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Extrait ajouté par darkness 2017-07-26T12:05:57+02:00

Spoiler(cliquez pour révéler)- Mais quelle pensée peut tuer un homme de peur ?

L’ancien directeur eut un sourire ironique.

- La vie nous tuerait tous si nous n’avions pas l’oubli, madame Geringën. Cet oubli qui fait que nous ne pensons pas chaque seconde à l’absurdité de notre existence. Nous vivons sans savoir d’où nous venons et nous mourrons sans savoir où nous allons. Comment vivre entre les deux ? Comment ne pas être paralysé par cette absence de sens ? C’est logiquement impossible. Et pourtant, la majorité y parvient et fait un peu comme si de rien n’était. Mais imaginez que vous soyez forcée de penser cet absurde sans rien pouvoir faire d’autre, pas sûr que vous survivriez. C’est le genre d’état qui peut nous traverser lorsque nous sommes confrontés de près à la mort d’un proche. Mais…

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Extrait ajouté par darkness 2017-07-26T11:58:01+02:00

- […] Ça pouvait tout au plus faire tousser. En revanche, les résultats de la prise de sang m’ont intrigué sur deux points : la victime avait dans le corps une forte quantité d’une molécule que je n’ai identifiée que grâce à mon ancienneté dans le métier. Comme quoi, vous avez eu du bol de tomber sur un vieux croûton comme moi. Ça vous change des quarantenaires qui passent leurs temps à se demander comment vous décrocher un sourire pour espérer passer la nuit avec vous !

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Extrait ajouté par magaliB 2020-03-25T10:17:43+01:00

Sarah fit quelques pas et avisa le contenu du chariot. Des gants tactiles et des surchaussures étaient à disposition. Elle s’équipa tandis que le médecin légiste enfilait une combinaison intégrale qu’il venait de sortir de sa valise.

En terminant d’ajuster l’un de ses gants, Sarah entra dans la cellule. L’éclairage du polilight lui donnait toujours l’impression d’évoluer dans un aquarium. Dans la pénombre azurée, deux techniciens en combinaison étaient en plein travail. Le premier, au fond de la pièce, venait de s’accroupir près d’un lit. À l’aide d’une pince, il saisit quelque chose sur le sol et le déposa dans un flacon.

Le second technicien, chaussé de lunettes aux verres orange, portait en bandoulière un appareil ressemblant à un petit radiateur. La lumière bleutée provenait du tuyau raccordé au boîtier que le policier dirigeait avec méthode sur les murs, le sol et le plafond.

Par terre, des repères jaunes numérotés signalaient des indices. L’un des plots se trouvait à côté d’une silhouette adossée au pied du lit dont les traits étaient dissimulés par la pénombre. Sarah s’approcha. La chambre formait un carré. Un lit était donc collé au mur de droite et des toilettes et un lavabo se trouvaient à l’opposé. C’était le seul mobilier.

— C’est bon pour moi.

La voix étouffée était celle d’une femme, la technicienne portant le polilight. Elle éteignit son appareil et s’accroupit près d’un fil électrique.

— Attention. J’allume !

La lumière des quatre projecteurs disposés aux coins de la pièce embrasa l’obscurité. C’est à ce moment qu’elle le vit.

Le cadavre lui faisait face, adossé au pied du lit, les jambes tendues vers l’entrée. Sa tête livide penchait sur le côté. La peau ridée par les années, vêtu d’une blouse vert pâle, les pieds nus, ses yeux écarquillés semblaient regarder une chose épouvantable, et sa bouche, ouverte, était pétrifiée dans une expression de terreur. Ses lèvres retroussées vers l’intérieur dévoilaient des dents gâtées et une langue déjà gonflée. Des filets de cheveux clairsemés recouvraient son front d’un voile gras.

Sarah prit quelques secondes pour assimiler l’hideuse vision et s’accroupit pour observer de plus près les stigmates de strangulation violacés sur le cou boursouflé et fripé de la victime. Elle y distingua nettement des traces de doigts. Malgré son allure de vieillard, le pauvre homme n’avait pas fait semblant.

