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Commentaire ajouté par Cosma-Shiva 2020-01-20T14:31:05+01:00
Diamant

Ce livre met véritablement en colère. En colère contre les parents de la petite V. qui n'ont pas su la protéger convenablement, en colère contre la brigade des mineurs dont le travail s'est révélé très superficiel, en colère également contre tous les pseudo intellectuels validant totalement ce comportement, mais bien évidemment en colère surtout contre G. qui se révèle être un manipulateur monstrueux et pervers. Je suis heureuse que cet ouvrage rencontre autant de succès, car la parole de V. est salutaire pour elle-même mais également pour toutes les femmes qui se reconnaîtraient dans son parcours. Cette démarche d'enfermer le chasseur dans un livre n'est que le juste retour des choses après qu'elle ait subi pendant des années un harcèlement incessant en devenant elle-même personnage de fiction. Obtenir sa propre version des faits permet de lire l'histoire totalement à rebours et de comprendre les mécanismes de l'emprise. C'est effectivement une problématique extrêmement complexe que celle de l'adolescente qui s'engage dans une relation avec un adulte plus âgé que son propre père, même si cela semble être de son plein gré. J'ai apprécié la lente description, presque scientifique d'une certaine façon, de comment la petite V. se retrouve assez vulnérable pour tomber entre les mains de ce prédateur. Comment un manque affectif a rendu ses défenses si fragiles, comment le contexte de l'époque n'a pas pu empêcher ce pédophile d'entrer dans sa vie, comment elle s'est accrochée à lui, flattée de l'intérêt qu'il lui portait mais aussi brisée par lui et ses manipulations pour la garder sous son joug, comment elle a lentement compris qu'il était toxique et comment le harcèlement a continué à peser sur sa vie ... J'espère très sincèrement que ce livre sera un exutoire qui lui permettra de tourner définitivement la page sur cette affaire mais qu'il sera aussi le point de départ d'une réflexion sur notre société et sur des dérives qu'il faut juguler urgemment.

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Commentaire ajouté par missmesmerized 2020-01-23T20:11:36+01:00

« La littérature excuse-t-elle tout ? »

C’est une des multiples questions que Vanessa Springora pose dans son livre « Le consentement » qui a peut-être provoqué le plus grand scandale littéraire de l’année 2020. L’éditrice raconte l’histoire comment elle, à l’âge de seulement quatorze ans, a été séduite par Gabriel Matzneff, un ami de sa mère et auteur reconnu qui a franchement parlé dans ses livres de sa préférence sexuelle pour les très jeunes filles et garçons sans que jamais quelqu’un aurait désapprouvé. C’est l’histoire d’une fille qui se sent aimée, qui comprend que ce qu’elle vit doit se passer à l’ombre comme ce n’est pas tout à fait accepté moralement, mais qui, en même temps, ne se voit pas comme « victime », mais comme une jeune femme qui aime. C’est seulement quand elle se reconnaît dans les récits de l’auteur qu’elle se sent abusée et qu’elle développe le désir de s’emparer de son propre histoire.

Il est vraiment difficile de ne pas avoir entendu parler de l’affaire Matzneff et ce sont les nombreux articles de journaux et reportages radiophoniques qui m’ont intrigués à lire le livre de Vanessa Springora. A mon avis, c’est un document à ne pas rater, non seulement pour soi-même se forger une opinion en ce qui concerne le scandale, mais avant tout, parce qu’elle permet de suivre ses pensées et ses sentiments en temps de son relation avec Matzneff qui ne correspond pas du tout à l’idée d’un abus de mineurs mais qui est beaucoup plus compliquée et pour cette raison intéressante.

Avant tout, « Le consentement » est un document de la pensée des soixante-huitards. La relation d’un quinquagénaire avec une adolescente est inimaginable aujourd’hui, selon l’idée de la liberté totale, il n’y a rien de choquant, au contraire, l’initiation devient presqu’une obligation. Quoique ce soit difficile à accepter, il y a une certaine logique comme dans la vision du monde de la jeune Vanessa pour qui l’intérêt et l’admiration d’un homme aide à devenir vivante. Au moment où elle est ensemble avec l’auteur, c’est seulement savourer le jour, c’est beaucoup plus tard qu’elle va éprouver vraiment les conséquences de cette relation.

