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Liste des commentaires

Commentaire ajouté par marggaux 2019-11-30T10:17:20+01:00
Diamant

J’ai adoré cette lecture tellement pleine de sensibilité, de pudeur, de souffrance mais aussi de courage.

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Commentaire ajouté par autodidacte 2019-11-22T18:16:27+01:00
Or

"Je pleure sur ma vie perdue, je pleure sur ma vie future, je pleure sur ma vie obscure, mais vous ne me verrez pas pleurer." Page 417

N'attendons donc pas dans le lambeau d'y lire la complainte d'un homme qu'une pulsion meurtrière aura brisé. C'est le récit de quelqu'un qui veut échapper à la condition de victime, de quelqu'un qui voit en l'écriture le meilleur moyen de s'extraire de lui-même pour analyser, comprendre un événement hors du commun. C'est le récit d'une naissance. Celle d'un autre homme.

Ai-je contribué, en lisant son ouvrage, à la construction de ce nouveau personnage qu'est devenu Philippe Lançon depuis la tuerie de Charlie Hebdo? Car de re-construction il n'est pas question dans son propos. le Lambeau est un ouvrage entre deux vies. J'ai compris en avançant dans cette lecture que le dénommé Philippe Lançon, né cinquante ans plus tôt, devenu journaliste reporter, était mort avec ses amis de Charlie Hebdo. J'ai compris que celui qui en a réchappé ne sera plus jamais, sauf pour l'état-civil, ce Philippe Lançon-là, entré le 7 janvier 2015 avec l'insouciance du quotidien dans le local de la mort. La froideur administrative n'envisage pas qu'un homme puisse en devenir un autre, au point de se trouver mal lorsqu'après des mois d'hôpital il remet les pieds dans ce logement qui était son chez-lui. Comme un parent revient dans la chambre d'un enfant disparu.

J'ai hésité avant de le lire ce livre. Certain d'endurer à sa lecture le malaise que peut générer la vue des chairs déchirées, des os fracassés, des gestes médicaux pour recoller tout ça. Je n'ai, je l'avoue, pas beaucoup de courage pour être spectateur de la souffrance des autres. Je me suis pourtant laissé convaincre. Je ne le regrette pas. Car il est une chose que je n'ai pas trouvé dans cet ouvrage, c'est le désespoir et l'abandon. Ni la plainte, la colère ou la condamnation. Encore moins la soif de vengeance.

Le lambeau est un ouvrage écrit, entre autres intentions, pour saluer l'abnégation, l'amitié, l'amour, de ceux qui ont aidé son auteur à surmonter l'épreuve : le corps médical bien sûr, la famille, les amis, les policiers aussi qui l'ont protégé jour et nuit pendant des mois. Quant à ceux qui lui ont infligé cette épreuve, il ne dit rien. Il ne fait qu'un constat : "qui veut punir les hommes de leurs plaisirs et de leur sentiments au nom du bien qu'il croit porter, au nom d'un dieu, se croit autorisé à faire tout le mal possible pour y parvenir."

Philippe Lançon interpelle aussi son lecteur. Il ne lui épargne rien de tout ce qui pourrait le faire défaillir. Une manière de le mettre à l'épreuve et le convaincre que son propos n'est pas exhibitionniste, propre à satisfaire un voyeurisme mal venu. Une manière de le mettre en garde aussi, lui, moi, lecteur élevé dans le mirage du virtuel, gavé d'invraisemblances numériques et désormais convaincu d'invulnérabilité. Lecteur insouciant, sans doute plus encore qu'il ne l'était lui-même Philippe Lançon avant le 7 janvier, car son métier l'avait déjà impliqué à la souffrance humaine. Moi, comme les autres contemporains de ce siècle de certitudes, d'urgences, assénées à grands renfort de harcèlement médiatique. Convaincus de liberté par les exigences que nous dicte notre monde mercantile. Sûrs de notre bon droit quand nous revendiquons le confort, le plaisir, le refus de la douleur.

Lui, Philippe Lançon, a enduré. Au-delà du courage. Et quand le courage est dépassé il devient inconscience. Elle même maîtrisée devient leçon de vie. Il a tenu le coup, soutenu dans son parcours par ceux qui ont écrit, peint, mis en musique toute la palette des sentiments humains : Proust, Baudelaire, Kafka, Mann, Bach, Velasquez. Stimulé par ceux-là et tant d'autres qui avec la maîtrise de leur art ont dépassé la condition humaine. Quand tous les discours ont échoué à conjurer le tourment, que l'idée de la mort fait son chemin dans un corps qui suffoque et semble abandonner la partie, ne reste alors que la poésie pour s'extraire de ce corps devenu douleur. Baudelaire pour un dernier souffle :

"Ô Mort, vieux capitaine ! Il est temps ! Levons l'ancre !

Ce pays nous ennuie, Ô Mort ! Appareillons !

Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau !"

Le Lambeau est tout sauf le parcours événementiel d'un calvaire, d'une complainte, d'une rancoeur. C'est une leçon de vie. Et une vraie oeuvre littéraire.

C'est un livre entre deux mondes: celui de la légitime naïveté et celui de la noire réalité. le monde des gestes quotidiens auxquels on ne prête plus attention et celui de corps inertes baignant dans leur sang, d'un crâne duquel a jailli la cervelle.

C'est un livre entre deux dates : 7 janvier 2015, Charlie Hebdo. 13 novembre de la même année, le Bataclan. Ce n'est pas dévoiler l'épilogue que de dire qu'il se termine sur cet autre épisode funeste. On ne connaîtra pas la réaction de Philippe Lançon à cette nouvelle. Mais à la fermeture de son ouvrage on peut parier qu'en dépit de tout cela, il ne sera pas question de haine. de la stupéfaction, de l'incompréhension encore, mais pas de haine. Autre leçon de vie.

