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Extrait ajouté par LeslecturesdeMeg 2020-11-16T23:44:46+01:00

Il retire ses gants, plonge son index dans le pot et, une fois celui-ci bien recouvert de glace, me le présente.

Il se penche plus près, son souffle est comme une caresse sur ma peau. Une caresse qui me laisse brûlante malgré la température glaciale de la nuit.

- Tu en veux ?

La raison me crie de reculer. Que c'est une très mauvais idée. Mais comment ne pas succomber à la sensation exquise de son doigt recouvert de Brownie Macchiato dans ma bouche ? Nous nous fixons mutuellement. Je décide alors de faire de même mon index puis entrouvre les lèvres pour laisser son doigt glacé s'introduire dans ma bouche chaude. Le mien se glisse dans la sienne. Un grondement rauque s'échappe de ses lèvres. Ce petit jeu dure quelques minutes encore, nous laissant tous deux à bout de souffle. Nos yeux remplis du même désirs.

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Extrait ajouté par CrystalM 2020-11-12T15:30:22+01:00

Prologue

Quelques mois auparavant à Paris… le sexe, c’est simple comme un coup de fil.

Luke

– Depuis quand tu ne partages plus ?

La voix d’Aïdan me parvient aux oreilles alors que je lui ai déjà tourné le dos et que je me dirige vers l’escalier pour regagner le pont de sa péniche.

– Depuis que je l’ai décidé, ma poule ! je réplique en haussant les épaules.

Soit moins d’une minute, à la seconde même où j’ai récupéré le numéro de téléphone tant espéré auprès de ce crétin qui, bien entendu, le possédait. Je grimpe les marches à toute vitesse et déboule à l’air libre. Mon portable dans une main, je rejoins ma voiture en sifflotant. Subitement de meilleure humeur.

La nuit que j’ai passée avec elle… Bon sang ! Cette nana est une sacrée bombe ! Et cette unique nuit était trop courte. Le pire, c’est que je n’avais pas envie de partager Justine avec Aïdan. Pour la première fois de ma vie, je voulais que ce plan à trois ne soit qu’un duo… Étrange et déstabilisant. Une réaction inhabituelle et inexplicable. Je la voulais… pour moi seul. Ce qui déjà pose un problème.

C’est donc une contrariété que j’ai décidé de résoudre, et pas plus tard que maintenant. Quelques heures seul avec elle, à profiter de son corps, devraient me remettre les idées en place. Pas de plan à trois, cette fois. Même si elle a eu l’air d’apprécier énormément cette nuit avec Aïdan et moi. Elle ne posera ses mains, sa bouche, que sur mon corps.

Juste elle et moi !

Ensuite ?

Ensuite, nos chemins se croiseront de temps à autre, rien de plus. Peut-être une bonne séance de baise au hasard de mes séjours à Paris, qui sait ? Mais rien de plus !

J’enclenche la première, et tout en accélérant, je lance :

– Appelez Justine !

Oui, c’est exactement ce qu’il me faut. Ce dont j’ai besoin. Une nuit de sexe torride avec elle, et puis basta…

– Allô ?

Sa voix est rauque, sexy. Une voix parfaite pour murmurer, pour supplier… et j’ai la ferme intention de l’écouter gémir à n’en plus finir, de lui faire crier mon prénom, cette nuit.

– Allô ?! Il y a quelqu’un ?

Elle n’est même pas encore devant moi, et simplement l’entendre au téléphone me fait bander comme un malade. À moins que les images de nos corps emmêlés dansant devant mes yeux ne soient responsables de mon état. Merde ! J’ai l’impression d’être un véritable demeuré. Une fois que je l’aurai sortie de ma tête, tout rentrera dans l’ordre.

Et je sais parfaitement comment régler cette complication.

– C’est Luke… comment ça va ?

Pas de réponse. Sans doute à cause de la musique assourdissante que je perçois en bruit de fond, et qui l’empêche de saisir mes paroles. Alors je répète mon prénom plus fort, puis j’ajoute :

– Le témoin du marié…

Toujours rien. Elle est devenue muette ou quoi ? Et cette musique techno qui me hurle dans les oreilles commence à me porter sur les nerfs. Je me sens perdre patience.

D’un brusque coup de volant, je me gare en vitesse sur une place de livraison.

– Le plan à trois, si tu préfères.

