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Le Sicilien



Description ajoutée par annick69 2019-07-02T15:18:36+02:00

Résumé

Nantes, 1995. Une jeune albanaise est assassinée dans des conditions particulièrement sauvages. Dario, gérant de discothèque, fait figure de principal suspect, comment ne pas l’être, on a retrouvé le cadavre dans son coffre !

Greg Brandt, policier expérimenté, est chargé de l’enquête, et dresse une liste bien plus étoffée de coupables potentiels, au premier rang de laquelle on trouve quelques mafieux, fraîchement débarqués d’Europe de l’Est, des notables, des truands locaux...

Un cadavre, un coupable idéal, des mafieux aux méthodes plutôt violentes, un avocat aux curieuses fréquentations, des jeunes femmes exploitées, des truands russes... Rien ne va plus dans le pays nantais.

Le Sicilien est le deuxième opus des Nuits nantaises.

Cette trilogie est constituée d’intrigues policières autonomes qui proposent une photo de notre société et de la délinquance sur les décennies 80, 90 et 2000. Un personnage récurrent : l’inspecteur Greg Brandt.

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Classement en biblio - 5 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par juliesuitsonfil 2019-07-15T14:31:36+02:00

Je me suis réveillé au même endroit, la porte de la discothèque était ouverte, la brune avait disparu. Incapable de savoir ce qui s'était passé à son départ, je me suis senti minable et souillé. Mes sinus me faisaient un mal de chien. Il m'a fallu dix minutes pour vérifier les mégots dans les cendriers et comptabiliser la recette : presque huit mille francs dont trois mille en billet que j'ai collés dans une enveloppe.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par marie-nel 2019-07-23T15:07:15+02:00
Or

J'ai découvert Carl Pineau l’année dernière avec L’Arménien qui est le premier volet de sa trilogie des Nuits Nantaises. Il a fait le pari d’écrire trois romans policiers qui ont tous comme point commun de se passer à Nantes. L’originalité réside dans le fait que les romans se passent tous à des époques différentes. L’Arménien se passait dans les années 1980, celui-ci se passe dans les années 1990 et le prochain devrait se passer dans les années 2000. Il est intéressant de se replonger dans l’atmosphère qui régnait alors, c’est ce que j’avais déjà beaucoup apprécié dans le premier roman. Carl Pineau sait fixer son histoire dans le temps, l’étayer avec des faits qui se sont passés à ces moments là, dans la vie de tous les jours et qui ont révolutionné la vie de certains. Tout est fait sans lourdeurs et avec beaucoup de justesse, des petits rappels de ce qu'on entendait comme musique ou des faits sociaux qui ont changé nos vies.

Un autre point commun qui relie les romans entre eux est le personnage de Greg Brandt. Cet inspecteur de police est indispensable à toute enquête policière. Ce que j'ai trouvé intéressant dans l’Arménien et qui est pareil ici aussi, c’est que l’inspecteur n'est pas le héros du roman ni celui qui raconte l’histoire. On est en effet ici dans la peau de Dario, un trentenaire barman et gérant d'une discothèque. Et en une nuit, tout va basculer pour lui. La jeune femme rencontrée pendant son travail va être retrouvée au matin sauvagement assassinée dans le coffre de sa voiture. Il ne se souvient bien évidemment de rien, et les ennuis ne vont faire que commencer pour lui. Arrêté comme suspect, il sera vite relâché. Interrogé par l’inspecteur Brandt, celui-ci verra que Dario est franc et dit la vérité et comprendra vite qu'il est au centre de quelque chose de plus compliqué. L’enquête va être difficile, les faits se succédant contre Dario. Le pauvre, il en verra de toutes les couleurs. Et surtout, il va découvrir des choses sur son passé complexe et sur l’héritage lourd de sa famille Sicilienne.

Comme dans le premier roman, j'ai aimé la façon de faire de l'auteur de mettre en secondaire le personnage de l’inspecteur. On le voit à travers le regard du suspect et je trouve ça encore plus fort. Je me suis vite attachée à Dario, et j’étais persuadée de son innocence, prête à le défendre, et pourtant rien n'indique s'il est coupable ou pas. Le fait aussi que Carl Pineau ait utilisé la première personne du singulier pour faire parler Dario permet d’être aussi au plus près du personnage et de ressentir la moindre de ses émotions. Et niveau émotions, je peux vous dire qu'on va être servis ! Carl Pineau n’hésite pas à faire souffrir ses personnages, à les faire mourir dans des conditions atroces, il faut être bien accroché pour lire certaines scènes. Et plus je côtoie Greg Brandt et plus je l’apprécie. Il reste en second plan, analyse tout ce qu'il se passe, fouille dans le passé de chacun, donne des infos, creuse des indices. Il se comporte presque comme un père, c’est une personne en tout cas très compréhensive. Avec son pardessus et son chapeau, il me fait penser à Maigret. C’est une personne charismatique et emblématique qui marquera cette trilogie. Je prendrai beaucoup de plaisir à le retrouver.

Et ces personnages évoluent au milieu des années 1990, avec tout ce qui a pu marquer cette époque, la fin de l'amour débridé avec le SIDA qui marque les esprits et qui fait des ravages. À ce moment là, on en meurt encore beaucoup, la trithérapie n’existait pas. On payait encore en francs, les politiques commençaient à parler de l'euro et du changement de monnaie mais ça paraissait encore bien loin, on fumait encore dans les espaces publics, on avait des radios-cassette dans les voitures, pas de réseaux sociaux ou d'internet, les téléphones portables n’étaient pas encore pour tout le monde…tout un monde qui semble si loin maintenant et qui pourtant n'a que 24 ans. J’étais jeune dans ces années là, et me remémorer tout cela fait bizarre et semble totalement révolu. Et surtout, 9n approchait de l'an 2000 avec tout l'espoir que ce changement de millénaire mettait en nous…Bien sûr, tout cela est ajouté à l'histoire avec beaucoup de légèreté, ce sont des petits indices ou des petites piqûres de rappel au sein de l’action, des détails qui posent et renforcent bien l'ambiance générale. Et la mention spéciale faite à Thierry Roland m'a fait sourire…

Le tout mis en valeur par la plume toujours efficace de Carl Pineau qui mêle les pistes et sèment les indices qui font que l'on doute de tout et de tous. Et pourtant la construction du roman pourrait faire peur quand on le feuillette avant la lecture, on se rend compte qu'il n'y a pas de chapitres, juste des coupures avec des petits traits. Mais à la lecture, ça ne se ressent pas du tout, l'histoire est tellement prenante et palpitante que j'ai complètement oublié ce petit détail. La lecture est tellement intense qu'on en oublie tout le reste. Les difficultés s’accumulent sans qu'elles puissent paraître extravagantes, bien au contraire, tout pourrait être bien réel, et ça fait froid dans le dos.. mon esprit un peu tortueux et à chercher toujours la petite bête dans les polars à fait que les doutes que j'avais sur une personne qui apparaît de temps en temps se sont trouvés avérés, mais cela n'a rien ôté au sensationnel des révélations finales, je ne m’attendais tout de même pas à autant de…cruauté…

Je n’ai maintenant qu'une hâte, c’est de retrouver Greg Brandt dans le troisième opus qui devrait s'appeler Le Nantais. Tout un programme rien qu'au titre. Peut-être en apprendrons nous encore un peu plus sur l’inspecteur, il se dévoile petit à petit mais reste toujours un peu mystérieux. Ce sera un réel plaisir de le retrouver.

J'ai encore été trop bavarde….mais j'ai tellement aimé ce roman ! Je pense même un peu plus que le premier, il m'a encore plus touchée au niveau sentiments. J'ai lu ce roman rapidement, non pas parce qu’il est rapide à lire, mais surtout parce qu'il est très prenant et que j'ai eu envie de savoir le fin mot, je n'ai réussi à m'endormir qu'une fois la dernière page tournée.

C’est un roman que je vous recommande vivement. Et vous pouvez le lire même si vous n'avez pas lu L’Arménien, ça ne gêne en rien à la compréhension, ce sont deux histoires distinctes. En tout cas, Carl Pineau me conforte dans l’idée de continuer à le suivre, c’est un auteur de talent qui avait d'ailleurs remporté le Prix des Auteurs Inconnus 2017.