Thobias Lovsturd entra dans la pièce, revêtu de sa combinaison.

— Alors, ça donne quoi, madame l’inspectrice ?

De son index ganté, Sarah écarta la frange de cheveux gras collés sur le front de la victime. Elle comprit pourquoi l’officier Dorn avait parlé d’une marque bizarre.

Trois cicatrices de la taille d’un demi-doigt chacune mutilaient le front exsangue de la victime. Elles se confondaient presque avec la couleur de la peau, mais un liseré blanc et une légère aspérité permettaient d’en tracer les contours. Mises bout à bout, ces trois marques formaient l’inscription « 488 ».

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Extrait ajouté par magaliB 2020-03-25T10:02:02+01:00

– 1 –

Sarah claqua la porte derrière elle. Essoufflée par ses propres cris, elle demeura debout, sans bouger, reprenant sa respiration.

Le silence du couloir n’était plus troublé que par le bourdonnement étouffé d’une télévision encore allumée à cette heure avancée de la nuit.

Le cœur battant trop vite, elle chemina vers la cage d’escalier, lentement, certaine qu’il allait rouvrir la porte d’une seconde à l’autre, lui déclarer qu’il l’aimait et n’avait toujours aimé qu’elle, que cette tromperie était une erreur, une faiblesse qui ne se reproduirait plus jamais.

La minuterie automatique parvint à son terme et le couloir plongea dans l’obscurité. Elle se figea. Elle devait patienter encore quelques secondes, il finirait par sortir et, après des excuses balbutiantes qu’elle ferait mine de n’accepter qu’à moitié, tout redeviendrait comme avant.

Mais à l’inquiétude succéda l’angoisse. La porte de l’appartement restait close, le couloir aussi sombre que silencieux. Le visage effleuré par la tremblante lueur orangée de l’interrupteur, Sarah chercha l’appui d’un mur.

Il y a encore quelques minutes, elle s’appliquait à repeindre ce qui deviendrait un jour la chambre du bébé, espérant ainsi peser sur le cours du destin. Elle ne pouvait pas se trouver là, comme une victime hébétée d’un accident de la route.

Réfugiée dans la pénombre, elle patienta, s’imaginant qu’il craignait de la retrouver en colère et voulait attendre qu’elle se calme. Mais le rai de lumière qui jusque-là filtrait sous la porte de leur appartement disparut. Il ne sortirait plus.

Saisie d’un vertige, elle s’adossa à la paroi du couloir avant de trouver la force de faire quelques pas à l’aveugle vers l’escalier.

Au rez-de-chaussée, une brutale bourrasque de vent cogna contre les vitres de l’entrée de l’immeuble. Dehors, la neige tombait en oblique devant les halos blêmes des lampadaires.

Sarah inspira une grande goulée d’air, releva le col fourré de sa parka, essuya les larmes qui coulaient le long de ses joues parsemées de taches de rousseur.

Puis elle franchit le seuil. Le froid lui fouetta le sang et les mèches de ses cheveux fauves virevoltèrent devant son visage.

Le trottoir était recouvert d’une épaisse couche de neige et, au bout de la rue, une pelleteuse entamait son travail de déblayage de la chaussée en repoussant sur les côtés de la route des masses blanches formant une muraille de poudreuse. Oslo était entré dans l’hiver.

Derrière le rideau humide qui brouillait sa vision, Sarah chercha sa voiture et la devina quelques mètres plus loin. Un nuage de vapeur s’échappa de sa bouche et elle entreprit de se frayer un chemin jusqu’à son SUV. Ses pas malhabiles s’enfonçaient dans la neige fraîche jusqu’à ce que les flocons se tassent sous sa semelle et crissent.

