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Le Léopard



Description ajoutée par Lilou 2011-02-12T00:29:10+01:00

Résumé

Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre inter-services, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur. La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent. Ce flic s’appelle Harry Hole… Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Harry Hole le détective au grand coeur et à la gueule cassée, Jo Nesbo nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, rien ne nous est épargné : avalanches mortelles, volcan en éruption, tueur en série à faire frémir, guerre des polices et manipulations en tout genre, sans oublier une histoire d’amour en arrière-plan pour offrir des moments de respiration au coeur de cette tornade d’action aux reflets d’hémoglobine. Nesbo mène son récit tambour battant, comme au volant d’un bolide lancé à tombeau ouvert jusqu’à la dernière page. Un thriller magistral.

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Classement en biblio - 142 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par lamiss59283 2012-02-22T16:40:45+01:00

Noyade

Elle se réveilla. Cligna des yeux dans l'obscurité complète. Ouvrit grande la bouche et respira par le nez. Elle cilla de nouveau. Sentit une larme couler et dissoudre le sel d'autres larmes. Mais la salive ne coulait plus dans sa gorge, sa bouche était sèche et dure, ses joues tendues par l'objet à l'intérieur. Le corps étranger dans sa bouche lui donnait l'impression que sa tête allait éclater. Mais qu'est-ce que c'était, qu'est-ce que c'était ? En se réveillant, elle avait d'abord pensé qu'elle voulait redescendre. Dans ces profondeurs noires et chaudes qui l'avaient entourée. La piqûre qu'il lui avait faite agissait encore, mais elle savait que la douleur arrivait, elle le savait aux coups lents et sourds qui rythmaient son pouls et à la progression saccadée du sang dans son cerveau. Où était-il ? Juste derrière elle ? Elle retint son souffle, écouta. Elle n'entendait rien, mais sentait sa présence. Comme un léopard. On lui avait dit que le léopard était suffisamment silencieux pour pouvoir se glisser tout près de sa proie dans le noir, qu'il réglait sa respiration sur la sienne. Il retient son souffle quand vous cessez de respirer. Il lui semblait percevoir la chaleur de son corps. Qu'attendait-il ? Elle recommença à respirer. Et crut percevoir au même instant un souffle dans sa nuque. Elle fit volte-face, frappa, mais ne rencontra que le vide. Se recroquevilla, essaya de se faire petite, de se cacher. En vain.

Combien de temps avait-elle été inconsciente ?

Le stupéfiant eut un raté. Cela ne dura qu'une fraction de seconde. Mais ce fut assez pour lui donner un aperçu, une promesse. La promesse de ce qui allait venir.

Le corps étranger posé sur la table avait la taille d'une boule de billard en métal brillant, couverte de petits trous dessinant des motifs. Un cordon rouge terminé par une boucle sortait de l'un d'entre eux, et lui avait fait penser à l'arbre de Noël qu'il faudrait décorer chez ses parents pour le réveillon, dans sept jours. Avec des boules brillantes, des pères Noël, des petits paniers, des bougies et des drapeaux norvégiens. Dans huit jours, ils chanteraient Deilig er Jorden¹, et elle verrait les yeux étincelants de ses neveux et nièces quand ils ouvriraient leurs cadeaux. À tout ce qu'elle aurait dû faire d'une autre façon. Tous ces jours qu'elle aurait dû vivre à fond, franchement, remplir de joie, de souffle et d'amour. Les endroits où elle n'avait fait que passer, ceux qu'elle verrait. Les hommes qu'elle avait rencontrés, celui qu'elle n'avait pas encore rencontré. Le fœtus dont elle s'était débarrassée à dix-sept ans, les enfants qu'elle n'avait pas encore eus. Les jours qu'elle avait sacrifiés en échange de ceux qu'elle croyait obtenir.

Puis elle avait cessé de penser à autre chose qu'au couteau brandi devant elle. Et à la voix suave qui lui avait expliqué qu'elle allait mettre la boule dans sa bouche. Elle l'avait fait, bien entendu. Le cœur battant, elle avait ouvert aussi grand qu'elle pouvait et poussé la boule de telle sorte que le cordon sorte de sa bouche. Le métal avait un goût amer et salé, comme les larmes. On l'avait alors forcée à pencher la tête en arrière, et l'acier avait brûlé sa peau lorsque la lame avait glissé à plat sur sa gorge. Le plafond et la pièce étaient éclairés par une lampe placée dans un coin. Du béton gris et nu. Hormis la lampe, la pièce comprenait une table de camping en plastique blanc, deux chaises, deux canettes de bière vides, deux personnes. Elle et lui. Elle avait senti l'odeur d'un gant en cuir quand un index avait tiré légèrement sur la boucle du cordon rouge qui sortait de sa bouche. Et, la seconde suivante, c'était comme si sa tête avait explosé.

