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Es-tu prête?

-Oui

Une esquisse de sourire traversa le visage ridé d'Ehrlime.

-Qu'y a-t-il au sommet de la montagne ?

-Le ciel.

-Que dit le loup quand il hurle ?

-Joie, force et solitude.

-À qui s'adresse-t-il ?

-À la lune.

-Où va la rivière ?

L'anxiété d'Ellana s'était dissipée. Les questions d'Ehrlime étaient trop imprévues, se succédaient trop rapidement pour qu'elle ait d'autre solution qu'y répondre ainsi qu'on le lui avait demandé. Impossible de tricher. Cette évidence se transforma en une onde paisible dans laquelle elle s'immergea, laissant Ehrlime remonter le cours de ses mots jusqu'à son âme, puisque c'était ce qu'elle désirait.

-Remplir la mer.

-À qui la nuit fait-elle peur ?

-À ceux qui attendent le jour pour voir.

-Combien d'hommes as-tu déjà tués ?

-Deux.

-Es-tu vent ou nuage ?

-Je suis moi.

-Es-tu vent ou nuage ?

-Vent.

-Méritaient-ils la mort ?

-Je l'ignore.

-Es-tu ombre ou lumière ?

-Je suis moi.

-Es-tu ombre ou lumière ?

-Les deux.

-Où se trouve la voie du marchombre ?

-En moi.

Ellana s'exprimait avec aisance, chaque réponse jaillissant d'elle naturellement, comme une expiration après une inspiration. Fluidité. Le sourire sur le visage d'Ehrlime était revenu, plus marqué, et une pointe de jubilation perçait dans sa voix ferme.

-Que devient une larme qui se brise ?

-Une poussière d'étoiles.

-Que fais-tu devant une rivière que tu ne peux pas traverser ?

-Je la traverse.

-Que devient une étoile qui meurt ?

-Un rêve qui vit.

-Offre-moi un mot.

-Silence.

-Un autre.

-Harmonie.

-Un dernier.

-Fluidité.

-L'ours et l'homme se disputent un territoire. Qui a raison ?

-Le chat qui les observe.

-Marie tes trois mots.

-Marchombre.

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Plongée dans un état second, Ellana avança jusqu'au bassin. L'eau était claire pourtant le fond restait invisible, trop lointain pour que le regard traverse les reflets miroités qui le dissimulaient.

Elle mit un pied dans l'eau, sursautant sous l'inattendue morsure de sa fraîcheur. Pour la première fois, elle marqua un temps d'hésitation.

Une voix s'éleva alors du bassin, au diapason parfait du Murmure qui vibrait en elle. Un peu plus grave, aussi sereine et, bien qu'incompréhensible, aussi limpide de sens.

-Qui es-tu?

Ellana n'hésita pas.

-Il y a deux réponses à cette question comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète.

-Celle du savant.

-Je suis marchombre.

-Celle du poète.

-Je suis marchombre.

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"- Maman, pourquoi les nuages vont dans un sens et nous dans l’autre ?

Isaya sourit, caressa la joue de sa fille du bout des doigts.

- Il y a deux réponses à ta question. Comme à toutes les questions, tu le sais bien. Laquelle veux-tu entendre ?

- Les deux.

- Laquelle en premier alors ?

La fillette plissa le nez.

- Celle du savant.

- Nous allons vers le nord parce que nous cherchons une terre où nous établir. Un endroit où construire une belle maison, élever des coureurs et cultiver des racines de niam. C’est notre rêve depuis des années et nous avons quitté Al-Far pour le vivre.

- Je n’aime pas les galettes de niam…

- Nous planterons aussi des fraises, promis. Les nuages, eux, n’ont pas le choix. Ils vont vers le sud parce que le vent les pousse et, comme ils sont très très légers, ils sont incapables de lui résister.

- Et la réponse du poète ?

- Les hommes sont comme les nuages. Ils sont chassés en avant par un vent mystérieux et invisible face auquel ils sont impuissants. Ils croient maîtriser leur route et se moquent de la faiblesse des nuages, mais leur vent à eux est mille fois plus fort que celui qui souffle là-haut.

