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Charles fit alors demi-tour, regarda l’Irminsul une ultime fois puis cria à l’attention de ses hommes :

- Débitez-moi ce frêne, et brûlez-le !

On entendit une vague de cris parmi les Saxons. Nombreux furent les hommes à tenter de se débattre, mais ils furent immédiatement mis au tapis par des soldats Francs qui s’assuraient que tout le monde resterait bien sage. Le chef des Saxons, lui, regarda Charles sans broncher.

Il ne broncha pas quand il vit des Francs élaguer les branches de son arbre sacré, ni quand il les vit le tailler en morceaux. Encore moins lorsque le feu fut mis à ces morceaux et que l’Irminsul, l’arbre le plus sacré des Saxons, fut en passe d’être réduit à un tas de cendres.

Lambert s’était approché de Marcomir alors que le majestueux Irminsul était en flammes. Le regard de Lambert était triste : il regardait ces gens, ces inconnus qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam… et pourtant, lui et les siens étaient là à les dominer et à leur faire du mal. Lambert voyait des hommes pieux effondrés, pleurant leur arbre, sanglotant d’adoration, le cœur brisé. Un autre tenta de se jeter sur l’arbre pour éteindre le feu : un soldat franc lui asséna un coup de poing dans le ventre qui l’envoya à terre.

Marcomir avait remarqué le regard de son ami, et avait cru bon de se pencher pour lui murmurer à l’oreille :

- Détends-toi, Lambert… leurs faux dieux ne vont rien nous faire, puisqu’ils n’existent pas ! C’est juste un arbre en feu…

Le feu se poursuivit pendant un long moment.

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Il fut demandé aux paysans de faire une file, en face d’une autre file composée des soldats. Il y aurait ainsi une vingtaine de duels, opposant chaque fois un soldat de métier aguerri et un paysan novice, afin de voir ce qu’ils étaient déjà capables de faire.

Bien évidemment, les paysans subirent tous une défaite cinglante, bien peu réussissant à toucher leur adversaire ne serait-ce qu’une fois. Seul Lambert parvint à se distinguer un tant soit peu, grâce aux bases qu’il avait reçues de Marcomir, en parvenant à frapper son adversaire en plein visage avec son épée en bois. Mais l’adversaire, s’il avait été surpris, n’en avait que redoublé de fougue et de force et avait envoyé Lambert au tapis après lui avoir asséné un violent coup dans le bas-ventre.

Mérogaise avait regardé tous les combats sans mot dire. Lorsque le dernier paysan s’écroula à terre, il frappa les mains l’une contre l’autre trois fois puis s’écria :

- Je m’attendais à pire ! Mais il y a quand même beaucoup de travail…

Il dit ensuite aux paysans que leur entrainement commencerait véritablement le lendemain matin, et que d’ici là ils avaient quartier libre pour se familiariser avec la ville et le camp. Après quelques instants, les soldats s’éparpillèrent, retournant vaquer à leurs occupations, à l’exception de Marcomir qui s’avança vers Lambert.

- Pas mal du tout ! Je ne m’attendais pas à ce que tu réussisses à lui mettre ton épée sur la gueule. Si cela avait été un vrai combat, tu lui aurais au moins tranché le nasal ! Comme quoi, tu comprends qu’il ne faut jamais sous-estimer un adversaire…

- Il m’a quand même envoyé au tapis assez facilement, admit Lambert d’une voix gênée.

- Tu n’as pas de honte à avoir : tu es le seul à avoir réussi à toucher ton adversaire ! Avec l’expérience et la pratique, tu deviendras un bon combattant, j’en suis sûr. Il y a peut-être même moyen que tu survives, après tout !

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La traque fut longue, très longue. Pendant plus d’un mois, les quatre Francs descendirent de plus en plus au sud, cherchant Gerberge. Parfois, ils tombaient sur un paysan qui leur disait les avoir vus passer, ce qui les rassurait quant au chemin qu’ils avaient choisi d’emprunter.

À la sortie de Samoussy, le petit groupe était descendu au sud, vers Reims. Les poursuivants de la reine étaient ensuite descendus encore plus au sud, passant par la Champagne, jusqu’à arriver à Troyes puis à Auxerre ; ils avaient ensuite appris d’un aubergiste local que Gerberge avait bifurqué vers le sud-est. Ils passèrent à Châlons-sur-Saône puis gagnèrent le lac Léman, où ils traversèrent Genève. De là, ils continuèrent encore quelques jours sur les pas de Gerberge, et arrivèrent finalement devant les Alpes. Devant l’épais massif montagneux, les quatre hommes s’arrêtèrent un instant pour contempler le paysage splendide.

- Notre route s’arrête ici, fit platement Ragenfred.

Les trois autres Francs le regardèrent, stupéfaits.

- Hein ?! finit par éclater Marcomir.

- Nous sommes à la frontière. Si nous continuons à descendre au sud, nous arriverons au royaume des Lombards.

- Et alors ?

- Si Gerberge a fui jusqu’en Lombardie, cela ne doit pas être un hasard. Probablement les Lombards l’attendaient-ils. Peut-être est-ce même eux qui ont fait assassiner Carloman, afin que Charles règne sur tous les Francs ? Après tout, le roi des Lombards est le beau-père du roi Charles… Il a tout intérêt à ce que son beau-fils hérite de tout le royaume franc ! Quant à Gerberge, ils lui ont peut-être promis l’asile…

Un silence s’installa parmi les hommes. Lambert et Nebigast contemplaient les Alpes, qu’ils trouvaient majestueuses et n’auraient jamais pensé voir un jour.

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