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Le Livre de l'intranquillité



Description ajoutée par AprilDevil 2017-07-25T01:13:33+02:00

Résumé

Après le succès considérable de la première édition française, parue en deux volumes (1988 et 1992), puis de la seconde édition, intégrale, en un volume (1999), nous présentons aujourd'hui cette troisième édition, entièrement revue et corrigée, d'après le dernier état de l'édition portugaise (8e édition, 2009) publiée par Richard Zenith. Celui-ci a en effet introduit de nouvelles et nombreuses modifications, rectifiant ainsi les multiples erreurs de lecture qui entachaient l'édition portugaise originale (parue en 1982) ; figurent en outre dans le présent volume de nombreux inédits retrouvés par Richard Zenith depuis la première publication au Portugal.

L'ordre des textes adopté ici, comme auparavant dans la seconde édition, diffère de l'ordre suivi dans la première édition, pour obéir à une organisation thématique, mais plus dynamique et plus fidèle, dans la mesure du possible, à la chronologie des différents fragments.

Enfin, la traduction proprement dite a fait à son tour l'objet d'une nouvelle révision approfondie par la traductrice elle-même, qui s'est efforcée de rendre, avec le maximum de transparence, la force poétique et dramatique de ce texte, l'un des chefs-d’œuvre de la littérature du XXe siècle.

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Classement en biblio - 56 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par AprilDevil 2017-07-25T02:03:22+02:00

« Je me cherche – et ne trouve rien. Je veux, et ne peux pas. (…) Maître du monde en moi, comme autant de domaines que je ne puis emporter avec moi. »

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Diamant

« Le livre de l’intranquillité » fait partie de ces ouvrages qui se vivent plus qu’ils ne se racontent. Ni les quatrièmes de couverture, ni les critiques ne pourront se targuer de transmettre justement au « néo-lecteur » la foule d’impressions vagues et de contradictions que la plume de Pessoa vient éveiller. Pourtant, j’ai envie d’essayer d’en parler, ne serait-ce que pour fixer dans ma mémoire cette pluie d’émotions qui m’a traversée pendant ma lecture.

Et ce fut une lecture ardue ! C’est sans conteste un des ouvrages les plus complexes qu’il m’ait été donné de lire dans ma courte carrière de lectrice. La lecture est douloureuse. Tant à cause du fond que de la forme. Ici, pas d’histoire au sens romanesque du terme : pas d’action, pas de rebondissements ni même de chapitres. « Le livre de l’intranquillité » est avant tout une mosaïque de fragments. Ces fragments, ce sont ceux qui dessinent le paysage intérieur du narrateur, Bernardo Soares. On se perd, pour le meilleur et pour le pire, dans le dédale de sa psyché.

Les points de convergence de ces mille et une réflexions ? En premier lieu, l’absurdité du monde. Mais aussi l’insatisfaction chronique, la perte de soi-même, l’impossibilité de la relation à autrui, la fuite du temps, ou encore l’impuissance créatrice. En émerge une philosophie atypique, qui place le renoncement au centre de tout et promeut la fuite dans le rêve et en soi-même, seul moyen d’échapper aux tourments d’une pensée qui marche dans sa cage sans jamais s’arrêter. Le narrateur cultive son jardin intérieur, car il constitue la seule réalité qui ait du sens à ses yeux.

C’est si beau. A titre personnel, je hais le défaitisme. J’ai été de nombreuses fois en désaccord avec le narrateur. Mais comment ne pas comprendre son ressenti ? Pendant les 100 premières pages du livre, je me suis spontanément identifiée à lui tant mon ressenti était en adéquation parfaite avec le sien. Malgré les nombreux points de divergence de nos philosophies, je ne peux m’empêcher d’éprouver une esquisse d’empathie pour lui. Bernardo Soares, c’est un peu le reflet de cette menace qui nous guette tous : un détachement complet du monde, qui mène au point de non-retour. A savoir, un auto-bannissement du monde des Hommes et un exil intérieur perpétuel. Le narrateur pense trouver ainsi la véritable liberté, mais la liberté est-elle encore chérissable si c’est une liberté sans but ni certitude ?

Au-delà de ça, cette production artistique est une perle dans le choix des mots, la pertinence des images et l’articulation poétique des phrases. Stylistiquement parlant, c’est un véritable choc. Quelle puissance, quelle habileté dans l’art d’aligner les perles sur un fil… On n’en ressort ni indifférent, ni indemne, mais comme abîmé.

Ce livre - ou plutôt « non-livre » comme il est souvent très justement nommé – avec ces quelques 560 pages en grand format, a mobilité mon esprit pendant plus d’un mois et demi. Un véritable voyage, de ceux qui marquent une vie !

Je crois qu’il mérite amplement le titre de chef d’œuvre.

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Commentaires récents

Diamant

Cet ouvrage est celui de "l'universelle douleur de vivre", que Fernando Pessoa a su décrypter mieux que quiconque. Pour ce qui est de la forme, il se présente comme le collationnement de méditations recueillies sur plusieurs années et publiées à titre posthume, tardivement en France. En faire le résumé serait une gageure et ne pourrait être que mauvais plagiat. La prudence et l'humilité commandent de s'en prémunir. Aussi me suis-je concentré sur l'intention de son auteur à m'interpeler, moi lecteur d'un autre temps.

Littérature, "mariage de l'art et de la pensée". Le livre de l'intranquillité en est la plus évidente démonstration. Il m'a fait découvrir un auteur, un poète, un homme capable de mettre en mots et en images les pensées qui, à un moment ou un autre, ont aussi occupé et occupent encore mon esprit et que je ne saurais quant à moi traduire. Il m'implique de cette manière. Je sens bien que le présent qu'il ne vivait qu'en rêve était tourné vers un avenir dont je fais partie, et d'autres après moi. Un livre pour la postérité habitée par d'autres "moi", tant que le monde sera. Il réalise sous mes yeux son voeu le plus cher : "Être plus vivant une fois mort que de son vivant."

"Le seul lien de communication tolérable est la parole écrite, parce que ce n'est pas une pierre d'un pont jetée entre les âmes, mais un rayon de lumière entre les astres."

Voilà donc le lien qui nous unit, lui et moi, par delà les âges, les langues, les condition et notoriété, ce rayon de lumière méprisant le temps qui borne nos vies aussi bien que notre enveloppe charnelle le fait de l'espace qu'elle englobe par tous ses sens. Lui et moi, victimes du même processus qui de la substance périssable d'un organe fait surgir des pensées. Lui et moi, respirant du même souffle dans l'atmosphère spirituelle des vivants et des morts.

"Je voudrais que la lecture de ce livre vous laisse l'impression d'avoir traversé un cauchemar voluptueux."

Les réflexions de Fernando Pessoa, je les ai entendues plus que je ne les ai lues. Comme dictées d'en-haut. Elles m'ont fait découvrir un auteur fabuleux dont la traduction française de son nom est Personne. Clin d'oeil du destin, car voilà un homme qui s'est étourdi à nier la Personne qu'il était pour ne devenir plus personne. À la fois rentré en lui-même et dissout dans les autres. Clin d'oeil de la langue française qui au même substantif associe la personne et son absence.

"Parfois je songe, avec une volupté triste, que si un jour, dans un avenir auquel je n'appartiendrai plus, des louanges viennent prolonger la vie de ces pages, j'aurai enfin quelqu'un qui me "comprenne", une vraie famille où je puisse naître et être aimé."

Est-ce comprendre Fernando Pessoa que de s'associer à ses interrogations ? Cela me confère-t-il la prérogative de faire partie de cette famille dans laquelle il voulait naître ? Une chose est certaine, les louanges qu'il appelle de ses voeux, je ne peux que m'y adonner tant je reste subjugué par son génie de la métaphore à dresser les tableaux impressionnistes de ses explorations intimes. Tout en se défendant de faire de la poésie, car il est "de la prose qui danse, qui chante, qui se déclame elle-même."

Sauf à vivre comme les animaux, guidés par leurs instincts, sans pensée ni réflexion, voilà un ouvrage auquel nul ne peut rester insensible. Un ouvrage exigeant, tant il condense dans ses surprenantes divagations le désarroi du vivant devant l'absurde de sa condition, à ne savoir répondre qu'à la seule question : pourquoi la vie ?

Point de réponse de la part des religions. Elles ne font "qu'emplirent les âmes du vide du monde". Point de recours en Dieu qui n'est qu'un "créateur d'impossibilités".

Ouvrage essentiel et inutile à la fois. Essentiel parce qu'il brise la solitude des hommes en les associant aux mêmes interrogations. Inutile parce que ces dernières restent et resteront sans réponse. Mais ouvrage indispensable quand même, car le savoir-dire, en choeur, est un immense soulagement du coeur pour tous ceux qui comme moi restent silencieux à ne savoir dire la souffrance du vivant.

"Mais tout est absurde, et c'est encore rêver qui l'est le moins."

