Livres
458 218
Membres
411 106

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

C’est drôle de voir ce qui nous reste en mémoire, car je ne me souviens pas de la terreur, des hurlements des sirènes, des bombardements qui traversaient Vienne comme un frisson, une trépidation, un sifflement, à croire que la ville gémissait sous l’effet de la violence. Je me souviens du bruit des bombardiers et me rappelle être restée dehors longtemps, bouche bée, au milieu d’un champ détrempé par le printemps, avec mes bottes maculées de boue et Hitler sous le bras qui venait juste de sortird’hibernation, à regarder les avions, ce vaste front qui progressait au-dessus de Vienne. Je les observais sans peur et sans palpitations, avec seulement l’odeur de la terre humide et labourée dans les narines.

Afficher en entier

L’obscurité a avalé cet acte étrangement tendre et silencieux. La noirceur de notre cave l’a occulté comme s’il n’avait jamais eu lieu. Pourtant, les lèvres de Franz étaient vraies, jeunes et tièdes. Elles ont couru sur ma bouche, mes commissures, mon menton à l’aveuglette jusqu’à ce que je lui rende son baiser, ce que j’ai fait comme seule une jeune fille en est capable et ensuite plus jamais.

Sans calcul ni préméditation, pour le simple plaisir du baiser. Nous nous sommes embrassés longuement et avec curiosité, sa bouche avait le goût du sommeil et de la terre que je lui avais fait avaler l’après-midi. Je retenais mon souffle avec sa main sur ma joue, ma nuque et mes cheveux de gnome, en me demandant si c’était vraiment moi qu’il voulait embrasser.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode