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"Je pense que tu as peur de te laisser aller à m'aimer parce que je suis très différente d'elle. Tu as peur, parce que si tu m'aimais, tu la perdrais un peu. Je ne veux pas de cela. Je te veux tel que tu es, étais et seras : toi tout entier. Mais c'est impossible, puisque tu as peur de moi".

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"Je ressens de l'amour pour toi parce que j'aime à la façon des fées : au premier regard, et par promesse. Je ne te demande pas d'en faire autant. Mais un jour viendra où tu m'aimeras. C'est inéluctable".

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Landover, terre d’enchantement et d’aventure tirée des brumes du temps, pays de chevaliers et de pages, de dragons et de gentes damoiselles, de sorciers et de jeteurs de sorts. Là, la magie le dispute à la bravoure, la chevalerie y est le mode de vie du véritable héros. Tous vos rêves deviendront réalité dans ce royaume d’un autre monde. Un seul fil manque à la tapisserie : vous, pour régner sur l’ensemble. Évadez-vous et renaissez au pays des rêves.

Prix : un million de dollars.

Pour entretien personnel et financier préalable demander Meeks, maison mère.

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BEN

C’était un catalogue de chez Rosen. Il s’agissait de la plaquette de Noël du grand magasin, intitulée Livre des Souhaits.

Elle était adressée à Annie.

Ben Holiday resta figé devant sa boîte aux lettres ouverte, son regard glissant de la couverture gaiement décorée du catalogue à l’étiquette blanche portant le nom de sa femme disparue. Le hall du grand immeuble de Chicago, désert à l’exception du surveillant et de lui-même, lui semblait étrangement calme dans le crépuscule grisâtre de cette fin d’après-midi. Au-dehors, derrière les cloisons de verre qui marquaient l’entrée de l’immeuble, le vent d’automne balayait de ses rafales glacées le canyon de Michigan Avenue et annonçait en longs soupirs la venue de l’hiver.

Ben caressa de son pouce la couverture lisse du Livre des Souhaits. Annie adorait faire du shopping, même par correspondance. Rosen était l’un de ses magasins préférés.

Ses yeux se remplirent soudain de larmes. Il ne s’était toujours pas remis de sa mort, même au bout de deux ans. Parfois, il lui semblait que tout cela n’était qu’un mauvais rêve, et que lorsqu’il rentrerait chez eux, elle serait là à l’attendre.

Il plongea son regard dans le cube sombre de la boîte aux lettres désormais vide. Il se souvenait du jour où il avait appris qu’elle était morte. Il rentrait tout juste du tribunal et réfléchissait à la meilleure façon de persuader son adversaire, un avocat du nom de Bâtes, que sa dernière offre de dédommagement était dans l’intérêt de tout le monde, lorsque le téléphone avait sonné. Annie avait eu un accident sur l’autoroute. Elle était à l’hôpital, dans un état critique. Pouvait-il venir au plus vite ?

Il secoua la tête. La voix du médecin lui racontant ce qui s’était passé résonnait toujours à ses oreilles. Elle était si calme et rationnelle, cette voix… Il avait tout de suite compris qu’Annie était à l’agonie. Il l’avait deviné immédiatement. Le temps qu’il arrive à l’hôpital, elle était morte. Le bébé était mort lui aussi. Annie n’était enceinte que de trois mois.

« Monsieur Holiday ? »

Surpris, il regarda vivement autour de lui. George, le surveillant, l’observait depuis le bureau d’accueil.

— Ça va ?

Ben hocha la tête et se força à sourire rapidement.

— Oui, oui, je pensais à autre chose.

Il referma la boîte aux lettres, fourra dans la poche de son manteau tout ce qu’il en avait sorti, sauf le catalogue, et, tenant ce dernier à deux mains, prit le chemin des ascenseurs. Il n’aimait guère être surpris en position de faiblesse. C’était peut-être son côté avocat.

— Fait pas chaud, hein, dit George en regardant la grisaille extérieure. L’hiver sera rude. Beaucoup de neige, à ce qu’on dit. Comme il y a deux ans.

