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Extrait ajouté par sapho 2020-03-07T07:57:55+01:00

Beth choisit de ne pas prendre le pion offert, de maintenir la tension sur l’échiquier. Elle aimait ça, elle aimait la puissance des pièces qui s’exerçait le long des rangées, sur les diagonales. En milieu de partie quand il y avait des pièces de tous les côtés, les forces qui s’entrecroisaient l’électrisaient

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Extrait ajouté par Fanfan_Do 2021-05-24T10:06:57+02:00

Et qu'est-ce que ça pouvait bien faire qu'elles soient des femmes ? Elle était meilleure que n'importe quel joueur masculin américain. Elle se souvint de la journaliste de Life et des questions qu'elle lui avait posées sur le fait d'être une femme dans un monde d'hommes. Qu'elle aille au diable ; Beth comptait bien faire en sorte que ce monde cesse d'être un monde d'hommes.

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Extrait ajouté par Sherlocked_666 2021-05-19T11:07:33+02:00

Son esprit était lumineux, et son âme lui chantait la mélodie des délicieux mouvements des pièces. La salle de classe sentait la poussière de craie et ses chaussures grinçaient quand elle marchait devant les joueurs alignés côte à côte. La salle était silencieuse ; elle sentait sa propre présence en son centre, petite, robuste et aux commandes. Dehors, des oiseaux chantaient, mais elle ne les entendait pas. À l'intérieur, certains élèves la fixaient du regard. Des garçons arrivaient du couloir et s'alignaient le long du mur du fond pour regarder la petite fille quelconque venue de l'orphelinat des marges de la ville qui passait de joueur en joueur avec l'énergie résolue d'un César sur le champ de bataille, d'une Anna Pavlova sous le feu des projecteurs. Il y avait environ une douzaine de spectateurs. Certains bâillaient et affichaient un sourire suffisant, mais d'autres ressentaient l'énergie de la salle, la présence de quelque chose que personne n'avait jamais ressenti dans cette vieille salle de classe défraîchie au cours de sa longue histoire.

Ce quelle faisait était, au fond, d'un trivial stupéfiant, mais l'énergie de son esprit fabuleux crépitait dans la salle pour ceux qui savaient écouter. Ses coups d'échecs en irradiaient. Au bout d'une heure et demie, elle les avait tous battus sans avoir raté ou gâché un seul coup.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-11-16T16:44:29+01:00

Ils prirent place, et il appuya sur le bouton de la pendule. Beth ouvrit par le pion de la Dame, contente d'avoir les Blancs face à ce gosse exaspérant.

Cela commença comme une partie de routine, un Gambit de la Dame accepté ; il prit le pion offert et ils investirent tous les deux le centre de l'échiquier. Mais le milieu de partie devint plus compliqué que d'habitude ; elle comprit que sa défense était extrêmement élaborée. Il jouait vite — terriblement vite — et il avait l'air de savoir exactement ce qu'il allait faire. Elle lui fit quelques menaces, qu'il dédaigna. Une heure se passa, puis une autre. Ils avaient joué plus de trente coups, et l'échiquier était toujours surpeuplé. Elle le regarda déplacer une pièce — le petit bras maigre qui émergeait de cette chemise absurde — et ressentit de la haine. Ce gosse aurait pu être une machine. Sale petit monstre — brusquement elle se rendit compte que les adultes, en face d'elle, quand elle était enfant, avaient dû penser la même chose.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-11-16T16:43:31+01:00

Le lundi matin Beth alla au lycée Henry-Clay en taxi et arriva avec dix minutes d'avance. Elle avait quitté un appartement désert, mais propre ; les locataires n'étaient toujours pas revenus de Cincinnati. Sa jupe et son sweater s'étaient presque entièrement défroissés sur un cintre et elle avait lavé ses chaussettes en fil. Dimanche soir, après avoir bu la deuxième bouteille de bourgogne, elle avait dormi dix heures. Il lui restait une certaine raideur dans la nuque, et ses mains tremblaient un peu, mais c'était une merveilleuse matinée de printemps, et elle voyait par la vitre du taxi le vert tendre et délicat des jeunes pousses. En payant elle se sentit légère, pleine d'allant, prête à finir l'année scolaire et à se consacrer aux échecs. Beth avait trois mille dollars sur son compte-épargne ; elle n'était plus vierge et elle savait boire.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-11-16T16:41:28+01:00