Ce qui est étonnant et certainement choquant, c’est que tant d’adultes avaient connaissance de cette liaison singulière mais aucun d’entre eux – même pas ses parents et ses profs ! – la désapprouvait ou prenait des mesures pour protéger la fille. Peut-être que vraiment les temps ont changés – au moins le fait que le scandale est bien existant et ainsi fait preuve de cela – mais c’est peu compréhensible aujourd’hui comment au vu et au su de tout le monde cela se pouvait dérouler.

A part du contenu totalement captivant, c’est aussi la manière de raconter que j’ai adorée et qui évoquait plutôt un entretien avec une amie qu’un roman.

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Commentaire ajouté par Root 2020-01-16T16:27:13+01:00
Lu aussi

Alignez-moi tout de suite pour diffamation, parce que je n’ai aucune envie de mâcher mes mots. Ce livre m’a mise dans une colère noire.

J’ai choisi de vivre en dehors de l’actualité (exception faite des sorties littéraires), je me suis donc plongée dans cette histoire sans rien savoir du battage médiatique qui entoure la scandaleuse autobiographie de Vanessa Springora – je l’ai découvert par la suite sur les réseaux sociaux. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, j’ai longtemps eu les deux yeux rivés sur les journaux, et derrière les initiales G. M., j’ai vite reconnu l’immonde Gabriel Matzneff. Immonde, oui. Ce type m’inspire un profond dégoût, et j’ai bien du mal à croire qu’il a pu s’afficher impunément dans des émissions culturelles (que vous connaissez), et s’y vanter d’avoir des relations sexuelles, moyennant finance et à l’étranger, avec de très jeunes garçons.

Le bonhomme a aussi un goût prononcé pour les jeunes filles. La « petite V. » va avoir 14 ans lorsqu’elle tombe dans les filets de Matzneff, qui en a déjà 50. Blessée par le couple parental qui se déchire à coup d’insultes jusqu’à l’inévitable séparation, Vanessa manque de repères et de modèle masculin. Une nouvelle vie commence pour V. et sa mère, et son père n’en fera pas partie. De cet abandon naissent un besoin d’être regardée, de plaire et un attrait précoce pour la sexualité. Paradoxalement, Vanessa est une solitaire qui se sent plus à l’aise au milieu des livres, ses fidèles compagnons, que des gens. Puis il y aura cette soirée, à laquelle sa mère insiste pour qu’elle l’accompagne. Impressionnée par Matzneff, Vanessa est flattée du regard qu’il pose sur elle. Un regard qu’un quinquagénaire n’est pas en droit de poser sur une ado. Elle répond à ses appels (du pied). Commence alors une relation malsaine, où l’écrivaillon exercera, des années durant, son emprise sur Vanessa, s’érigeant en initiateur et en mentor.

Replaçons les faits dans leur contexte (qui n’est en aucun cas une excuse !). Nous sommes dans le milieu artistique des années 1980, et la révolution de 1968 a libéré les mœurs. S’opposant aux entraves de la morale, tout ce beau monde prend plaisir à provoquer et à défier la bienséance. Où sont les limites ? La mère de Vanessa, ayant découvert sa relation avec Matzneff, ne lèvera pas le petit doigt. Est-ce que je la blâme ? Oui ! Vous laisseriez votre fille entre les mains d’un sal*** de ce genre, devenir officiellement sa maîtresse, abandonner les cours ? Je n’ai pas les idées assez larges, vous m’excuserez. Je ne serai sans doute pas la seule à être outrée par ce récit, et s’il a été écrit, c’est pour être lu.

Il faut du courage pour se livrer ainsi, et l’on ressent la nécessité de l’auteur, ayant pris un recul suffisant, de mettre des mots sur son histoire pour se réapproprier sa vie. Pour rendre la monnaie de sa pièce à ce vieux dégueulasse qui a osé publier ses correspondances intimes avec les adolescentes qu’il abusait. Ici, pas d’exercice de style. Les mots sont simples, c’est dépouillé, parfois cru, rien n’est là pour faire joli. On énonce, point.