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Commentaire ajouté par juliesuitsonfil 2019-07-15T14:32:23+02:00
Or

J’ai eu le plaisir de découvrir la plume de Carl Pineau avec l’arménien son premier roman, dans lequel il faisait le pari de nous embraquer dans les années 80, avec une ambiance palpable et tellement bien retranscrite.

J’attendais impatiemment la sortie du second volet des nuits nantaises, mais j’avais une pointe d’appréhension, quand à la direction que l’auteur allait prendre. J’avais, en effet, un peu peur que le Sicilien soit un copié-collé de l’arménien.

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, l’arménien était une immersion dans le monde de la nuit, avec cette liberté qui prédominait au début des années 80, avec sexe à gogo, sans protection… Les évènements majeurs des années 80, étaient le fil directeur… L’élection de Mitterrand… La chute du mur de Berlin… La découverte du Sida et surtout l’impact que cela allait avoir sur les relations sexuelles, la prise de conscience du danger des MST… Mais surtout la transcription de la vie des jeunes de cité et la seule échappatoire qu’ils trouvaient en dealant, la place qu’ils avaient du mal à se faire dans ces années « touches pas à mon pote » et le racisme auquel ils étaient confrontés…

Le sicilien est une suite directe de l’impact des années 80 sur le monde de la nuit, le fil directeur est plus ténu, mais il demeure bien présent… Le sida est passé par là, le sexe prend une place moins importante, enfin, on se protège… Mais les trafics en tout genre ont pris de l’essor, au point que les petits malfrats des années 80, sont devenues des pointures…

1995, le monde de la nuit, les nuits nantaises et ses bars louches… Dario, gérant de l’un d’eux, a une réputation à tenir et n’hésite pas à donner de sa personne… King Kong de l’arménien a laissé sa place à Andrei videur moldave…

En une nuit, Dario a fait basculer sa vie du côté obscure, même si ce n’est pas un enfant de coeur, ce n’est pas non plus un voyou. C’est un genre qu’il se donne, un genre sulfureux qui lui permet de cacher ses fêlures… Des fêlures qui font de lui la cible parfaite… Mais pas seulement…

Un coup de queue et tout bascule… Oui, c’est cru, c’est glauque, mais je l’ai trouvé plus soft que l’arménien. A l’image des années 80, l’auteur faisait souffler un vent de liberté sur le premier opus, alors que le sicilien est à l’image des années 90. Des années, sur la réserve, des années de transition, à l’image du monde qui vit une transition avec la chute du mur de Berlin.

Le sicilien, c’est la fin d’une époque et la naissance d’une nouvelle, une atmosphère particulière, propre au phénomène de «fin de siècle».

Le monde est en pleine mutation et c’est la décennie des changements, des évolutions. C’est la naissance de l’ère standardisée où l’être humain, devient quantité négligeable…

Dario, vit une transition et sera touché de plein fouet par la horde de la mondialisation… Le monopole de la drogue change de main et les trafics en tout genre sont toujours aussi prégnants, je dirais même plus. Les trafiquants changent de camp et ne se cachent plus… L’héritage est parfois lourd à porter, mais encore plus quand il nous tombe dessus.

Carl Pineau, ne ménage pas ses personnages, et fait ressortir ce qu’ils ont de pire ou de meilleur en eux. L’intrigue est sombre et franchement certaines descriptions à la limite du supportable et le twist final m’a retourné les tripes, comme Dario, j’ai eu envie de crier ma rage. Car malgré le monde dans lequel il évolue, Dario est un homme bon, un homme qui aime et qui ne baisse pas les bras. Toujours à la recherche du bien, profondément humain dans son monde en pleine mutation.

