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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:54+02:00

Au bout d’une heure de marche, Sarah vit se profiler les lieux où elle avait échoué après le décès de ses parents, emportés tous deux par une mauvaise grippe à laquelle elle avait miraculeusement échappé.

Elle frissonna en entendant grincer la girouette rouillée qui ornait depuis toujours le toit d’ardoises. Elle remonta à pas lents l’allée qui conduisait à l’entrée, les yeux rivés aux volets qui claquaient au vent.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:47+02:00

Elle scruta l’horizon et les champs devant elle. Sur sa gauche, à moins d’une dizaine de kilomètres, s’étendait la ville côtière de Northtown. Construite en pente douce, elle débouchait sur un port de pêche où, parfois, de gros paquebots prêts à s’élancer pour gagner les Amériques faisaient escale.

Plus à l’est, en remontant le long de la falaise que Sarah avait parcourue si souvent, les dernières maisons de Northtown cédaient peu à peu la place à une lande sauvage au beau milieu de laquelle se dressaient l’église et le presbytère, bordés par un vieux cimetière. L’orphelinat, une importante bâtisse en pierre grise, se trouvait à peine plus loin sur la droite.

Elle quitta le champ et enjamba le muret qui la séparait de la route. Elle devait inventer une histoire convaincante pour que, dès ce soir, Mme Winnipott, la directrice des Hirondelles, l’accepte parmi ses pupilles.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:39+02:00

Sarah convoqua tout son courage, ouvrit les yeux et observa ses mains. Sa peau, parsemée de taches de rousseur, ne présentait plus la moindre transparence. Son regard se posa ensuite sur sa tenue, ou plutôt sur celle de Florence Blake. Adieu toilette blanche et souliers fins ! Sans doute était-ce là un costume d’apparat que les âmes revêtaient pour faire leur entrée dans le monde des fantômes.

Elle portait désormais une robe grise bordée de noir, au col et aux poignets usés. Ses pieds étaient chaussés d’une paire de bottillons, peu élégants mais confortables, et ses jambes recouvertes de bas de laine. C’étaient de vieux vêtements, semblables à ceux dont elle avait l’habitude.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:19+02:00

– De qui donc s’agit-il ? s’enquit Sarah, émue malgré elle.

– Elle s’appelle Florence Blake. Les circonstances de sa mort sont assez dramatiques, je dois dire.

Il fit une petite pause, comme pour ménager le suspense, et revint à son récit.

– Elle était fille de pêcheur et vivait dans un bourg de Cornouailles, fort loin d’ici. Ce jour-là, comme souvent, elle accompagnait son père à la pêche. Hélas, ce dernier fut victime d’un malaise et, alors qu’il remontait ses filets, il tomba à l’eau sous le regard horrifié de son enfant. Notre Florence n’écouta que son brave cœur, elle plongea aussitôt, tout habillée, pour le secourir. Hélas, la marée montait, de ces grandes marées d’été qui provoquent des courants contre lesquels nul ne peut lutter. Le vent se mit de la partie, les vagues se firent sournoises et la pauvre petite se noya !

– Et son père ? murmura Sarah.

– Fort heureusement, il périt lui aussi ! Grâce à quoi six semaines plus tard, ils étaient réunis, prêts à profiter ensemble de leur nouvelle existence de fantômes.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:15+02:00

Lord Fletcher observa longuement la jeune fille puis soupira :

– « Quelques jours seulement », c’est ce que vous prétendez tous. Rassurez-moi, il ne s’agit pas d’une histoire d’amour, n’est-ce pas ?

Elle secoua la tête sans un mot.

– Bon, je n’insisterai pas. Mais apprenez que lorsque votre quête aura abouti, ou quand vous prendrez la sage décision d’y renoncer, vous pourrez revenir ici, en ce lieu où le hasard a choisi de vous faire réapparaître. Là, appelez-moi par trois fois, je viendrai vous chercher avec grand plaisir !

– Et pour ma nouvelle apparence ? s’inquiéta Sarah.

– C’est fort simple, je vais vous expliquer. Encore un détail : n’oubliez pas de vous inventer un passé crédible, de manière à répondre aisément aux questions des curieux.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:03:03+02:00

– Une revenante ? répéta Sarah.

