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Commentaire ajouté par Nath-14 2019-03-17T10:41:38+01:00
Or

Un livre que j'ai dévoré, à la plume particulière (mais c'est ce qui fait tout son charme et qui m'a fait accrocher quand j'ai ouvert une page au pif chez le libraire pour lire un paragraphe) mais incroyablement bien adaptée à son narrateur ! le sujet abordé est lourd, mais le rythme est léger, on ne tombe jamais dans le pathos dégoulinant de victimisation. Tout est très juste ! J'ai adoré les illustrations.

Je le recommande chaudement !

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Commentaire ajouté par GreyPearl 2019-03-04T17:25:30+01:00
Argent

Une lecture assez étrange au début mais qui pousse dans la compréhension des maladies mentales.Un rythme long et lourd mais une histoire très prenante malgré tout.

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Commentaire ajouté par SkeletonGirl 2019-01-19T20:33:34+01:00
Diamant

Au début de ma lecture, je ne comprenais pas où est-ce que Neal Shusterman voulait nous emmener. J'ai pensé à arrêter net ma lecture mais je ne l'ai pas fait et je ne le regrette absolument pas.

J'ai suivi Caden tout au long de son aventure qu'elle soit dans sa vie réelle que dans esprit. J'ai eu envie de crier, hurler avec lui. Quand il se sentait mal, je l'étais aussi.

Le Goût amer de l'abîme c'est un chef d'oeuvre qui décrit parfaitement la schizophrénie - un sujet trop tabou. La fin est ouverte, elle nous laisse décider de la suite de l'aventure de Caden et je trouve cela une très bonne chose.

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Argent

https://lapommequirougit.wordpress.com/2019/01/05/le-gout-amer-de-labime/

Voilà un sujet fort qui est abordé ici. Une histoire poignante et qui nous fait beaucoup réfléchir.

Nous suivons l’histoire de Caden, un adolescent de quinze ans qui commence petit à petit à avoir des symptômes de schizophrénie. Au fur et à mesure de ces comportements étranges, ses parents le mettront en centre psychiatrique, pour l’aider. Sauf qu’il sera difficile d’entrevoir la réalité pour Caden, entre paranoïa et lucidité, il ne sait plus ce qui est vrai ou non.

Ce qui est plaisant dans cette histoire, c’est que tout est du point de vue de Caden. Ainsi, dans les premières lignes j’avais au début du mal à comprendre l’histoire, mais petit à petit on s’y fait et je trouve ça très prenant.

Le fait de voir tout de son point de vue permet de mieux le comprendre et d’avoir de l’empathie pour le personnage principal. Ça le rend attachant.

Plus on avance dans l’histoire et plus il est facile pour nous de comprendre ses hallucinations qui au début nous paraissent abstraites.

J’aime beaucoup ce genre de livre qui aborde des sujets comme ça. L’auteur a su l’aborder d’une belle manière.

En conclusion, le goût amer de l’abîme est une histoire prenante et touchante. On est facilement attaché aux personnages de Caden, vu que le roman est de son point de vue à lui. Une histoire que je conseille pour les personnes aimant ce genre de sujet.

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Commentaire ajouté par Allyssahp 2018-12-08T22:53:58+01:00
Diamant

Au début j’ai trouvé ce roman très particulier ne sachant pas où l’auteur voulait nous amener. Puis petit an petit on arrive de mieux en mieux à cerner Caden, il arrive à nous faire comprendre le logique de l’illogique de ses pensées. L’auteur a vraiment su décrire les sentiments de Caden envers le monde extérieur du début où il sait que ce qu’il entend est faux jusqu’au moment où il tombe complètement dans la Shizophrenie. C’est un très bon roman qui peut nous faire comprendre ce que peuve ressentir les personnes ayant des troubles psychiques. À la manière dont Neal Shusterman a écrit son livre en incluant des dessins de son fils, on sent qu’il a été concerné, il en parle de manière à nous faire réfléchir parce qu’il est dans le vrai sur de nombreuse situations. Je ne m’attendais pas an une fin de ce genre mais elle nous fait reflechir.

