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Liste des extraits

- Cette fois-ci, ce n'est pas vraiment ma faute, Louis. Je vous assure que...

- Mais ce n'est jamais vraiment votre faute! l'interrompit-il sur le ton du tendre reproche.

- Vous aussi vous avez remarqué?

Griffont retint un juron en surprenant une étincelle moqueuse dans l'oeil ambré de la baronne.

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« Aux olympiades de la mauvaise foi, après un triomphe, Isabel de Saint-Gil serait disqualifiée pour professionnalisme. »

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- Depuis combien de temps êtes-vous à mon service, Étienne?

- Cinq ans, Monsieur.

- Alors vous ne pouviez pas savoir.

- Quoi donc, Monsieur?

- D'abord que la baronne de Saint-Gil est mon épouse.

- Madame la baronne est... Madame?

- Oui. Par conséquent, vous n'avez pas à vous reprochezr de l'avoir fait entrer... Ensuite, l'auriez-vous voulu que vous n'y seriez pas parvenu. Pour arriver à ses fins, Madame sait se faire particulièrement... Comment dire?... Charmante.

- Je dirais même enchanteresse, glissa le chat-ailé.

- Très drôle, Azincourt...

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"La mémoire est un ciment solide. Si solide et durable que la nostalgie survit parfois longtemps à l'amitié. Elle peut même s'y substituer et nous tromper. Combien de fois nous sommes nous aperçus trop tard que rien ne nous attachait désormais à tel ou telle, sinon le souvenir d'une époque évanouie?

Quand cette idée frappe, douloureuse, le temps paraît faire un bond et nous nous découvrons subitement face à un étranger que les hardes de sentiments défunts ont cessé de déguiser.

Cela, plus que les ans, fait que l'on vieillit. L'âge est le catalogue de nos désenchantements intimes."

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Petit et rond, Maniquet était un pimpant vieillard affublé d’une spectaculaire paire de bacchantes blanches. Bien que membre à part entière du Cercle Cyan, il était en quelque sorte un mage à la retraite. Il ne pratiquait donc plus et consacrait ses journées à une science nouvelle, inutile, qu’il avait inventée et qui l’amusait fort : l’alchimie absurde. Celle-ci consistait à vaincre l’élasticité du caoutchouc, à rendre friable le diamant, à corrompre le bois pour qu’il ne flotte plus. Tout cela, naturellement, au terme de laborieuses recherches. Maniquet promettait d’atteindre un jour le but ultime : transformer l’or en plomb. Il avait cependant renoncé à créer l’antipierre philosophale, pourvoyeuse de l’ignorance absolue. L’essentiel de l’humanité se débrouillait très bien sans elle, et depuis longtemps.

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Ils remontèrent sans hâte le boulevard des Capucines, passèrent devant l’Opéra, poussèrent jusqu’à la rue Drouot et revinrent sur leurs pas. Tout du long, ils profitèrent sous les arbres du spectacle qu’offraient les façades des grands hôtels et des théâtres, les vitrines des magasins, les devantures des restaurants, des glaciers, des salons de thé, les terrasses bondées des cafés.

On se bousculait un peu, la douceur du soir ayant attiré du monde. Le canotier était de saison : il coiffait aussi bien certains messieurs que les demoiselles qui, la taille serrée, allaient par deux ou trois, joyeuses, en jupe légère et chemisier blanc. Les célibataires guettaient les sourires rendus. Des couples passaient, bras dessus, bras dessous. On croisait régulièrement de superbes uniformes crânement portés. Perchés sur les bancs, des mauvais garçons chahutaient, lorgnaient les jeunes filles, raillaient les bourgeois. Quelques agents, le bâton blanc à la ceinture et l’œil sombre sous la visière du képi, veillaient. Des bonimenteurs intéressaient des grappes de curieux. Certains vendaient des produits miracle : couteaux inusables, détachants universels, torchons imputrescibles ; d’autres proposaient des colifichets, des foulards et mouchoirs, des cravates par douzaines, des jouets en carton. Un marchand de coco, sa fontaine chromée sur le dos, faisait tinter les gobelets dans lesquels il servait son eau de réglisse. Régulièrement, les fiacres libéraient des élégantes et des hommes en habit noir qui disparaissaient sous la marquise d’un théâtre ou par la porte d’un restaurant.

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Originaires de l’Outre-Monde, les chats-ailés ne se contentent pas de parler. Ils sont savants, qualité qu’ils doivent à une longévité exceptionnelle et à une capacité unique : celle de s’imprégner de la matière des livres sur lesquels ils dorment. Des livres ou des journaux, ou encore de tout écrit, imprimé ou non, correspondance comprise.

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Là encore, la décoration intérieure était à la mesure des ornements extérieurs. Un opiomane fanatique du style rococo - et de surcroît hanté par des rêveries byzantines - semblait y avoir sévi en bénéficiant de crédits illimités. Où qu'on regarde, il était difficile de ne pas être ébloui par les ors, les miroirs et les turquoises.

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—Vous n'avez pas beaucoup changé, dit-elle pour l'épargner. Physiquement, je veux dire...

Flatté, il voulut jouer les modestes.

—Oh, j'ai pris un peu de ventre, tout de même...

—Non, non. Vous l'aviez déjà.

Et vlan, songea Griffont. Voilà pour ma pomme. L'œil noir, il gonfla sa joue de la langue et se le tint pour dit.

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Les contes d’autrefois, ainsi que les fabuleuses créatures qui les inspirèrent, ont une patrie. Cette patrie se nomme l’OutreMonde. Ne la cherchez pas sur une carte, même millénaire. L’OutreMonde n’est ni un pays, ni une île, ni un continent. L’OutreMonde est… un monde, ma foi. Là vivent les fées et les licornes, les ogres et les dragons. Là prospèrent des cités et des royaumes que nous croyons légendaires. Et tout cela, au fil d’un temps qui s’écoule autrement. Cet univers voisine avec le nôtre. Jadis, ils étaient si proches qu’ils se frôlaient parfois. Alors naissaient des passages fugitifs, des chemins de traverse déguisés, des ponts incertains jetés sur l’abîme qui, d’ordinaire infranchissable, sépare les mondes. Tel promeneur pouvait ainsi rencontrer, au détour d’un sentier perdu, une reine attristée caressant un grand cerf blanc dont une flèche perçait le flanc ; tel berger explorait une ravine et découvrait au-delà une vallée que la vengeance d’un sorcier condamnait à un hiver éternel ; tel chevalier solitaire passait, en quête de gloire, le rideau étincelant d’une cascade vers des régions inconnues où attendait l’aventure. Combien firent semblables expériences ? Combien de poètes et ménestrels contèrent ces voyages ? Assez pour être entendus, sans doute. Trop peu pour être crus. A l’époque déjà, les esprits sages niaient l’existence de l’OutreMonde et de ses prodiges. Et les mêmes, aujourd’hui, continuent doctement à vouloir peindre nos rêves en gris…

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