Pas certain que ce soit la meilleure façon de me rappeler à son bon souvenir… quoique…

– Le blond ou le brun ? lâche-t-elle enfin. J’ai besoin de précisions pour éviter toute confusion… d’autant que le souvenir, même s’il fut assez agréable, ne m’a pas non plus donné matière à y repenser plus que ça.

Souvenir assez agréable ? Le blond ou le brun ?

– À ton avis ?! je rétorque, brusquement en rogne face à son détachement.

– Hum… vu le ton d’ours mal léché, j’aurais tendance à miser sur le brun. Le blond m’ayant laissé un souvenir plus chaleureux, minaude-t-elle. Mais je suis plutôt occupée en ce moment, et je n’ai ni le temps ni l’envie de jouer aux devinettes. On se reverra au mariage. Bye !

Et sans me laisser le loisir d’aligner un mot, elle raccroche.

On se reverra au mariage ?! Ours mal léché ?!

Je reste sidéré quelques secondes, à fixer le téléphone dans ma main. Merde ! C’était quoi, ça ?! Mademoiselle est occupée ? Occupée à quoi ? Et avec qui ? Je ne prends même pas la peine de la rappeler, devinant à l’avance que cela ne servira à rien.

Souvenir assez agréable ? Le mot assez décuple ma rage… et tout le reste aussi, d’ailleurs. Aussitôt, j’appelle Aïdan.

– Localise-moi son téléphone, je beugle dès qu’il décroche. J’ai besoin de savoir où elle se trouve.

– Le téléphone de qui ? Ce ne serait pas plus simple d’interroger l’objet de ton désir pour savoir où elle est ? Sauf si tu l’as déjà fait et qu’elle n’a pas envie de te le dire, bien sûr. Dans ce cas, je m’interroge sur le bien-fondé de ta requête… après tout, si la demoiselle ne veut pas te voir, inutile d’insister. Autant en chercher une autre, ma poule.

Il éclate de rire. OK ! Ce crétin ne va pas me rendre les choses faciles. Je le laisse se payer ma tête encore un moment en songeant que le fait qu’il soit un génie de l’informatique m’empêche de lui balancer mon poing dans la tronche. Pourtant l’envie me démange furieusement.

– C’est bon, tu as fini ?

– Explique-moi un truc, Luke. Est-ce qu’elle t’a raccroché au nez, comme Barbie avec Geoffrey ?

– Techniquement, je ne le formulerais pas de cette façon, je marmonne en songeant que ce petit con a vraiment de la chance d’être en dehors de la zone de contact de mon poing. Et elle n’a pas non plus refusé de me dire où elle était…

Vu qu’elle a interrompu notre conversation avant que j’aie pu le lui demander.

– Alors, il te faut combien de temps pour la localiser ? Tu perds la main ou quoi ?

Il m’envoie une flopée de jurons tandis que je fouille frénétiquement dans la boîte à gants.

– Fais chier ! Geoffrey n’a même pas un paquet de chewing-gums dans cette caisse…

– Depuis quand tu ne fumes plus, déjà ? Parce que tu es franchement chiant, crois-moi.

– Trois mois, je soupire en découvrant un paquet de cigarillos. Trois longs mois… j’ai une de ces envies de m’en griller une !

La tentation est forte de prendre un cigarillo… juste un… histoire de me détendre un peu. Et Dieu sait que j’en ai besoin en cet instant.

– C’est fait, ma poule ! Localisation de la demoiselle en moins de trois minutes ! Alors ne viens surtout pas dire que j’ai perdu la main…

– Ouais… je t’ai quand même connu beaucoup plus rapide, je réplique avec un sourire.

– Exact, s’il s’agit du boulot. Je t’envoie l’adresse par SMS. Tu n’es pas très loin… et si jamais tu as besoin d’un coup de main pour satisfaire Justine, n’hésite pas. Je tiens une forme d’enfer en ce moment.

Son rire résonne dans mes oreilles alors que j’ai déjà raccroché. J’attrape mon Zippo – dernier cadeau d’Emily dont je ne me sépare jamais – dans la poche de mon jean. J’allume un cigarillo et triture le briquet tout en songeant à Aïdan et Geoffrey, mes deux meilleurs amis et associés. Parfois, je me demande quelle serait ma vie, leurs vies, si nous ne nous étions pas rencontrés… s’ils n’étaient pas tombés fous amoureux d’Emily. Serions-nous aussi liés que des frères ?