La fillette croisa les bras et parut se désintéresser de la conversation afin d’observer un vol de canards au plumage chatoyant qui se posaient sur la rivière proche. Indigo, émeraude ou vert pâle, ils se bousculaient dans une cacophonie qui la fit rire aux éclats. Lorsque les chariots eurent dépassés les volatiles, elle se tourna vers sa mère.

- Cette fois, je préfère la réponse du savant.

- Pourquoi ? demanda Isaya qui avait attendu sereinement la fin de ce qu’elle savait être une intense réflexion.

- J’aime pas qu’on me pousse en cachette."

[Le pacte des marchombres, Ellana, Enfance, chapitre 1]

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Il lui souleva le menton, l'obligeant à le regarder dans les yeux.

- N'oublie jamais, celui qui croit savoir n'apprend plus.

Cette première leçon se grava en lettres de feu dans la mémoire d'Ellana.

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"-Tu reviendras quand ?

- Il y a deux réponses à ta question. Comme à toutes les questions, tu le sais bien. Je commence par laquelle?

A l'extérieur, un bruit terrifiant s'éleva. Le bruit des armes qui s'entrechoquent, fendent la chair, donnent la mort.

La fillette tressaillit mais sa mère, en lui caressant la joue, réussit à l'enfermer dans l'univers de son regard.

- Laquelle?

- Celle du savant.

-Je ne reviendrais peut être jamais, ma princesse.

- Elle est nulle cette réponse. Donne moi celle du poète.

Isaya se pencha pour lui murmurer à l'oreille.

- Je serai toujours avec toi. Où que tu te trouves, quoi que tu fasses, je serai là. Toujours.Elle avait placé la main sur sa poitrine.

La petite la regarda avec attention.

- Dans mon cœur?

-Oui.

-D'accord.... "

[Le pacte des marchombres, Ellana, Enfance, chapitre 2]

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Tout parle à qui sait lire, voir et écouter.

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Force lumineuse et bienveillante

Gratitude infinie pour celui qui guide

Respect

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"Nillem ne répondit pas. Du bout des doigts, il chassa la mèche sombre qui barrait le front d'Ellana. Il caressa le velour de sa joue, frôla une veinne qui palpitait follement sur son cou, approcha ses lèvres...

- Tu... Je... balbutia-t-elle

- Je l'emporte toujours, lui murmura-t-il à l'oreille d'une voix douce.

Ellana avait l'impression que ses muscles étaient devenus du coton. Elle mourrait d'envie que la bouche de Nillem se pose sur la sienne et redoutait par dessus tout qu'elle le fasse. Elle aurait voulu être à des milliers de kilomètres de là, et pourtant son bondissait à l'idée de se blottir contre lui. Elle glissa une main hésitante derrière sa nuque, l'attira vers elle...

- Toujours, répéta-t-il dans un souffle.

Ce fut le mot de trop.

La caresse d'Ellana devint prise de combat. Profitant de l'effet de surprise elle le fit basculer en arrière et le cloua au sol d'une clef imparable.

- Non, pas toujours ! s'exclama-t-elle.

La tension qui avait noué son corps s'évacua d'un seul coup et elle éclata de rire. Un rire haut et clair.

Libre.

Le nez dans les cailloux, Nillem mit quelques secondes à l'imiter. Lorsqu'elle le lâcha, il se massa l'épaule, simulant une douleur terrible.

- Tu as triché, gémit-il.

- C'est toi qui as commencé.

Il redevint sérieux.

- Tu n'avais pas envie que... je t'embrasse.

Ellana laissa flotter sur ses lèvres un sourire ambigu.

- Il y a deux réponses à cette question, comme à toutes les questions. Celle du savant et celle du poète.

- Et ?

- Et ce soir, Je ne te donnerais ni l'une ni l'autre. "

Ellana

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« Beauté du geste libre.

Supériorité de l’esprit sur la force.

Rire. »

[Le pacte des Marchombres, Ellana, p 425]

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Limites sans cesse repoussées,

Plaisir infini,

Ecriture.

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