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Au moment d’entrer dans le hall de la salle où avait lieu la fête d’adieu de Gavin et Patricia, Nikki s’arrêta deux mètres avant le seuil, saisie d’appréhension.

Du gui ? Au mois de septembre ?

Stupéfaite, elle fixa les boules multicolores et les guirlandes accrochées un peu partout.

— Qui a eu cette idée ?

Comme si elle ne le voyait pas !

Debout au-dessous du bouquet artificiel orné de petites baies blanches, Fraser, l’air un peu trop content de lui pour son propre bien, attendait d’embrasser toutes les femmes qui passaient sous la porte.

C’était incroyable comme il lui avait manqué pendant son stage à Christchurch. A la base, elle avait regretté sa présence à côté d’elle dans le fourgon, ses yeux bruns qui la surveillaient, sa gentillesse à l’égard des patients… Tout Fraser lui avait manqué.

Qu’est-ce que ça signifiait ?

Lorsqu’il lui avait assuré qu’il ne repartirait plus, elle ne l’avait pas vraiment cru, et cela l’empêchait de réfléchir à ce qu’elle aimerait faire avec lui.

Derrière elle, Amber eut un petit rire.

— Il n’y avait que Fraser McCall pour avoir cette idée ! Il faut dire que c’est le seul homme de l’équipe que l’on ait envie d’embrasser. Je suis sûre que tu en es consciente ?

Oh ! tout à fait ! admit Nikki en silence. Elle en avait l’eau à la bouche : son jean moulait ses cuisses musclées, et sa chemise noire au col ouvert exposait juste assez de chair pour que ses doigts la démangent de se promener dessus. Il était splendide.

Cependant, il lui était impossible d’être jalouse des autres femmes. Elle n’avait aucune exclusivité.

A ce moment-là, Fraser renonça à charmer la plus jeune recrue de la base et leur sourit.

— Bienvenue, mesdemoiselles. Débarrassez-vous de vos blousons et joignez-vous à nous !

En la dépassant, Amber lui donna un coup de coude dans l’estomac.

— Allez, viens, on va s’amuser !

Visiblement, Fraser ne remarqua même pas son amie. Ses yeux l’évaluaient, elle, lentement, bien trop lentement, comme si elle lui avait manqué aussi.

Elle rentra le ventre, redressa les épaules et s’avança.

— Bonsoir, Fraser. Comment s’est passé ton stage ?

En réponse, un sourire tentateur éclaira le visage de Fraser, telle une caresse.

— Ne parlons pas de travail ce soir, Nik. Je suis content de te voir. J’aurais dû décrocher le gui si tu n’étais pas venue.

— Tu ne penses pas que tu as confondu les saisons ? répliqua-t-elle en lui rendant son sourire.

Il n’avait été absent que dix jours, et elle avait oublié combien elle se plaisait en sa compagnie !

— C’était le seul moyen de te voler un baiser au début de la soirée.

— Ma parole, tu es en train de me faire des avances !

— J’espère que ça va marcher, murmura-t-il.

Eh bien, autant être sincère, il l’avait toujours attirée, et le violent désir physique qu’elle avait ressenti le premier jour n’avait pas disparu, loin de là. Surtout ce soir où il n’était pas en uniforme.

Amber s’approcha de lui et lui tapota l’épaule.

— Hé, Fraser, j’attends mon tour !

Il sursauta et détourna les yeux, puis passa un bras autour des épaules de son amie et lui effleura la joue d’un baiser.

Amber rit.

— Ah, je vois. Je ne suis pas ton genre !

Nikki frissonna, effrayée par le pouvoir de ses émotions.

Où la mènerait-il ? A une aventure sans lendemain avec lui ? Même si elle lui avait pardonné, les deux baisers qu’ils avaient échangés étaient déjà de trop. Elle ferait mieux de rentrer chez elle.

— Tu ne comptes pas te dégonfler, j’espère, la sermonna Amber tandis qu’elles accrochaient leurs blousons au vestiaire et vérifiaient leur maquillage. Embrasser Fraser fait partie de la fête ! J’y vais. Tu me rejoins ?

