Livres
492 916
Membres
489 434

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par Armony22 2017-04-28T22:25:49+02:00

Peut-être que le bonheur est héréditaire. Il nous vient de nos parents. Ça expliquerait bien des choses.

Ou alors, c'est comme une maladie contagieuse. Pour l'attraper, il faut y être exposé. Or, je vis dans un tel isolement...

Afficher en entier
Extrait ajouté par marine1241 2019-05-05T15:17:33+02:00

Vouloir changer et changer réellement sont deux choses bien différentes. De même que vouloir retrouver son passé et être de taille à l'affronter.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Armony22 2017-04-28T22:23:47+02:00

Le bonheur est un talent qui s'acquiert et moi, j'avais du mal à apprendre.

Afficher en entier
Extrait ajouté par magaliB 2019-05-17T23:00:50+02:00

Je suis déjà morte une fois.

Je me rappelle ce que j’ai ressenti, si tant est que je puisse me rappeler quoi que ce soit aujourd’hui. Une douleur intense, cuisante, suivie d’une immense et accablante fatigue. Je voulais tout laisser tomber ; ça, je m’en souviens parfaitement. J’avais besoin que ça s’arrête. Mais je ne l’ai pas fait. J’ai lutté contre la douleur, la fatigue, la lumière blanche à la con. Je me suis accrochée et, petit à petit, je suis revenue dans le monde des vivants.

Pour Vero. Parce qu’elle avait besoin de moi.

Qu’as-tu fait ?

Maintenant je flotte entre ciel et terre. J’ai l’impression que ce n’est pas normal. Les automobiles sont trop lourdes, elles ne sont pas faites pour voler, surtout les gros 4 × 4 de luxe. Il y a une odeur étrange, un truc âcre qui m’agresse les narines. De l’alcool. Du whisky Glenlivet, plus précisément. Je ne bois que du bon, par principe.

Qu’as-tu fait ?

Je voudrais crier. Je fends les airs ; dans une seconde, je vais mourir une deuxième fois. Si je dois y passer, j’aimerais au moins faire entendre ma voix. Mais rien ne sort.

À la place, je regarde fixement à travers le pare-brise. Il fait noir comme dans un four. Et, comble de l’ironie, il pleut.

Comme cette nuit-là. Avant que…

Qu’as-tu fait ?

Voler n’est pas si désagréable. Au contraire, la sensation est plutôt plaisante, jubilatoire même. Je défie les lois de la pesanteur, je laisse derrière moi les contraintes de la vie terrestre. Je devrais tendre les bras pour mieux étreindre cette deuxième mort qui s’annonce.

Vero.

Ma belle petite Vero.

Et puis…

La force de gravité reprend ses droits. Dès qu’elle entre en contact avec le sol, ma voiture retrouve son poids d’origine. Un terrible fracas. Une onde de choc. Mon corps, si léger l’instant d’avant, heurte le volant, le tableau de bord, le levier de vitesse. Comme une poupée de chiffon. Le bruit du verre qui éclate. Mon visage qui part en mille morceaux.

Une douleur intense, cuisante, suivie d’une immense et accablante fatigue. Je veux tout laisser tomber. J’ai besoin que ça s’arrête.

Je pense : Vero.

Et puis : Oh mon Dieu, qu’ai-je fait ?

Mon visage est trempé. Je me passe la langue sur les lèvres. Elles ont un goût d’eau, de sel, de sang. Je lève doucement la tête. Un élancement me déchire la tempe. Je grimace. Par réflexe, je baisse le menton. Mon front endolori heurte une surface en plastique rigide. Le volant. Il est enfoncé dans ma cage thoracique ; ma jambe est bizarrement tordue, mon genou coincé sous le tableau de bord froissé. Je suis tombée, me dis-je, et je ne peux pas me relever.

J’entends un rire. Ou peut-être un sanglot. Un bruit insolite en tout cas, comme un gémissement suraigu, interminable, malsain.

C’est de moi qu’il émane.

La pluie a réussi à pénétrer dans l’habitacle. Ou alors non, c’est moi qui ai réussi à en sortir, je ne sais pas très bien. Le whisky. Ça sent tellement fort que j’en ai la nausée. En fait, c’est mon pull qui empeste comme ça. J’ai du mal à accommoder mais je repère les morceaux de verre éparpillés autour de moi ; des tessons de bouteille.

Je devrais agir. Sortir de là. Appeler à l’aide. Faire quelque chose.

Ma tête est si mal en point que des éclairs de lumière blanche explosent sur le velours noir de la nuit, où que mes yeux se posent.

Vero.

Ce nom s’impose à mon esprit, m’ancre à la réalité, me guide, me pousse en avant. Vero, Vero, Vero.

Je bouge. Laborieusement. J’essaie de m’extirper de mon siège. La plainte continue devient un hurlement effroyable. On dirait que le nez de mon véhicule est fiché dans le sol ; le tableau de bord à moitié défoncé me rentre dans le thorax. Je ne suis pas assise à la verticale mais légèrement penchée vers l’avant, comme si mon Audi n’arrivait pas à retomber sur ses roues arrière. Et je dois redoubler d’efforts pour dégager mon corps coincé entre le siège, le volant et le tableau de bord.

La masse de l’airbag m’entrave, me colle. J’en ai plein les mains, je l’insulte. Je recommence à brailler, à me débattre, à fulminer. Une colère aveugle qui a l’intérêt de noyer ma fatigue sous des flots d’adrénaline. Ne reste plus que la douleur, terrible, infinie. Une douleur dont je sais qu’elle dépasse ce que je peux supporter. À force de me tortiller, je parviens à m’extraire de là. Et je m’écroule, hors d’haleine, sur la console centrale. Mes jambes fonctionnent. Mes bras aussi.

Ma tête brûle littéralement.

Vero.

De la fumée. Ça sent le brûlé ou quoi ? Soudain, la panique me prend. La fumée, les cris, le feu. La fumée, les cris, le feu.

Vero, Vero, Vero.

Sauve-toi. Cours !

Non. Calme-toi. Il n’y a pas de fumée. Tu confonds avec la première fois. On peut mourir combien de fois ? Je n’en sais trop rien. Tout se mélange dans ma pauvre tête : l’odeur de la terre mouillée, la chaleur des flammes et tout le reste. Des sensations multiples mais intimement liées. Je meurs. Est-ce que je suis morte ? Non. Si, je suis bel et bien morte. Mais pour la combientième fois ?

Je suis complètement paumée.

Une seule chose m’importe toujours. Vero. Je dois sauver Vero.

La banquette arrière. Je pivote sur moi-même. Je me cogne le genou gauche puis le genou droit. Je gueule. Bordel. Ça fait mal mais tant pis. La banquette arrière. Il faut que j’atteigne cette foutue banquette arrière.

Je tâtonne dans le noir. Je lèche la pluie, la boue sur mes lèvres. Au même moment, je m’aperçois que le pare-brise est éventré. Le toit ouvrant aussi, d’où la pluie qui détrempe l’habitacle. Mon magnifique 4 × 4 hybride, un Audi Q5 quasiment neuf, a perdu trente centimètres. Le capot a encaissé l’essentiel du choc. J’imagine que les portières avant sont bloquées. En revanche, à l’arrière, on dirait qu’elles n’ont pas trop souffert.

« Vero, Vero, Vero. »

Tiens, je porte des gants. Ou j’en portais. Ils sont tellement déchirés par les éclats de verre qu’ils ressemblent à des lambeaux de peau sanguinolents qui ballottent autour de mes doigts. Ils me gênent. J’arrive à les enlever tant bien que mal. Puis, par simple réflexe, je les enfonce dans une poche de mon pantalon. Pas question de les jeter par terre. Je ne balance pas mes déchets n’importe où. Ma voiture n’est pas une poubelle. Enfin, elle ne l’était pas, devrais-je dire.

Mon mal de tête repart de plus belle. Je voudrais me mettre en boule et dormir, dormir, dormir.

Mais je ne le fais pas. Impossible : Vero.

À nouveau, je m’intime de bouger. Je farfouille dans le noir, à droite, à gauche. Je ne trouve rien. Personne. Je recommence. Je cherche sur les coussins, sur le sol et mes mains tremblent de plus en plus fort. Comme si un petit corps pouvait apparaître sous mes doigts, par magie. Mais non.