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Commentaire ajouté par ljs13 2018-12-07T13:17:45+01:00
Diamant

L’intrigue est plutôt longue à arriver mais ce n’est pas un roman avec beaucoup d’action, l’esprit de Caden est vraiment riche et tout ce qui s’y passe est extraordinaire. Malgré tout, la deuxième partie de l’histoire est plus intense et m’a laissée en pls. Les chapitres sont assez courts et alternent entre la vie quotidienne et la vie à bord de Caden, mais plus l’histoire avance, plus la frontière entre les deux s’amincit. Comment la réalité se fond dans l’hallucination et vice-versa est assez incroyable et pourtant il faut garder en tête que des personnes le vivent réellement.

Un point qui est aussi émouvant que l’histoire elle-même, c’est que l’auteur n’écrit que d’après ce que son fils lui a rapporté et qu’il a pu observer de son meilleur ami, qui était schizophrène et s’est suicidé il y a maintenant plusieurs années. On se sent encore plus concerné par l’histoire en sachant ça: ce n’est pas de la fiction et on peut être concerné, personnellement ou dans son entourage. Le livre contient des illustrations qui ont été faites par son fils quand il était « dans les profondeurs »

J’ai d’abord été attirée par ce livre pour son titre, qui après l’avoir fini prend un sens assez fort, puis parce que j’avais adoré la faucheuse du même auteur, mais je n’en n’ai rien retrouvé.

Ce livre prends la place de roman préféré bis parce que c’était juste époustouflant. J’aimerai en dire tellement plus mais je veux que vous découvriez par vous même l’esprit de Caden, vous verrez par vous même tout ce que je ne peux pas dire.

Dernier point: si vous avez aimé je t’ai rêvé, vous adorerez le goût amer de l’abîme

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Commentaire ajouté par Linelo 2018-12-01T10:34:00+01:00
Lu aussi

J'ai trouvé ce roman vraiment intéressant car il ne nous expose pas uniquement le regard de personnes extérieures sur la maladie mais nous permet, grâce au témoignage et illustrations du fils de l'auteur, de la vivre de l'intérieur en étant immergés dans les pensées de Caden.

http://ocalypso.canalblog.com/archives/2018/11/21/36884766.html

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Or

Bonjour mes petits amis ! Aujourd'hui, on se retrouve pour une chronique que j'ai repoussée pendant longtemps, tout simplement parce que le livre dont je vais vous parler m'avait à ce point laissé sans voix que j'avais sans cesse la sensation de ne pas trouver les bons mots quand il s'agissait d'organiser mes sentiments le concernant. Je vais faire de mon mieux afin d'exprimer mon avis sur Le goût amer de l'abîme le plus clairement possible, mais je vous préviens que cette tâche ne sera pas aisée, tout simplement car ce roman nous laisse sens dessus dessous une fois la lecture terminée, c'est le cas de le dire. Mais une fois n'est pas coutume, je tiens à sincèrement remercier les éditions Nathan pour leur envoi des Épreuves non corrigées (ENC) de ce livre, cela m'avait extrêmement touchée d'être ainsi "privilégiée" et je tenais à ce qu'ils sachent que cette marque d'attention et de gentillesse n'avait pas été considérée à la légère. J'étais extrêmement curieuse de découvrir cette nouvelle parution de leur catalogue, non seulement pour son titre que je trouvais si poétique, presque onirique, mais qui s'est révélé être en réalité extrêmement concret avec cette saveur amère de sel qui se retrouve dans notre bouche au cours de la lecture, mais aussi et surtout pour son auteur, Neal Shusterman, que j'avais découvert grâce à la Collection R et au premier tome de la géniale saga de La Faucheuse, dont vous pouvez lire ma chronique ici. J'étais très intriguée de lire un autre roman de cet auteur dans un registre totalement facilement, même si l'on reste dans une certaine noirceur, celle des profondeurs de la mer remplaçant la sombre aura de la mort. Quoique, ces dernières se rejoignent bien souvent... Qui plus est, il s'agit du premier titre de Neal Shusterman publié chez la maison Nathan, que je ne peux qu'applaudir pour son choix éditorial fort judicieux. En effet, Le goût amer de l'abîme sait s'adresser à un jeune public tout en le faisant grandir et mûrir grâce à des thématiques fortes et à une écriture puissante et captivante, qui sait sortir des sentiers battus, mais il ne laissera personne indifférent, peu importe l'âge ou la situation. Dernier point qui a achevé de me convaincre de me jeter sur ce roman : Neal Shusterman a mis à contribution les talents d'illustrateur de son fils Brendan pour l'élaboration de ce livre si spécial. J'ai remarqué que cet auteur accordait une importance toute particulière à sa famille et je trouve cela profondément beau et inspirant. Entre Le goût amer de l'abîme et le livre à vocation écologique Dry écrit à quatre mains avec un autre de ses fils, Jarrod, la famille est définitivement au cœur de l'oeuvre littéraire de Neal Shusterman et je constate grâce à lui que c'est la plus vraie et la plus splendide des sources d'inspiration. La plus parlante aussi. Dans le cas du Goût amer de l'abîme, son fils qui se trouve être... au cœur même du livre. Si Neal Shusterman nous faisait déjà part d'un morceau de lui-même dans La Faucheuse en abordant de plein fouet le sentiment universel du deuil, qui nous atteint tous sans exception à un moment donné de notre existence, avec Le goût amer de l'abîme, il nous livre sans retenue un chapitre fondamental de son histoire personnelle, celui qui a pour personnage principal son fils atteint de schizophrénie, Brendan. Un tel acte de courage et d'amour, à la fois de la part du père et du fils, ne méritait que la considération qui lui était naturellement due. Je me suis donc plongée entre les pages de ce livre qui promettait un océan d'émotions à l'état brute, aussi irritantes que le sel de mer qui colle à la peau et à l'intérieur de la gorge, qui vous imprègne la bouche de sa saveur quand vous buvez la tasse. Plus qu'un océan, j'ai eu l'impression de vivre un raz-de-marée et, en tant que survivante de ce grand moment, je suis là pour en témoigner et vous inviter à frôler le danger tout comme je l'ai fait. A vos risques et périls si, telle Calypso, je parviens à vous envoûter et donc à vous convaincre.