Serions-nous capables du meilleur et du pire les uns pour les autres sans la tragédie qui nous lie tous les trois ? La réception du SMS d’Aïdan m’extirpe brusquement de mes sombres pensées. Je tape l’adresse dans le GPS, et il me faut à peine dix minutes pour rejoindre la rue de Rivoli. Je lance la clé de la BMW que Geoffrey m’a prêtée au voiturier et me dirige rapidement vers l’entrée du night-club. À quand remonte ma dernière virée en boîte ? Je ne m’en souviens même plus. À part celle où j’ai accompagné Geoffrey à notre retour de Chine et où j’ai rencontré celle qui sera d’ici peu la femme de mon meilleur ami : Barbie ! Enfin, je n’ai pas tout de suite repéré la future mariée.

En revanche, j’ai très bien vu Justine… Comment aurais-je pu ne pas la remarquer ?

J’ai d’abord été happé par un regard océan qui m’a coupé le souffle. Puis une bouche sensuelle aussi rouge qu’un fruit défendu m’a déclenché la plus belle des visions érotiques en l’imaginant aussitôt sur mon sexe. Et impossible de négliger un corps aux courbes aussi voluptueuses, et dont la chute de reins et les jambes devaient faire saliver tous les hommes présents. Moi le premier. Une vraie déesse ! Une femme capable d’assumer ses désirs et ses fantasmes… comme un plan à trois avec Aïdan et moi. Bref, le genre de femme qui mérite un second round sexuel. Mais un second round uniquement avec moi !

Oh oui… très bientôt !

Et personne ne pourra m’en empêcher.

Justine

Il me faut plusieurs minutes pour comprendre ce qui vient de se produire… je rêve ou quoi ?! Trois semaines sans nouvelles. Pas un coup de téléphone, et soudain, Monsieur se souvient de moi ?

Et puis quoi encore ? Je reporte mon attention sur le charmant spécimen masculin qui se tient devant moi. D’une main, j’attrape sa chemise pour le rapprocher, puis je murmure à son oreille :

– Où en étions-nous déjà ?

Ravi de nous savoir à nouveau sur la même longueur d’onde, il s’autorise à faire ce dont il rêve depuis qu’il a engagé la conversation avec moi et que ce malheureux coup de téléphone a failli mettre en plan – si j’avais dit oui –, à savoir poser sa main sur ma taille. Il me sourit comme s’il se réjouissait d’une chose dont je ne soupçonne rien. Un peu plus, et il me donnerait envie de le planter là. Mais il danse plutôt bien, alors je reste. Et peut-être – je dis bien, peut-être –, s’il ne commet pas d’écart d’ici là, me donnera-t-il assez envie pour que je l’autorise à finir la nuit avec moi. Je me laisse porter par la musique. Ses mains sur ma taille. Nos corps collés l’un contre l’autre. J’attends avec impatience ce fameux frisson, annonciateur de désir. Ce frisson qui me donnerait à croire que les choses sont – enfin – rentrées dans l’ordre. Que ma copine libido-dodo émerge de son long sommeil. Mais c’est le calme plat. Agacée, je me plaque un peu plus contre lui. Je réprime un soupir en constatant que rien ne se passe. Pas la plus petite étincelle… jusqu’à ce que je croise un regard.

Brusquement, mon corps se réveille. Toutes les sensations me reviennent. D’un seul coup. Mais pas à cause de celui qui me tient dans ses bras. Non ! Grâce à celui qui me fixe de loin d’un regard… furax ! Ce qui m’excite encore plus.

Ses yeux, aussi sombres qu’une nuit sans lune, me harponnent. Campé au beau milieu de la piste de danse, il est le seul à ne pas bouger. Alors je me déhanche plus sensuellement encore contre mon cavalier dont j’ai déjà oublié le prénom. Les lèvres de mon spectateur frémissent. Ses poings se crispent. Il est à moins d’un mètre de moi, j’aperçois l’ombre d’une barbe naissante sur sa mâchoire carrée. J’aimerais y frotter ma joue pour qu’elle laisse des traces sur ma peau. J’ignore combien de temps nous restons à nous fixer mutuellement. Incapables de nous quitter du regard. De rompre ce lien visuel… aussi délicieux que pervers. À nous provoquer ainsi en silence. Ma respiration s’accélère à mesure que les secondes défilent. Mon corps est en apesanteur. Avec un seul besoin. Un besoin qu’il est le seul à pouvoir satisfaire. Je n’avais plus ressenti ça depuis la nuit où j’ai fait l’amour avec Aïdan et lui…

Ce type me rend folle !

