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— Le mariage ne m’intéresse pas. Je souhaite, tout comme vous, me consacrer à la nature et à la science.

— Alors, vous vous retrouverez vieille fille et esseulée. Est-ce réellement ce que vous voulez, Jude ?

— C’est pourtant ce que vous êtes… marmonnai-je entre mes dents, pour être certaine qu’il ne puisse pas entendre.

Mais son regard noir attesta tout le contraire. Je posai la main sur ma bouche, les joues écarlates.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:14:33+02:00

Avec les ténèbres venait sans cesse l’angoisse du retour des crises de somnambulisme. Les cinq mois passés sur les océans m’avaient paru longs, mais curieusement, ce furent aussi mes sommeils les plus calmes depuis de nombreuses années. Oncle Graham avait pourtant eu peur que je me lève dans la nuit pour sauter du pont. Bien qu’il ne m’en eût pas touché mot, je savais qu’il avait demandé à Stuley de veiller à ce que cela n’arrive pas. À chaque fois qu’un matelot prenait son quart, il avait pour ordre de surveiller mes faits et gestes. Mais, malgré toutes ces précautions, je ne fis aucune crise durant la traversée. Je semblais plus tranquillisée en mer que sur terre…

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:13:59+02:00

— Mon cher Peacock, vous avez du souci à vous faire ! Votre nièce est tout à fait charmante, mais je crains qu’il ne nous faille embaucher deux gardes du corps supplémentaires pour la protéger…

— Oh, mais ne vous inquiétez pas, Flemming, le rassura Graham avec un sourire guindé. Comme les roses de ce jardin, Jude possède des épines cachées…

— Voyez-vous cela ! Est-ce vrai, miss Guilty ?

Je ris et opinai.

— Flemming, je ne devrais pas vous le dire, mais comme nous sommes loin des convenances anglaises et que nous allons suivre cette excursion ensemble pendant plusieurs mois, je dois vous avouer que j’ai donné des cours d’escrime à ma nièce.

Orpha grimaça et lord Flemming m’examina attentivement.

— Vraiment ?

— Tout à fait, continua mon oncle. Ici, Judith sera plus mon assistante que ma nièce, mais je tiens beaucoup à elle. C’est pour cela que j’ai décidé de lui apprendre cet art destiné aux hommes. Ainsi, elle sera capable de se défendre seule, le cas échéant, naturellement.

Graham lui avait menti en ne lui dévoilant pas la véritable raison de son enseignement, mais c’était préférable.

— C’est scandaleux ! aboya Orpha. Et où est donc son chaperon ? Une demoiselle de bonne famille ne doit pas se déplacer sans chaperon ! C’est indispensable !

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:13:10+02:00

Triplicane, sublime quartier de Madras… Ici, les colonisateurs nostalgiques avaient restitué une partie de l’Angleterre. Les avenues étaient larges, rectilignes, bordées d’arbres choisis avec soin. Les habitations ressemblaient à des temples athéniens, aux façades blanchies par la chaux et exposant d’immenses colonnes doriques, ioniques ou corinthiennes. Les pelouses verdoyantes et entretenues tapissaient les vastes entrées encadrées de buissons fleuris, de bégonias, de jasmins et de géraniums. Dans ce quartier, la poussière propre aux rues des indigènes semblait étrangement bannie.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:12:49+02:00

J’imaginais que Stuley avait raison, cette culture allait me perturber, m’effrayer, sans doute. Je ne m’attendais pas à y être exposée aussi brutalement. Après tout, je n’avais jamais quitté l’Angleterre. Me raccrocher à ce que je connaissais, puis lâcher prise au fur et à mesure me paraissait être la meilleure solution pour m’acclimater. Mais allais-je y arriver ?

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:12:39+02:00

— Comme chaque année depuis que je le dirige, ce navire repartira dans six semaines, le dernier dimanche de mai, juste avant la mousson dans le Tamil Nadu. Si vous êtes toujours en vie d’ici là, retrouvez-moi.

Je lui jetai un regard en biais, interdite. Le timbre de sa voix avait subitement pris une tournure plus suave.

— Vous retrouver ?

— Votre… hésita-t-il. Votre nature… Euh… atypique a éveillé en moi une certaine curiosité pour votre personne.

Sa franchise me laissa coite.

— Et je vous promets également de me montrer plus courtois à l’avenir, continua-t-il.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:12:12+02:00

Le lendemain, aux aurores, Madras ouvrit son bras de mer pour nous accueillir. Colonnes blanches, balustrades en marbre, jardins de roses, gardénias, figuiers sacrés, tamarins et cardamome, mes sens furent aussitôt sollicités. De la rade, il me sembla que les épices d’Orient voulaient déjà m’offrir leurs parfums capiteux.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:12:04+02:00

Je me surpris à rêver de cet endroit, comme si j’y étais. Au fond de moi, j’éprouvais le désir de suivre la route des hindous et de contempler du haut de cette cime l’éveil de la campagne luxuriante, d’écouter le chant des oiseaux exotiques et le murmure du vent matinal dansant dans mes cheveux.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:11:39+02:00

J’avais dénombré pas moins de trois espèces de dauphins et deux de baleines au large des îles Canaries. Plus tard, l’observation de la côte africaine, à l’aide de la longue-vue subtilisée à mon oncle, m’avait également permis d’identifier une variété considérable de volatiles, dont certains, migrateurs, commençaient à se rassembler pour s’envoler en direction de l’Europe.

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Extrait de Le manuscrit proscrit de Nur Jahan ajouté par ilovelire 2016-06-30T11:11:31+02:00

Si le tumulte de l’orage n’avait pas été aussi assourdissant et la pluie torrentielle, j’aurais sans doute apprécié la solennité de cet endroit. Jadis, la pointe méridionale du continent africain, et trente miles plus loin le cap de Bonne-Espérance, avaient été franchis par les navigateurs portugais. Par curiosité, j’aurais aimé suivre du regard la silhouette de ces promontoires rocheux avec la même ferveur que Vasco de Gama et Bartolomeu Dias en leur temps. Ce fut malheureusement la tempête qui m’en dissuada.

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