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Mes mains tremblent. Ce n'est pas la peur, celle-ci m'a quitté depuis longtemps. Elle a déserté ce corps sans épaisseurs, sans emprise possible. Trop de vie à déjà glissé dessus jusqu'à lisser les aspérités aux creux desquelles se cache habituellement la peur.

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Ce qui était le plus décevant, au final, c’était de savoir qu’il lui faudrait vivre dans l’ignorance de la vérité. Car la vérité de chaque homme n’appartient qu’à lui et à son histoire, celle de l’ombre, celle qui s’inscrit dans les ténèbres de nos cerveaux.

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Julie l’avait bien formée pendant ces années. Elle lui avait appris à renverser sa situation de femme, à la diriger plutôt qu’à la subir. Faustine ne voulait pas d’une existence d’épouse, obéissante à son mari, en tout point irréprochable dans la tenue de sa maison, dans le soutien à son époux, asservie et docile. Et puis les mots de Julie étaient gravés dans son esprit : « Un mari respectable est un homme fidèle, non à sa femme à qui il ne saurait imposer les caprices de sa chair que la nature lui dicte, mais à sa maison close dont il connaît les bonnes mœurs et l’hygiène, qui lui garantissent de revenir à sa femme en bonne santé, et bien préparé pour les choses nécessaires du lit conjugal ! » Julie s’inquiétait de ces politiciens qui commençaient à militer pour la fermeture des bordels, elle craignait, non pour son commerce, mais pour l’équilibre des couples, et se plaisait à répéter à qui voulait l’entendre que ce serait remplacer le bon sens par l’hypocrisie.

Faustine était sûre d’une chose : elle avait vu passer tant d’hommes à l’honneur public immaculé au Boudoir de soi qu’elle ne pouvait croire en l’amour romantique et fidèle. Elle s’était faite à l’idée qu’ils étaient ainsi constitués et ne pouvaient se contenter d’une relation tronquée. Seule plutôt que malheureuse.

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Il aime cette amitié de gamine dans ce lieu de vice.

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Tuer est une expérience d'alchimie consistant à rendre réel et bien concret ce qui n'était qu'une pensée.

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La maîtrise du temps était-elle synonyme d’apaisement ? Quiconque contrôle le temps peut figer une émotion et refaçonner les souvenirs.

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Elle s’était saignée aux quatre veines. Et Paris, ne refusant jamais pareille offrande, l’avait bue dans ses rues grises

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Le meurtre, c'est l'irruption de l'impalpable -la pulsion- dans le concret : un cadavre.

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Elle hurlait.

Les traits déformés par la souffrance.

Ses mains froides et moites agrippèrent les poignets de Guy pour le sortir de ses rêves.

Dans le frémissement orangé d'une bougie, Faustine apparut. Ses cheveux aussi noirs que la nuit tissaient un rideau duquel sortaient son visage et ses grands yeux lumineux.

Guy cligna des paupières à nouveau pour desserrer les serres du sommeil qui le retenaient. Faustine lui parlait à toute vitesse, elle ne criait pas vraiment, mais le mal de crâne de Guy lui en donnait l'impression.

— … devons descendre. Dépêchez-vous !

— Quoi ? Quoi ? balbutia Guy en se frottant le coin des yeux. Qu'est-ce qui se passe ? Quelle heure est-il ?

Ses sens se ré-acclimatèrent à son environnement. Faustine était paniquée. Ses narines s'entrouvraient nerveusement, sa mâchoire tremblait et elle respirait fort. Guy tira sur ses draps et s'assit face à la jeune femme.

— Qu'y a-t-il ? Faustine, vous êtes toute pâle !

Il voulut tirer sur sa chemise de nuit et remarqua les traces sombres sur ses manches. Il saignait.

Le cœur battant, il inspecta son corps avant de réaliser soudainement que ce n'était pas lui. Faustine lui avait attrapé les bras.

Il saisit ses poignets et les leva vers lui, au-dessus de la bougie.

Ses paumes étaient couvertes de sang.

— Il s'est produit un drame, Guy, un cauchemar, dit-elle, le regard habité d'une inquiétante lueur.

— Quoi donc ? Êtes-vous blessée ?

Faustine ignora sa question, les mains toujours levées devant elle, le liquide luisant sinistrement sous la mince flamme. Du bout des lèvres, elle ajouta :

— C'est... l'œuvre du Diable !

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— Je m’appelle Gilles, bien que la plupart ici m’appellent le roi des Pouilleux. D’aucuns pourraient s’offusquer d’un titre aussi vilainement glorieux, mais c’est que par ici, nous devons faire peu avec du vide, la misère est notre maîtresse et nous l’avons érigée en parangon de toutes vertus !

— Vous êtes instruits, pour…

Perotti, se rendant compte qu’il risquait d’être insolent, s’arrêta, confus, au milieu de sa phrase.

— Pour un misérable ? termina le roi. N’oubliez pas que le néant n’existe que parce que la matière existe ! Avant d’être tout ici, j’étais peu ailleurs.

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