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Commentaire ajouté par Laninadegibraltar 2019-11-01T11:57:33+01:00
Diamant

On entre en ce livre comme en sidération, sidération de l’attentat auquel on assiste dans le même état second que l’auteur, sidération devant les souffrances des actes chirurgicaux qu’il doit subir pour retrouver son visage, comme une gueule cassée de 14/18, car les blessures qu’il a reçues constituent bien des blessures de guerre.

Le livre est un long cheminement. Le lecteur accompagne la victime depuis la salle de rédaction jusqu’aux salles de la Pitié-Salpêtrière, puis des Invalides. Comment peut-il survivre à ça ? Ces béquilles sont le réseau familial et amical qui ne le lâche pas, la confiance absolue qu’il accorde aux chirurgiens et au personnel qui l’ont en charge, et puis son immense culture (merveilleuses réflexions sur Proust) qui lui apporte le secours qu’une religion aurait offert à d’autres. C’est le récit puissant d’une reconstruction ; depuis le premier claquement des balles, il est dans la survie. Il accepte l’aide, il refuse l’apitoiement.

Le Lambeau nourrit notre réflexion et en cela, il constitue un grand livre

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Commentaire ajouté par SassanoHon 2019-10-19T11:34:42+02:00
Commentaire ajouté par Edwige-17 2019-10-17T11:36:48+02:00
Or

Témoignage, expérience de vie difficiles à vivre et pourtant relatés avec une "sagesse", une autocritique et sans haine.

J'ai dévoré ce livre....je le passe et le repasse autour de moi.

Mr Lançon, merci pour votre humanisme sous-jacent, et votre humilité. Vous m'avez donné envie de vous rencontrer en temps qu'Homme.

Edwige

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Commentaire ajouté par Chris-64 2019-08-14T23:11:44+02:00
Argent

Un livre émouvant ! marquant qui ne peut pas laisser indifférent. Certaines descriptions sont tellement bien écrites que j'étais en apnée car j'y étais. Je vous le conseille.

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Commentaire ajouté par keisha50 2019-07-27T23:11:44+02:00
Lu aussi

C'est un très beau livre mais j'ai du mal à rester dans le récit, il m'a paru long parfois. Malgré cela c'est un témoignage touchant et bouleversant.

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Commentaire ajouté par Stephanie-232 2019-06-03T20:46:59+02:00
Argent

Ce témoignage de Philippe Lançon , journaliste à " Libération" et à Charlie Hebdo est tout simplement bouleversant.

Il était présent dans la salle de conférence le 7 janvier 2015 , jour de l'attentat.

Il nous raconte les nombreuses opérations pour reconstruire sa mâchoire, sa souffrance physique et psychologique . Il rend aussi hommage aux personnels soignants.

Certains passages sont durs à lire surtout le chapitre sur l'attentat. J'ai eu besoin de faire quelques pauses dans ma lecture...Le récit m'a vraiment touché , m'a remué .

Le prix Fémina est amplement mérité !

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Commentaire ajouté par fanfan80 2019-04-24T19:49:40+02:00
Argent

J'avais très envie de lire ce livre, ce témoignage de Philippe Lançon. Sa vie d'avant, l'attentat décrit par flash, la blessure et la reconstruction physique et psychologique. J'ai beaucoup aimé les liens entre les médecins (en particulier la chirurgienne) et Philippe Lançon. J'ai aimé sa façon d'aborder et de juger, la plupart du temps de façon positive et avec beaucoup de tendresse, les personnes autour de lui. J'ai regretté quelques longueurs, quelques redites mais c'est un livre à lire absolument...

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Commentaire ajouté par Plumette91 2019-03-28T08:33:02+01:00
Diamant

« Le lambeau », c’est l’histoire de Philippe Lançon pendant et après l’attentat de Charlie Hebdo. « Le lambeau », c’est l’histoire d’une reconstruction physique et psychique. C’est aussi le prélèvement d’un morceau de péroné pour reconstruire ‘la gueule cassée’ de Philippe Lançon, victime de guerre dans un pays où nous nous croyons être en sécurité. « Le lambeau », c’est aussi le basculement d’une époque. Avec Charlie, nous avons appris à vivre avec cette peur, prix de notre liberté.

Ce livre est resté longtemps sur ma table de chevet. Il me faisait de l’œil. Je connaissais le sujet. Je savais que certains passages étaient violents et allaient me bousculer. Au début, je l’ai lu comme on se jette dans une eau froide. Mais j’ai vite été portée par l’écriture de Philippe Lançon. Oui, c’est dur. Mais c’est aussi l’histoire d’une reconstruction, d’une guérison. Comment vit-on après un choc pareil ? Comment vit-on handicapé ? Comment vit-on de multiples opérations chirurgicales ? Comment ne pas sombrer ? Le doute est là. Il n’y a pas de place pour la haine ou la colère. Tout l’espace vital sert à cette reconstruction. Philippe Lançon a l’intelligence de s’appuyer sur le bon et de ne pas s’encombrer du reste. L’amour des siens, sa relation très amicale avec sa chirurgienne Chloé, l’art et l’écriture vont l’aider à vivre avec ça.

Un monsieur dans le RER m’a gentiment demandé si cette lecture n’était pas trop « plombante », et j’ai souri : « Ce n’est pas une lecture facile au début mais vraiment non ce n’est pas ‘plombant’ parce que c’est aussi un livre plein d’espoir. »

Je vous souhaite de bonnes lectures !!

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