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- Il paraît que tout le monde rêve la nuit, mais que seules certaines personnes s'en souviennent."

Je souris. " Et si tout le monde oubliait ses songes le matin venu, comment pourrait-on le prouver? Non. Quand je pose la tête sur l'oreiller et que je ferme les yeux, plus rien ne se passe dans mon esprit jusqu'à mon réveil, contrairement à toi; on dirait que tu remplis tes heures de sommeil d'aventures et de fantaisies."

Elle détourna le visage. " Je me réfugie peut-être dans mon imagination parce que je n'ai pas grand chose d'autre pour me distraire de la réalité.

- Allons! Je n'ai pas l'impression que tu mènes une existence si dure que ça.

- Non; je mène une existence sans intérêt." répliqua-t-elle avec une sorte d'amertume. Comme je la regardais, interdit, elle secoua la tête puis demanda: "Tu n'as donc jamais fait de rêve si bizarre que tu te réveilles le coeur battant, en ne sachant plus ce qui est réel, notre monde ou celui d'où tu émerges, Jamère?"

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Chaque passerelle devait présenter une valeur, une symbolique et des connotations dont la portée ne touchait pas mon âme de Gernien ; j’ignore pourquoi, je m’en sentis diminué, humilié, comme un homme à qui son manque d’instruction interdit de percevoir l’importance culturelle d’un poème.

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— Faire de moi un Kidona ? Je ne veux pas devenir un Kidona ! »

Il s’esclaffa. « Bien sûr que si ! On veut devenir celui par qui on a été vaincu. Un garçon qui a un filet de guerre dans le cœur aspire au fond de lui à devenir un Kidona ; même ceux qui ne savent pas ce que c’est en ont envie, comme d’un rêve qui reste à rêver. Tu souhaites être un Kidona ; j’éveillerai ce rêve en toi. C’est ce que ton père attendait de moi, je pense, même s’il n’a pas osé le dire.

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Le messager parvint au relais, et j’assistai alors à un spectacle qui me fit frémir : il ne tira les rênes qu’à la hauteur de la monture fraîche et d’un bond, sans toucher le sol, passa d’une selle à l’autre ; il lança quelques mots que je ne compris pas, se pencha pour s’emparer au vol de l’outre et des provisions puis talonna son nouveau coursier. En quelques instants, il rejoignit le convoi de prisonniers et passa en plein milieu ; hommes enchaînés et gardes montés s’écartèrent vivement de son chemin, puis des cris de colère et de douleur montèrent d’une poignée de déportés qui n’avaient pas reculé assez vite et s’étaient fait piétiner par un des soldats à cheval. Sans se soucier du tumulte qu’il laissait dans son sillage, le courrier n’apparaissait déjà plus que comme une minuscule silhouette sur le ruban de la route qui s’en allait vers l’ouest. Je le suivi des yeux un moment puis reportai mon attention sur le relais. Un palefrenier menait la monture du messager vers l’écurie quand l’animal tomba soudain à genoux puis roula sur le flanc et resta là, gisant, battant faiblement des pattes.

« Il est à bout de souffle, dit Duril en connaisseur. Il ne portera plus jamais de courrier ; il aura de la chance s’il s’en sort vivant, le pauvre.

— Quelle missive vitale pouvait bien transporter cet homme pour qu’il crève son cheval sous lui et ne puisse la transmettre à un cavalier frais ? »

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en échange, il conservait l’oreille d’un Kidona dans une bourse à sa ceinture ; je ne l’avais vue qu’une fois, mais il n’y avait pas à se tromper sur sa nature. « Il avait voulu me couper la mienne, alors je lui ai tranché la sienne. J’ai réagi comme un barbare, mais j’étais jeune, en rogne, et le sang me dégoulinait dans le cou. Plus tard, après la bataille, j’ai regardé ce que j’avais fait et j’ai eu honte ; oui, honte. Malheureusement, on l’avait déjà enseveli et je ne pouvais pas la lui rendre, et je n’ai pas pu me décider à la jeter comme ça, n’importe où ; depuis, je la garde sur moi pour me rappeler que la guerre peut transformer un jeune homme en bête féroce. Et je te la montre aujourd’hui pour la même raison...