Dans ce livre, nous allons suivre le personnage de Caden Bosch. Avatar de Brendan Shusterman au sein de ce roman semi auto-biographique, Caden est un adolescent de quinze ans à première vue comme vous et moi : il aime la course, les jeux vidéos, il est très inventif et a un don pour le dessin. Cependant, on ne s'y laisse pas tromper. Dès les premières lignes, Neal Shusterman nous place dans le vif du sujet et nous fait comprendre que Caden est en réalité loin d'être comme les autres. L'auteur prend le parti de consacrer la narration aux pensées du héros de son histoire. On est constamment dans la tête de ce dernier et on prend ainsi pleinement conscience de ce qui le tourmente à longueur de journée, de ce qui ne lui laisse aucun repos. Je tiens à vous prévenir que cela peut être profondément perturbant et même vous refroidir à l'idée de lire ce livre. Quand on commence une nouvelle lecture, on s'attend souvent à des pages d'introduction qui nous permettent une entrée en matière en douceur, même si les sujets abordés dans le roman vont se révéler dur. Ici, dès le départ, dès la toute première ligne, c'est brutal, c'est inattendu, ça se jette sur vous tel un étau qui se referme et ne laisse pas vous échapper. C'est comme si un froid presque létal s'était insinué dans vos veines et vous empêchait le moindre mouvement, le moindre libre arbitre. La narration interne de Caden est semblable à une prison, impossible de s'en échapper, impossible de raisonner autrement. Cette façon de penser en passant du coq à l'âne et en floutant sérieusement les frontières entre chimère et réalité va devenir notre mode de fonctionnement, et ce jusqu'à la fin du roman. Telles qu'on les lit retranscrites sur le papier, les pensées de Caden sont telles des vagues qui vous emportent jusqu'au fond de l'eau et refusent de vous laisser partir. Elles vous mettent à terre, elles vous suffoquent, elles remplissent vos poumons d'eau salée jusqu'à ce que l'air, le bon oxygène, n'y ait plus sa place. Je peux comprendre que vous ayez envie de fuir face à l'incompréhension et à l'angoisse que ces premières phrases du récit vont faire naître en vous. Mais ne le faites pas, surtout pas. Restez. Caden a besoin de vous pour se sortir de sa prison mentale, vous êtes sa seule chance d'évasion et de ne pas devenir fou. La folie est le propre de l'écriture de Neal Shusterman avec ce livre. Je connaissais déjà la plume de cet auteur comme étant corrosive, comme allant droit au but, sans fard, sans chichis, comme étant percutante et même foudroyante. Mais là, je crois qu'elle a atteint un stade d'authenticité comme jamais jusqu'alors. J'ai été littéralement bluffée par la prouesse que l'auteur réussit à accomplir : mettre en mots tous les parasites qui hantaient la tête de son fils jour et nuit. De saisir toutes les nuances de cette maladie qu'est la schizophrénie grâce à son don pour l'écriture. J'avais déjà connu ce sentiment avec le remarquable roman de John Green Tortues à l'infini, mais c'est dans le cas du Goût amer de l'abîme tout simplement prodigieux ; incisif aussi car on ressent entre les lignes l'impuissance que Neal Shusterman en tant que père a dû éprouver en voyant son fils sombrer dans des méandres que l'on ne s'imagine même pas. Cependant, j'ai envie de sincèrement dire à l'auteur que son propre combat ne fut pas inutile, bien au contraire : ce livre-testament en est la preuve qu'il a réussi à gravir cette montagne que la vie avait érigé sur le chemin de sa famille. Ou plutôt, pour rester dans les métaphores maritimes, Brendan et Neal, le père et le fils, ont survécu au naufrage du bateau que représente la schizophrénie dans la tête et les rêves de Caden. On ne leur a pas faites, à eux. Leur amour étouffé par le grondement de l'océan, incapable d'être exprimé "normalement" dans ces temps de tempête, a été plus fort que tout.

