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Extrait ajouté par Mister-Lone 2019-10-20T22:44:50+02:00

La société, affirmèrent-ils, était une sorte de monstre, puisqu'elle engendrait principalement des cadavres et des décombres. Elle n'apprenait jamais, répétait perpétuellement les mêmes erreurs imbéciles, échangeait un bonheur à court terme contre un malheur à long terme. Elle ressemblait à une limace géante qui bouffait inlassablement toutes les autres bioformes de la planète sur son chemin, avalait petit bout par petit bout toute la vie sur terre, puis la chiait par le trou de balle sous forme de saloperies manufacturées en plastique très vite démodées.

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Extrait ajouté par AcedieGula 2019-08-27T15:04:25+02:00

Mais où qu'ils soient, soldats et paysans morts se ressemblaient beaucoup. Ils avaient l'air couverts de poussière. C’était effarant de voir la poussière qu'on pouvait brasser dans le cadre d'événements de ce type.

<<On devrait leur filer une bonne branlée à ces mecs,déclara Crake.

-Lesquels? Les paysans? Ou les gars qui les flinguent?

-Les gars qui les flinguent. Pas à cause des paysans morts, il y en a toujours eu. Mais ils bousillent les forêts brumeuse pour planter ce machin.

-Les paysans le feraient aussi s'ils en avaient l'ombre d'une possibilité, rétorqua Jimmy.

Sûr, mais ils n'ont pas l'ombre d'une possibilité.

-Tu prends parti?

-Il n'y a pas de parti en tant que tel.>>

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Extrait ajouté par fanfan50 2016-04-24T09:42:47+02:00

"Je peux avoir un chat ? lançait-il .

- Non, Jimmy, tu ne peux pas avoir de chat. On en a déjà parlé. Les chats peuvent être porteurs de maladies dangereuses pour les porcons.

- Mais tu t'en fiches."

Et ce d'un ton rusé.

Un soupir, une bouffée de cigarette.

"Il y a d'autres gens qui ne s'en fichent pas.

- Je peux avoir un chien alors ?

- Non. Pas de chien non plus. Tu n'as rien à faire dans ta chambre ?

- Je peux avoir un perroquet ?

- Non. Arrête, maintenant."

Elle n'écoutait pas vraiment.

"Je peux avoir rien ?

- Non.

- Oh bon, braillait-il. Je ne peux même pas avoir rien ! Donc, j'ai le droit d'avoir quelque chose ! Qu'est-ce que j'ai le droit d'avoir ?

- Jimmy, des fois, tu es chiant, tu sais ça ?

- Je peux avoir une petite soeur ?

- Non.

- Un petit frère, alors ? S'il te plaît ?

- Pas question ! Tu ne m'as pas entendue ? J'ai dit non !

- Pourquoi ?"

Ca, c'était la clé, le déclencheur. Il arrivait qu'elle fonde en larmes, saute sur ses pieds et sorte précipitamment de la chambre en claquant la porte, pfffuit. Ou qu'elle fonde en larmes et le prenne dans ses bras. Ou qu'elle balance sa tasse de café à travers la pièce en hurlant : "C'est la merde, la merde totale, c'est impossible !" Il arrivait même qu'elle le gifle, puis qu'elle pleure et le prenne dans ses bras. Ce pouvait être n'importe laquelle de ces réactions, dans l'ordre ou dans le désordre.

Simon c'était juste des pleurs, le front appuyé contre ses bras. Elle tremblait de la tête aux pieds, cherchait à reprendre son souffle, s'étouffait, sanglotait. Dans ces cas-là, il ne savait pas quoi faire. Il l'aimait tellement quand il la rendait malheureuse ou bien quand elle le rendait malheureux : dans ces moments-là, il avait du mal à s'y retrouver. Il lui donnait de petites tapes, en se tenant bien en retrait comme on fait avec un chien qu'on ne connaît pas, et, la main tendue, il répétait : "Je suis désolé, je suis désolé."

Et il était désolé, mais il y avait plus : en même temps, il exultait et se félicitait d'avoir réussi à provoquer une telle réaction.

Il avait peur aussi. Il y avait toujours cette incertitude : était-il allé trop loin ? Et si oui, qu'allait-il se passer maintenant ?

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T16:18:34+01:00

C’était l’une des règles de Crake qui interdisait d’attribuer un nom à quelqu’un si le nom en question n’avait pas d’équivalent tangible – même empaillé, même à l’état de squelette. Pas de licornes, pas de griffons, pas de manticores ni de basilics. Mais aujourd’hui ces règles n’ont plus cours et l’adoption de cette identité discutable a procuré un plaisir amer à Snowman : l’abominable homme des neiges, mythe ou réalité, vacillant à la lisière des blizzards, homme-singe ou singe-homme, mystérieux, insaisissable, connu par le seul biais de la rumeur et de ses empreintes pointant à rebours. Selon ce qui se racontait, des tribus montagnardes le chassaient et le tuaient quand l’occasion s’en présentait. Selon ce qui se racontait, elles le faisaient bouillir, rôtir, célébraient de singulières festivités ; d’autant plus excitant, suppose-t-il, que l’on frisait le cannibalisme.

