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Extrait de Le tyran des songes ajouté par anne58 2016-12-02T10:10:46+01:00

-Très drôle, fit Orion, dés qu'Emma fût hors de leur vue et non sans suivre d'un regard bienveillant le sillage des pas de la jeune fille.

-Quoi? rétorqua Jack en penchant exagérément la tête dans sa direction.

-Vous jouez, encore.

-Ah oui? Sûrement parce que je m'ennuie.

-La Mort n'est pas censée s'ennuyer.

-Un peu de temps en temps.

Orion cala son dos contre le siège et, tout en le faisant pivoter de droite à gauche, fixa son terrible maître d'un oeil torve.

-Bien. Vous vous ennuyer donc. C'est parfait, nous n'avons qu'à parler.

Jack leva les yeux au ciel, mais cela ne dissuada pas son interlocuteur:

-Est-ce que vous allez enfin me dire pourquoi vous m'avez affublé du prénom Vlad?

-Ca fait deux ans que vous me posez cette question et que je n'y réponds pas. Par moment, mon cher, vous êtes si lent à comprendre.

-S j'arrête de vous parler, la journée va vous paraître encore plus longue, je peux vous l'assurer.

-Pourquoi Vlad? répéta la Mort avec une moue d'hésitation. Je ne sais pas moi. Pourquoi avez-vous choisi La petite Faucheuse comme enseigne de la boutique?

-Sans doute parce que vous êtes la Faucheuse.

-Mais je ne suis pas petite.

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par anne58 2016-12-02T09:59:29+01:00

-D'accord, résuma Saki. Bon, donc on a rien.

-C'est ça, fit son ami dépité.

-Donc on attend, renchérit-elle.

-C'est ça.

-Si on avait été dans une série on aurait une brillante idée.

-Si on avait été dans une série, soupira le garçon avec fatalisme, en vrai, tu serai une super sorcière, Julie un vampire et moi, un loup-garou. Et on aurait pu sortir d'ici en les pulvérisant. Mais là, on est dans cette bonne vieille réalité de merde. Et dans la réalité de merde, nous ne sommes que trois pauvres ados sans aucune ressource ni aucune brillante idée. Et ouais, la magie, c'est pour la fiction.

Parfois.

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Bleuopale 2016-12-01T18:17:11+01:00

« — J’ai interrompu votre conversation ? demanda-t-il sans toutefois sembler en éprouver la moindre gêne. Vous n’avez qu’à faire comme si je n’étais pas là.

Mais bien sûr, Votre Noirceur, se dit-elle avec la plus grande mauvaise foi.

Vlad lança un coup d’œil complice à Emma, avant de lui faire signe de reprendre là où elle s’était arrêtée.

— Oui, reprit la jeune fille, en essayant de faire abstraction du public. Je disais pour répondre à ta question, que justement demain, j’avais une soirée de prévue.

— Quoi ? Mercredi, en pleine semaine ? intervint sa majesté des Noirceurs.

— Jack ? soupira l’étudiant.

— Vlad.

— Heu, coupa Emma, franchement mal à l’aise, c’est pour la Saint-Valentin. C’est, enfin, c’est juste histoire de sortir un peu de mes révisions.

— Oui, ce n’est sûrement pas pour célébrer l’amour, nota Jack en jetant le dictionnaire dans la corbeille à papier.

— Je… bredouilla-t-elle, à court de réparties. »

— Parfois je ne comprends pas certaines symboliques historiques, réfléchit à voix haute le maître des lieux. Saint Valentin est très probablement mort vierge.

— Jack… fit Vlad, un brin constipé.

— Cessez de me répéter comment je m’appelle, je m’en souviens. »

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Gruvioler 2017-12-14T02:46:21+01:00

« Jack fit une entrée fracassante. Il se planta au milieu de la pièce en essayant de reconstituer mentalement la chronologie de l’apocalypse qui s’offrait à sa vue. Il aperçut le cadavre de la magicienne. 

— Bien, bien, ironisa-t-il, je prends dix minutes de retard dans les bouchons et vous me foutez un bordel sans nom. »

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Gruvioler 2017-12-14T02:15:17+01:00

« Les deux hommes reprirent leur course. Une pluie de rocaille provoquée par les tremblements du sol accompagna bientôt leur progression et manqua à plusieurs reprises de pourfendre leur crâne. Le bruit était de plus en plus assourdissant et de moins en moins répercuté par l’écho. La source de cette manifestation les rattrapait. Soudain, au détour d’un boyau dans la roche, Orion heurta violemment quelque chose dont le rebond le projeta à nouveau à terre. Il jura. Récupérant son arc et visant l’obstacle d’une flèche vengeresse, il stoppa son geste quand il aperçut Charon, tout aussi sonné que lui par le choc. Emma et Hypnos se trouvaient juste derrière.

— Emma ! lança immédiatement Orion.

— La Mort ? rétorqua Charon, non sans une certaine appréhension.

— Vl… Orion ? rebondit Emma stupéfaite.

— Oui, voilà, on connaît tous nos prénoms, maugréa Jack. Passons à la question suivante. Est-ce…

Orion décocha une flèche qu’Hypnos esquiva suffisamment pour éviter le pire, mais pas assez pour épargner son manteau.

— Orion ! gronda Jack.

— Réflexe. Au temps pour moi, s’excusa le Chasseur sans conviction.

— Est-ce que l’un d’entre vous peut m’expliquer ce qu’il a fabriqué pour en faire sortir une ? reprit la Mort avec colère.

— Une quoi ? demanda Orion.

« — Une chimère ! pesta Jack, c’est bien ça ?

— Oui, confirma Charon.

