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Extrait ajouté par Lulu999 2019-11-01T16:17:56+01:00

J'ai été enterré sous des morts, mais maintenant je suis enterré sous des vivants .

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Extrait ajouté par Milouchka 2019-08-21T21:35:15+02:00

J'avais une face de requiem.

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Extrait ajouté par Danaaa 2018-04-21T16:22:48+02:00

Le colonel resta un moment interdit, immobile, regardant sans voir, abîmé dans un désespoir sans bornes. La justice militaire est franche, rapide, elle décide à la turque, et juge presque toujours bien; cette justice était la seule que connût Chabert. En apercevant le dédale de difficultés où il fallait s'engager, en voyant combien il fallait d'argent pour y voyager, le pauvre soldat reçut un coup mortel dans cette puissance particulière à l'homme et que l'on nomme la volonté. Il lui parut impossible de vivre en plaidant, il fut pour lui mille fois plus simple de rester pauvre, mendiant, de s'engager comme cavalier si quelque régiment voulait de lui. Ses souffrances physiques et morales lui avaient déjà vicié le corps dans quelques uns des organes les plus importants. Il touchait à l'une de ces maladies pour lesquelles la médecine n'a pas de nom, dont le siège est en quelque sorte mobile comme l'appareil nerveux qui parait les plus attaqué parmi tous ceux de notre machine, affection qu'il faudrait nommer le spleen du malheur.

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Extrait ajouté par victurali 2015-03-19T16:53:23+01:00

Tout marchait à la fois, la requête, la causerie et la conspiration.

- Rendue en ... Hein ? papa Boucard, quelle est la date de l'ordonnance ? il faut mettre les points sur les i, saquerlotte ! Cela fait des pages.

- Saquerlotte ! répéta l'un des copistes avant que Boucard le Maître-clerc n'eut répondu.

- Comment, vous avez écrit saquerlotte ? s'écria Godeschal en regardant l'un des nouveaux venus d'un air à la fois sévère et goguenard.

- Mais oui, dit Desroches, le quatrième clerc en se penchant sur la copie de son voisin, il a écrit : il faut mettre les points sur les i, et sakerlotte avec un k.

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Extrait ajouté par CharlotteEaulnes 2014-08-27T10:17:16+02:00

Le jeune avoué de­meura pen­dant un mo­ment stu­pé­fait en en­tre­voyant dans le clair-obs­cur le sin­gu­lier client qui l’at­ten­dait. Le co­lo­nel Cha­bert était aussi par­fai­te­ment im­mo­bile que peut l’être une fi­gure en cire de ce ca­bi­net de Cur­tius où Go­des­chal avait voulu mener ses ca­ma­rades. Cette im­mo­bi­lité n’au­rait peut-être pas été un sujet d’éton­ne­ment, si elle n’eût com­plété le spec­tacle sur­na­tu­rel que pré­sen­tait l’en­semble du per­son­nage. Le vieux sol­dat était sec et maigre. Son front, vo­lon­tai­re­ment caché sous les che­veux de sa per­ruque lisse, lui don­nait quelque chose de mys­té­rieux. Ses yeux pa­rais­saient cou­verts d’une taie trans­pa­rente : vous eus­siez dit de la nacre sale dont les re­flets bleuâtres cha­toyaient à la lueur des bou­gies. Le vi­sage pâle, li­vide, et en lame de cou­teau, s’il est per­mis d’em­prun­ter cette ex­pres­sion vul­gaire, sem­blait mort. Le cou était serré par une mau­vaise cra­vate de soie noire. L’ombre ca­chait si bien le corps à par­tir de la ligne brune que dé­cri­vait ce haillon, qu’un homme d’ima­gi­na­tion au­rait pu prendre cette vieille tête pour quelque sil­houette due au ha­sard, ou pour un por­trait de Rem­brandt, sans cadre. Les bords du cha­peau qui cou­vrait le front du vieillard pro­je­taient un sillon noir sur le haut du vi­sage. Cet effet bi­zarre, quoique na­tu­rel, fai­sait res­sor­tir, par la brus­que­rie du contraste, les rides blanches, les si­nuo­si­tés froides, le sen­ti­ment dé­co­loré de cette phy­sio­no­mie ca­da­vé­reuse. Enfin l’ab­sence de tout mou­ve­ment dans le corps, de toute cha­leur dans le re­gard, s’ac­cor­dait avec une cer­taine ex­pres­sion de dé­mence triste, avec les dé­gra­dants symp­tômes par les­quels se ca­rac­té­rise l’idio­tisme, pour faire de cette fi­gure je ne sais quoi de fu­neste qu’au­cune pa­role hu­maine ne pour­rait ex­pri­mer.

