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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

Il se sentait plus vieux d'au moins vingt ans, et plus petit de vingt centimètres, bombardé qu'il était depuis des heures par l'ardeur extérieure du soleil et l'ardeur intérieure de sa rage qui le liquéfiaient ou le ramollissaient , oui, c'était plutôt une impression de ramollissement qu'il avait, car il ne sentait déjà plus du tout l'humidité de la sueur ; il était ramolli et érodé, chauffé à blanc et écaillé comme un sphynx de pierre au bout de cinq mille ans ; et avant longtemps il serait totalement desséché et calciné et ratatiné et émietté, il tomberait en poussière ou en cendre, à cet endroit où il se tenait encore à grand-peine sur ses jambes, et n'y serait plus qu'un minuscule tas d'ordure, jusqu'à ce qu' enfin un coup de vent violent l'emporte, ou que la femme de ménage le balaye, ou que la pluie l'entraîne.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

Lorsque Jonathan eut ainsi compris que l'essence de la liberté humaine consistait en la jouissance d'un w.c. à l'étage et qu'il jouissait, lui, de cette liberté essentielle, il fut envahi d'un sentiment de profonde satisfaction.

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Extrait ajouté par Katikath 2016-03-17T23:01:54+01:00

Ce n'était pas sa chambre à lui! Ce n'est pas ta chambre, jamais de la vie! Dans ta chambre, la fenêtre se trouve au-dessus du pied de lit, et non comme ça, en haut, près du plafond. C'est...ce n'est pas non plus ta chambre chez ton oncle, c'est la chambre d'enfant dans la maison de tes parents, à Charenton...Non, ce n'est pas la chambre d'enfant, c'est la cave, oui, la cave, tu es dans la cave de la maison de tes parents, tu es un enfant, tu n'as fait que rêver que tu es devenu une grande personne, un vieux vigile répugnant, à Paris, mais tu es un enfant et tu es dans la cave de la maison de tes parents, et dehors c'est la guerre, et tu es prisonnier sous les décombres, et oublié. Pourquoi n'arrivent-ils pas? Pourquoi ce silence de mort? Où sont les autres hommes? Mon Dieu, où sont donc les autres hommes? je ne peux tout de même pas vivre sans les autres hommes!

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Extrait ajouté par Katikath 2016-03-17T22:45:52+01:00

Dès lors, dans l'âme de Jonathan,il n'y eut plus la moindre place pour un sentiment de jalousie envers le clochard. Si jusque là il avait encore, de temps à autre, senti poindre en lui un léger doute sur le sens qu'il pouvait y avoir pour un homme à passer un tiers de sa vie debout devant les portes d'une banque, en ouvrant parfois une grille et en saluant la limousine du directeur, toujours la même chose, en ayant peu de congés et un maigre salaire dont le plus clair filait aussitôt aux impôts, loyer et cotisations sociales...désormais, la réponse à ce doute sur le sens que tout cela pouvait avoir s'imposait à ses yeux avec la même lumineuse évidence qu'avait eue cette image effroyable aperçue dans la rue Dupin: oui cela avait du sens, car cela le préservait d'avoir à montrer son derrière en public et à déféquer sur la chaussée.

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Extrait ajouté par Katikath 2016-03-17T22:35:53+01:00

Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient sont équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. Cette façon de poser régulièrement un pied devant l'autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, la légère stimulation du pouls, les activités oculaires et auriculaires indispensables pour déterminer sa direction et préserver son équilibre, la sensation de l'air qui vous frôle l'épiderme : autant de phénomènes qui, d'une manière tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l'esprit, et font que l'âme, si étiolée et estropiée qu'elle soit, prend de l'ampleur et grandit.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

"De toutes ces péripéties, Jonathan Noël tira la conclusion qu’on ne pouvait se fier aux humains et qu’on ne saurait vivre en paix qu’en les tenant à l’écart."

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

Pour un peu, il avait déjà enjambé le seuil, son pied était déjà en l'air, le gauche, sa jambe était déjà lancée en avant... quand il le vit. Il était posé devant sa porte, à m oins de vingt centimètres du seuil, dans la lueur blafarde du petit matin qui filtrait par la fenêtre.

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Extrait ajouté par x-Key 2010-11-19T20:10:39+01:00

Il n'éprouvait plus dorénavant que ce sentiment que l'on désigne généralement par le terme de tolérance : un mélange fort tiède de dégoût, de mépris et de pitié.

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