Il n’esquisse toujours pas le moindre mouvement tandis que je suis bombardée de sensations aussi puissantes qu’enivrantes. J’ai envie de passer mes doigts dans ses cheveux bruns trop longs et décoiffés. De glisser ma main dans l’ouverture de sa chemise. Rien ne vient perturber son visage aux lignes dures et à la beauté sauvage. Rien ne semble le décider à faire un pas. Un geste vers moi.

Un frisson nerveux me saisit lorsque je réalise jusqu’où il est prêt à aller.

Alors, c’est comme ça ? Tu te pointes jusqu’ici, et tu attends ? Vraiment ?!

Je lui décoche un sourire diabolique, puis je passe ma langue sur mes lèvres. Mes doigts se déplacent doucement – pour bien lui laisser le temps de comprendre ce que je m’apprête à faire – jusqu’au visage de mon cavalier. Sans le lâcher du regard, je m’approche avec lenteur de ce visage que je tiens, mais ne vois plus. Ma bouche s’avance vers cette autre dont je n’ai plus la moindre envie, maintenant qu’il est là, lui. Et, alors que mes lèvres ne sont plus qu’à quelques centimètres…

– Dégage de là ! rugit Luke, furieux, en m’enlaçant d’une main ferme, tandis que l’autre repousse mon prétendant avec Prologue

Quelques mois auparavant à Paris… le sexe, c’est simple comme un coup de fil.

Luke

– Depuis quand tu ne partages plus ?

La voix d’Aïdan me parvient aux oreilles alors que je lui ai déjà tourné le dos et que je me dirige vers l’escalier pour regagner le pont de sa péniche.

– Depuis que je l’ai décidé, ma poule ! je réplique en haussant les épaules.

Soit moins d’une minute, à la seconde même où j’ai récupéré le numéro de téléphone tant espéré auprès de ce crétin qui, bien entendu, le possédait. Je grimpe les marches à toute vitesse et déboule à l’air libre. Mon portable dans une main, je rejoins ma voiture en sifflotant. Subitement de meilleure humeur.

La nuit que j’ai passée avec elle… Bon sang ! Cette nana est une sacrée bombe ! Et cette unique nuit était trop courte. Le pire, c’est que je n’avais pas envie de partager Justine avec Aïdan. Pour la première fois de ma vie, je voulais que ce plan à trois ne soit qu’un duo… Étrange et déstabilisant. Une réaction inhabituelle et inexplicable. Je la voulais… pour moi seul. Ce qui déjà pose un problème.

C’est donc une contrariété que j’ai décidé de résoudre, et pas plus tard que maintenant. Quelques heures seul avec elle, à profiter de son corps, devraient me remettre les idées en place. Pas de plan à trois, cette fois. Même si elle a eu l’air d’apprécier énormément cette nuit avec Aïdan et moi. Elle ne posera ses mains, sa bouche, que sur mon corps.

Juste elle et moi !

Ensuite ?

Ensuite, nos chemins se croiseront de temps à autre, rien de plus. Peut-être une bonne séance de baise au hasard de mes séjours à Paris, qui sait ? Mais rien de plus !

J’enclenche la première, et tout en accélérant, je lance :

– Appelez Justine !

Oui, c’est exactement ce qu’il me faut. Ce dont j’ai besoin. Une nuit de sexe torride avec elle, et puis basta…

– Allô ?

Sa voix est rauque, sexy. Une voix parfaite pour murmurer, pour supplier… et j’ai la ferme intention de l’écouter gémir à n’en plus finir, de lui faire crier mon prénom, cette nuit.

– Allô ?! Il y a quelqu’un ?

Elle n’est même pas encore devant moi, et simplement l’entendre au téléphone me fait bander comme un malade. À moins que les images de nos corps emmêlés dansant devant mes yeux ne soient responsables de mon état. Merde ! J’ai l’impression d’être un véritable demeuré. Une fois que je l’aurai sortie de ma tête, tout rentrera dans l’ordre.

Et je sais parfaitement comment régler cette complication.

– C’est Luke… comment ça va ?

Pas de réponse. Sans doute à cause de la musique assourdissante que je perçois en bruit de fond, et qui l’empêche de saisir mes paroles. Alors je répète mon prénom plus fort, puis j’ajoute :

– Le témoin du marié…

Toujours rien. Elle est devenue muette ou quoi ? Et cette musique techno qui me hurle dans les oreilles commence à me porter sur les nerfs. Je me sens perdre patience.