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Extrait ajouté par oboys 2013-08-24T19:44:28+02:00

« Monsieur, dit le défunt, peut-être savez-vous que je commandais un régiment de cavalerie à Eylau. J'ai été pour beaucoup dans le succès de la célèbre charge que fit Murat, et qui décida le gain de la bataille. Malheureusement pour moi, ma mort est un fait historique consigné dans les Victoires et Conquêtes , où elle est rapportée en détail. Nous fendîmes en deux les trois lignes russes, qui, s'étant aussitôt reformées, nous obligèrent à les retraverser en sens contraire. Au moment où nous revenions vers l'Empereur, après avoir dispersé les Russes, je rencontrai un gros de cavalerie ennemie. Je me précipitai sur ces entêtés-là. Deux officiers russes, deux vrais géants, m'attaquèrent à la fois. L'un d'eux m'appliqua sur la tête un coup de sabre qui fendit tout jusqu'à un bonnet de soie noire que j'avais sur la tête, et m'ouvrit profondément le crâne. Je tombai de cheval. Murat vint à mon secours, il me passa sur le corps, lui et tout son monde, quinze cents hommes, excusez du peu ! Ma mort fut annoncée à l'Empereur, qui, par prudence (il m'aimait un peu, le patron !), voulut savoir s'il n'y aurait pas quelque chance de sauver l'homme auquel il était redevable de cette vigoureuse attaque. Il envoya, pour me reconnaître et me rapporter aux ambulances, deux chirurgiens en leur disant, peut-être trop négligemment, car il avait de l'ouvrage : " Allez donc voir si, par hasard, mon pauvre Chabert vit encore ? " Ces sacrés carabins, qui venaient de me voir foulé aux pieds par les chevaux de deux régiments, se dispensèrent sans doute de me tâter le pouls et dirent que j'étais bien mort. L'acte de mon décès fut donc probablement dressé d'après les règles établies par la jurisprudence militaire. »

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Extrait ajouté par oboys 2013-08-24T19:42:41+02:00

Vers une heure du matin, le prétendu colonel Chabert vint frapper à la porte de Me Derville, avoué près le tribunal de première instance du département de la Seine. Le portier lui répondit que M. Derville n'était pas rentré. Le vieillard allégua le rendez-vous et monta chez ce célèbre légiste, qui, malgré sa jeunesse, passait pour être une des plus fortes têtes du Palais. Après avoir sonné, le défiant solliciteur ne fut pas médiocrement étonné de voir le premier clerc occupé à ranger sur la table de la salle à manger de son patron les nombreux dossiers des affaires qui venaient le lendemain en ordre utile. Le clerc, non moins étonné, salua le colonel en le priant de s'asseoir : ce que fit le plaideur.

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Extrait ajouté par oboys 2013-08-24T19:39:42+02:00

« Ne voilà-t-il pas un fameux crâne ? dit Simonnin sans attendre que le vieillard eut fermé la porte.

-- Il a l'air d'un déterré. reprit le dernier clerc.

-- C'est quelque colonel qui réclame un arriéré, dit le Maître clerc.

-- Non, c'est un ancien concierge, dit Godeschal.

-- Parions qu'il est noble, s'écria Boucard.

-- Je parie qu'il a été portier, répliqua Godeschal. Les portiers sont seuls doués par la nature de carricks usés, huileux et déchiquetés par le bas comme l'est celui de ce vieux bonhomme ! Vous n'avez donc vu ni ses bottes éculées qui prennent l'eau, ni sa cravate qui lui sert de chemise ? Il a couché sous les ponts.

-- Il pourrait être noble et avoir tiré le cordon, s'écria Desroches. Ça s'est vu !