En filigrane, l’auteur n’hésite pas à faire des petits clins d’œil à l’arménien, mais donne surtout une place prépondérante au flic bourru qui avait fait son apparition dans l’arménien. A l’image du vieux flic, l’instinct prend toute sa place et heureusement, car les preuves qui accusaient Dario étaient suffisantes pour le mettre derrière les barreaux…

J’attendais avec impatiemment ce roman, et je n’ai pas été déçue. Carl Pineau dépeint avec justesse le monde de la nuit, comme seuls peuvent le faire ceux qui l’ont connu. L’alcool, la musique, la drogue ne font que mettre en exergue la solitude de ces hommes qui se roulent dans la fange, sans jamais perdre les valeurs profondes qui font d’eux des être humains.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide et travaillée, donnant un naturel incroyable au récit, aux scènes d’une violence palpable, et une émotion qui prend aux tripes.

Lauréat 2017 du Prix des Auteurs Inconnus, Carl Pineau, ne fait que confirmer le talent qu’il possède et les éditions Lajouanie ne s’y sont pas trompées. Le rythme du sicilien ne fait que monter en puissance au fil des pages qui s’égrainent, et cela pour notre plus grand plaisir.

https://julitlesmots.com/2019/07/15/le-sicilien-les-nuits-nantaises-90s-de-carl-pineau/

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Commentaire ajouté par LeMondeDeMarie 2019-07-15T09:35:56+02:00
Or

Un second opus qui peut se lire de manière totalement indépendante du précédent. La décennie n’est plus la même et donc la société dans laquelle nos protagonistes, eux aussi différents, vont évoluer est différente.

Une plume qui nous emporte dans une intrigue très bien orchestrée avec pour toile de fond « la mafia sicilienne». Dario comme personnage principal. Un homme lambda qui va se retrouver au coeur d’affaires dont il ne connaît rien. Accusé de meurtre, puis sa compagne qui disparaît, il va également découvrir qui est vraiment sa tante et la famille dont il est issu.

Une chose est certaine, l’auteur ne va pas ménager ses protagonistes. Ils vont subir nombre de souffrances à travers une foule de rebondissements. Des retournements de situation auxquels on ne s’attend pas. Le lecteur est tenu en haleine d’un bout à l’autre et il devient difficile pour lui de savoir qui sont les bons et les méchants.

Je n’ai pas approuvé tous les actes de Dario mais j’ai été admirative devant sa ténacité et sa combativité. Un homme avec des principes et une envie de justice quand bien même il est capable d’aller très loin. J’ai également bien accroché avec Greg Brandt, le policier chargé de l’enquête. Bourru mais juste, il sera d’un grand soutien pour Dario.

J’ai passé un excellent moment avec ce polar sans temps mort, aux personnages attachants et à l’intrigue très bien orchestrée. Le genre d’ouvrage qu’on ne lâche plus avant d’en avoir tourné la dernière page.

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Commentaire ajouté par annick69 2019-07-11T11:07:21+02:00
Or

Second roman de l'auteur que j'attendais avec impatience ayant lu "L'arménien", qui avait été une belle surprise. Roman policier, voire plus, ce titre est le deuxième opus des "Nuits nantaises" qui sera une trilogie. Nous sommes toujours à Nantes et ses alentours pour une enquête très complexe dans les années 90. Tout accuse Dario avec le premier meurtre assez particulier, mais les directions que va prendre cette intrigue seront multiples. Les origines siciliennes y sont pour beaucoup, la mafia, la drogue, les filles, le sexe, l'argent… Mais cela fait-il de Dario le seul suspect… Au bout d'une attente stressante et captivante, le dénouement sera à la hauteur de mes désirs puisque je n'ai rien vu venir. Cette histoire m'a passionnée et frustrée. Frustrée car je voulais connaître la fin et que l'auteur a su maîtriser la trame de son récit jusqu'au bout, et frustrée aussi, car je savais qu'une fois fini je ne serais plus dans l'addiction de cette lecture qui m'a énormément transportée. Le plus : j'aime beaucoup les romans que les éditions Lajouanie proposent ainsi que leurs couvertures. Sachez que l'on n'est pas obligé d'avoir lu le premier mais que je le recommande quand même car il est excellent aussi. Merci du fond du cœur Carl pour cette lecture.