D’un brusque coup de volant, je me gare en vitesse sur une place de livraison.

– Le plan à trois, si tu préfères.

Pas certain que ce soit la meilleure façon de me rappeler à son bon souvenir… quoique…

– Le blond ou le brun ? lâche-t-elle enfin. J’ai besoin de précisions pour éviter toute confusion… d’autant que le souvenir, même s’il fut assez agréable, ne m’a pas non plus donné matière à y repenser plus que ça.

Souvenir assez agréable ? Le blond ou le brun ?

– À ton avis ?! je rétorque, brusquement en rogne face à son détachement.

– Hum… vu le ton d’ours mal léché, j’aurais tendance à miser sur le brun. Le blond m’ayant laissé un souvenir plus chaleureux, minaude-t-elle. Mais je suis plutôt occupée en ce moment, et je n’ai ni le temps ni l’envie de jouer aux devinettes. On se reverra au mariage. Bye !

Et sans me laisser le loisir d’aligner un mot, elle raccroche.

On se reverra au mariage ?! Ours mal léché ?!

Je reste sidéré quelques secondes, à fixer le téléphone dans ma main. Merde ! C’était quoi, ça ?! Mademoiselle est occupée ? Occupée à quoi ? Et avec qui ? Je ne prends même pas la peine de la rappeler, devinant à l’avance que cela ne servira à rien.

Souvenir assez agréable ? Le mot assez décuple ma rage… et tout le reste aussi, d’ailleurs. Aussitôt, j’appelle Aïdan.

– Localise-moi son téléphone, je beugle dès qu’il décroche. J’ai besoin de savoir où elle se trouve.

– Le téléphone de qui ? Ce ne serait pas plus simple d’interroger l’objet de ton désir pour savoir où elle est ? Sauf si tu l’as déjà fait et qu’elle n’a pas envie de te le dire, bien sûr. Dans ce cas, je m’interroge sur le bien-fondé de ta requête… après tout, si la demoiselle ne veut pas te voir, inutile d’insister. Autant en chercher une autre, ma poule.

Il éclate de rire. OK ! Ce crétin ne va pas me rendre les choses faciles. Je le laisse se payer ma tête encore un moment en songeant que le fait qu’il soit un génie de l’informatique m’empêche de lui balancer mon poing dans la tronche. Pourtant l’envie me démange furieusement.

– C’est bon, tu as fini ?

– Explique-moi un truc, Luke. Est-ce qu’elle t’a raccroché au nez, comme Barbie avec Geoffrey ?

– Techniquement, je ne le formulerais pas de cette façon, je marmonne en songeant que ce petit con a vraiment de la chance d’être en dehors de la zone de contact de mon poing. Et elle n’a pas non plus refusé de me dire où elle était…

Vu qu’elle a interrompu notre conversation avant que j’aie pu le lui demander.

– Alors, il te faut combien de temps pour la localiser ? Tu perds la main ou quoi ?

Il m’envoie une flopée de jurons tandis que je fouille frénétiquement dans la boîte à gants.

– Fais chier ! Geoffrey n’a même pas un paquet de chewing-gums dans cette caisse…

– Depuis quand tu ne fumes plus, déjà ? Parce que tu es franchement chiant, crois-moi.

– Trois mois, je soupire en découvrant un paquet de cigarillos. Trois longs mois… j’ai une de ces envies de m’en griller une !

La tentation est forte de prendre un cigarillo… juste un… histoire de me détendre un peu. Et Dieu sait que j’en ai besoin en cet instant.

– C’est fait, ma poule ! Localisation de la demoiselle en moins de trois minutes ! Alors ne viens surtout pas dire que j’ai perdu la main…

– Ouais… je t’ai quand même connu beaucoup plus rapide, je réplique avec un sourire.

– Exact, s’il s’agit du boulot. Je t’envoie l’adresse par SMS. Tu n’es pas très loin… et si jamais tu as besoin d’un coup de main pour satisfaire Justine, n’hésite pas. Je tiens une forme d’enfer en ce moment.

