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Extrait ajouté par MelodyML 2015-07-08T22:53:24+02:00

Personne ne peut vivre privé de foie, de colère, de regret, de peur, d'amour, de haine ou de désir : ce sont les sept émotions qui font de nous des êtres humains.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:05:37+02:00

Je passai le mois suivant à éplucher mes douze éditions du Pavillon des Pivoines, puis à transcrire les notes que j’avais portées sur chacun de ces exemplaires dans les marges des deux volumes de l’édition originale que m’avait offerte ma future belle-sœur. Une fois ce travail terminé, je rassemblai autour de moi les livres de mon père et me plongeai dans leur étude. Au bout d’un autre mois, j’avais identifié tous les auteurs – à l’exception de trois d’entre eux – dont les textes avaient été pastichés dans le premier volume, ainsi que la plupart de ceux du second tome. Je ne cherchais pas à expliquer toutes les allusions, à faire des commentaires sur la musique ou la mise en scène, ni à comparer Le Pavillon des Pivoines à d’autres opéras. J’écrivais en caractères minuscules, insérant du mieux possible mes annotations entre les lignes du texte imprimé.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:05:14+02:00

Je me mis en route, tandis que la nuit s’étendait sur la contrée. Des lucioles voletaient autour de moi, éclairant ma route. Cela représentait un long trajet, d’autant que je n’étais pas aiguillonnée par la faim, cette fois-ci, et n’avais que mes regrets pour me tenir compagnie. Mes pieds étaient las, mes jambes et mes yeux douloureux lorsque le jour finit par pointer. J’atteignis la maison des Qian au moment où le soleil était à son zénith. Les deux filles aînées travaillaient en plein air, à l’ombre d’une bâche, surveillant de vastes plateaux où étaient disposés des vers à soie qui grignotaient des feuilles de mûrier fraîchement cueillies. Dans un hangar voisin, leurs deux sœurs cadettes lavaient les cocons dans l’eau bouillante, en compagnie d’une dizaine d’autres fillettes, avant d’en extraire puis d’enrouler les fils de soie. Madame Qian était à l’intérieur de la maison, en train de préparer le repas de midi. Yi, la fillette que j’avais vue toute petite dans les bras de sa mère, avait maintenant trois ans. Allongée sur une petite estrade en bois dans la pièce principale, où sa mère pouvait la surveiller, elle était d’une frêle constitution et d’une pâleur maladive. J’allai m’asseoir à côté d’elle. La voyant s’agiter, je posai la main sur sa cheville – ce qui lui fit émettre un petit rire. Il était peu probable qu’elle atteigne l’âge de sept ans.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:05:00+02:00

Je ne pouvais aller nulle part. J’étais seule et dépossédée de tout. Je n’avais pas la moindre broderie à faire et il y avait bien longtemps que je ne disposais plus de pinceaux, de papier ni d’encre pour écrire. Malgré ma faim, je n’avais strictement rien à manger. Je n’avais plus guère envie de meubler ces longues heures de solitude en observant le royaume terrestre, du haut de la Terrasse. Le spectacle de ma mère m’était pénible, car je ne voyais plus en elle que la souffrance qui la rongeait secrètement ; quant à mon père, il me rappelait que je n’avais jamais été aussi précieuse à ses yeux que je le croyais jadis. Lorsque je pensais à Ren, mon cœur se serrait de douleur. Privée d’amour et de toute relation, j’étais en proie à une solitude qu’aucun être humain et aucun esprit ne pouvaient connaître. Je passais des semaines entières à pleurer, à geindre et à soupirer : la mousson fut terrible cette année-là, dans ma province natale.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:04:44+02:00

Quand j’étais encore en vie, j’avais entendu raconter bien des choses, concernant l’au-delà : certaines se révélèrent exactes, d’autres non. Beaucoup de gens utilisent le terme de monde inférieur, mais je préfère celui d’au-delà, parce qu’il n’est pas exactement situé en dessous du monde des hommes, même si certaines de ses régions le sont. En dehors de toute considération géographique, l’endroit où je me trouvais désormais semblait bel et bien s’étendre au-delà – dans la continuité du monde des vivants. La mort ne met pas un terme aux liens qui nous unissent à notre famille et notre statut y reste le même. Si vous étiez un paysan sur terre, vous continuerez ici à travailler dans les champs ; si vous étiez propriétaire terrien, mandarin ou membre d’un cercle de lettrés, vous passeriez encore vos journées à lire, à écrire de la poésie, à boire du thé et à faire brûler de l’encens. Les femmes gardent les pieds bandés, elles restent soumises et obéissantes et s’occupent essentiellement des questions familiales ; les hommes ont toujours la charge du monde extérieur et arpentent le labyrinthe des ténèbres, allant de bureau en bureau pour plaider leur cause devant les juges infernaux.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:04:35+02:00

Je suis morte à la fin de la septième heure du septième jour du douzième mois, dans la troisième année du règne de l’empereur Kangxi, cinq jours exactement avant la date initialement prévue pour mon mariage. Durant les premiers instants qui suivirent mon trépas, les événements des dernières semaines m’apparurent dans une clarté aveuglante. De toute évidence, je n’avais pas eu conscience que j’étais en train de mourir, mais ma mère l’avait compris dès qu’elle avait mis les pieds dans ma chambre, alors qu’elle ne m’avait pas vue depuis un certain temps. Le jour où je m’étais rendue dans le pavillon du Printemps, mes cousines, mes tantes et les concubines avaient essayé de me faire manger, comprenant bien que je me laissais dépérir. Au cours des derniers jours, j’avais été obsédée par l’écriture de mes poèmes, comme Liniang l’avait été par l’exécution de son autoportrait. Je pensais que ces pages m’étaient dictées par l’amour, mais tout au fond de moi je devais savoir que j’allais mourir : il y a une grande marge entre ce dont notre corps a conscience et ce que notre esprit choisit de croire. Papa était venu me donner cette pivoine séchée parce que ma mort était imminente et que les convenances n’avaient dès lors plus d’importance. J’avais été heureuse d’apprendre que c’était mon poète qui m’était destiné, mais la mort était trop proche pour que je puisse inverser le processus et espérer me rétablir.

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Extrait ajouté par ilovelire 2018-07-15T23:04:19+02:00

Confucius a dit : Respectez les fantômes et les esprits, mais maintenez-les à distance. À l’occasion du Double Sept, les gens ne se souciaient plus des esprits ni des ancêtres : ils voulaient simplement s’amuser, profiter de la fête – qu’il s’agisse des jeux que nous avions organisés ou de l’opéra monté par mon père. Je m’étais changée, enfilant une tunique de soie vaporeuse sur laquelle étaient brodés deux oiseaux voletant au-dessus des fleurs – image pour moi du bonheur que j’éprouvais en compagnie de mon bel inconnu. Sous cette tunique, je portais une jupe de soie brochée, décorée d’une frise de fleurs de pommier qui mettait en valeur mes pieds bandés dans leurs chaussons de soie fuchsia. Des boucles d’or pendaient à mes oreilles et mes poignets étaient lourds des bracelets d’or et de jade que ma famille m’avait offerts au fil des années. Mes efforts de toilette n’étaient pas exagérés, car autour de moi les femmes et les jeunes filles avaient elles aussi revêtu leurs plus beaux atours ; et leurs bijoux tintaient lorsqu’elles traversaient gracieusement la pièce pour se saluer entre elles, de cette démarche ondulante qui les faisait ressembler à des lis inclinés sur leurs tiges.

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Extrait ajouté par NAAMASTE 2015-11-08T10:13:13+01:00

Les filles doivent être aussi délicates que des fleurs. Il importe qu’elles marchent avec élégance et se balancent avec la grâce d’un lys : c’est ainsi qu’elles deviennent plus précieuses que des joyaux.

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Extrait ajouté par NAAMASTE 2015-11-08T10:11:49+01:00

Avais-je perdu ma pureté en rencontrant un inconnu et en acceptant qu’il m’effleure avec les pétales d’une pivoine?

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Extrait ajouté par MelodyML 2015-07-08T22:50:30+02:00

Quand nous aimons, nous ne maîtrisons rien, notre coeur et notre esprit sont tourmentés, déchirés, attisés et attirés par le pouvoir stupéfiant des émotions qui tendent à nous faire oublier le monde réel.

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