Lord Fletcher s’assit à même le sol. Il déplia avec précaution ses longues jambes devant lui, épousseta un brin de paille indélicat qui s’accrochait à la manche de sa veste, éclaircit sa voix puis se lança :

– Les fantômes, je l’ai déjà mentionné, forment une grande famille. Voyez-vous, ma jeune amie, nous partageons le sort d’avoir connu une mort violente, un accident ou pire encore, et c’est sans doute ce qui nous rapproche. Hélas, pour leur malheur, certains d’entre nous décident de prolonger leur séjour parmi les vivants.

– Les revenants ? souffla Sarah.

– Exactement ! Ah, ce sont de pauvres êtres, vraiment ! Au lieu de s’adonner à une vie de plaisirs éternels, ils choisissent une existence de misère et se condamnent ainsi à de terribles souffrances !

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:02:43+02:00

Sarah se laissa glisser au sol sans même sentir les rugosités du mur sur lequel elle s’appuyait. Le souffle court, elle revivait la chute interminable qui l’avait conduite de vie à trépas. Elle se rappela avoir battu des jambes et des bras dans l’espoir fou de s’envoler, comme ces goélands qu’elle était venue observer. Sa vie tout entière, sa courte vie, n’avait pas défilé devant ses yeux. Non, sa dernière pensée avait été pour ce pot de marmelade volé la veille dans la cuisine de l’orphelinat. Une marmelade qu’elle n’avait pas eu le temps de goûter. Regrets éternels.

Elle se mit à trembler, plus fort que les branchages de genêt sur la falaise, sans cesse fouettés par les vents.

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:02:33+02:00

Elle étouffa un cri et se força à respirer calmement pour reprendre ses esprits. Ce n’était sans doute qu’un affreux cauchemar. Elle gagna la porte et s’apprêtait à l’ouvrir lorsque la mémoire lui revint soudain, aussi brutalement que si elle avait reçu une bassine d’eau glacée en pleine figure.

Ce n’était pas un cauchemar. Sarah Fisher n’était plus, Sarah Fisher était morte.

Elle vacilla et s’adossa au mur pour ne pas tomber. Elle était morte. Morte. MORTE ! Il s’écoula de longues minutes avant qu’elle puisse penser à un autre mot que celui-là.

Puis, lentement, alors que les battements de son cœur s’assagissaient, les souvenirs de ses derniers instants refirent surface un à un…

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:02:17+02:00

Le 2 décembre 1850, avant le lever du jour, Sarah cheminait à pas vifs au milieu des herbes hautes qui bordaient la falaise. Il faisait froid, elle serrait contre elle les pans de sa cape, attentive au vacarme des vagues qui heurtaient les rochers, cent cinquante mètres plus bas. Une fois arrivée à la main de Satan, un énorme bloc de granit dont les aspérités formaient cinq doigts tendus vers le ciel, elle s’était penchée au-dessus du vide.

Elle cherchait un nid de goélands découvert lors d’une précédente promenade. Elle avait vu la mère couver ses œufs, les petits devaient être nés et elle mourait d’envie de les observer. Elle avait repéré le nid, s’était penchée davantage, mais à cet instant elle avait entendu un frottement dans l’herbe. Quelqu’un s’approchait. Elle s’était retournée pour apercevoir une silhouette qui se hâtait dans sa direction, une silhouette dont la démarche lui avait paru familière…

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Extrait de Le fantôme de Sarah Fisher ajouté par ilovelire 2017-04-05T00:02:04+02:00

Sarah Fisher battit plusieurs fois des paupières avant de parvenir à ouvrir les yeux, puis elle regarda autour d’elle, désorientée. La porte en bois grossier, la terre battue couverte de paille, les poutres envahies par les toiles d’araignée… Elle connaissait cet endroit, c’était… Oui, c’était la bergerie où le vieux Stanford abritait ses moutons lorsque les nuits étaient trop froides. Sarah n’avait aucune raison de se trouver là, en plein champ, loin de tout.

Elle se leva et constata avec stupéfaction qu’elle portait d’autres habits que les siens. Elle était vêtue d’une robe blanche et soyeuse, brodée de marguerites au cœur jaune pâle. De délicats boutons nacrés fermaient le corsage.

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