Son rire résonne dans mes oreilles alors que j’ai déjà raccroché. J’attrape mon Zippo – dernier cadeau d’Emily dont je ne me sépare jamais – dans la poche de mon jean. J’allume un cigarillo et triture le briquet tout en songeant à Aïdan et Geoffrey, mes deux meilleurs amis et associés. Parfois, je me demande quelle serait ma vie, leurs vies, si nous ne nous étions pas rencontrés… s’ils n’étaient pas tombés fous amoureux d’Emily. Serions-nous aussi liés que des frères ? Serions-nous capables du meilleur et du pire les uns pour les autres sans la tragédie qui nous lie tous les trois ? La réception du SMS d’Aïdan m’extirpe brusquement de mes sombres pensées. Je tape l’adresse dans le GPS, et il me faut à peine dix minutes pour rejoindre la rue de Rivoli. Je lance la clé de la BMW que Geoffrey m’a prêtée au voiturier et me dirige rapidement vers l’entrée du night-club. À quand remonte ma dernière virée en boîte ? Je ne m’en souviens même plus. À part celle où j’ai accompagné Geoffrey à notre retour de Chine et où j’ai rencontré celle qui sera d’ici peu la femme de mon meilleur ami : Barbie ! Enfin, je n’ai pas tout de suite repéré la future mariée.

En revanche, j’ai très bien vu Justine… Comment aurais-je pu ne pas la remarquer ?

J’ai d’abord été happé par un regard océan qui m’a coupé le souffle. Puis une bouche sensuelle aussi rouge qu’un fruit défendu m’a déclenché la plus belle des visions érotiques en l’imaginant aussitôt sur mon sexe. Et impossible de négliger un corps aux courbes aussi voluptueuses, et dont la chute de reins et les jambes devaient faire saliver tous les hommes présents. Moi le premier. Une vraie déesse ! Une femme capable d’assumer ses désirs et ses fantasmes… comme un plan à trois avec Aïdan et moi. Bref, le genre de femme qui mérite un second round sexuel. Mais un second round uniquement avec moi !

Oh oui… très bientôt !

Et personne ne pourra m’en empêcher.

Justine

Il me faut plusieurs minutes pour comprendre ce qui vient de se produire… je rêve ou quoi ?! Trois semaines sans nouvelles. Pas un coup de téléphone, et soudain, Monsieur se souvient de moi ?

Et puis quoi encore ? Je reporte mon attention sur le charmant spécimen masculin qui se tient devant moi. D’une main, j’attrape sa chemise pour le rapprocher, puis je murmure à son oreille :

– Où en étions-nous déjà ?

Ravi de nous savoir à nouveau sur la même longueur d’onde, il s’autorise à faire ce dont il rêve depuis qu’il a engagé la conversation avec moi et que ce malheureux coup de téléphone a failli mettre en plan – si j’avais dit oui –, à savoir poser sa main sur ma taille. Il me sourit comme s’il se réjouissait d’une chose dont je ne soupçonne rien. Un peu plus, et il me donnerait envie de le planter là. Mais il danse plutôt bien, alors je reste. Et peut-être – je dis bien, peut-être –, s’il ne commet pas d’écart d’ici là, me donnera-t-il assez envie pour que je l’autorise à finir la nuit avec moi. Je me laisse porter par la musique. Ses mains sur ma taille. Nos corps collés l’un contre l’autre. J’attends avec impatience ce fameux frisson, annonciateur de désir. Ce frisson qui me donnerait à croire que les choses sont – enfin – rentrées dans l’ordre. Que ma copine libido-dodo émerge de son long sommeil. Mais c’est le calme plat. Agacée, je me plaque un peu plus contre lui. Je réprime un soupir en constatant que rien ne se passe. Pas la plus petite étincelle… jusqu’à ce que je croise un regard.

Brusquement, mon corps se réveille. Toutes les sensations me reviennent. D’un seul coup. Mais pas à cause de celui qui me tient dans ses bras. Non ! Grâce à celui qui me fixe de loin d’un regard… furax ! Ce qui m’excite encore plus.

Ses yeux, aussi sombres qu’une nuit sans lune, me harponnent. Campé au beau milieu de la piste de danse, il est le seul à ne pas bouger. Alors je me déhanche plus sensuellement encore contre mon cavalier dont j’ai déjà oublié le prénom. Les lèvres de mon spectateur frémissent. Ses poings se crispent. Il est à moins d’un mètre de moi, j’aperçois l’ombre d’une barbe naissante sur sa mâchoire carrée. J’aimerais y frotter ma joue pour qu’elle laisse des traces sur ma peau. J’ignore combien de temps nous restons à nous fixer mutuellement. Incapables de nous quitter du regard. De rompre ce lien visuel… aussi délicieux que pervers. À nous provoquer ainsi en silence. Ma respiration s’accélère à mesure que les secondes défilent. Mon corps est en apesanteur. Avec un seul besoin. Un besoin qu’il est le seul à pouvoir satisfaire. Je n’avais plus ressenti ça depuis la nuit où j’ai fait l’amour avec Aïdan et lui…

Ce type me rend folle !