La boule avait gonflé et s'était plaquée contre les parois de sa bouche. Mais, même en écartant au maximum les mâchoires, la pression était constante. Il avait inspecté sa bouche avec une expression concentrée, comme un dentiste vérifiant qu'un plombage est correctement fixé. Un petit sourire avait trahi une certaine satisfaction.

Elle avait senti que des tiges sortaient de la boule, que c'étaient elles qui appuyaient contre le palais, contre la chair tendre sous la langue, contre la face interne des dents et la luette. Elle avait essayé de parler. Il avait écouté sans s'impatienter les sons inarticulés qu'elle émettait. Hoché la tête quand elle avait renoncé, et attrapé une seringue. La goutte au bout de l'aiguille avait brillé dans le faisceau de la lampe. Il lui avait murmuré à l'oreille : « Ne touche pas au cordon. »

Puis il l'avait piquée sur le côté du cou. Quelques secondes plus tard, elle s'était évanouie.

Elle écouta sa propre respiration terrifiée et cligna des yeux dans le noir.

Elle devait faire quelque chose.

Elle posa les paumes sur l'assise de la chaise chaude et moite à cause de sa propre transpiration et se leva. Personne ne l'en empêcha.

Elle alla à petits pas jusqu'à un mur. Le suivit à tâtons jusqu'à une surface lisse et froide. La porte métallique. Elle tira sur le verrou. Qui ne bougea pas. Fermé. Évidemment qu'il était fermé, qu'avait-elle imaginé ? Était-ce un rire qu'elle entendait, ou le son venait-il de l'intérieur de sa tête ? Où était-il ? Pourquoi jouait-il comme ça avec elle ?

Faire quelque chose. Réfléchir. Mais pour réfléchir, elle devait d'abord se débarrasser de cette boule en métal avant que la douleur ne la rende folle. Elle inséra le pouce et l'index aux coins de sa bouche. Tâta les tiges. Fit une tentative désespérée pour glisser les doigts sous l'une d'entre elles. Une quinte de toux survint, en même temps que la panique quand elle se rendit compte qu'elle ne pouvait plus respirer. Elle comprit que les tiges avaient fait enfler la chair autour de la trachée, qu'elle risquait de suffoquer très vite. Elle donna des coups de pied dans la porte en fer, essaya de hurler, mais la boule en métal étouffait les sons. Elle renonça de nouveau. S'appuya au mur. Écouta. Étaient-ce des pas prudents qu'elle entendait ? Se déplaçait-il dans la pièce, jouait-il à colin-maillard avec elle ? Ou n'était-ce que son sang qui battait dans ses oreilles ? Elle se prépara à la douleur et crispa les mâchoires. Elle parvint à peine à repousser les tiges dans la boule avant qu'elles n'obligent sa bouche à se rouvrir. La boule semblait battre, à présent, comme un cœur de fer, comme une partie d'elle.

Faire quelque chose. Réfléchir.

Des ressorts. Les tiges étaient montées sur ressort.

Les tiges avaient été libérées quand il avait tiré sur le cordon. « Ne touche pas au cordon », avait-il murmuré.

Pourquoi ? Que se passerait-il ?

Elle se laissa glisser le long du mur jusqu'à se retrouver en position assise. Un froid humide montait du sol en béton. Elle voulut crier encore, mais n'en eut pas la force. Silence. Calme.

Tous ces mots qu'elle aurait dits en compagnie de gens qu'elle aimait au lieu de ceux qui avaient comblé le silence en présence de personnes qui l'indifféraient.

Il n'y avait pas d'issue. Rien qu'elle et cette douleur insensée, sa tête sur le point d'éclater.

« Ne touche pas au cordon. »

Si elle tirait dessus, les tiges rentreraient peut-être dans la boule, et elle serait débarrassée de la douleur.

Les idées se succédaient en boucle. Combien de temps avait-elle passé ici ? Deux heures ? Vingt minutes ?

Si c'était aussi simple que tirer sur le cordon, pourquoi ne l'avait- elle pas encore fait ? À cause de la mise en garde d'une personne de toute évidence malade ? Ou était-ce une partie du jeu, qu'elle se laisse convaincre de ne pas mettre un terme à cette douleur tout à fait superflue ? Ou le jeu reposait-il sur son mépris de l'avertissement, quand elle tirerait sur le cordon pour que... pour que quelque chose d'épouvantable se produise ? Que se passerait-il, qu'est- ce que c'était que cette boule ?

Oui, c'était un jeu, un jeu horrible. Car elle devait le faire. La douleur était intolérable, sa gorge enflait, elle ne tarderait pas à suffoquer.

Elle essaya de hurler à nouveau mais elle n'émit qu'un sanglot, et elle cilla, encore et encore, sans que d'autres larmes montent.

Ses doigts saisirent le cordon qui pendait contre ses lèvres. Elle le tendit.

Elle regrettait tout ce qu'elle n'avait pas fait, c'était une certitude. Mais si une vie de renoncement l'avait placée ailleurs que là où elle se trouvait à présent, elle l'aurait choisie. Elle voulait juste vivre. Une vie tout à fait banale. C'était aussi simple que cela.