-- Non, reprit Boucard au milieu des rires, je soutiens qu'il a été brasseur en 1789, et colonel sous la République.

-- Ah ! je parie un spectacle pour tout le monde qu'il n'a pas été soldat, dit Godeschal.

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Extrait ajouté par oboys 2013-08-24T19:38:27+02:00

L'odeur de ces comestibles s'amalgamait si bien avec la puanteur du poêle chauffé sans mesure avec le parfum particulier aux bureaux et aux paperasses, que la puanteur d'un renard n'y aurait pas été sensible. Le plancher était déjà couvert de fange et de neige apportée par les clercs Près de la fenêtre se trouvait le secrétaire à cylindre du Principal, et auquel était adossée la petite table destinée au second clerc. Le second faisait en ce moment le Palais . Il pouvait être de huit à neuf heures du matin. L'étude avait pour tout ornement ces grandes affiches jaunes qui annoncent des saisies immobilières, des ventes, des licitations entre majeurs et mineurs, des adjudications définitives ou préparatoires, la gloire des études ! Derrière le Maître clerc était un énorme casier qui garnissait le mur du haut en bas, et dont chaque compartiment était bourré de liasses d'où pendaient un nombre infini d'étiquettes et de bouts de fil rouge qui donnent une physionomie spéciale aux dossiers de procédure. Les rangs inférieurs du casier étaient pleins de cartons jaunis par l'usage, bordés de papier bleu, et sur lesquels se lisaient les noms des gros clients dont les affaires juteuses se cuisinaient en ce moment. Les sales vitres de la croisée laissaient passer peu de jour. D'ailleurs, au mois de février, il existe à Paris très peu d'études où l'on puisse écrire sans le secours d'une lampe avant dix heures, car elles sont toutes l'objet d'une négligence assez concevable : tout le monde y va, personne n'y reste, aucun intérêt personnel ne s'attache à ce qui est si banal ; ni l'avoué, ni les plaideurs, ni les clercs ne tiennent à l'élégance d'un endroit qui pour les uns est une classe, pour les autres un passage, pour le maître un laboratoire. Le mobilier crasseux se transmet d'avoués en avoués avec un scrupule si religieux que certaines études possèdent encore des boîtes à résidus , des moules à tirets , des sacs provenant des procureurs au Chlet , abréviation du mot CHÂTELET, juridiction qui représentait dans l'ancien ordre de choses le tribunal de première instance actuel. Cette étude obscure, grasse de poussière, avait donc, comme toutes les autres, quelque chose de repoussant pour les plaideurs, et qui en faisait une des plus hideuses monstruosités parisiennes. Certes, si les sacristies humides où les prières se pèsent et se payent comme des épices, si les magasins des revendeuses où flottent des guenilles qui flétrissent toutes les illusions de la vie en nous montrant où aboutissent nos fêtes, si ces deux cloaques de la poésie n'existaient pas, une étude d'avoué serait de toutes les boutiques sociales la plus horrible. Mais il en est ainsi de la maison de jeu, du tribunal, du bureau de loterie et du mauvais lieu. Pourquoi ? Peut-être dans ces endroits le drame, en se jouant dans l'âme de l'homme, lui rend-il les accessoires indifférents : ce qui expliquerait aussi la simplicité des grands penseurs et des grands ambitieux.

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Extrait ajouté par oboys 2013-08-24T19:38:00+02:00

Un coup frappé à la porte de l'étude interrompit la phrase de la prolixe requête. Cinq clercs bien endentés, aux yeux vifs et railleurs, aux têtes crépues, levèrent le nez vers la porte, après avoir tous crié d'une voix de chantre : « Entrez. » Boucard resta la face ensevelie dans un monceau d'actes, nommés broutille en style de Palais, et continua de dresser le mémoire de frais auquel il travaillait.

L'étude était une grande pièce ornée du poêle classique qui garnit tous les antres de la chicane. Les tuyaux traversaient diagonalement la chambre et rejoignaient une cheminée condamnée sur le marbre de laquelle se voyaient divers morceaux de pain, des triangles de fromage de Brie, des côtelettes de porc frais, des verres, des bouteilles, et la tasse de chocolat du Maître clerc.

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