Derrière la place où elle s'asseyait pour jouer, il y avait une sorte de cloison rudimentaire en planches mal équarries clouées sur des chevrons. Un calendrier y était accroché, jadis, avec des scènes bavaroises au-dessus des feuilles indiquant les mois. Le calendrier n'y était plus et la cloison était entièrement recouverte par des photos, des articles et des couvertures de la Revue échiquéenne, le tout soigneusement scotché et couvert de plastique transparent pour le préserver de la poussière et de la saleté — le seul îlot de propreté dans cette cave sordide. Il y avait des photos d'elle. Des parties publiées dans la Revue échiquéenne, des articles pris dans le Herald Leader de Lexington, dans le New York Times et des magazines allemands. Le premier papier de Life y était, et à côté la couverture de la Revue échiquéenne où on la voyait avec le trophée du Championnat US. Les intervalles étaient remplis par des photos prises dans des journaux, parfois en double. Il devait y en avoir une vingtaine.

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Extrait ajouté par ilovelire 2020-11-16T16:41:01+01:00

— Excellent ! Un rétablissement superbe ! dit-il en anglais d'un ton si conciliant que Beth en resta stupéfaite, ne sachant que dire.

— Excellent !

Luchenko prit son Roi, le regarda un instant d'un air pensif et le coucha en travers de l'échiquier. Il eut un sourire las :

— J'abandonne avec soulagement.

Beth, devant son naturel, son absence de rancune, eut soudain honte d'elle-même. Elle lui tendit la main, qu'il serra chaleureusement.

— J'ai rejoué vos parties depuis que je suis toute petite, dit-elle. Je vous admire depuis toujours.

Il la regarda un instant comme s'il réfléchissait.

— Vous avez dix-neuf ans ?

— Oui.

— J'ai étudié vos parties au cours de ce tournoi. Une pause. Vous êtes une merveille, ma chère. Je viens peut-être de rencontrer le meilleur joueur que j'aie jamais vu.

Elle ne trouvait plus ses mots, le fixant d'un œil incrédule.

Il lui sourit.

— Vous vous y ferez.

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Extrait ajouté par Tomette 2021-05-26T17:36:22+02:00

Le portrait du sénateur Kennedy faisait la couverture du Time et de Newsweek: il se présentait à l'élection présidentielle, et echouerait sans doute parce que c'était un catholique. " Page 102

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Extrait ajouté par Fanfan_Do 2021-05-24T10:09:22+02:00

Au Foyer Methuen de Mount Sterling, dans le Kentucky, Beth recevait un tranquillisant deux fois par jour. On en donnait de même à tous les autres enfants, pour « réguler leur caractère ». Le caractère de Beth était correct, pour ce que chacun pouvait en voir, mais elle était contente de prendre son petit cachet. Ça desserrait quelque chose de profond dans son ventre, et ça l'aidait à laisser filer les heures tendues de l'orphelinat dans un état de demi-sommeil.

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Extrait ajouté par Fanfan_Do 2021-05-24T10:08:29+02:00

Elle se vit brusquement comme une petite personne sans importance - une orpheline brune d'allure quelconque vêtue du morne uniforme du foyer. Elle était deux fois plus petite que ces élèves insolents et sûrs d'eux, avec leurs voix puissantes et leurs pulls de couleurs vives. Elle se sentait impuissante et stupide. Et puis elle regarda de nouveau les échiquiers, avec leurs pièces disposées à leurs places familières, et les sensations désagréables s'atténuèrent.

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