Au fond, que puis-je dire face à un tel miracle ? Je me suis énormément attachée au personnage de Caden, qui voit sa vie se briser en mille morceaux le jour où ses pensées paranoïaques se mettent à faire de plus en plus de bruit dans sa caboche et à le rendre aveugle à ce qui est vrai : son crayon qui court sur le papier, ses meilleurs amis avec qui il partage une passion et un merveilleux projet créatif, sa famille qu'il aime plus que tout au monde et qui le lui rend bien. Caden était simplement lui avant de devenir moussaillon de l'odieux capitaine. Caden était un simple jeune homme, un adolescent avec beaucoup de potentiel et de lumière en lui. Pourquoi a-t-il fallu que tout se ternisse d'un coup comme ça, que cette saveur amère se loge dans sa bouche telle une noyade constante, comme si on ne parvenait jamais vraiment à recracher toute l'eau ingurgitée ? Pourquoi a-t-il fallu qu'un satané perroquet de malheur vienne se loger sur son épaule et ainsi la broyer, produire un tel vacarme dans ses oreilles sourde à toute parole réelle, à laquelle on peut se raccrocher ? Pourquoi lui ? Je pense que je ne cesserai jamais de me poser la question, pour Caden, pour Brendan. Ce qui est sûr, c'est que je ne veux plus reposer un pied sur ce bateau de toute ma vie. Le capitaine et le perroquet sont clairement à mes yeux persona non grata. Alors que j'avais cru comprendre les pensées les plus insensées de Caden au fur et à mesure du roman, le mystère de ces deux antagonistes n'a fait que s'épaissir pour moi. Il était clair à mes yeux qu'ils étaient des métaphores, deux oppositions qui permettaient à Caden d'un tant soit peu s'y retrouver dans ce mic-mac perpétuel. La lumière se fera brusquement, vous verrez. Tout ce qui se trouve dans la tête de Caden, les choses comme les gens, sont une déformation gigantesque de la réalité. C'est comme si on essayait de regarder cette dernière en face, mais dans un miroir grotesque de fête foraine. Ou dans une glace brisée en une infinité d'éclats, autrement dit un reflet de malheur. Le capitaine et le perroquet étaient les parallèles les moins évidents à dresser, à décrypter. Encore un autre signe du talent évident de Neal Shusterman à imager des thématiques fortes et loin d'être agréables de la réalité de notre monde. Ça vous en fera presque mal au crâne d'essayer de discerner le vrai du faux, le bien du mal, mais si vous n'aviez qu'une chose à retenir, ce serait celle-ci : ne faites confiance à aucun des deux. Le capitaine et le perroquet vous paraîtront à certains moments dignes de confiance, et symboles d'espoir, mais ce n'est qu'un leurre abjecte. Ne tombez pas entre leurs serres ou sous leur crochet. Moi-même, comme Caden, j'avais envie de les croire, de me placer sous leur aile, de leur obéir. Cela paraissait tellement plus facile, plutôt que d'avoir la peur au ventre et de ressentir une peur lancinante à chaque instant. Mon conseil à moi, ce serait que vous embrassiez cette peur, que vous vous en serviez comme d'un punching-ball, que vous lui disiez NON, de tout votre être, de toute votre âme. Ne la laissez pas vous terrasser. Les peurs de Caden ne sont pas si dissemblables des nôtres que ça. J'ai été surprise de parfaitement les comprendre à beaucoup de moments. Je les ai ressenties aussi, à un moment dans ma vie, et elles me sont revenues de plein fouet au cours de ma lecture. Je dirais simplement que la différence entre Caden et nous, c'est qu'il s'est immergé dans ses peurs jusqu'au cou. Il s'est laissé couler dans ces eaux profondes, insondables, d'une noirceur que nous sommes souvent bien incapables d'affronter. C'est là que la différence de ce personnage devient une force : il parvient à toucher le fond de l'eau et à remonter à la surface. La maladie n'a pas fait de lui une épave échouée dans les plus noires abysses des mers. Tous n'ont pas cette chance de sortir ainsi la tête hors de l'eau. Certains connaissent des destins tragiques, injustifiés ; d'autres ne parviennent pas à se faire à cette idée (et on les comprend) qu'ils sont prisonniers de leur corps, de leurs pensées, que leur âme est perdue à l'intérieur de cette carcasse immense qui fait office de bâtiment carcéral et qu'ils en sont la propre clé. Pour ce qui est de Caden/Brendan, le chemin vers une vie apaisée et à peu près normale est encore long. Les deux sont de véritables rescapés d'une monstruosité de notre corps humain, de notre psychisme, qui dépasse l'entendement. Cependant, entendons-nous bien : la monstruosité n'est pas la personne, la personne est victime de cette monstruosité qui l'engloutit comme les eaux affamées de l'océan ou la baleine Monstro, d'accord ? Ne faisons pas de jugements trop hâtifs en mettant des étiquettes aux gens trop rapidement. Je vois mon petit Caden comme le garçon courageux et bienveillant qui a réussi à sortir du ventre de la baleine. Comme un héros, comme un survivant. Comme un être humain extraordinaire. Baisser les bras n'est pas dans sa nature, aussi terrifié et perdu soit-il. Abandonner les autres non plus. J'ai ressenti un tel élan de tendresse pour lui que j'en avais envie de le serrer de toutes mes forces dans mes bras. De lui montrer de tout mon être que j'étais là, qu'il n'était pas seul. Que moi aussi je doutais de la tangibilité de ce monde, tout comme lui. Notre réalité telle que nous la connaissons est-elle véritablement normale ? Existe-t-il une normalité parfaite ? Je crois qu'il est bien plus dur qu'il n'y paraît de répondre à de telles questions. Pas étonnant que Caden en ait eu des sueurs froides et des maux de crâne. Je ne peux que compatir à cette folie empreinte de mélancolie, de colère brûlante et de peur panique qui lui collait à la peau et qui ne voulait et ne voudra sans doute jamais le laisser s'en aller. Elle me cause souvent bien des tourments à moi aussi. Nous étions deux dans cette galère. Et nous en sommes sortis vivants. Si vous prenez la peine de lire ce magnifique livre, vous en réchapperez vous aussi. Vous sentirez certes toujours le sel de mer vous faire comme une seconde peau et cette "croisière" (quel mot peu approprié ! J'aurais mille fois mieux préféré le kitsch de La croisière s'amuse) obnubilera vos pensées, à tel point que vous vous direz que « vous n'avez pas signé pour ça ». Mais dans la foulée, vous vous ferez un ami à la valeur inestimable qui vous apprendra beaucoup plus de choses sur vous même que ce que vous croyiez savoir, et dont les dessins d'une abstraction désormais chaotique (la contribution en tant qu'illustrateur de Brendan lui-même à l'ouvrage de son père était tout bonnement nécessaire afin de donner à cette histoire son véritable poids) faits essentiellement de lignes entremêlées représenteront pour vous à la fois le pire des cauchemars et le fil conducteur salvateur vers la sortie. Dans le change, vous y gagnez beaucoup.