Il n’esquisse toujours pas le moindre mouvement tandis que je suis bombardée de sensations aussi puissantes qu’enivrantes. J’ai envie de passer mes doigts dans ses cheveux bruns trop longs et décoiffés. De glisser ma main dans l’ouverture de sa chemise. Rien ne vient perturber son visage aux lignes dures et à la beauté sauvage. Rien ne semble le décider à faire un pas. Un geste vers moi.

Un frisson nerveux me saisit lorsque je réalise jusqu’où il est prêt à aller.

Alors, c’est comme ça ? Tu te pointes jusqu’ici, et tu attends ? Vraiment ?!

Je lui décoche un sourire diabolique, puis je passe ma langue sur mes lèvres. Mes doigts se déplacent doucement – pour bien lui laisser le temps de comprendre ce que je m’apprête à faire – jusqu’au visage de mon cavalier. Sans le lâcher du regard, je m’approche avec lenteur de ce visage que je tiens, mais ne vois plus. Ma bouche s’avance vers cette autre dont je n’ai plus la moindre envie, maintenant qu’il est là, lui. Et, alors que mes lèvres ne sont plus qu’à quelques centimètres…

– Dégage de là ! rugit Luke, furieux, en m’enlaçant d’une main ferme, tandis que l’autre repousse mon prétendant avec une force phénoménale. Elle est avec moi…

Celui qui pensait finir sa nuit avec moi préfère capituler sans faire un geste ou même dire un mot.

Non, mais quel connard ! je songe en le regardant s’éloigner.

– Si tu avais été avec moi, grogne Luke à mon oreille tout en la mordillant. Jamais un mec n’aurait pu se permettre ce que je viens de faire.

Je n’ai pas le temps de lui répondre que sa bouche plonge vers la mienne. Il me dévore comme s’il était affamé. J’ai l’impression que je vais fondre comme un carré de chocolat en plein soleil, tant je brûle de désir. Ses bras me serrent contre lui afin d’approfondir le baiser le plus dévastateur que j’ai jamais reçu. Ma langue est aussi avide de la sienne. Ses paumes plaquées sur mes fesses se font plus exigeantes et me pressent avec force contre son bassin. Impossible de ne pas sentir l’envie que je lui inspire. Quand notre baiser prend fin, son regard n’est que pur désir. Un désir brut et sauvage qui m’électrise totalement.

– Je peux t’assurer qu’après cette nuit, tu ne me confondras plus jamais avec Aïdan, lâche-t-il d’une voix rauque qui me fait frémir de plaisir. Je vais tellement te baiser que tu me supplieras d’arrêter…

Son arrogance m’excite autant qu’elle me hérisse. Ma réflexion au téléphone l’a visiblement vexé, et je ne peux m’empêcher d’y trouver un certain plaisir. Après trois semaines de silence et m’avoir posé un lapin, il mérite bien de ramer un peu. Beaucoup, même.

– J’ai très envie de jouer avec toi, je murmure en me mordillant les lèvres. Et toi, tu as envie de jouer avec moi ?

– Oh oui ! Je vais jouer avec toi toute la nuit, me promet-il d’une voix éraillée avant de me prendre par la main pour me guider vers la sortie. Et si tu es gentille, tu pourras aussi jouer avec moi…

Arrivée au vestiaire, je m’arrête pour récupérer mon sac et, pendant qu’il attrape ses clés de voiture, j’en profite pour demander à Cara – en toute discrétion – un petit accessoire qui va m’être bien utile pour jouer selon mes règles. Je le glisse ensuite dans mon sac et rejoins Luke qui m’attend un peu plus loin. Un sourire aguicheur ne quitte pas mon visage tout le long du trajet. Il s’agrandit même encore quand nous arrivons à notre destination.

Ce sera encore plus fun avec des témoins.

– Angie dort ici, ce soir, je l’informe en le suivant dans l’appartement de son ami Geoffrey, également futur époux de ma meilleure amie. J’ignorais que tu y avais une chambre…

– J’y ai une chambre réservée à chacun de mes séjours à Paris, précise-t-il en déposant une multitude de baisers dans mon cou. Je ne passe pas assez de temps en France pour avoir intérêt à y acquérir un appart…

Oh mon Dieu !