La petite Vanessa me laisse le triste sentiment d’une enfant à qui on a volé son innocence, son discernement, son libre arbitre. Une gamine livrée à elle-même qui est allée chercher l’attention et l’amour dont elle avait besoin au mauvais endroit. Le Consentement est aussi le portrait d’un détraqué manipulateur, qui n’est, hélas, pas un cas isolé, et devrait être lapidé sur la place publique.

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Commentaire ajouté par Hegoa 2020-01-25T14:09:59+01:00
Argent

Le consentement de Vanessa Springora. Un livre très sincère, extrêmement troublant dans lequel l’auteure raconte comment elle a été séduite et « possédée » a l’âge de 13 ans par un homme de plus de 50 ans´ écrivain, intellectuel.... Un combat contre la perversité et les pedophiles .

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Commentaire ajouté par Waterlyly 2020-01-07T22:42:47+01:00
Or

Vanessa Springora, éditrice de renommée, a été, n’ayons pas peur des mots, une femme brisée. Lorsqu’elle avait 14 ans, elle est tombée sous l’emprise du célèbre écrivain Gabriel Matzneff, âgé alors de 50 ans. De fil en aiguille, une relation qu’elle pensait d’amour va se tisser entre eux. Certes, elle ne le cachera pas, et ce du titre jusqu’au dernier mot de son témoignage, elle était consentante. Mais quel libre arbitre pouvait bien avoir une jeune adolescente abandonnée par son père et vivant auprès d’une mère totalement dépassée ?

C’est avec un grand bouleversement que j’ai refermé ce livre. Vanessa a été admirable de courage. D’aucuns diront qu’elle a agi bien trop tard et s’interrogeront sur le pourquoi elle ne réagit que maintenant. Sincèrement, peu m’importe cela. Ce qui compte et ce qui ressort, c’est la revanche qu’a prise Vanessa. Elle l’a fait lorsqu’elle s’est sentie prête et elle fait montre d’un courage indicible.

Vanessa va nous narrer du mieux qu’elle pourra les événements qui l’on conduite sous l’emprise de celui qu’elle surnommera l’ogre. Elle le fait avec beaucoup de pudeur et ce témoignage, en plus d’être une revanche, est un exutoire. Elle a tant souffert que son récit en devient terrible à découvrir.

Je suis passée par beaucoup d’émotions, mais s’il y en a une qui a pris le dessus tout au long de ma lecture, c’est l’incompréhension. En effet, Vanessa va nous montrer à quel point la société de laquelle elle a été contemporaine durant son adolescence, se montrait complaisante face à l’abomination. Elle soulèvera une question importante. La littérature excuse-t-elle tout ?

J’ai tour à tour vu une mère dépassée par les événements et qui n’a pas su prendre les directives pour sortir Vanessa de cette aura dévastatrice, vu des présentateurs de débats littéraires complaisants et vu des personnes qui ne réagissaient pas. Cela semble très choquant de nos jours.

La plume de Vanessa est sans fioriture. Elle va tenter de tout nous raconter mais sans jamais rentrer dans des détails, afin d’éviter de tomber ainsi dans le pathos et la complaisance. Bien évidemment, ce témoignage est relaté à la première personne.

Un roman choc qui servira d’exutoire à l’auteure et dans lequel elle va nous raconter avec beaucoup de pudeur comment les contes de fées desquels elle était si friande étant petite peuvent se transformer en véritable cauchemar, le prince charmant laissant ainsi le champ libre à l’ogre. Bouleversant mais chapeau au courage de Vanessa.

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Commentaire ajouté par Fabienne-23 2020-02-09T12:09:31+01:00
Argent

Sitôt trouvé en ebook sitôt lu... mue par la nécessité de rendre justice à l'auteure et par ma profonde empathie pour cette victime d'un environnement culturel et d'une époque complaisante, où une certaine élite signe des pétitions en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes.

Même si les signataires s'excusent plus tard de cette dérive et de cet aveuglement, G.M. lui ne baisse pas les armes. Les publications de celui-ci deviendront le pire instrument de trahison, présentant une oeuvre de fiction qu'il veut faire passer pour la réalité. L'auteure découvre que les livres peuvent devenir un piège dans lequel elle est enfermée. G.M. s'empare de son image et lui vole son âme.

L'auteure constate qu'en dehors des artistes, il n'y a que chez les prêtres qu'on a assisté à une telle impunité.

Avec cet ouvrage, Vanessa Springora se réapproprie son image. Elle démontre que la parole des victimes peut enfin se libérer.

Avec une très belle plume , Vanessa Springora entre directement dans la cour des grands.

Maintenant qu'elle est redevenue le sujet de sa propre histoire, Vanessa Springora pourra peut-être, dans le futur, poursuivre son oeuvre littéraire.

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Commentaire ajouté par auramillia 2020-02-07T07:15:46+01:00
Or

Un très bon livre qui se lit vite, dans lequel V.Springora remet systématiquement les choses dans leur contexte et adopte un ton particulièrement calme malgré le fait qu'elle ai été personnellement impactée par cette histoire.

En le lisant, on sent une grande volonté de l'auteur de se ré-approprier son histoire, avec son point de vue et ses ressentis.

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Commentaire ajouté par anne58 2020-02-09T15:45:15+01:00
Or

Le thème est dur et pourtant lire ce livre est très facile. La plume est agréable fluide, le style rend presque léger cet écrit qui retrace une portion de vie.

L'art place t-il son auteur au dessus des lois et de la morale? La question est loi d'être nouvelle et les avis divergent dessus. Pourtant, comme le signifie l'auteure, si un boulanger, un chômeur ou quiconque n'appartenant pas à "l'élite" se permet le quart de ce que l'écrivain concerné par ce livre fait, je suis persuadée qu'il y aura un tollé général.

Je ne connaissais pas cet auteur "G." et j'en suis heureuse. Les extraits, mot à mot ou dans l'idée de ses textes, que je viens de lire m'ont assez salie.

Je trouve merveilleux une telle thérapie , ou plutôt fin de thérapie, par l'écriture. Elle est de plus très intéressante à lire. Si cela pouvait accompagner un changement dans le monde de l'édition ce serait merveilleux. Les livres nous influencent, les livres accompagnent une société, une évolution dans ce domaine ne pourrait qu'être profitable.

J'ai conscience de l'impossibilité d'un telle chose, pourtant ce texte pourrait tout à fait être étudier au collège ou au lycée, pour protéger, éduquer, mais aussi responsabiliser les adultes.

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Commentaire ajouté par lilyf80 2020-02-09T17:09:40+01:00
Diamant

Un livre qui mérite de la reconnaissance, c'est à la fois courageux et difficile de raconter cette partie de sa vie dans notre monde actuel. Elle permet également de bien comprendre le consentement, du viol ou de l'abus.

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Commentaire ajouté par Alex-ex 2020-02-11T15:37:44+01:00
Or

Sous couvert d’une époque, de l’aveuglement d’un certain milieu , V. a vécu aux yeux de tous, cette histoire avec G.. Ce style de vie, cette « transgression » face à cette société bien pensante, était à l’époque défendue par des grands noms de la littérature mais pas que ! Nous sommes propulsés dans une époque où l’adulte est toujours plus protégé alors que l’enfant est offert en pâture.

Comment ne pas protéger une adolescente de 14 ans face à un homme de 50 ans qui ne cherche que son plaisir pour ensuite tout apposer et déformer dans son journal qui sera ensuite publié ? Pour marquer encore et encore au fer rouge Vanessa et toutes les autres ?

Après cette lecture, je suis dans l’incompréhension, de cette impunité totale, de cette époque où les actes sulfureux et décadents étaient considérés comme des actes de liberté et rien d’autres.

Vanessa Springora arrivera à se libérer plusieurs dizaines d’années plus tard avec l’écriture de ce récit.

Un livre à lire absolument !

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