Et si… et si elle avait été éjectée au moment du décollage ? L’Audi a bien essayé de s’envoler. Pourquoi pas Vero ?

Maman, regarde. Je suis un avion.

Qu’ai-je fait ? Nom de Dieu, qu’ai-je fait ?

Il faut que je sorte de cette bagnole. Tout de suite. Rien d’autre n’a d’importance. Elle est forcément là-dehors, dans le noir, la pluie, la boue. Vero. Je dois la sauver.

Je me faufile à l’arrière en rampant sur les coudes. Maintenant, il faut que je me casse en deux pour atteindre la portière. Elle ne s’ouvre pas. Je tire. La poignée se couvre de sang. Je pousse de toutes mes forces, je pleure, je supplie, j’implore. Rien n’y fait. L’impact ? La sécurité enfant ? Et merde !

Il y a une autre solution. Passer par le coffre. Je me remets en mouvement. Avec une lenteur exaspérante car la douleur dans ma tête me soulève l’estomac. Je sens monter la nausée. Je vais vomir mais je m’en fiche. Il faut que je sorte d’ici. Il faut que je trouve Vero.

Ma bouche s’emplit d’une substance liquide. Je crache un filet de bile, vestige de single malt premier choix et de l’amertume d’une longue nuit.

Je me traîne dans la flaque de dégueulis, toujours résolue à sortir par l’arrière. Enfin une bonne nouvelle : la porte du coffre est entrouverte, sans doute à cause du choc.

Je la relève entièrement. Ensuite, comme ramper me fait trop mal aux côtes – seraient-elles brisées ? –, je me hisse à la force des bras et je m’étale à plat ventre dans la boue. Une boue tellement molle et gorgée d’eau qu’elle amortit ma chute. Je roule sur moi-même, le souffle haché par la douleur, l’effort physique et l’angoisse de me retrouver dans cette situation.

Je t’en prie, la pluie, va-t’en ! Tu tomberas un autre jour.

Maman, regarde, je suis un avion.

La fatigue revient. Immense, accablante. Je pourrais rester là, vautrée dans la gadoue, à attendre les secours. On va bien venir me chercher. Quelqu’un qui aura assisté à l’accident. Un automobiliste qui passait par là. Ou quelqu’un à qui je manquerai. Qui s’inquiétera pour moi.

Le visage d’un homme surgit dans mon esprit mais s’efface avant que je puisse l’identifier.

Je murmure « Vero ». Comme si la pluie pouvait m’entendre, ou bien la boue, ou bien la nuit sans étoiles.

L’odeur de la fumée, me dis-je machinalement. La chaleur du feu. Non, ça c’était la première fois. Fais un effort, bon sang ! Concentre-toi !

Je me remets sur le ventre et c’est parti.

La distance est longue d’ici à la route. Entre deux, il y a de la boue, de l’herbe, des buissons clairsemés, des cailloux pointus. Je perçois des bruits au loin ; des voitures qui passent en sifflant comme des oiseaux exotiques. Et moi qui rampe à la vitesse d’un escargot, je me rends compte du problème. Les véhicules sont tout là-haut ; et moi tout en bas. Jamais ils ne me verront. Jamais personne ne s’arrêtera pour m’aider à trouver Vero.

Encore deux centimètres, cinq, dix. Je heurte une pierre et pousse un cri muet. Puis je m’empêtre dans les broussailles, je jure. Mes doigts tremblants se tendent, encore et encore. La douleur hurle si fort dans ma tête que je dois m’arrêter de temps en temps pour régurgiter de misérables filets de bile.

Vero.

Et puis : Oh, Nicky, qu’as-tu fait ?

J’entends de nouveau ce curieux gémissement. Je n’en tiens pas compte. Je ne veux pas m’avouer que c’est moi, l’animal en détresse.

Ça fait combien de temps que je me contorsionne sur cette pente boueuse ? Au moment où j’atteins le sommet, je suis couverte de la tête aux pieds d’une substance noire et visqueuse. Loin de me perturber, cette pensée m’amuse. Ça me va bien, me dis-je. On a l’aspect qu’on mérite.

Je ressemble à une femme qui sort de sa tombe.