Elle songea qu’à défaut de la rattraper pour lui demander pardon, Erik ne s’inquiétait même pas de savoir où elle irait en pleine nuit. Comme si, pour lui, ils étaient déjà devenus des étrangers, chacun menant sa vie de son côté. Comme si l’événement de ce soir n’avait été que l’accélérateur d’une rupture qu’il mûrissait depuis longtemps. Comment était-ce possible ? Après tout ce qu’ils avaient traversé ensemble ?

Les souvenirs l’étranglèrent, lui coupant les jambes. Les dernières années de leur vie défilèrent dans sa tête. Le jour où on lui avait annoncé son infertilité dans cette salle aux murs blancs qui sentait l’éther, son effondrement, puis les paroles pleines d’espoir et de courage d’Erik, son mari, les premières prises de Clomid pour stimuler l’ovulation suivies des incontinences urinaires inavouables, la répétition des rapports sexuels programmés et sans désir jusqu’au dégoût, les lancinantes et paniquantes réunions familiales : « Alors, vous en êtes où avec le bébé ? » Au bout d’un an, toujours rien. Pas une once d’espoir. Les premiers doutes d’Erik qui s’entendent au ton de sa voix, le passage aux douloureuses piqûres de Gonalf, l’arrivée du deuxième enfant de sa sœur, la décision de passer à la FIV, l’atteinte à l’intimité qui devient de moins en moins acceptable, cette salle froide, exiguë, à 8 heures du matin, cuisses ouvertes, en attendant que son mari ait terminé de se masturber dans le cagibi d’à côté et que l’on vienne vous injecter sa semence sélectionnée à coups de seringue. Le nouvel espoir, la peur et de nouveau la déception. Les larmes. L’épuisement nerveux. La perte de sens de la vie. Ces conseils absurdes qui vous serinent que le stress et l’appréhension ont une influence négative sur la fécondation, comme on dit à un enfant terrorisé par un chien que les animaux flairent la peur et en profitent pour attaquer.

Et puis cette envie irrésistible de déballer les adorables bodys, les minuscules chaussons et les doudous qui prennent la poussière dans une chambre vide et inanimée. Et, par-dessus, la crainte de ne plus trouver la force de tout recommencer si, par malheur, le processus échouait.

Accroupie dans la neige, les mains croisées sur son ventre, Sarah laissait son corps s’engourdir, comme si la douleur mordante du froid pouvait anesthésier sa souffrance.

C’est alors qu’une mélodie électronique creva le silence nocturne.

Sarah releva soudainement son visage rougi par l’air gelé. L’espace d’une seconde, elle crut que c’était Erik qui la rappelait. Mais son fol espoir se brisa lorsqu’elle reconnut la sonnerie de son téléphone professionnel.

Elle considéra le téléphone et, pour la première fois de sa carrière, ne décrocha pas.

Elle se redressa, atteignit sa voiture et s’y engouffra, prête à démarrer pour se rendre chez sa sœur, avant que sa volonté ne lui fasse défaut et qu’elle se laisse engourdir par le froid jusqu’au sommeil.

Mais elle venait à peine d’enclencher le contact que son téléphone sonna de nouveau. S’ils insistaient, c’est que quelque chose de grave avait dû se passer. Mais que pouvait-il y avoir de plus grave que sa situation à elle ?

De nouveau, elle ignora l’appel. La sonnerie reprit de plus belle.

Sarah appuya ses avant-bras sur le volant. Une succession de décisions contradictoires défilèrent dans sa tête puis, les mains tremblantes d’émotion, la gorge encore nouée, elle décrocha.

— J’écoute.

L’effort qu’elle venait de fournir pour paraître normale avait été si intense qu’une nausée lui souleva le ventre. Elle se reposa sur l’appuie-tête en fermant les yeux.

— Inspectrice Geringën ?

La voix de l’homme était rapide et inquiète.

— Oui.

— Je suis l’officier Dorn, du district de Sagene. Désolé de vous déranger à une heure pareille, madame, et d’avoir insisté, mais… on a été appelés pour un décès, banal en apparence, mais, compte tenu de ce qu’on a trouvé sur place, je crois qu’on va avoir besoin de votre expertise.

