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[...]

- Vous êtes des amours éphémères. Des illusions. C'est ce que je fournis à mes clients, dit-elle. Ton garçon est trop possessif.

Gabriel. Quand je l'ai laissé, ses lèvres desséchées marmonnaient en silence. J'ai alors remarqué le duvet qui commençait à pousser sur son menton ; on lui avait remis sa chemise de domestique, déchirée aux endroits où les gardes du corps ont tiré dessus. Je me suis fait du souci pour les cernes rougeâtres autour de ses yeux, pour sa respiration heurtée.

- Il t'aime trop, poursuivit Madame. Même pendant son sommeil.

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« Les amants sont des armes, mais l’amour est une blessure. Ton homme, […], est une plaie ouverte. »

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« Ah, l’amour… C’est ce que le monde a perdu. Il n’y a plus d’amour, seulement son reflet illusoire. »

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[...]

- Je ne peux pas rester ici. Il faut que je rentre chez moi.

- Mon père ne viendra pas te chercher, siffle Linden avec une pointe d'agacement. Je ne le laisserai pas faire, entendu ? Repose-toi.

- Tu ne comprends pas ; des gens vont s'inquiéter pour moi. Ils vont me croire morte.

- Ah oui. Ce domestique...

Brusquement, je vois la laideur prendre le pas sur les premiers efforts de civilité. Or, si Linden est en droit de se sentir floué, moi aussi. S'il n'a pas mérité de se faire plaquer ainsi, je n'ai jamais demandé à devenir son épouse.

- Ah oui, dis-je en imitant son intonation. Ce domestique. Entre autres.

- Et comment comptes-tu t'y prendre ? (Il s'affale sur le siège qui jouxte mon lit.) En ralliant la côte est à pied ?

- Ne sois pas si condescendant, Linden. Comme si tu avais la moindre idée de ce dont je suis capable...

Les yeux rivés sur le carrelage, il a un petit rire amer.

- Là-dessus, tu as raison.

Il est blessé. Et il est embarrassé ; je vois ses mains s'agiter sur ses genoux. Il doit éprouver toutes les peines du monde à s'habituer à cette nouvelle image de son père. A cette nouvelle image de moi.

- Sais-tu seulement l'effet que cela produit, lance-t-il, quand on perd un être cher ?

- J'en ai perdu un.

J'attends qu'il se tourne vers moi avant d'ajouter :

- Le jour où je t'ai rencontré.

Je regrette ces paroles au moment où elles franchissent mes lèvres. Linden s'agite sur son fauteuil, évite mon regard et ne pose plus aucune question.

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[...]

- Qu'est-ce qu'elle a dit ? dois-je implorer d'une voix haut perchée en sentant ma poitrine se serrer.

Comme il ne me répond pas, je le secoue par l'épaule. Il proteste en grommelant et s'éloigne un peu.

- Elle a dit que tu étais tellement occupée à réssembler ton courage que tu ne t'en es pas rendu compte. Mais ça n'a pas échappé à maître Vaughn, ce qui t'a mise en danger.

Sa voix dérape ; le sommeil commence à le gagner.

- Rendu compte de quoi ?

Je me sens submergée par l'émotion. J'ai toujours su que Jenna me cachait des choses, mais ces choses sont mortes avec elle, et je n'aurais jamais pensé déterrer l'un de ses secrets. Or, à cet instant, les mots qui sortent de la bouche de Gabriel me donnent l'impression fugace de retrouver ma Jenna.

Il s'agit probablement d'une information confiée à Gabriel sous le sceau de la confidence, sans quoi il m'en aurait fait part auparavant, quand il était plus lucide. Mais le sevrage et le délire qui l'accompagne ont brisé les défenses de Gabriel, et j'ai peut-être tort d'en profiter, mais c'est plus fort que moi : il faut que je lui repose la question.

- Je ne me suis pas rendu compte de quoi ?

Il me répond juste avant de sombrer dans le sommeil.

- De ton importance.

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[...]

- Je peux faire quelque chose ? demandé-je en ramenant la couverture par-dessus ses épaules. Tu as soif ?

Gabriel tend la main vers moi, et je le laisse m'attirer tout contre lui.

- J'ai rêvé que tu te noyais. Notre bateau brûlait, il n'y avait pas de rivage en vue.

- Impossible, répliqué-je. (Ses lèvres crevassées et ensanglantées appuient contre mon front.) Je suis une excellente nageuse.

- Il faisait noir. Tout ce que je voyais, c'étaient tes cheveux qui s'enfonçaient dans les flots. En plongeant pour te rattraper, je me suis rendu compte que je poursuivais une méduse. Tu n'étais nulle part.

- J'étais ici. C'est toi quii n'étais nulle part. Je n'arrivais pas à te réveiller.

Il soulève la couverture comme une aile dont il m'entoure. Dessous, il fait plus chaud que je l'aurais cru, et je saisis à cet instant à quel point Gabriel m'a manqué pendant ses absences. Je ferme les yeux, j'inspire à pleins poumons. Mais sa peau a perdu l'odeur de l'océan. Il s'en dégage un relent de sang et du parfum de Madame ; cette fragrance persiste dans la pellicule blanchâtre qui se forme à la surface de toutes les bassines.

- Ne me quitte plus, murmuré-je.

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« Les scientifiques ont tout fait pour nous améliorer, et quand on a commencé à tomber comme des mouches, ils nous ont laissés pourrir sur place, dans un monde qui fait de même. »

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-J'ai fini par comprendre, dit-elle. [...] C'est l'élan qui fait tout.

-Quoi ? murmuré-je.

Les sensations reviennent dans mes lèvres, puis dans mes extrémités.

-L'élan, répète-t-elle. Pour faire voler quelque chose, il ne faut pas rester sur place. Il faut courir.

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« - Sais-tu ce que ça fait de perdre quelqu'un que tu aimes ? demande-t-il.

- J'ai perdu tous ceux que j'aimais, je lui réponds, et j'attends qu'il me regarde dans les yeux pour ajouter : le jour où je t'ai rencontré.

Aussitôt que les mots sont sortis de ma bouche, je les regrette. Linden se lève de sa chaise, détourne son regard, et ne pose plus aucune questions. »

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Même si le mensonge est beau, en définitive, c'est à la vérité que l'on doit faire face.

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