Des phares. Comme deux têtes d’épingle. Ils se rapprochent. Je pousse sur mes bras. Je me mets à quatre pattes, c’est la seule solution pour que l’automobiliste me voie. C’est assez facile parce que je n’ai plus mal aux côtes. Mon corps est comme engourdi, le hurlement dans ma tête a dû faire sauter les circuits et mettre toutes mes fonctions en veille.

Ou alors je suis morte. C’est peut-être ça, la mort, me dis-je en ramenant une jambe sous mon ventre. Je me relève, lentement mais sûrement.

Un crissement de freins. La voiture dérape sur la chaussée mouillée, fait un bref tête-à-queue et, par miracle, s’arrête juste devant ma main levée, mon visage blême, strié de pluie.

« Nom de… » Un monsieur d’un certain âge, visiblement secoué, ouvre sa portière. L’habitacle s’éclaire. Il pose un pied hésitant sur le macadam. « Madame, vous allez bien ? »

Je suis incapable de répondre.

« Vous avez eu un accident ? Où est votre voiture ? Voulez-vous que j’appelle les secours, madame ? »

Pas un mot.

Je pense : Vero.

Et soudain, tout me revient. Je me souviens. Une gigantesque explosion de lumière, de terreur et de rage. Une douleur fulgurante me transperce le crâne mais aussi le cœur. Ça y est, je sais qui je suis. Je suis le monstre caché sous le lit.

Le vieux monsieur recule d’un pas, comme s’il lisait dans mes pensées.

« … Ne bougez pas, madame. Attendez… je, heu, j’appelle une ambulance. »

L’homme replonge dans sa voiture faiblement éclairée. Je ne parle pas. Je reste plantée sous la pluie, les jambes flageolantes.

Je pense une dernière fois : Vero.

Puis le souvenir s’efface comme une page qui se tourne.

Et je ne suis plus personne, juste une femme revenue par deux fois d’entre les morts.

Afficher en entier
Extrait ajouté par marine1241 2019-05-05T15:21:10+02:00

Vero essayait d'être courageuse, je murmure. Mais l'isolement... chaque jour, elle oubliait un peu plus qui elle était. Chaque jour, elle devenait un peu plus celle que Madame souhaitait qu'elle soit. Surtout quand elle a eu douze ans et que le premier homme est venu. Quand ça été fini, Vero n'a pas pleuré. Elle a juste enfermé son malheur dans une boite, comme si rien ne s'était passé, et elle a rangé la boîte tout au fond de sa tête. C'était arrivé à quelqu'un d'autre, se répétait-elle, pas à la vraie Vero. Puisque la vraie Vero était une princesse venue d'un royaume secret et sa mère une reine magicienne qui avait promis de la protéger contre la méchante sorcière.

Afficher en entier
Extrait ajouté par marine1241 2019-05-05T15:16:37+02:00

Tout le monde rêve. Les petits garçons, les petites filles, les enfants des ghettos, les gosses de riches. Tout le monde aspire à devenir quelqu'un, à faire quelque chose de sa vie.

Afficher en entier
Extrait ajouté par TommyRollrbox 2018-10-05T03:17:30+02:00

Je suis déjà morte une fois.

Je me rappelle ce que j’ai ressenti, si tant est que je puisse me rappeler quoi que ce soit aujourd’hui. Une douleur intense, cuisante, suivie d’une immense et accablante fatigue. Je voulais tout laisser tomber ; ça, je m’en souviens parfaitement. J’avais besoin que ça s’arrête. Mais je ne l’ai pas fait. J’ai lutté contre la douleur, la fatigue, la lumière blanche à la con. Je me suis accrochée et, petit à petit, je suis revenue dans le monde des vivants.

Pour Vero. Parce qu’elle avait besoin de moi.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2017-10-11T20:10:19+02:00

Tu étais mon enfant mais, après ta disparition, tu es devenue l'enfant de tout le monde. Sauf que personne n'a été capable de te ramener à la maison.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2017-10-10T13:07:48+02:00

Je note qu'il emploie le verbe aimer à l'imparfait.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Alias-Rosiel 2017-10-10T12:55:41+02:00

Vous ne voyez pas combien je suis mauvaise.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode