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Or

J'ai mis plus de temps que prévu pour lire les suites des aventures de Galaad (rien que 3 ans !^^), et c'est bien dommage, car la lecture a été absolument captivante, malgré quelques longueurs.

Et pourtant, il y a quelques éléments qui m'ont profondément agacée (et non, il ne s'agit pas de l'antipathique Galaad !). Je m'en vais d'ailleurs les mentionner de suite pour me consacrer ensuite entièrement aux points positifs du roman :

♦ certaines scènes sont un peu surjouées juste pour accentuer leur côté mélodramatique (ex. page 160)

♦ la volte-face peu convaincante et un peu trop appuyée de deux personnages, en totale incohérence avec leur comportement précédent ou les propos qu'ils ont assénés et répétés à l'envi

Or donc, comme souligné lors de ma première chronique, l'édition française a découpé l'édition originale en deux tomes. Ce tome-ci comprend les livres deux et trois qui se déroulent respectivement la dernière année du règne d'Arthur Pendragon puis la 7è et 11è année du règne de Constantin (à noter que les noms de certains protagonistes ne sont plus traduits tout à fait comme dans le tome 1).

Au début du livre, Arthur et ses guerriers se rendent sur le continent pour aider leurs alliés à vaincre les Bourguignons, armés par l'empereur romain. Nous apprenons également que Lancelot a été banni il y a cinq ans pour le meurtre de Gareth, meilleur ami de Galaad et frère de Gauvain qui ne pensent tous deux qu'à le venger. Le Roi souhaite ardemment une réconciliation entre Lancelot et Gauvain, qui accepte seulement de remettre sa vengeance après la bataille, et Galaad, qui lui pardonne finalement la mort de Gareth mais refuse de combattre à ses côtés tant qu'il ne renonce pas à son amour pour la Reine.

”«Galaad, ne peux-tu trouver en toi un cœur de fils ? Il t'aime profondément et tu ne lui rends que du chagrin.»

(page 18)

Dans ce tome, l'auteure revient sur certains épisodes qui avaient été abordés, ou juste suggérés dans le précédent, en nous fournissant cette fois des réponses à nos questions. Enfin presque, car parfois, ces réponses diffèrent selon le personnage qui les donne.

Nous assistons à la rencontre entre Galaad et son jeune cousin Perceval.

Aux inimitiés que le fils de Lancelot se créent à cause de ses préjugés et de son intolérance. Ainsi, par ses propos insultants et peu chrétiens, l'adolescent se fait un ennemi mortel de Mordred qui lance une malédiction sur lui :

”«Tu ne connaîtras que ta propre voie. Seul. Indésirable. Ne suivant ni ne menant personne. Sans foyer, ni cœur. L'honneur de ta maison mourra avec ton père qui mérite un meilleur fils toi.»

(page 85)

Nous nous rendons compte que, si Lancelot bénéficie de l'admiration sans faille des hommes et des femmes par la noblesse de son comportement, son fils ne paraît pas très apprécié. Quelqu'un insinue même que le Roi ne tolère sa présence à ses côtés que parce qu'il est le fils de Lancelot (page 20). D'ailleurs, Galaad passe pour un fou aux yeux d'un grand nombre à cause de son fanatisme religieux et de son intolérance. C'est pour cette raison, et pour avoir insulté la Reine, que le Roi lui confie la quête du graal et de la lance (alors que cela était apparu comme un honneur dans le tome 1), pour à la fois l'éloigner, lui imposer une pénitence et lui chercher un noble but.

”«Pauvre garçon malheureux ! Si seulement tu avais gardé un peu de pitié dans ton cœur !»

(page 97)

Tout le Livre deux et trois porte en fait sur la comparaison entre Lancelot et son fils, au désavantage du dernier qui, malgré son courage et son aspiration à la pureté, se conduit sans honneur à deux reprises : quand il se lance à la poursuite de brigands aux côtés de son père et lors de ses retrouvailles avec Dandrane. La révélation de sa véritable nature va plonger Galaad dans la plus profonde désespérance. Alors qu'il considérait les faiblesses des autres avec le plus grand mépris, comble de l'ironie, il va se retrouver dans leur situation. A partir de ce moment, il va tenter de devenir digne de ce père qu'il a tant haï, en accomplissant son devoir quoiqu'il lui en coûte. Et c'est une fois qu'il croit avoir perdu tout droit à l'estime de ses semblables que Galaad s'humanise enfin, comprenant les souffrances et les états d'âme des autres. Il devient ENFIN sympathique au lecteur ! En perdant son arrogance, Galaad gagne en effet notre compassion. On ne peut qu'être touché par sa prise de conscience et ses efforts pour s'amender.

Malgré les conseils avisés de ses mentors, sa route a été longue à la compréhension des autres. L'adolescent s'est souvent mépris sur les motivations de Lancelot, de Guenièvre ou de Mordred, leur prêtant injustement des intentions viles. Mais c'était passionnant de suivre le jeune Galaad dans cette quête initiatique et douloureuse. Le lecteur suit finalement le même chemin que lui et se met à le comprendre. A comprendre que le garçon n'a été qu'une victime de l'enseignement fanatique reçu de sa mère et d'Aidan, le prêtre manipulateur. Secrets et ragots ont empoisonné son enfance et son adolescence, passées loin d'un père dont il ne cherchait finalement qu'à attirer l'attention et l'amour.

”«Suis ton cœur. Telle est la clé de ta quête. Suis ton cœur et tu ne pourras échouer.»

(page 227)

J'ai beaucoup aimé la manière dont la figure de Mordred était revisitée. L'auteure ne le dépeint pas comme le prince maléfique et sournois des versions habituelles. Cependant, elle respecte point par point l'épisode de la traîtrise de Mordred et de la mort d'Arthur mais en les présentant sous un tout autre angle.

Pour conclure, une revisite du mythe arthurien absolument passionnante. L'écriture très évocatrice de Nancy McKenzie nous immerge totalement à cette époque semi-légendaire tout en se jouant du lecteur qui se perd en conjectures sur les motivations réelles des protagonistes. Car secrets et rumeurs maintiennent longtemps le mystère autour de la vérité. Et même quand celle-ci semble se dévoiler, elle est tributaire du point de vue de celui qui la raconte...

J'avais peur de détester jusqu'à la fin Galaad mais les épreuves qu'il traverse lui apportent l'humilité et la compassion qui lui faisaient cruellement défaut, le rendant beaucoup plus sympathique. Je laisse d'ailleurs le mot de la fin à ce héros si particulier et que l'on aura mis du temps à aimer :

”«Je ne sais pas ce qu'est le Graal. Je soupçonne qu'il n'est rien de plus qu'un miroir du cœur.»

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