs 152
Commentaires 10
extraits 5
Evaluations 28
Note globale 7.93 / 10

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