Elle tira sur le cordon.

Les aiguilles jaillirent de l'extrémité des tiges. Elles mesuraient sept centimètres de long. Quatre percèrent les joues des deux côtés, trois pénétrèrent dans les sinus, deux montèrent dans le nez et deux perforèrent le menton. Une aiguille transperça l'œsophage et une le globe oculaire droit. Deux aiguilles passèrent à travers la partie postérieure du palais et atteignirent le cerveau. Mais ce ne fut pas la cause directe du décès. La boule en métal barrant le passage, elle ne parvint pas à cracher le sang qui coulait de ses blessures. Il s'engouffra dans la trachée et les poumons, empêcha l'oxygène de passer dans le sang et entraîna un arrêt cardiaque et ce que la médecine légale qualifierait dans son rapport d'hypoxie cérébrale, soit un manque d'oxygène dans le cerveau. En d'autres termes : Borgny Stem-Myhre mourut noyée.

1. Fairest Lord Jesus, hymne chrétien. (Toutes les notes sont du traducteur.)

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par lelette1610 2019-10-02T11:20:39+02:00
Argent

J'ai lu ce livre il y a déjà un certain temps mais je suis pleine d'empathie pour Harry Hole : flic meurtri, un peu alcoolo, qui doit composer avec une hiérarchie pour le moins obtue, des collègues jaloux. En plus, il a une vie sentimentale compliquée et un père mourant.

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Commentaire ajouté par Julier 2019-07-09T10:28:03+02:00
Commentaire ajouté par bridget 2018-11-25T09:40:06+01:00
Argent

J'ai lu presque tous les Harry Hole, mais Le Léopard a été le plus angoissant de mon point de vue, mais il tient en haleine jusqu'à la dernière page.

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Commentaire ajouté par Ameteo 2015-09-25T04:24:53+02:00
Or

Suite à la lecture du ''Bonhomme de neige'', je me suis lancée dans ''Le léopard'' qui est, selon moi, bien meilleur que le premier livre.

La situation est angoissante et la lecture nous tient en haleine jusqu'au bout. J'aime les romans comme celui-ci où les nombreuses fausses pistes nous portent à croire qu'on a trouvé qui est le meurtrier, mais qu'à la toute fin c'est celui dont on ne s'y attendait pas du tout qui s'avère être le coupable.

Une lecture que je recommande à tous les amateurs de romans policiers !

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Commentaire ajouté par EliSM 2015-06-22T16:45:57+02:00
Or

Un coup de cœur pour ce sublime roman noir très maîtrisé, au style efficace et un grand sens du détail. Un véritable "page turner" qui vous tient en haleine jusqu'aux ultimes chapitres.

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Commentaire ajouté par poucelimag 2014-03-24T18:02:00+01:00
Or

Très bon suspense, malgré l'épaisseur du livre, il se lit très bien, dès les premières pages il nous embarque dans l'histoire, on a envie de savoir. Les détails sont bien décrits, c'est dur par moment mais rien n'est facile dans la vie, faut pas se voiler la face, il y a des tarés partout.

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Commentaire ajouté par mydo14 2014-02-18T19:06:44+01:00
Or

J'adore les descriptions de meurtres gores et je dois dire que thriller, que j'ai dévoué, m'a amplement satisfaite et a toute allure !!!

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Commentaire ajouté par Aleydis 2013-10-18T22:39:34+02:00
Or

Suspense qui vous tient en haleine jusqu'à la fin! Ce thriller malgré son nombre de pages imposant se lit très vite.

Petit bémol, je ne m'attendais pas à une description si sanglante des meurtres.

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Commentaire ajouté par LauCrazy 2013-07-08T12:00:05+02:00
Or

Ce roman est le premier Jo Nesbo que j'ai lu et il m'a donné envie de tous les lire.

Le suspense est présent jusqu'au bout, le personnage d'Harry Hole est très travaillé et assez attachant et les crimes sont parfaits. On sent que l'écrivain a fait des recherches et c'est un roman très addictif.

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Commentaire ajouté par Lucy-san 2013-06-03T23:08:33+02:00
Diamant

Un de mes préféré : Nesbo s'inscrit comme un maître en la matière, l'écriture est fluide, on s'identifie bien au héros. Une des rares sagas qui ne s'essouffle pas avec le temps. Le thème abordé est des plus curieux, mais n'en reste pas très intéressant. Vraiment je conseille à tout les amateurs du genre.

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Date de sortie

Le Léopard

  • France : 2011-02-02 - Poche (Français)

Activité récente

Julier le place en liste or
2019-07-09T10:27:53+02:00
zamou l'ajoute dans sa biblio or
2018-11-09T12:36:48+01:00
PPJ63 le place en liste or
2018-09-22T14:54:38+02:00
goodjob l'ajoute dans sa biblio or
2018-08-16T11:06:57+02:00
duchess l'ajoute dans sa biblio or
2018-06-20T13:32:06+02:00

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