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Par ilovelire le 30-01-2016 Editer
Le sourire des femmes
Ce matin-là, je n’avais aucun but, ma tête était étrangement vide et mon cœur si lourd que je sentais son poids et que je ne pouvais m’empêcher de presser ma main contre la laine brute de mon manteau. Il n’y avait pas encore beaucoup de monde dehors et les talons de mes bottes claquaient sur les pavés, tandis que je me dirigeais vers le portail en pierre reliant la cour du Commerce Saint-André au boulevard Saint-Germain. J’étais si heureuse, il y a quatre ans, lorsque j’avais trouvé mon appartement dans ce petit quartier vivant qui s’étend au-delà de la grande artère, jusqu’à la rive de la Seine ! J’apprécie ses ruelles et ses rues tortueuses, ses étals de légumes, d’huîtres et de fleurs, ses cafés et ses commerces. J’habite au troisième étage, dans un vieil immeuble sans ascenseur, aux escaliers de pierre usés. Quand je regarde par la fenêtre, j’aperçois le légendaire Procope, le restaurant qui se dresse là depuis des siècles et qu’on dit être le premier café de Paris. Les hommes de lettres et les philosophes s’y rencontraient. Voltaire, Rousseau, Balzac, Hugo et Anatole France… De grands noms dont la compagnie spirituelle fait frissonner d’aise la plupart des clients qui y mangent sous d’immenses lustres, installés sur des banquettes en cuir rouge.
Par ilovelire le 30-01-2016 Editer
Le sourire des femmes
Le bonheur et le malheur vont souvent de pair. Pour le formuler autrement, on pourrait dire que le bonheur prend de temps en temps de curieux détours.
Si Claude ne m’avait pas quittée, j’aurais probablement retrouvé Bernadette, ce lundi de novembre gris et froid. Je n’aurais pas erré à travers la ville comme une âme en peine, je ne me serais pas attardée au crépuscule sur le pont Louis-Philippe et je n’aurais pas fixé l’eau en m’apitoyant sur mon sort, je n’aurais pas fui ce jeune policier inquiet pour me réfugier dans la petite librairie de l’île Saint-Louis et je n’aurais jamais trouvé le livre qui devait transformer ma vie en aventure fabuleuse. Mais chaque chose en son temps.
Par ilovelire le 30-01-2016 Editer
Le sourire des femmes
Ce soir-là, lorsque j’éteignis les lumières et que je me mis en route, avec une boîte de macarons, je ne me doutais pas encore que mon appartement serait aussi vide que mon restaurant. C’était, comme je l’ai dit, un jour qui ressemblait à tous les autres.
Sauf que Claude était sorti de ma vie en trois petites phrases.

En ouvrant les yeux le lendemain matin, je sus que quelque chose clochait. Malheureusement, je ne fais pas partie de ces gens qui sont parfaitement réveillés d’emblée. Dans un premier temps, ce fut donc plus une sensation étrange de malaise indéterminé qu’une pensée concrète qui se fraya un chemin jusqu’à ma conscience. J’étais allongée au milieu des oreillers moelleux qui sentaient bon la lavande, les bruits de la cour me parvenaient, étouffés. Les pleurs d’un enfant, la voix apaisante d’une mère, des pas lourds qui s’éloignaient lentement, le portail qui se refermait en grinçant. Je clignai des yeux et me tournai sur le côté. Encore à moitié endormie, je tendis la main pour chercher à tâtons un corps qui n’était plus là.
– Claude ? murmurai-je.
C’est alors que la pensée avait surgi. Claude m’avait quittée !
Ce qui, la veille au soir, apparaissait encore curieusement irréel et s’était révélé, après plusieurs verres de vin, si irréel que j’aurais tout aussi bien pu le rêver, devenait irrévocable au lever de ce jour gris de novembre. Étendue là, immobile, je prêtais l’oreille, mais l’appartement restait silencieux. Aucun bruit ne venait de la cuisine. Personne n’entrechoquait les grandes tasses bleu foncé, personne ne jurait à voix basse parce que le lait avait débordé. Pas la moindre odeur de café pour chasser la fatigue. Pas le moindre bourdonnement de rasoir électrique. Pas le moindre mot.
Par ilovelire le 30-01-2016 Editer
Le sourire des femmes
’ANNÉE DERNIÈRE, en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela semble très peu vraisemblable. Certains pourraient trouver extravagant ou mélodramatique que je dise ce genre de chose. Malgré tout, c’est précisément ce qui s’est passé.
Pourtant, personne n’avait visé mon cœur ; la balle n’était pas venue se ficher miraculeusement entre les pages d’une épaisse édition reliée en cuir des poèmes de Baudelaire, comme on le voit parfois dans les films. Je ne mène pas une existence aussi palpitante.
Non, mon imbécile de cœur avait déjà été blessé. Un jour qui ressemblait à tous les autres.
Je m’en souviens encore avec précision. Les derniers clients du restaurant – un groupe d’Américains plutôt bruyants, un couple japonais discret et quelques Français qui discutaient avec passion – s’attardaient comme toujours, et les Américains s’étaient léché les lèvres avec beaucoup de « aaah » et de « oooh » en dégustant le gâteau au chocolat.
Après avoir servi le dessert, Suzette avait demandé, comme à son habitude, si j’avais encore besoin d’elle, puis elle s’était hâtée de partir, heureuse. Et Jacquie était mal luné, comme à son habitude. Cette fois, il s’était emporté au sujet des usages alimentaires des touristes et il avait levé les yeux au ciel tout en flanquant bruyamment les assiettes vides dans le lave-vaisselle.
– Ah, ces Américains ! Ils ne comprennent rien à la cuisine française, rien du tout ! Ils mangent toujours la décoration… Pourquoi faut-il que je travaille pour des barbares, j’aurais bien envie de tout balancer, ça me met en rogne !
Il avait détaché son tablier et m’avait lancé son « bonne nuit » d’un ton bougon avant d’enfourcher son vieux vélo et de disparaître dans la nuit froide. Jacquie est un chef remarquable et je l’aime beaucoup, même s’il avance toujours précédé de son air grincheux, comme il porterait une marmite de bouillabaisse. Il officiait déjà au Temps des cerises quand le petit restaurant aux nappes à carreaux rouge et blanc, situé rue Princesse, un peu à l’écart de l’animation du boulevard Saint-Germain, appartenait encore à mon père. Papa aimait cette vieille chanson, si belle et fugace, cet air à la fois optimiste et légèrement mélancolique autour d’amants qui se trouvent et se perdent. Et bien que les insurgés l’aient adoptée ensuite pour en faire leur hymne, symbole de renouveau et de progrès, je crois que la véritable raison pour laquelle mon père avait baptisé ainsi son restaurant était moins liée à la mémoire de la Commune de Paris qu’à des souvenirs bien personnels.
Par emuze le 14-02-2014 Editer
Le sourire des femmes
L’année dernière,en novembre, un livre m’a sauvé la vie. Je sais que cela semble très peu vraisemblable. Certains pourraient trouver extravagant ou mélodramatique que je dise ce genre de chose.
Malgré tout, c’est précisément ce qui s’est passé.
Pourtant, personne n’avait visé mon cœur; la balle n’était pas venue se ficher miraculeusement entre
les pages d’une épaisse édition reliée en cuir des poèmes de Baudelaire, comme on le voit parfois dans les
films.Je ne mène pas une existence aussi palpitante.
Non, mon imbécile de cœur avait déjà été blessé. Un jour qui ressemblait à tous les autres.
Je m’en souviens encore avec précision. Les derniers clients du restaurant un groupe d’Américains plutôt bruyants, un couple japonais discret et quelques Français qui discutaient avec passion s’attardaient comme toujours, et les Américains s’étaient léché les lèvres avec beaucoup de «aaah» et de «oooh» en dégustant le gâteau au chocolat.
Par bzz-bzzz le 05-01 Editer
Le sourire des femmes
Quelque soit la façon dont une histoire débute, quels que soient les tours et détours qu'elle emprunte, seule compte la fin.
p.274
Par bzz-bzzz le 05-01 Editer
Le sourire des femmes
[...] je songeai que tout homme rencontre un jour, dans sa vie, une femme qui lui donne envie de se laisser apprivoiser.
p.247
Par bzz-bzzz le 05-01 Editer
Le sourire des femmes
En matière d'affaires de cœur, il était absurde d'exiger une justice.
L'amour était ce qu'il était. Ni plus ni moins.
p. 144
Par bzz-bzzz le 05-01 Editer
Le sourire des femmes
[...] il ne s'agissait pas du tout de Claude, mais de ce qui finit toujours par toucher notre âme : l'amour de l'autre auquel nous aspirons tous, vers lequel nous tendons les mains, notre vie durant, pour le toucher et le garder.
pp. 142-143
Par bzz-bzzz le 05-01 Editer
Le sourire des femmes
Quand on est malheureux, soit on ne voit plus rien et le monde est sombre dans l'insignifiance, soit on voit les choses avec une clarté extrême et tout prend soudain un sens. Même des choses très banales, comme un feu qui passe du rouge au vert, peuvent vous décider à prendre à droite, ou à gauche.
p.31
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