Et elle disparut vers la salle, la laissant seule.

Nikki s’élança à son tour, profitant de ce que Fraser était hors de vue, mais deux mains fermes la retinrent par les épaules.

— Pas si vite, Nikki !

Elle frémit, et son cœur se mit à cogner contre ses côtes, tandis que sa peau devenait brûlante. Impossible de garder ses distances. Elle n’avait plus qu’une envie, être proche de lui…

Il eut un sourire tendre et amical, inoffensif. Ou peut-être pas tant que ça ?

— Tout va bien ?

— Pas de problème.

Il lui fit un clin d’œil.

— Tu m’as manqué, Nik.

Il pencha la tête, l’attira à lui, et les lèvres qu’elle désirait tant furent sur les siennes, à la fois suaves et exigeantes.

Si l’on avait crié « Au feu ! », elle n’aurait pas pu bouger. Enivrée par l’effluve subtil de son after-shave, elle céda, ouvrit la bouche sous la sienne…

Grosse erreur. Elle ferait mieux de le repousser…

Oui, un peu plus tard, peut-être. Mais pour l’instant elle dégustait ce baiser et ressentait une envie folle de lui.

Fraser était revenu.

— Eh, vous deux, je ne vous dérange pas ?

Ecarlate, elle fit un bond en arrière, tandis qu’un Mike tout souriant entrait, accompagné de son épouse.

— Ravi de vous voir réconciliés ! Fraser, si tu permets, pousse-toi un peu. C’est moi qui embrasserai Pearl sous le gui.

Nikki s’échappa pour aller s’asseoir à côté d’Amber, qui poussa un verre devant elle avec un sourire espiègle.

— Satanée tradition, n’est-ce pas ? Une vodka-orange pour te rafraîchir.

Elle en avala une gorgée en se détournant pour dissimuler sa rougeur qui s’accentuait.

Quand Fraser se dirigea à grandes enjambées vers le juke-box, très à l’aise, elle se passa la langue sur les lèvres, éprouvant la soudaine envie de caresser ses cheveux bruns qui luisaient sous les lumières.

— Un choix parfait pour la danse, murmura-t-elle lorsque la musique emplit la salle.

Elle se mit à taper du pied en rythme.

— Il connaît son affaire, ajouta son amie.

Nikki se lécha de nouveau les lèvres.

— Et il en est conscient.

— Etrennons la piste, dit Amber en se levant, nous entraînerons les autres.

— Bonne idée !

En jetant un regard à la ronde, elle rencontra les yeux de Fraser qui approchait de leur table.

— Tu danses ? Tu aimes ça, si je me souviens bien.

Elle frémit et sentit sa bouche s’assécher.

— Oui, tu te souviens bien.

Pour la seconde fois de la soirée, il la prit par le coude.

— Je me rappelle beaucoup de choses, Nik.

Elle aurait voulu demander des précisions, mais les mots moururent dans sa gorge.

Il l’entraîna sur la piste et la fit tourbillonner en mesure, les cuisses collées aux siennes pour diriger la danse.

Il y avait si longtemps que cela ne lui était pas arrivé ! Depuis qu’elle avait quitté Dunedin. Et Fraser était le seul partenaire qui, tout en étant ferme, la tenait comme si elle risquait de se briser…

Quand le rythme changea, elle se dégagea à regret de lui et se mit à balancer des hanches en cadence tandis qu’il suivait son mouvement des yeux.

Elle se sentit fondre, sa bouche devint sèche, et un feu ardent coula dans ses veines. Elle éprouvait un désir si intense qu’elle se sentait sur le point d’exploser.

— Je boirais bien quelque chose de frais.

Elle tourna les talons aussitôt et se fraya un chemin parmi les danseurs pour regagner la table, où elle avala le reste de sa vodka.

— Tu en veux une autre ?

Fraser était derrière elle.

— Merci, je vais prendre une limonade, cette fois.

Elle s’affala sur sa chaise et le regarda fendre la foule jusqu’au bar où officiait Gavin en faisant mine de ne pas remarquer les gens qui le hélaient.

Comme si son attention était focalisée sur elle et que rien d’autre ne comptait.

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