Et le véritable Caden, Brendan, aussi, au fond. Son histoire mérite d'être connue, le livre que son père lui a dédié d'être mis entre toutes les mains. Aujourd'hui, vous pouvez trouver sur Internet des photographies d'un Brendan souriant et en bonne santé se tenant aux côtés de son père. Qui sait ce qui se cache derrière ce sourire. Pour ma part, ce qui est certain, vous ne me l'enlèverez pas de l'idée, c'est que l'éclat de ce sourire est réel, bien réel. Il n'y a pas de mensonges ou de faux semblants là-dedans. J'en applaudis à deux mains Brendan. Je n'ose imaginer les épreuves qu'il a dû traverser pour en arriver là, à ce sourire qui le fait paraître normal, et mener une vie normale. Le goût amer de l'abîme ne nous en donne qu'un bref aperçu et c'est déjà suffisant pour nous épouvanter et nous donner la sensation écrasante que cela est insurmontable. Brendan est la preuve irréfutable du contraire. Il est tout simplement admirable, et je souhaite à toutes les personnes dans son cas de s'en sortir aussi bien que lui. De s'en sortir tout court. L'injustice de la chose m'oppresse et me donne envie de hurler jusqu'à en tomber à genoux. Ce pourquoi ? m'étranglera jusqu'au bout, décidément. En tout cas Brendan, sache que tu forces le respect. Je t'admire à en avoir eu les cils tout mouillés et le souffle coupé une fois le livre refermé. J'admire aussi immensément ton père d'avoir réussi à t'offrir le plus beau cadeau qui soit : le sentiment d'être compris, comme si à travers ces quatre cent huit pages, ton père te disait sans s'en cacher : « Je sais exactement tout ce que tu as traversé mon fils, je le comprends, et je t'aime. » C'est exactement ça, ce livre est une déclaration d'amour d'un père à son enfant, une déclaration qui se fait aux yeux du monde entier grâce au pouvoir résolument magique et sans bornes de la littérature. Impossible de rester insensible face à un tel roman pétri d'émotions à l'état brute et d'humanité. Alors lisez-le, c'est tout. Challenger Deep, le titre originel du roman, se trouve aussi être l'appellation qui désigne le point le plus profond jamais mesuré dans les océans. On peut dire que jamais un roman n'a porté aussi bien son nom. C'est là que Neal Shusterman, Brendan/Caden et moi-même nous vous invitons à vous rendre. Serez-vous capable de défier la profondeur des océans ? Ce roman parviendra à vous prouvez que oui, vous le pouvez, et que vous êtes capables de bien d'autres choses encore. Vous êtes beaucoup plus forts que vous ne le pensez. Ayez confiance et lisez. Juste, lisez.