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Commentaire ajouté par Root 2019-07-07T17:27:55+02:00
Bronze

Nantes, le 1er octobre 1995. Il y a des soirs où tout part en vrille. Le mauvais endroit, le mauvais moment. La mauvaise rencontre. Dario Galati fête son anniversaire sans le fêter : il est derrière son bar, au Château. Trente-trois ans, l’âge du Christ… mauvais présage ? Oui. Car quand elle est entrée dans la boîte, les problèmes ont commencé. Elle, c’est Bleona Oxa, une très jolie Albanaise au sang chaud, fermement décidée à s’envoyer en l’air avec Dario. La chair est parfois faible, et l’alcool aidant… Lorsqu’il reprend ses esprits, rongé par les remords d’avoir trompé Leila, sa compagne, Dario doit rentrer chez lui. Tout lui confesser ? Non, pas maintenant, mais… il n’en aura pas le temps car au matin, il est cueilli par la police qui vient de trouver le corps éviscéré de Bleona dans sa voiture. Bien sûr, tout l’accuse, et lui ne se souvient de rien. Leila, elle, a disparu.

Pour Dario, c’est le début de l’enfer. Le milieu de la nuit ne voit naître que peu de véritables amitiés, et il n’a plus que sa tante, qui l’a accueilli et élevé à la mort de son père, pour lui venir en aide. Malgré son âge et sa santé déclinante, la veuve De Bainville a le bras long, le sens de la famille… et un avocat qui lui est dévoué.

Pour l’inspecteur Greg Brandt, c’est une affaire à résoudre. Sans négliger aucune piste. Et quelque chose lui dit que Dario Galati n’est peut-être pas le monstre qu’on pourrait croire… à moins que ?

Avec la verve qu’on lui a découverte dans L’Arménien, premier opus de sa trilogie, Carl Pineau renvoie au turbin un Greg Brandt toujours aussi pugnace, méticuleux, et fidèle à sa propre notion de la justice. Si notre type n’aime pas causer pour ne rien dire, on se fie à ses intuitions, et on reçoit chaque confidence comme une faveur. Aux « nuits nantaises » succèdent des réveils sombres et des journées qui s’étirent sans l’ombre d’une issue heureuse. Dès le premier chapitre – troublant – on s’enfonce dans une atmosphère poisseuse, où l’euphorie des 80’s s’est vue remplacée par la méfiance d’une fin de siècle où le sida n’est plus une légende, et où les portables sont encore l’apanage des riches. On se prend d’affection pour Dario, personnage écorché par la vie comme les brosse si bien l’auteur, sans manichéisme et sans autre esbroufe que celle d’être un mec qui en a. Entre insolence et indolence, il fait face à ses détracteurs sans se départir de ses valeurs, celles d’un homme sans racines qui s’est fait, pour ainsi dire, tout seul, en traînant beaucoup de casseroles.

J’attendais ce roman, évidemment. Verdict ? La claque. La bonne grosse claque tant espérée. Une fois encore, Carl Pineau dépeint avec une grande justesse le monde de la nuit – comme seuls le peuvent ceux qui l’ont connu – où sourdent, derrière les beats des platines et les bulles de champagne, la solitude et la mélancolie. Donnant une belle place à l’amitié et à la loyauté, Le Sicilien ne s’essouffle pas un instant, les descriptions parlent autant que les personnages eux-mêmes, les dialogues ont ce naturel incroyable qui nous projette au cœur de chaque scène, et le suspense est taillé au millimètre. Le grand talent de l’auteur est de réussir à vous faire douter de tout et de tous sans rien dévoiler de son final : ce bouquin (sur)prend (aux tripes) jusqu’à ses derniers mots. Les clins d’œil à L’Arménien – à Françoise de Juignain, notamment – sont un plaisir de plus, et je peux affirmer sans me tromper que j’ai entre les mains mon polar de l’année, brillant mélange de violence, de nostalgie et d’émotions brutes. Très, très beau parcours pour Carl Pineau, je m’en réjouis pour lui, qui a commencé en auto-édition et est aujourd’hui publié par La Jouanie : vous avez fait le bon choix !

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Note globale 9.25 / 10

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