Livres
388 757
Comms
1 362 763
Membres
277 355

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

 Restez, reprit Florian à l’intention de Rhianne. J’aimerais savoir ce que vous pensez d’un fils et héritier qui critique ouvertement son père lors d’un conseil de guerre.

Elle fit la moue.

— Eh bien, sans connaître les détails…

— Père, intervint Lucien, c’était une réunion privée, dont l’objectif était de discuter stratégie. Si les membres du conseil n’ont pas le droit de donner leur avis…

D’un revers de la main, Florian le gifla violemment. Lucien poussa un cri ; sa béquille tomba au sol avec fracas. Les gardes du corps de Lucien et ceux de l’empereur se raidirent, prêts à intervenir, mais restèrent à l’écart.

— Les légats ont le droit de donner leur avis, siffla Florian. Toi, tu n’es là que par politesse. Ton rôle au conseil est d’approuver avec enthousiasme toutes mes déclarations. Est-ce clair ?

Lucien hocha la tête. Boitant sur sa prothèse, il récupéra sa béquille et remit son syrtos d’aplomb. D’instinct, il porta une main à son visage pour se protéger avant de la laisser de nouveau pendre sur le côté. Florian ne supportait pas le moindre signe de faiblesse.

— Rhianne comprend, n’est-ce pas, ma chère ? s’enquit Florian. Nous avons des ennemis. Pour nous en préserver, nous devons présenter un front uni. La famille doit être solidaire. N’ai-je pas raison ?

— Absolument, l’approuva Rhianne. Toutefois, quand Lucien commandait le bataillon de l’Aigle Blanc à Riorca, il était considéré comme un brillant stratège militaire. S’il ne peut s’exprimer au conseil de guerre, peut-être existe-t-il un autre lieu où il pourrait le faire ?

Florian éclata de rire.

Afficher en entier

" Les lieux étaient déserts, ce qui était une bonne chose.

Sous le pont, un ruisseau peu profond chantait dans un lit de galets. Elle voulait que son message soit à la fois hors de vue et protégé de la pluie. Elle suivit donc un sentier grossier qui menait au cours d'eau et chercha une cachette sous le pont. Peut-être pouvait-elle glisser le mot dans l'une des poutres porteuses, mais Janto aurait du mal à le trouver.

Un bruit d'éclaboussures retentit. Elle fit volte-face. Personne. Elle resta immobile, à observer les alentours. Peut-être un poisson qui avait sauté ?

Un galet entra en lévitation puis tomba dans l'eau, provoquant une autre gerbe d'éclaboussures. Son cœur battit la chamade. Janto ? Elle se souvint de sa promesse de la nuit précédente. Des picotements la réchauffèrent par anticipation.

De l'autre côté du ruisseau, un caillou se délogea et roula sur la rive. Un peu plus haut, de l'herbe ploya, comme sous un vent fort.

Elle remonta le sentier en courant et traversa le pont. Elle trouva l'endroit où l'herbe, écrasée, se redressait lentement. Dans les bois, un tas de feuilles mortes vola dans les airs. Elle se hâta de le rejoindre. Rien là, mais un peu plus loin, une branche plia dans un buisson. Elle s'y précipita.

- Janto ? souffla-t-elle.

Quelqu'un lui tapota le bras.

Elle se retourna. Janto lui sourit. Un animal qui ressemblait à une belette était assis sur son épaule.

Elle porta une main à son cœur, toujours affolé.

- Tu aurais pu te contenter de dire quelque chose !

Son sourire s'agrandit.

- Ç'aurait été moins drôle.

Il baissa la main pour permettre à l'animal de descendre et prit la jeune femme dans ses bras.

Elle avait songé à ce baiser depuis la nuit précédente, se demandant même si elle devait protester, sachant au fond d'elle qu'elle n'en ferait rien. Elle n'avait encore jamais échangé de baiser avec un homme, pourtant, une partie d'elle-même - ridicule ! - avait désiré embrasser Janto, et ce presque dès le premier jour. Il était inconvenant pour une princesse de fréquenter un esclave, mais Janto n'en était pas un. Pas vraiment. Et dieux, voulait-elle que ce premier baiser lui soit donné par Augustan ? Janto avait les lèvres chaudes et douces, et sa bouche avait la taille idéale pour la sienne. Elle s'interrogea à ce sujet: des bouches étaient-elles faites l'une pour l'autre ? Cela arrivait-il toujours ?

Nerveuse et perplexe, elle essaya de deviner ce qui était attendu d'elle. Qu'était-elle censée faire avec ses lèvres, avec sa langue ? Mais, quand Janto lui pencha la tête, comme pour la goûter, elle comprit que tout ce qu'elle avait à faire, c'était s'abandonner à son étreinte. Il la tenait, un bras passé autour de sa taille. De l'autre main, il lui caressait les cheveux, la gorge, l'incitant à céder. Des papillons lui chatouillèrent le ventre. Ses jambes se mirent à trembler. Elle se détendit. Il menait la danse; elle suivait. Sa bouche savait exactement quoi faire.

- Dieux, Rhianne, souffla-t-il contre ses lèvres.

- Depuis combien de temps m'attendais-tu ?

- Depuis ma naissance. (Il sourit.) Oh ! Tu parlais de maintenant. Depuis un bon moment. Mais ça valait le coup. "

Afficher en entier

" Rhianne soupira et leva les yeux de son livre. Elle remarqua que les esclaves du jardin travaillaient désormais près d'elle. Elle voulait apprendre le mosari, et elle était entourée de Mosari, qui tous parlaient couramment cette langue ! Le problème, c'était que ces gens ne connaissaient que quelques mots simples de kjallan. Malgré tout, elle pouvait peut-être expérimenter une ou deux expressions utiles sur eux.

A deux pas, un esclave pelletait du paillis.

- Cona oleska, lui lança-t-elle.

L'homme redressa la tête. A son grand étonnement, il s'exprima dans un kjallan courant, à la forme soumise.

- Avec tout mon respect, ma dame, vous venez de me souhaiter un "bon four".

[...]

- Cona oleska, na-kali, lança-t-elle.

Il afficha son beau sourire.

Elle soupira.

- S'il te plaît, ne me dis pas que je viens encore de te souhaiter un bon four.

- Non, vous m'avez dit: "Bonjour, mon alligator." "

Afficher en entier

La cruauté s'affichait-elle sur le visage? Il pensait que c'était souvent le cas, surtout avec l'âge, quand les rides d'expression commençaient à révéler le passé.

Afficher en entier