Au départ, Sarah écouta l’officier d’une oreille distraite. La compréhension était d’autant plus pénible que l’officier lui paraissait troublé, presque confus.

— Où cela s’est-il passé, dites-vous ?

En entendant la réponse, Sarah ferma les yeux. Le dernier lieu dans lequel elle avait envie de se rendre aujourd’hui.

— OK, calmez-vous et détaillez-moi les différences entre ce que le gardien de nuit vous a dit au téléphone et ce que vous venez de constater sur place.

Elle nota les informations dans un coin de sa tête en ne songeant qu’à une chose : trouver un argument pour lui permettre de reporter sa présence à plus tard.

— D’accord, maintenant, en quoi ces traces vous paraissent-elles suspectes ?

Quand l’officier lui fit une description rapide d’une marque « bizarre » et du discours embrouillé des employés, l’instinct de Sarah se réveilla.

Elle cala le combiné sur ses cuisses et se passa les mains sur le visage. Quand elle reprit l’appareil, le ton de sa voix était déjà un peu moins tremblant.

— Bon, écoutez. Vous protégez la scène et vous faites intervenir la police scientifique. Je préviens le légiste.

Ce n’est qu’après avoir raccroché qu’elle se renversa sur son siège en poussant un soupir. Allait-elle vraiment avoir la force d’assumer son engagement ? La résistance physique ne lui faisait pas peur. Mais tiendrait-elle le choc moralement ? Rien n’était moins sûr. Surtout là où elle était attendue.

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Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2020-01-01T14:35:28+01:00

Puis l'homme de Dieu s'éloigna lentement dans le couloir, avec dans la bouche, le goût amer de la vérité.

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Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2020-01-01T14:26:15+01:00

- Tu l'aimais bien ?

- Oui.

- Alors pourquoi tu l'as laissée partir ?

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Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2019-12-31T17:08:03+01:00

- C'est quoi l'éternité ?

- C'est comme l'amour. Ça ne s'arrête jamais.

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Extrait ajouté par dadotiste 2019-10-21T21:48:04+02:00

Pocket, p. 181

« — Pourquoi t'as pas d'amoureuse? demanda Simon en faisant des cercles sur sa purée du bout de sa fourchette.

— Je ne sais pas, je n'en ai pas trouvé une qui me convenait, répondit Christopher avant de boire une gorgée d'eau pour ne pas s'étouffer.

— Oui mais tu commences à être vieux, alors après les femmes ne vont plus te trouver beau. »

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Extrait ajouté par mar1ann3 2019-08-21T16:50:54+02:00

Je crois que de ma vie je n'avais jamais lu la peur aussi nettement dans les yeux d'un homme

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Extrait ajouté par Croquignolle 2019-04-20T10:37:04+02:00

Une voix intérieure lui disait de briser cette abnégation imbécile, qu'une femme préférait toujours l'amour à la révérence. Qu'il devait avoir le courage de lui dire qu'il était amoureux. Mais ne risquait-il pas au contraire de la braquer et de la faire fuir définitivement en lui parlant trop franchement ? Il n'avait plus qu'une poignée de minutes pour se décider.

Sarah acheta un billet pour le premier vol au comptoir de la Norwegian et quand ils furent devant le passage des douanes, elle ralentit le pas.

Christopher sentait son coeur battre si fort dans sa poitrine. Des mots confus faisant trembler ses lèvres. Comment lui dire tout ce qu'il lui devait ? Comment lui dire qu'il avait découvert la femme à la fois la plus impressionnante et la plus généreuse de sa vie ? Comment lui faire comprendre qu'il n'avait jamais ressenti cela pour personne et qu'il ne voulait plus la quitter de toute sa vie ?

Elle le regarda, comme si elle entendait chacune de ses pensées.

Elle s'approcha de Christopher et lui prit une main.

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