Livres
455 277
Membres
404 728

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par mel82 2014-05-30T18:10:07+02:00

— J’aimerais, ma chérie, que tu t’imagines redevenue enfant. J’espère que ce ne sera pas trop compliqué, mais tu devras trouver le style juste. Je veux que tu brodes une première image avec « Kalimera » en grandes lettres et, tout autour, un lever de soleil et un oiseau, un papillon ou une autre créature céleste. Tu vois ce que j’ai en tête ? Et une seconde avec « Kalispera ».

— Avec une lune et des étoiles ?

— Oui ! Exactement ! Mais ne donne pas non plus l’impression que ces ouvrages ont été exécutés par un enfant aux doigts gauches, ajouta-t-elle en souriant. Je serai obligée de les voir tous les jours sur mes murs !

Katerina avait réalisé des broderies de ce type des années auparavant, sous la supervision de sa mère, et le souvenir se rappelait à sa mémoire avec vivacité.

Pour son Kalimera elle forma de grandes boucles d’un jaune brillant, et pour son Kalispera, bleu nuit. Elle apprécia la simplicité de la tâche et sourit devant le résultat. Ces orne- ments traditionnels des foyers grecs n’attireraient aucun soupçon. Et même s’ils étaient arrachés de leur cadre, les précieuses pages qu’ils recelaient seraient dissimulées derrière le rectangle de calicot – il n’y avait rien de surprenant à cacher l’enchevêtrement disgracieux de fils à l’envers de la broderie.

Bien qu’une douzaine de personnes fussent réunies dans la petite maison, il y régnait un silence troublant. Tous étaient parfaitement concentrés pour mener à bien leur activité secrète et pressante : sauvegarder les trésors de leur histoire passée.

Afficher en entier
Extrait ajouté par mel82 2014-05-30T18:07:17+02:00

Cet après-midi-là, depuis leur hôtel particulier de l’avenue Niki, son épouse, Olga Komninos, observait le mont Olympe, à peine visible à travers la brume. La chaleur s’était accu- mulée et elle ouvrit l’une des portes-fenêtres pour laisser entrer de l’air. Il n’y avait pas un souffle de vent, et les sons résonnaient dans l’atmosphère immobile : elle entendit les appels à la prière mêlés au claquement des sabots et au bruit des roues d’une carriole dans la rue, ainsi que la sirène d’un bateau signalant son arrivée.

Olga se rallongea sur la méridienne qu’elle avait fait approcher des fenêtres dans l’espoir de sentir la brise. Elle n’eut pas besoin de retirer ses chaussures délicates à petit talon – elle ne les avait jamais portées à l’extérieur. D’une couleur presque identique, sa robe en soie semblait se fondre avec le tissu d’ameublement vert pâle, et le noir bleuté de sa chevelure tressée faisait ressortir la pâleur de son teint. Elle ne parvenait pas à trouver de position confortable par cette journée langoureuse et buvait verre de citronade sur verre de citronade – sa domestique, dévouée, venait régulièrement remplir le pichet.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode