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Extrait ajouté par Papaye 2017-02-03T17:03:01+01:00

— Monsieur le baron ? répéta-t-elle, mais… c’est qu’il est malade.

—Il me recevra. Je suis sa petite-fille.

Elle n’attendit pas que la domestique se remette de son étonnement, et entra. Cependant, elle n’avait pas fait trois pas qu’une voix sèche claqua.

— Qu’est-ce donc, Friquette ?

Cécile se retourna. Une femme de haute taille, d’âge mûr, toute vêtue de sombre, se dressait devant elle. Son air sévère était accentué par un petit chignon serré sur la nuque. Elle s’avança dans un drôle de cliquetis. Cécile remarqua alors le trousseau de clés pendu à sa ceinture. C’était sûrement la gouvernante.

— Cette demoiselle est la petite-fille de M. le baron. Elle souhaite le voir.

La femme n’eut qu’un léger tressaillement, avant d’ordonner :

— Laisse, Friquette, je m’en occupe.

Puis, s’adressant à Cécile, elle demanda :

— Vous êtes sans doute Mlle d’Altafuente ? Notre maître ne pourra pas vous recevoir. Vous auriez dû nous prévenir de votre arrivée. Cela vous aurait épargné ce long déplacement inutile.

— Inutile ? répéta Cécile, inquiète. Et pourquoi donc ? Mon grand-père m’a dit dans sa lettre de profiter du voyage de la famille royale à Chambord pour lui rendre visite…

La femme prit l’air navré. Elle serra ses mains et expliqua :

— Hélas, mademoiselle. Notre pauvre maître est très mal. Je m’en voudrais de lui imposer une émotion aussi forte que celle de vos retrouvailles. Cela pourrait lui être fatal… Le mieux serait que vous regagniez la Cour. Nous vous écrirons dès qu’il ira mieux.

Cécile ne sut que répondre. Le vieil homme était-il malade au point de ne pas l’accueillir ? Après quelques secondes, elle déclara calmement :

— Je peux me rendre utile auprès de lui, madame. J’aimerais le voir.

— Non, vous dis-je.

Le ton était cassant, mais Cécile ne s’en laissa pas compter :

— Et moi, j’insiste. Je suis sa petite-fille, ma place est ici.

Toisant la gouvernante, elle annonça d’une voix hautaine, comme elle l’avait entendu faire à Versailles par les dames de la noblesse :

— Eh bien, madame, qu’attendez-vous ? Dépêchez-vous de me montrer ma chambre !

La femme semblait médusée par tant d’aplomb ! Elle leva le menton et rétorqua :

— Très bien. Vous l’aurez voulu. Friquette ! ordonna-t-elle à la petite. Installe mademoiselle dans la chambre jaune, au deuxième étage.

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Extrait ajouté par Platypus 2019-03-07T12:33:14+01:00

La longue file de véhicules avancait en cahotant, soulevant des nuages de poussière sur la route au profondes orinières.On y trouvait, étalé sur plus de quatre lieues, un étonnant mélange de luxueux carrosses et de chariot bâchés, lourdement chargés.

Dans une voiture frapper aux armoiries de la reine, quatre femmes conversersaient. Il y avait là une vieille dame d'honneur, émitouflée dans un châle et coifée d'un bonnet de dentelle, et trois jeunes filles vêtues de costumes de voyage.

–Enfin ! soupira Mme du Payol d'une voix mourante. Ce soir, nous serons arrivés. Je suis rompue !

Un violent chaos la souleva de la banquette. D'une main maladroite, elle s'agrippa à Cécile, sa jeune voisine, qui l'aida à se rasseoir.

La Cour de France avait quitté Versailles depuis cinq jours, avec armes et bagages. Voyage long et fatigant, que les courtisans supporter avec la force de l'habitude, Louis XIV aimant à se déplacer d'un château à l'autre. Pour l'heure, on se rendait à Chambort, où le roi souhaitait chasser.

–Il me tarde de voir ce fameux château, déclara Pauline de Saint-Béryl, l'amie d'enfance de Cécile, assise face à elles. Il paraît que Sa Majesté l'a fait restauré. Nous y serons comme des coqs en pâte.

Mme du Payol afficha une moue guère convaincue.

–Vous êtes depuis peu dans la maison de la reine, ma chère petite, vous ignorez encore l'incommodité de ces déplacements ! Nous avons passé les quatre dernières nuits dans de mauvais lits d'auberge, et cela ne fait que commencer. J'ai enduré sur le genre de voyage bien des fois. Avec mon défunt époux, Charles-Louis... Vous aivais-je dis qu'il était mousquetaire ?

Pauline ne put retenir rire. La dame avait une fâcheuse tendance à radoter –comme elle ne faisait pas semblant d'être sourde pour avoir la paix !– mais on lui aprdonnait ses défauts de bon cœur, car elle était la gentillesse même.

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