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– Un Ange qui jure ? C’est permis par vos stupides lois médiévales, ça ?

Il ricane.

– Tu croyais quoi ? T’imaginais qu’un Ange c’est un mec joufflu, aux cheveux blonds et bouclés, avec une couronne de fleurs sur la tête et qui joue niaisement de la harpe en souriant tout le temps comme un abruti ?

– Euh… Je… Peut-être bien un truc dans ce goût-là, oui.

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- Pas de conscience, hein? murmuré-je les yeux fixés sur les trois cadavres.

-Le Mal ne connaît pas la conscience. Etre gentil, en fait, c'est épuisant pour l'esprit.

Un petit sourire vient égayer ses lèvres. Je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour en demandant:

- Toi, t'es un gentil à mi-temps, c'est ça?

-On dira que je suis un méchant qui fait appel à sa conscience de temps en temps.

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Elle se mord les lèvres, visiblement mal, très mal. Je sens que je ne vais pas aimer ce qu’elle tente de me cacher. Mais face à mon regard noir, aucun mensonge potable ne semble lui venir à l’esprit.

Au contraire, son regard la trahit en dérivant vers la mare. Je le suis sans comprendre. J’observe attentivement le corps de la bête et mon sac. Je reviens à Elisa. Elle triture ses doigts en me jetant un regard suppliant. Je me tourne à nouveau vers la mare.

Le corps… Mon sac…

D’un coup, mes prunelles s’illuminent et ma bouche s’ouvre dans un hurlement :

— Dis-moi que t’as pas fait ça, Elisa ?

— Je suis désolée !

— Non ! Non ! Non ! Par Gaïa, mais t’es vraiment… NON !

Je rejoins le bord de la mare en levant mes bras au ciel et regarde le cadavre de mon sac, atterré.

— Kylian, je ne me suis pas rendu compte ! J’ai rangé le sachet à l’intérieur avant de chercher quelque chose à manger. Je parlais avec Quercus et…

— Aucune excuse, Elisa ! Tu entends ? T’as aucune excuse !

Je fais volte-face vers elle, rouge de fureur, et m’approche à grands pas.

— T’es pas une catastrophe naturelle ! Toi, t’es un tsunami de la connerie ! Je te laisse dix minutes toute seule et…

— Dix minutes ? T’es parti au moins une demi-heure ! Tu m’as laissée avec ce bavard de chêne et…

— Ne change pas de sujet ! Bordel ! On va faire comment, maintenant, hein ? Nom de Gaïa, mais qui m’a foutu une Sans-Plume pareille !

Je me détourne d’elle et envoie mon pied valser avec rage dans une botte de terre. Il faut que je me calme. Je dois reprendre le contrôle. Je ne peux pas me permettre de perdre de l’énergie supplémentaire, surtout pour les âneries sans bornes de cette humaine.

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Les Syams peuvent voir les Hommes à leur insu. Kylian n’aurait quand même pas…

Une colère violente s’insinue en moi. Je la sens monter au creux de mon ventre et je sais que je ne la retiendrai pas. Je n’en ai plus la force.

— Tu réalises à quel point tu es exécrable avec moi depuis qu’on se connaît ? Tu n’arrêtes pas de me rabrouer, et pourtant je fais au mieux ! Il y a moins de douze heures, je vivais encore normalement ! J’étais tranquille, j’avais une grand-mère, une famille. Là, on m’a tout pris et en échange, on me refourgue une sorte d’Ange cinglant, brutal et orgueilleux ! Tu peux te mettre à ma place deux minutes ?

Médusé par ma colère, Kylian me regarde, surpris, mais ne réplique rien.

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— … liaaaaannnnn…

Mon sang ne fait qu’un tour. Je commence à courir, serpente entre les arbres, mais je ne vais pas assez vite à mon goût. Elisa se remet à hurler. Que s’est-il passé ? On ne peut vraiment pas la laisser seule, cette Humaine ! Ou alors, elle m’appelle simplement parce qu’elle s’inquiète. Je suis parti plus longtemps que prévu à cause de ces fichues plantes. Encore une chance qu’il ne faille pas spécifiquement des racines de trèfles à quatre feuilles, bien que ces derniers soient dotés d’un plus grand potentiel. Je sais que Rendall et Maïwenn les privilégient dans toutes leurs potions.

— … LIAAAANNNN…

Là, ça vire carrément au suraigu. Y a un problème sérieux. Je laisse apparaître mes ailes et je m’envole. Ah ! Ce bonheur ! Je prends garde aux branches basses, accélère dès qu’un passage paraît plus sûr et en quelques minutes, je rejoins la forêt de chênes et comprends immédiatement que quelque chose de grave s’est produit. Les arbres se parlent avec entrain en gesticulant furieusement. Je constate que le terrain a été piétiné, comme si une bagarre venait d’avoir lieu. À ma vue, Quercus s’agite en secouant ses branches comme un beau diable.

— Kylian ! Nom d’un gland ! Ils l’ont capturée ! Là-bas ! Vole !

Sans prendre le temps d’en découvrir plus, je me précipite dans la direction indiquée. Les gobelins ont-ils remonté nos traces ? J’entends ses cris de plus en plus fort. J’accélère ma course et découvre son couteau par terre. Je le ramasse sans m’arrêter, le garde dans une main, puis tire mon épée de l’autre. Elisa et ses ravisseurs sont là, tout près, mais alors que je m’apprête à les découvrir au détour du chemin, les cris de la Sans-Plumes prennent de l’altitude. Qu’est-ce que… Devant mes yeux effarés, deux scorpinelles foncent en direction de la cime des arbres. Non ! Pas le ciel !