Quand il m’embrasse comme ça, j’ai presque envie d’oublier ma petite vengeance. Presque. Tandis que nous pénétrons dans sa chambre, il passe son bras autour de ma taille pour me serrer plus fort contre lui. Il porte toujours son jean et sa chemise. D’une main, je fais glisser ma robe au sol et lui ordonne de retirer ses vêtements. Il accepte avec un sourire. J’avale ma salive avec difficulté lorsqu’il se retrouve nu, me laissant apprécier son érection triomphante. Je lis dans ses yeux un désir si brut et si primaire que j’en ai le souffle coupé. Puis il m’attire brusquement contre lui.

– Justine… murmure-t-il en capturant ma bouche.

Son baiser est féroce. Je le lui rends avec un désir éperdu. Intense. Je ne veux plus rien d’autre que sentir ses mains sur moi. Rien d’autre que me perdre en lui. Je ne veux surtout pas qu’il s’arrête. Parce qu’il est le seul homme à me faire ressentir un plaisir aussi violent. Je sens son sexe dur contre mon ventre. Quand sa bouche quitte la mienne, je suffoque alors qu’un grognement rauque et sensuel s’échappe de ses lèvres.

Oh mon Dieu ! Je suis désespérément et follement excitée !

– Tu as toujours envie de jouer ?

Il me faut plusieurs secondes pour comprendre de quoi il parle.

– Ou tu préfères me laisser…

Je pose mon index sur sa bouche pour le faire taire. Luke aime dominer. Au lit. Et j’imagine que c’est également le cas dans la vie quotidienne. Mais je ne compte pas lui céder le contrôle, ce soir.

– Oui, j’ai toujours envie de jouer. Allonge-toi sur le lit.

Je file récupérer mon petit accessoire dans mon sac qui se trouve sur la commode, puis je retourne sur le lit. Je me positionne à califourchon au-dessus de lui en lui montrant ce que je cache dans mes mains.

– Des menottes ?!

Je vois tout de suite qu’il n’est pas emballé, alors pour le motiver, je me frotte langoureusement contre lui. Ma culotte ne tarde pas à être complètement trempée et nos gémissements résonnent bientôt dans la chambre. Haletante et tremblante de plaisir, je lui demande de se mettre sur le ventre pour que je puisse lui passer les menottes. Pendant un instant, je pense qu’il va refuser. Mais il finit par accepter et roule docilement face contre le matelas en me présentant ses poignets, que j’emprisonne dans les bracelets d’acier. Puis je dépose un baiser sur le tatouage qui couvre une grande partie de son dos. Avant qu’il n’ait le temps de réaliser, je saute ensuite du lit, attrape mes vêtements, mon sac et mes chaussures, et lui lance juste au moment de quitter la chambre :

– J’ai adoré jouer avec toi, Luke ! Je suis certaine que la partie se serait terminée différemment pour toi… il y a trois semaines. Sans rancune, mon lapin, hein ! À la prochaine !

Source : kobo.com

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Extrait ajouté par Ivynea 2021-05-09T16:02:47+02:00

J'essaue de lire l'heure sur ma montre, mais avec les mains menottées dans le dos, autant dire que c'est mission impossible. Je marche de long en large dans la chambre en l'attendant. J'ignore combien de temps je me balade à poil entre ces équestre murs tout en essayant de me dégager les mains des saletés de bracelet que Justine m'a offerts.

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Extrait ajouté par labibliothequedemarie 2020-11-28T15:10:33+01:00

« Elle n’est plus exclusivement cette femme qui m’a obsédé pendant des mois.

Maintenant, elle est aussi la femme qui porte mon enfant.

Et même si je ne l’ai pas voulu, pas souhaité, pas désiré...

un lien indéfectible nous lie à présent. »

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Extrait ajouté par labibliothequedemarie 2020-11-28T15:10:13+01:00

« Nous sommes un peu comme le Yin et le Yang, totalement opposés [...] »

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Extrait ajouté par labibliothequedemarie 2020-11-28T15:09:54+01:00

« - C’est de la folie...

- C’est logique, tu me rends fou ! »

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Extrait ajouté par LeslecturesdeMeg 2020-11-16T23:38:31+01:00

Si tu veux connaître un homme, n'écoute pas ce qu'il dit, mais regarde ce qu'il fait !

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Extrait ajouté par LeslecturesdeMeg 2020-11-16T23:37:26+01:00

Il n'y a rien de plus simple que le bonheur. Il n'y a rien de plus éphémère aussi.

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