— Ça y ressemble.

Ben l’avait à peine entendu. Il se remit à contempler le catalogue. Annie avait toujours aimé le Livre des Souhaits. Elle lui lisait le descriptif des articles les plus bizarres. Elle échafaudait des théories sur les gens qui achetaient ce genre de choses.

Il prit l’ascenseur jusqu’à son luxueux appartement du dernier étage, jeta son manteau dans un coin et entra dans le salon, tenant toujours le catalogue à la main. Le crépuscule enveloppait les meubles et tachetait d’ombre la moquette et les murs, mais Ben n’alluma pas la lumière et se tint immobile devant la série de baies vitrées qui donnaient sur le solarium et, au-delà, sur les immeubles de la ville. Des lumières scintillaient dans le soir gris, distantes et solitaires, chacune source de vie isolée de milliers d’autres.

On est si souvent seul, pensa-t-il. Comme c’est étrange…

Une nouvelle fois, il regarda le catalogue. Pourquoi l’avaient-ils donc envoyé à Annie ? Pourquoi les commerçants continuaient-ils d’expédier prospectus, dépliants, échantillons et Dieu sait quoi encore à des gens depuis longtemps morts et enterrés ? C’était une violation de leur vie privée. Un affront. Ne révisaient-ils jamais leurs fichiers d’adresses ? Ou bien refusaient-ils simplement de perdre leurs clients ?

Il alluma enfin la lumière et se dirigea vers le bar pour se préparer un scotch, un Glenlivet avec de la glace et un peu d’eau. Il le dosa avec attention et y goûta. Il avait rendez-vous avec des amis dans moins de deux heures et avait promis à Miles que, cette fois, il serait là. Miles n’était pas seulement son associé, c’était probablement son seul véritable ami depuis la mort d’Annie. Tous les autres s’étaient éloignés imperceptiblement, s’étaient perdus en chemin lors de son changement de vie sociale. Les couples et les célibataires ne font pas bon ménage, et la plupart de leurs amis étaient des couples. Il n’avait pas fait d’effort pour entretenir les amitiés, absorbé par son travail et son chagrin privé, personnel. Il n’était plus de très bonne compagnie, et seul Miles avait eu la patience, la persévérance de rester auprès de lui.

Il reprit une gorgée de scotch et retourna à la fenêtre. Les lumières de la ville lui rendaient ses clins d’œil. La solitude n’était pas si désagréable, après tout. C’était l’ordre des choses. Il fronça les sourcils. Enfin, c’était ainsi qu’il le voulait. Il avait choisi d’être seul. Il aurait pu se refaire des amis de plusieurs manières. Il aurait pu rejoindre pratiquement n’importe quel cercle social de la ville, qui en comptait d’innombrables. Il possédait les attributs nécessaires : jeunesse, réussite, et même richesse, si cela avait une quelconque importance. Et dans ce monde, cela comptait presque toujours. Non, rien ne l’obligeait à rester seul.

Et pourtant, il s’en tenait là, car le problème était qu’il n’avait pas sa place dans la société. Il savait que Miles comprenait ce sentiment au moins en partie, sans être du même avis que Ben. Miles, c’était l’homme social par excellence, toujours à l’aise avec les autres, toujours chez lui où qu’il fût. Il voulait que Ben en fasse autant. Il voulait le sortir de cette retraite volontaire et le remettre sur les rails de la vie publique. Pour lui, son ami était une sorte de défi à relever. C’était pour cela que Miles tenait tant à ces réunions d’amis au bar. C’était pour cela qu’il exhortait Ben à oublier Annie et à reprendre le cours de sa vie.

Il finit son scotch et s’en versa un second. Il buvait pas mal depuis quelque temps, peut-être plus que de raison. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Quarante-cinq minutes s’étaient écoulées. Encore autant et Miles, son chaperon pour la soirée, serait là. Ben secoua la tête, écœuré. Sur certains sujets, Miles n’était pas si clairvoyant qu’il le croyait.

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