Pour les fins présentes, il a abrégé le nom en question. Il est juste Snowman. L’abominable, il le garde pour lui, c’est son cilice secret.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T16:18:20+01:00

Sur la plage blanche tout en coraux pulvérisés et ossements brisés, certains des enfants se promènent. Ils ont dû se baigner, ils sont encore mouillés et ont la peau luisante. Ils devraient se montrer plus prudents : allez savoir ce qui peut infester le lagon ! Mais ils ne manifestent pas la moindre méfiance ; contrairement à Snowman qui n’y tremperait pas un orteil, même de nuit quand le soleil ne risque pas de l’agresser. Rectification : surtout de nuit.

Il les observe avec envie, peut-être avec nostalgie. Impossible : gamin, il ne s’est jamais baigné dans l’océan, n’a jamais batifolé tout nu sur une plage. Les enfants examinent le terrain avec attention, se penchent pour ramasser du bois flotté, se consultent, gardent certains trucs, en jettent d’autres ; leurs trésors atterrissent dans un sac déchiré. Tôt ou tard – il peut en être sûr –, ils viendront le trouver à l’endroit où il est assis, enroulé dans son drap en lambeaux, les mains serrées sur ses tibias, à sucer sa mangue sous le couvert des arbres pour se protéger du soleil vengeur. Pour les enfants dont la peau épaisse ne craint pas les ultraviolets, il incarne une créature de l’ombre, du crépuscule.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T16:18:09+01:00

« Attention les yeux ! » crie-t-il aux sauterelles qui s’envolent dans un bruissement d’ailes effrayé. Puis il fait le tour de l’arbre et, une fois à bonne distance de son urinoir habituel, fourrage dans la cachette qu’il s’est aménagée avec deux ou trois dalles de ciment garnies de fils barbelés afin d’éloigner rats et souris. Il y a planqué quelques mangues, dans un sac en plastique fermé par un nœud, une boîte de Sveltana, ces fameuses petites saucisses végétariennes, une précieuse bouteille de scotch à moitié vide – non, aux deux tiers plutôt – et une barre énergétique parfumée au chocolat, ramollie et poisseuse dans son emballage en papier aluminium, qu’il a récupérée dans un camp de caravaning. Il ne se résout toujours pas à la manger : c’est peut-être la dernière qu’il dénichera. Il y a également rangé un ouvre-boîte, un pic à glace et, allez savoir pourquoi, six bouteilles de bière vides, par sentimentalité et pour pouvoir stocker de l’eau potable. Ainsi que ses lunettes de soleil ; il les met. Il leur manque un verre, mais c’est mieux que rien.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T16:18:01+01:00

Snowman se réveille avant l’aube. Immobile, il écoute la marée montante et les vagues qui déferlent, l’une après l’autre, et franchissent divers obstacles, flish-flish, flish-flish, au rythme des battements d’un cœur. Il aimerait tant se croire encore endormi.

La ligne d’horizon, à l’est, baigne dans une brume grisâtre teintée d’une lueur rosée, funeste. Curieux la douceur que cette couleur affiche encore. Elle sert de toile de fond aux silhouettes sombres des tours offshore qui émergent comme irréelles du rose et du bleu pâle du lagon. Les criailleries des oiseaux nichant là et le ressac de l’océan au loin dans les ersatz de récifs formés de pièces de voiture rouillées, de briques en vrac et de décombres assortis rappellent presque le bruit de la circulation les jours de congé.

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Extrait ajouté par paraty62 2013-05-26T16:59:39+02:00

Sur la plage blanche tout en coraux pulvérisés et ossements brisés, certains des enfants se promènent. Ils ont dû se baigner, ils sont encore mouillés, la peau luisante. Ils devraient se montrer plus prudents : allez savoir ce qui peut infester le lagon ! Mais ils n’ont pas une once de méfiance ; contrairement à Snowman qui n’y tremperait pas un orteil, même de nuit quand le soleil ne risque pas de l’agresser. Rectification : surtout de nuit. Il les observe avec envie, peut-être avec nostalgie. Impossible : gamin, il ne s’est jamais baigné dans l’océan, n’a jamais batifolé tout nu sur une plage. Les enfants examinent le terrain attentivement, se penchent pour ramasser du bois flotté, se consultent, gardent certains trucs, en jettent d’autres ; leurs trésors atterrissent dans un sac déchiré.

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Extrait ajouté par paraty62 2013-05-26T16:59:04+02:00

Sur la plage blanche tout en coraux pulvérisés et ossements brisés, certains des enfants se promènent. Ils ont dû se baigner, ils sont encore mouillés, la peau luisante. Ils devraient se montrer plus prudents : allez savoir ce qui peut infester le lagon ! Mais ils n’ont pas une once de méfiance ; contrairement à Snowman qui n’y tremperait pas un orteil, même de nuit quand le soleil ne risque pas de l’agresser. Rectification : surtout de nuit. Il les observe avec envie, peut-être avec nostalgie. Impossible : gamin, il ne s’est jamais baigné dans l’océan, n’a jamais batifolé tout nu sur une plage. Les enfants examinent le terrain attentivement, se penchent pour ramasser du bois flotté, se consultent, gardent certains trucs, en jettent d’autres ; leurs trésors atterrissent dans un sac déchiré.

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