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Duril avait exigé que je m’y entraîne, des heures durant s’il le fallait. « Un cavalier doit être capable de grimper sur le premier cheval venu, en toutes circonstances, ou bien autant qu’il avoue tout de suite avoir l’âme d’un fantassin. Tu as envie de descendre en bas de la colline dire à ton père que son fils militaire préfère s’engager dans la piétaille plutôt que gagner ses épaulettes dans la cavalla ? Dans ce cas, moi, je t’attends ici ; j’aime mieux ne pas voir ce qui va t’arriver. »

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Extrait ajouté par pusul 2020-01-10T16:32:38+01:00

Il s’assit lentement. « Non. » Sa main reposait déjà sur la poignée de son cou-de-cygne ; je n’avais pas d’arme. Il eut un sourire féroce. « Et si tu essayais de me la prendre ? »

Je restai immobile pendant que la colère, la haine et la peur s’empoignaient en moi ; pour finir, l’envie de vivre l’emporta. « Je ne suis pas fou », répondis-je. Je me détournai de lui et me dirigeai vers les taldis.

« Tu dis que tu n’es pas fou, me lança-t-il. Est-ce une autre façon de dire que tu es lâche ? »

J’eus l’impression de recevoir un coup de poignard dans le dos. Je m’efforçai de ne pas y prêter attention. « Kiksha, pas bouger. » La jument s’approcha de moi.

« Parfois, il faut se battre pour obtenir de quoi survivre ; il faut se battre même face à un adversaire imbattable. » Il se leva en dégainant son cou-de-cygne. La lame de bronze jeta des éclairs d’or dans le soleil levant. La colère assombrissait le visage du Kidona. « Ecarte-toi de ma bête. Je t’interdis de la toucher. »

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Extrait ajouté par Maks 2015-12-31T11:58:10+01:00

Il lui manquait la moitié de l’oreille gauche, dont une vilaine balafre marquait la partie absente ; en échange, il conservait l’oreille d’un Kidona dans une bourse à sa ceinture ; je ne l’avais vue qu’une fois, mais il n’y avait pas à se tromper sur sa nature. « Il avait voulu me couper la mienne, alors je lui ai tranché la sienne. J’ai réagi comme un barbare, mais j’étais jeune, en rogne, et le sang me dégoulinait dans le cou. Plus tard, après la bataille, j’ai regardé ce que j’avais fait et j’ai eu honte ; oui, honte. Malheureusement, on l’avait déjà enseveli et je ne pouvais pas la lui rendre, et je n’ai pas pu me décider à la jeter comme ça, n’importe où ; depuis, je la garde sur moi pour me rappeler que la guerre peut transformer un jeune homme en bête féroce. Et je te la montre aujourd’hui pour la même raison ; pas pour que tu ailles te vanter devant ta petite sœur et que ta mère se plaigne au colonel que je t’inculque des manières de sauvage, mais pour que tu réfléchisses.

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L’épée dans mon poing ne parut lui faire ni chaud ni froid. Elle s’inclina vers moi, ce qui me permet de constater que ses longs cheveux restaient accrochés au tronc de l’arbre, comme s’ils l’y enchaînaient. Elle m’examina d’un oeil perçant et j’eus l’impression qu’elle me scrutait jusqu’aux tréfonds. A mi-voix, sur le ton de la confidence, elle me dit : “Je vois ta difficulté ; il t’utilise pour m’écarter de sa route. Il t’a fait croire que tu devais me tuer pour acquérir le statut d’homme respecté. Il te trompe. Tuer, c’est tuer, rien de plus. L’estime que le Kidona t’accordera ensuite n’a de réalité que pour lui ; nul n’y attache de prix, toi moins que quiconque. Et tu n’as pas à m’ôter la vie pour atteindre à la véritable considération. Mon sang ne te vaudra que celle de ce dadais ; je devrais payer cher pour que tu jouisses de la déférence d’un rustre. Rien de valable ne s’obtient par le sang, jeune homme.”

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Son front haut et bombé surplombait des yeux gris à l’expression calme. Son corsage blanc dégageait son cou, ses bras, et laissait voir le torque noir qui enserrait sa gorge, ainsi que nombre de bracelets, certains remontés au-dessus des coudes, d’autres cliquetant à ses poignets ; elle arborait fièrement à la vue de tous la fortune féminine de sa famille. Ses bras nus, hâlés par le soleil, étaient musclés comme ceux d’un garçon. Du haut de sa monture, elle observait hardiment la rue, très différente en cela de mes sœurs qui, dans des lieux publics, baissaient les yeux et adoptaient une attitude pudique

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