— ELISA !

— KYLIAN ! AU SECOURS !

Je n’arriverai jamais à temps ; les bestioles s’apprêtent à sortir de la forêt et de là-haut, n’importe qui pourra les voir. J’ouvre mes paumes et envoie une boule d’énergie qui va toucher la queue de celle qui tient Elisa. Elle vacille sous l’effet de l’attaque-surprise, mais se redresse rapidement et reprend sa route. Nom de Gaïa ! Leur corps est une véritable armure, mais les scorpinelles ont une faiblesse : leur abdomen est composé de petites plaques de tergites et de sternites, comme celui des scorpions. Ces plaques sont articulées entre elles. Pour blesser efficacement une de ces créatures, il suffit de parvenir à viser correctement entre les plaques, mais les deux mutants au-dessus de ma tête bougent trop, je ne parviens pas à ajuster mon tir et surtout :

— Kylian, fais gaffe, merde ! Je suis coincée entre ses putains de pattes ! AAAAHH !

L’animal la secoue dans tous les sens. Il veut la faire taire et moi, je ne peux pas mettre sa vie en danger. Je n’ai plus le choix : je dois m’envoler, mais personne ne doit nous voir. Je regarde mes mains avec hésitation. Rendall m’a appris. Je peux le faire, même si cela me demande une consommation d’énergie importante. La sécurité d’Elisa et du Talisman avant tout. Ma vie et ma santé, je m’en préoccuperai plus tard.

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Je ferme les yeux comme il l’a dit. Sa voix chaude me porte, me berce, me tranquillise. Tout en me parlant, il émet des bâillements qui m’atteignent aussi. Petit à petit, il s’endort tandis que mes muscles se relâchent. Soudain, il se repositionne. Nos corps se frôlent. Ce contact me surprend et me contracte. Kylian le perçoit aussitôt et grommelle :

— Désolé.

— J’étais presque endormie.

— Moi aussi.

Il ouvre les yeux et se relève sur son coude.

— Nom de Gaïa ! T’as tout l’espace de la grotte, mais faut que tu viennes pioncer juste sous mon nez !

— Oh ça va ! C’est bon ! J’ai compris ! m’exclamé-je, bien réveillée et prête à me lever.

Sa main se referme sur mon avant-bras, me stoppant net dans mon élan.

Il soupire avec lassitude :

— Elisa, on va pas remettre ça ! Je suis fatigué, nom d’un chien ! C’est bon, t’as gagné, j’abdique.

Avant même que je comprenne de quoi il parle exactement, il m’oblige à me recoucher en tirant sur mon bras et m’amène contre lui. Mon dos se cale contre son torse. Je tente de me relever en protestant, mais il pose sa jambe sur la mienne.

— Kylian, je veux pas que...

— Chut ! T’as décidé de pourrir mes débuts de nuit, j’ai compris. Alors, autant gagner du temps. Après tout, tu as raison, j’admets que les mauvaises habitudes, on y prend vite goût.

Je demande à voix basse tout en retenant mon souffle, le cœur battant un peu plus fort :

— Tu insinues quoi, par là ?

— Rien.

— C’est faux. Toi, t’es pas du genre à faire quelque chose contre ton gré, même pour le bien-être de celle que tu protèges ; tu me l’as suffisamment prouvé depuis le début de ce voyage.

Il soupire à nouveau, sans doute un peu irrité par le fait que, pour une fois, c’est moi qui ai raison. Son souffle se rapproche de mon oreille et il finit par glisser :

— Très bien. Peut-être qu’au fond j’ai pris l’habitude, moi aussi, de ta proximité et que... elle ne me déplaît pas. Là, t’es contente ?

Je ne réponds rien, me contentant de sourire en silence, comme une stupide ado fleur bleue. Et mon sourire s’agrandit d’autant plus lorsque Kylian se rendort, quelques secondes plus tard, sa jambe toujours posée sur la mienne.

Les lois Syams sont intraitables, Elisa. Ils te tueraient et Kylian également.

Oui, je sais, j’ai compris. Et je n’en demande pas plus. De toute façon, comment pourrais-je supporter cet Ange borné et râleur ?

C’est juste que...

Je me cale un peu plus contre lui, il resserre son étreinte.

C’est juste que quoi ?

Que rien. Absolument rien.

Paraissant satisfaite de ma réponse, ma conscience cesse de me harceler, alors qu’au creux de ma poitrine, la minuscule serrure entrouverte quelques heures plus tôt se referme dans un clic.

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4ème de couverture :

Au décès de sa grand-mère, Elisa Duval se voit confier la garde d’un talisman, sauveur de son monde et de celui des Syams. La vie de la jeune femme, loin d’être jusque-là une aventure épique, prend un tournant inattendu. Elle, si maladroite et solitaire, s’allie à Kylian, un Syam Guerrier, balafré, arrogant et dangereux. Ensemble, ils doivent protéger le Talisman et sauver la famille d’Elisa, prise en otage par Locle, le terrifiant Seigneur des Ténèbres, avide d’anéantir les Syams et d’asservir l’humanité.

Dans un périple semé d’embûches et de créatures sans pitié, à travers la forêt et la brume, Elisa et Kylian se lancent alors dans une course effrénée contre la montre.

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