Ajouter un extrait
Liste des extraits
En même temps s’endormait aussi le Grenouille extérieur, sur sa couverture de cheval. Et son sommeil était d’une profondeur aussi vertigineuse que celui du Grenouille intérieur, car les travaux herculéens et les excès de celui-ci n’avaient pas moins épuisé celui-là : car enfin ils ne faisaient qu’une seule et même personne. Lorsqu’il se réveillait, toutefois, ce n’était pas dans le salon pourpre de son château pourpre, derrière ses sept murailles, ni dans les campagnes printanières et parfumées de son âme, c’était tout bonnement dans le réduit de pierre au bout du tunnel, sur la dure et dans le noir. Et il avait la nausée, tant il avait faim et soif, et il frissonnait et se sentait aussi mal qu’un alcoolique invétéré après une nuit de bringue. A quatre pattes, il sortait du boyau
Afficher en entierLe succès a la puissance et l'évidence d'un phénomène de la nature.
Afficher en entierIl baignait dans sa propre existence, que rien ne distrayait plus d'elle-même, et il trouvait cela magnifique.
Afficher en entier«Le talent n’est presque rien et l’expérience est tout, que l’on acquiert à force de modestie et de travail.»
Afficher en entier" Pendant des millénaires, les hommes s'étaient contentés d'encens et de myrrhe, de quelques baumes et huiles, et d'aromates séchés. Et même quand ils eurent appris à distiller dans des cornues et des alambics, à se servir de la vapeur d'eau pour arracher aux plantes, aux fleurs et aux bois leur principe odorant sous forme d'huiles éthériques, à extraire ce principe avec des pressoirs de chêne à partir des graines et des noyaux et des écorces de fruits, ou bien à le soustraire aux pétales de fleurs avec des graisses soigneusement filtrées, le nombre des parfums était encore demeuré modeste. En ces temps-là, un personnage comme Pélissier n'eût pas été du tout possible, car alors, rien que pour produire une simple pommade, il fallait des capacités dont ce gâcheur de vinaigre n'avait pas la moindre idée. Il fallait non seulement savoir distiller, il fallait être expert en onguents et apothicaire, alchimiste et préparateur, commerçant, humaniste et jardinier tout à la fois."
Afficher en entierIl aimait mieux laisser entière l'odeur de la mer, la conserver tout d'une pièce dans sa mémoire et en jouir sans partage. L'odeur de la mer lui plaisait tant qu'il souhaita l'avoir un jour dans tout sa pureté et en quantités telles qu'il puisse s'en soûler.
Afficher en entierCe parfum apothéotique, il entendait en laisser l'empreinte, comme avec un cachet, dans le fouillis de son âme noire, puis l'étudier minutieusement et dès lors se conformer aux structures internes de cette formule magique pour diriger sa pensée, sa vie, son odorat.
Afficher en entier[...] alors le flot de parfum devint une marée, elle le submergea de son effluve. Il fourra son visage sur sa peau et promena ses narines écarquillées de son ventre à sa poitrine et à son cou, sur son visage et dans ses cheveux, revint au ventre, descendit jusqu'au sexe, sur ses cuisses, le long de ses jambes blanches.
Afficher en entierElle ne voyait pas Grenouille. Mais elle éprouvait une angoisse, un étrange frisson, comme on en ressent lorsqu'on est repris d'une peur ancienne dont on s'était défait. Elle avait l'impression qu'il passait derrière son dos un courant d'air froid, comme si quelqu'un avait poussé un porte donnant sur une cave gigantesque et froide.
Afficher en entierIncompréhensible, ce parfum, indescriptible, impossible à classer d'aucune manière, de fait il n'aurait pas dû exister. Et cependant il était là, avec un naturel parfait et splendide. Grenouille le suivait, le cœur cognant d'anxiété, car il soupçonnait que ce n'était pas lui qui suivait le parfum, mais que c'était le parfum qui l'avait fait captif et l'attirait à présent vers lui, irrésistiblement.
Afficher en entier