Livres
506 274
Membres
514 476

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par Ukko-Ukko 2017-06-11T00:05:39+02:00

La guerre vous donne une soif de tous les diables.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ukko-Ukko 2017-06-11T00:03:16+02:00

Tout était sale. La suie du poêle tachait le mur et le plafond. Tous ces corps enfermés entre ces quatre murs dégageaient une odeur puissante à cause de l'humidité qui suintait des poutres et des tuiles, une odeur si dense qu'on aurait pu la fendre avec les dagues et les épées qui traînaient un peu partout, à côté des arquebuses, des casaques en cuir de Cordoue, des manteaux de pluie et du linge sale. La pièce sentait la caserne, l'hiver et la misère. Elle sentait le soldat et les Flandres.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Ukko-Ukko 2017-06-07T12:14:24+02:00

L'époque n'était plus celle des grands capitaines, des assauts massifs et des riches butins. La guerre était devenue une sorte de longue et ennuyeuse partie d'échecs durant laquelle les places fortes changeaient sans cesse de mains. Le courage y comptait souvent moins que la patience.

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:52:14+02:00

Diego Alatriste se garda lui aussi de trop afficher ses sentiments : j’ai déjà dit qu’il se borna à esquisser un sourire en tordant sa moustache comme s’il pensait à autre chose. Puis, quand il me vit tourner en rond comme un bon chien qui attend une caresse de son maître, il me félicita pour mon pourpoint de velours rouge et finit par m’offrir un quignon de pain avec des saucisses que ses compagnons faisaient cuire sur le petit feu qui leur servait aussi à se réchauffer. Leurs vêtements étaient encore trempés après cette nuit passée dans l’eau du canal. La peau de leur visage était grasse et sale. Les heures de veille et le combat qui avait suivi les avaient fatigués. Mais ils étaient tout de même de belle humeur, contents d’être toujours vivants. Tout s’était déroulé à merveille. La population était revenue à la religion catholique du roi et le butin – plusieurs sacs empilés dans un coin – était raisonnable

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:52:09+02:00

J’obéis sans me faire prier. Les cadavres de trois Hollandais gisaient à terre : le premier sur les planches du quai voisin, le deuxième sous la table. Quant au troisième, il était tombé à plat ventre sur le seuil de la porte, à l’arrière de la maison, avec une hallebarde qui ne lui avait pas servi à grand-chose. Je vis que ses poches étaient retournées, qu’on l’avait dépouillé de son corselet et de ses souliers et qu’il lui manquait deux doigts à une main, sans doute parce qu’on les avait coupés au lieu de les débarrasser de leurs bagues, pour faire vite. Il avait laissé derrière lui une traînée de sang brunâtre qui traversait tout le jardin, jusqu’à l’endroit où le capitaine était assis

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:52:02+02:00

Même quand il représente peut-être cent fois votre solde annuelle. Je pris une grande respiration et, me couvrant la bouche et le nez avec un mouchoir que je sortis de ma poche, je courbai la tête pour esquiver les poutres branlantes qui brûlaient en jetant des gerbes d’étincelles. Je m’enfonçai dans la fumée, ramassant des livres sur les rayons en flammes, au milieu des flammèches qui voletaient dans cet air qui nous brûlait les entrailles. La plupart des ouvrages étaient déjà réduits en cendres, tristes résidus dans lesquels s’émiettaient et disparaissaient tant d’heures d’étude, tant d’amour, tant d’intelligence, tant de vies qui auraient pu en illuminer d’autres

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:51:54+02:00

Il regarda autour de lui les arcades d’où quelques femmes et enfants contemplaient la scène, puis il essuya avec sa manche brûlée son visage en sueur. — Pardieu, je meurs de soif, dit-il. Et il repartit chercher d’autres livres avec l’homme en noir. Après quelques instants de réflexion, je décidai de courir vers la maison la plus proche, dont la porte défoncée était sortie de ses gonds. Une famille hollandaise s’y trouvait, hésitant entre la peur et la curiosité

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:51:47+02:00

L’un des deux hommes était un Hollandais d’un certain âge, cheveux longs et blancs. Il était vêtu de noir, comme le sont les pasteurs de là-bas, avec un col à la wallonne, sale, et des bas gris. Mais il ne semblait pas être un religieux, si l’on peut appeler ainsi ceux qui prônent les doctrines de Calvin l’hérétique – que le diable l’emporte en enfer, ce fils à putain. Finalement, je me dis qu’il devait s’agir d’un secrétaire ou d’un fonctionnaire municipal qui tentait de sauver les livres de l’incendie.

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:51:38+02:00

Enfin, nous étions toujours là-bas et nous le fûmes encore quelques années, agrandissant la Castille à la pointe de l’épée, ou comme Dieu ou le diable voulait que nous le fassions. Le drapeau de notre compagnie flottait au balcon d’une maison de la place d’Oudkerk. Mon camarade Jaime Correas, valet de l’escouade du sous-lieutenant Coto, était là, à la recherche de ses compagnons d’armes. Je continuai un peu mon chemin en me tenant éloigné de la façade principale de la maison communale pour échapper à la terrible chaleur de l’incendie. Comme j’arrivais au coin de l’édifice, je vis deux hommes occupés à entasser des livres et des archives qu’ils sortaient à la hâte.

Afficher en entier
Extrait ajouté par wizbiz06 2012-05-02T13:51:30+02:00

Et il en fut ainsi, pardieu. Après que les tercios se furent battus trois longues décennies durant contre la moitié du monde, sans y gagner autre chose que pieds gelés et têtes chaudes, très vite il ne resta plus qu’à les voir mourir sur les champs de bataille, comme à Rocroi, fidèles à leur réputation à défaut d’autre chose, taciturnes et impassibles, pendant que leurs rangs se transformaient en ces « tours et murailles humaines » dont parla avec admiration Bossuet. Nous les avons bien fait braire, autant que nous étions. Même si nos hommes et leurs généraux n’étaient plus ce qu’ils avaient été du temps du duc d’Albe et d’Alexandre Farnèse, les soldats espagnols continuèrent un temps d’être le cauchemar de l’Europe, eux qui avaient capturé un roi de France à Pavie, vaincu l’ennemi à Saint-Quentin, mis à sac Rome et Anvers, pris Amiens et Ostende, tué dix mille ennemis lors de l’assaut de Jemmigen, huit mille à Maastricht et neuf mille à L’Écluse en se battant à l’arme blanche, de l’eau jusqu’à mi-corps

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode