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Asaru, peinant sous la masse énorme du corps de l’assassin, regarda Maram avec une sévérité qui me rappela mon père. Il dit : « Tu voulais être un guerrier, n’est-ce pas ? Eh bien, comporte-toi en guerrier. »

En dépit de ses protestations, de toutes ses frayeurs et de sa graisse, Maram était fort comme un bœuf. Comme il n’était pas question de s’opposer à mon frère quand il avait décidé quelque chose, Maram alla chercher le cerf à contrecœur.

« Tu as l’air malade, dit Asaru, en libérant une main pour toucher mon front, mais au moins tu n’as plus froid. »

Non, pensai-je, ce froid ne me quittera jamais.

« Tu as encore mal ? demanda-t-il.

— Oui, répondis-je. (Ma douleur au côté me faisait grimacer.) J’ai mal. »

Pourquoi, me demandai-je, avait-on enduit une flèche de poison ?

Pourquoi voulait-on me tuer ?

Je respirai profondément, m’armant de courage pour le retour dans la forêt. Quand je fermais les yeux, je voyais encore la Pierre de Lumière brillante comme un soleil.

Asaru en tête, nous repartîmes vers l’ouest en direction de l’endroit où nous avions laissé nos chevaux. Maram soufflait et rouspétait sous le poids du cerf jeté sur ses épaules. Nous avions au moins tué un cerf, pensai-je, comme Asaru l’avait promis. Ainsi, nous aurions quelque chose à offrir pour le festin du soir avec les Ishkans.

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Puis Asaru, grand et imposant dans sa longue cape noire, me tendit mon arc et montra la forêt du doigt. Il dit : « Pourquoi ces bois, Val ?

— Pourquoi pas ? » répliquai-je. Sachant ce que je pensais du massacre d’animaux innocents, Asaru m’avait permis de choisir l’endroit où nous irions chasser ce jour-là. Et même s’il avait gardé le silence pendant le trajet du château, il devait savoir où je l’emmenais. « Tu sais pourquoi », repris-je plus gentiment en levant les yeux vers lui.

Il me regarda alors, intrépide comme aimeraient l’être tous les Valari. Ses yeux profonds et mystérieux, aussi noirs que l’espace et aussi brillants que les étoiles, étaient ceux des rois Valari. Il avait les pommettes saillantes et le long nez aquilin de nos ancêtres. Sa peau, tannée par le chaud soleil du printemps, avait l’apparence de l’ivoire patiné et son épaisse masse de cheveux noirs, brillants, longs et épais flottait librement dans le vent. Il avait beau être un homme de sang, pétri de volonté et d’autres qualités terrestres, quelque chose en lui semblait détaché de ce monde. Mon père disait que nous nous ressemblions assez pour passer pour des jumeaux. Mais parmi les sept fils de Shavashar Elahad, il était l’aîné et j’étais le dernier. Et cela faisait toute la différence.

Il se rapprocha de moi et me regarda en silence. Alors que j’avais insisté pour porter une veste de chasse en cuir, une simple chemise et un pantalon vert foncé, il était resplendissant dans une cape et une tunique noire brodée du cygne et des sept étoiles d’argent de la maison royale de Mesh. Il ne concevait pas qu’on pût le voir dans une autre tenue. C’était le plus grand de mes frères, il me dépassait d’un demi-pouce. Il semblait me regarder de haut et ses yeux brûlants comme le soleil fixaient la cicatrice qui traversait mon front au-dessus de mon œil gauche. Une cicatrice unique, en forme d’éclair. Je crois qu’elle lui rappelait des choses qu’il aurait préféré ne pas connaître.

« Pourquoi faut-il que tu sois si farouche ? » dit-il rapidement en laissant échapper un soupir.

Le cœur battant la chamade, je soutins son regard mais ne répondis rien.

« Hé là ! s’exclama une voix retentissante, que se passe-t-il ? De quoi parlez-vous ? »

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Je retins mon souffle un instant pour éviter son haleine chargée de bière. Ce que j’avais suggéré, ce n’était pas de vaincre Morjin, bien sûr, mais de s’unir contre lui afin de ne pas avoir à combattre du tout. « On devrait envoyer une armée de Valari contre lui », brailla Maram

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En entendant ce nom redoutable et ancien, lord Harsha s’immobilisa tandis que Joshu Kadar se tournait vers moi. Je sentis la peur battre dans le ventre de Maram comme les ailes d’un oiseau. Dans le ciel, les nuages lointains semblèrent s’assombrir encore

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Pendant que lord Harsha ouvrait les sacoches de son cheval, les nôtres piaffaient d’impatience et baissaient la tête pour mâchonner l’herbe verte et tendre qui poussait entre le mur de pierres du champ et la forêt. Je jetai un coup d’œil de l’autre côté du champ pour examiner la maison de lord Harsha.

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Andaru Harsha. Je connaissais très bien le nom de mon sauveur. À la bataille de la Montagne Rouge, j’avais été blessé à la cuisse en le protégeant des lances des Waashiens. Et plus tard, au cours de la même bataille, j’étais resté figé, incapable de tuer l’un de nos ennemis qui se trouvait devant moi sans bouclier et sans défense. À cause de cette hésitation, nombreux étaient ceux qui murmuraient encore que j’étais un lâche. Mais pas Asaru

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L’unique œil de lord Harsha se rétrécit tandis qu’il intimait à Maram, comme à un enfant, l’ordre de se taire. Puis il reprit son récit : « C’est alors que l’ours les a attaqués. Il a cassé le bras et quelques côtes à Asaru et, comme vous pouvez le voir, lacéré le visage de Valashu. » Il marqua une pause pour montrer de son vieux doigt la cicatrice sur mon front

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 Prenez garde, je vous prie, de ne pas vous perdre aussi, dit lord Harsha. — Mon frère, répondit Asaru en me regardant curieusement, se sent plus chez lui dans les bois que dans son propre château. Nous ne nous perdrons pas. — Bien. Alors, bonne chasse. » Lord Harsha me fit un léger salut de la tête. « Vous avez l’intention d’attraper un ours cette fois encore ? — Non, un cerf, dis-je, comme la dernière fois que nous sommes venus ici

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« Lord Harsha, dit Asaru qui l’avait enfin reconnu, ça fait longtemps. — Oui, ça fait longtemps », répondit lord Harsha. Il regarda l’écuyer d’Asaru, puis Maram et moi. « Qui sont vos amis ? — Excusez-moi, dit Asaru. Permettez-moi de vous présenter Joshur Kadar de Lashku. 

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Maram suivit des yeux la main tendue d’Asaru. Puis il regarda la forêt sombre qui l’attendait et murmura : « C’est vrai, où suis-je ? Perdu, complètement perdu. 

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