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Commentaire ajouté par Mayumi 2018-10-23T11:07:12+02:00
Diamant

Avis complet : http://vibrationlitteraire.com/le-gout-amer-de-labime-de-neal-shusterman/

Enfin une description précise et juste de la schizophrénie dans la littérature Young Adult !

Dans ce roman, nous allons suivre Caden dans son combat contre cette maladie qui s’insinue insidieusement dans son esprit. On va alors découvrir sa famille, ses amis, mais aussi ses idées délirantes, son angoisse, et puis son vécu de l’hôpital et des traitements.

Beaucoup penseront de ce livre qu’il s’agit d’un roman étrange et malaisant… En effet, il est aussi décousu que les pensées du personnage principal sont désorganisées. On est en plein cœur du sujet dès les premières pages. Il n’y a pas de construction classique en chapitres comme dans la plupart des romans. Tout comme les pensées de Caden sont particulières, ce roman est singulier. On passe clairement du coq à l’âne c’est-à-dire de pensées délirantes incluant un navire pirate, belle métaphore de la maladie nous plongeant dans l’abîme, à des moments de réalité avec sa famille, ses amis, l’hôpital.

De plus, on va clairement voir Caden décompenser au début du roman. On n’est pas dans des clichés ou des préjugés, mais dans une description fine et exacte de cette maladie mentale. En effet, Neal Shusterman nous parle de son propre vécu en tant que père, mais aussi du ressenti de son fils tout au long de l’histoire. On retrouve absolument toutes les phases de la maladie chez certains patients, du délire aux tendances mégalomaniaques au vécu persécutif en passant par l’illusion des sosies de Capgras (quel bonheur de le voir décrit ici tout simplement par des masques sur les visages de ses proches !), mais aussi une bonne description de l’angoisse majeure ressentie par les patients… Tout est retranscrit avec simplicité et exactitude. On n’emploie pas de termes réservés aux psychiatres, pas de termes sémiologiques, juste une description simple et efficace d’un ressenti, d’idées délirantes, et de beaucoup d’angoisse.