L'homme dans l'absurde de sa condition. A l'instar d'un Albert Camus vingt ans plus tard. Un cri à l'écho du monde, contre le mutisme de la résignation. Rêver, rêver encore et toujours. Nous ne sommes que ce que nous rêvons. Pessoa n'a fait que simuler sa vie, son esprit était ailleurs, à fouiller son âme comme le télescope scrute les trous noirs de l'univers, à écouter dans l'ennui la "sourde poésie de l'âme". Allégories sublimes qui font de lui un porte-parole de choix pour l'espèce affublée de la douleur de penser.

"Le Moi lui-même, celui qui appartient à chacun de nous, est peut-être une dimension divine."

Ouvrage d'un homme qui a pour patrie sa langue et s'épuise à ne savoir se situer entre l'être et le non-être, entre le moi et les autres, entre le tout et le néant. Entre tout et son contraire. Concept globalisant jusqu'à faire du Moi une composante de Dieu. La majuscule sied alors aux deux. Et pourquoi pas décréter la mort de Dieu, Nietzsche a bien osé.

Ouvrage de référence, intemporel, d'une mélancolie lumineuse et envoutante, qui nous fait souffrir par sympathie, au fond de cet "asile de fous" qu'est notre âme.

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Diamant

Une merveille ! Un voyage ! Une métaphore vivante.

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Diamant

« Le livre de l’intranquillité » fait partie de ces ouvrages qui se vivent plus qu’ils ne se racontent. Ni les quatrièmes de couverture, ni les critiques ne pourront se targuer de transmettre justement au « néo-lecteur » la foule d’impressions vagues et de contradictions que la plume de Pessoa vient éveiller. Pourtant, j’ai envie d’essayer d’en parler, ne serait-ce que pour fixer dans ma mémoire cette pluie d’émotions qui m’a traversée pendant ma lecture.

Et ce fut une lecture ardue ! C’est sans conteste un des ouvrages les plus complexes qu’il m’ait été donné de lire dans ma courte carrière de lectrice. La lecture est douloureuse. Tant à cause du fond que de la forme. Ici, pas d’histoire au sens romanesque du terme : pas d’action, pas de rebondissements ni même de chapitres. « Le livre de l’intranquillité » est avant tout une mosaïque de fragments. Ces fragments, ce sont ceux qui dessinent le paysage intérieur du narrateur, Bernardo Soares. On se perd, pour le meilleur et pour le pire, dans le dédale de sa psyché.

Les points de convergence de ces mille et une réflexions ? En premier lieu, l’absurdité du monde. Mais aussi l’insatisfaction chronique, la perte de soi-même, l’impossibilité de la relation à autrui, la fuite du temps, ou encore l’impuissance créatrice. En émerge une philosophie atypique, qui place le renoncement au centre de tout et promeut la fuite dans le rêve et en soi-même, seul moyen d’échapper aux tourments d’une pensée qui marche dans sa cage sans jamais s’arrêter. Le narrateur cultive son jardin intérieur, car il constitue la seule réalité qui ait du sens à ses yeux.

C’est si beau. A titre personnel, je hais le défaitisme. J’ai été de nombreuses fois en désaccord avec le narrateur. Mais comment ne pas comprendre son ressenti ? Pendant les 100 premières pages du livre, je me suis spontanément identifiée à lui tant mon ressenti était en adéquation parfaite avec le sien. Malgré les nombreux points de divergence de nos philosophies, je ne peux m’empêcher d’éprouver une esquisse d’empathie pour lui. Bernardo Soares, c’est un peu le reflet de cette menace qui nous guette tous : un détachement complet du monde, qui mène au point de non-retour. A savoir, un auto-bannissement du monde des Hommes et un exil intérieur perpétuel. Le narrateur pense trouver ainsi la véritable liberté, mais la liberté est-elle encore chérissable si c’est une liberté sans but ni certitude ?

Au-delà de ça, cette production artistique est une perle dans le choix des mots, la pertinence des images et l’articulation poétique des phrases. Stylistiquement parlant, c’est un véritable choc. Quelle puissance, quelle habileté dans l’art d’aligner les perles sur un fil… On n’en ressort ni indifférent, ni indemne, mais comme abîmé.

Ce livre - ou plutôt « non-livre » comme il est souvent très justement nommé – avec ces quelques 560 pages en grand format, a mobilité mon esprit pendant plus d’un mois et demi. Un véritable voyage, de ceux qui marquent une vie !

Je crois qu’il mérite amplement le titre de chef d’œuvre.

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Date de sortie

Le Livre de l'intranquillité

  • France : 1988-05-01 - Poche (Français)

Activité récente

CecileM l'ajoute dans sa biblio or
2018-08-30T16:18:57+02:00

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