Evidemment, le roman désorganisé en étonnera plus d’un et il pourrait ne pas plaire. Mais j’applaudis vraiment l’auteur et la maison d’édition d’avoir pris ce risque. C’est l’essence même de cette maladie : la désorganisation. Alors oui, au début, on a du mal à comprendre. Les chapitres de réalité s’intercalent entre des chapitres délirants de pirates en mer. Cependant, au fil du roman, le tout s’entrecroise pour mieux se distinguer par la suite. Ce roman nous offre vraiment une métaphore que j’ai énormément appréciée !

Enfin, via les autres patients de l’hôpital, on va pouvoir explorer d’autres formes de cette maladie, et même parler du risque suicidaire important chez ces patients. Vraiment, mon petit cœur de psychiatre a jubilé tout au long de cette lecture ! D’ailleurs, la famille n’est pas en reste. On va montrer à quel point cette famille est menée à mal devant la décompensation brutale, aidante, mais aussi démunie.

Le goût amer de l’abîme ne pouvait être qu’un coup de cœur pour moi au vu de l’exactitude dans la description de la maladie et cette singularité dans la construction du roman. C’est désorganisé, parfois métaphorique et d’autres fois tellement criant de vérité ! Le délire et la réalité s’entrecroisent, le lecteur ne sachant plus vraiment à quoi s’en tenir non plus, tout comme Caden, qui cherche son chemin hors de l’abîme… On termine cette histoire avec un puissant message d’espoir qui m’a beaucoup plu !

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Commentaire ajouté par elyza 2018-09-19T16:51:32+02:00

C'est avec le livre La Faucheuse que j'ai découvert l'année dernière la plume de son auteur : Neal Shusterman. Je savais bien qu'en lisant Le goût amer de l'abîme, j'allais me retrouver confrontée à un tout autre sujet et à un tout autre style d'écriture mais je demeurais curieuse de découvrir cet étrange récit. Je remercie la maison d'édition Nathan pour l'envoi de ce livre.

Caden est un adolescent de 15 ans qui va adopter un comportement de plus en plus étrange aux yeux de son entourage jusqu'à ce qu'il soit diagnostiqué schizophrène et qu'il soit interné dans un asile psychiatrique.

Tout l'intérêt et l'aspect touchant de ce récit réside dans le fait qu'il possède une part de vérité. En effet, le fils de Neal Shusterman a été diagnostiqué il y a de ça des années schizophrène et la famille a dû faire face à la maladie mentale de leur enfant. Ce livre est ponctué d'illustrations abstraites griffonnées par le fils de l'auteur, ce qui vient ajouter un intérêt supplémentaire envers le livre.

J'avoue avoir eu un mal de chien à rentrer dans cette histoire qui se découpe en une centaine de courts chapitres. Mon esprit "rationnel" s'est heurté à la pensée décousue de Caden qui se visualise la plupart du temps en dehors de notre réalité, sur un bateau pirate. Je n'ai pas apprécié les nombreux passages où il se trouve sur ce fameux bateau, en proie à un capitaine et à son perroquet malveillant et j'ai nettement préféré les passages davantage ancrés dans notre réalité qui illustraient la lente descente aux enfers de Caden.

C'est atroce de se dire que cette maladie est apparue un peu du jour au lendemain mais de manière insidieuse. Les "bizarreries" de Caden ont pris une telle importance que ses parents n'ont pu ignorer longtemps que quelque chose de sérieux clochait chez leur fils. J'ai ressenti beaucoup d'empathie aussi bien à l'égard de cet ado qui avait une vie bien remplie et des projets plein la tête qu'envers son entourage.

Même si ce livre est romancé, il possède un côté informatif sur le quotidien des patients atteints de maladie mentale qui sont enfermés dans des asiles psychiatrique. Les rendez-vous avec le psychologue, les groupes de parole, les activités manuelles, les visites et surtout les cachets de toutes les couleurs à avaler tous les jours, tous ces éléments informatifs m'ont vivement intéressé mais un peu miné le moral également.

En résumé Le goût amer de l'abîme porte bien son nom. Ce n'est pas une histoire joyeuse qui nous est contée, c'est au contraire un livre déroutant tantôt porteur d'espoir, tantôt porteur de désespérance qui possède une narration hors du commun. En effet, l'auteur illustre à merveille la pensée décousue de son personnage principal et sait tout aussi bien nous faire comprendre à quels moments sa lucidité refait surface. On ne peut pas ressortir indifférent de ce récit et même si je ne peux pas dire l'avoir adoré, je l'ai trouvé intéressant sous bien des aspects et je me sens enrichie d'avoir découvert une telle histoire.

Les lectures enchantées d'Elyza

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