— Non, mais c’est une blague ? reprit Orion.

— Ah, qu’est-ce qu’on se marre, c’est sûr, rétorqua le Passeur, blasé.

— Comment est-elle sortie des cavités inférieures ? questionna Jack.

— J’en sais rien, la seule fois où j’en ai vu une, c’était dans un livre pour enfants. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’elle nous colle au train ! répondit Charon. Et elle a l’air sacrément en pétard, alors je suggère qu’on mette les voiles.

— Et pour se planquer où ? interrogea Orion, faisant preuve d’une fulgurante clairvoyance.

— Suivez-moi, à gauche, ordonna Hypnos.

— Oh, oh ! objecta le Chasseur, pourquoi à gauche ?

— Parce que je le dis.

— Ah bon, ben si tu le dis, on doit le prendre pour argent comptant !

— S’il vous plaît, tenta Emma, dont l’intervention passa totalement inaperçue.

Un pan entier de la roche derrière eux explosa soudain sous la force du corps gigantesque de la Chimère, laquelle venait d’enfoncer la paroi afin de raccourcir la durée de sa chasse. La déflagration propulsa le groupe contre le mur opposé et ce fut par un miracle inattendu qu’il fut épargné par les projectiles de pierre.

— Merci de nous avoir fait perdre du temps avec vos imbécilités puériles de coqs ! tonna Jack à l’attention de son frère et de son bras droit. 

Une fois remis sur pied, le petit groupe fila sans demander son reste. À gauche. Orion tenta de décocha quelques flèches en direction de l’animal, mais à part l’énerver davantage, cela ne sembla nullement le blesser.

— Mais c’est quoi son problème ? On dirait qu’elle nous en veut personnellement, nota fort justement le Chasseur.

— J’en sais rien, rétorqua Charon, en dépassant Orion, peut-être qu’elle a ses règles ! Je ne suis pas un spécialiste. C’est pas censé cracher du feu, à un moment ?

— Ça n’a pas encore dû lui venir à l’esprit ! remarqua Jack. Hypnos ? Es-tu certain de ce que tu fais ?

— Plus ou moins, répondit ce dernier.

— Ce que tu me fatigues quand tu dis ça !

— Entièrement d’accord, lâcha Emma, à bout de souffle. 

Le petit groupe trouva à emprunter un passage beaucoup plus large que le précédent, si bien que la Chimère, plus libre de se mouvoir, gagna du terrain. Les fugitifs purent entendre sa gueule béante claquer dans le vide tout près d’eux et ils manquèrent de se faire gober à plusieurs reprises. L’haleine fétide projetée par les grands mouvements de langue du monstre leur provoqua un haut-le-cœur.

— Tu es certain que tu ne peux pas lui coller un de tes baisers mortels ? s’exclama Charon, en direction de Jack. Tu sais, une bonne vieille grosse pelle.

— Tu sais combien de points de vie cette chose possède ? Il faudrait que je couche avec pour espérer lui faire perdre connaissance ! Mais où est cette satanée crevasse, Hypnos ?

— Droit devant, répondit celui-ci, sans lâcher la main d’Emma.

— Quelle crevasse ? questionna Orion, lassé de n’obtenir jamais aucune réponse satisfaisante. »

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Gruvioler 2017-12-14T01:28:37+01:00

« — Sauf qu’Emma n’est pas humaine, reprit Jack après un effort de concentration. Elle est un éclat de l’essence d’Hypnos. Elle est un bout de lui en d’autres termes.

— Heu… risqua Orion en focalisant son attention sur les formes sombres qui grandissaient autour d’eux. On a déjà parlé de la raison pour laquelle vous ne buvez jamais d’alcool ?

— Je dirais que votre plus gros problème tient au fait que quand vous récupèrerez Emma, elle ne sera sans doute plus celle que vous avez connue. Pire, elle pourrait ne jamais pouvoir couper le lien avec celui qui… l’a faite.

— D’accord, acquiesça le Chasseur de moins en moins rassuré à mesure que les ombres s’approchaient des magnifiques bouquets de fleurs suspendus au mur qui dépérirent à l’instant où les spectres noirs passèrent sur elles. Sinon, je pense que vous devriez rentrer. Prendre une raclée par votre frère ne doit pas être facile à encaisser pour vous.

— Vous pensez que c’est ça qui m’a contrarié ?

— Je n’en ai pas la moindre idée. La confidence, ça n’a jamais été votre truc. Une chose que vous avez en commun avec votre frère.

— Vous ne savez vraiment rien, conclut Jack en se relevant de son siège et en commandant une nouvelle boisson.

— Oui, c’est ça, je ne sais rien, répliqua Orion tout en essayant de faire comprendre discrètement à la serveuse que la limonade modifiée, finalement, c’était une très mauvaise idée.

— Hypnos est mon jumeau, lâcha Jack avec une brusque spontanéité, et pourquoi dites-vous à la serveuse d’arrêter de me servir ? Vous la perturbez. Cessez de la perturber, je la trouve sympathique.

La serveuse gloussa, ce qui arracha à Jack un sourire parfaitement effrayant.

— Votre jumeau ? Attendez, ça veut dire…

— …que je la trouve sympathique. La preuve.

Jack saisit la main de la barmaid et se pencha vers elle. 

Vous avez une tumeur maligne au sein droit, chuchota-t-il. Normalement dans six mois, vous êtes morte, mais si vous consultez un spécialiste dans la semaine, peut-être que vous pourrez déjouer la grande Faucheuse.

La jeune femme changea de visage. Elle fit la grimace et tourna les talons pour aller se terrer à l’autre bout du comptoir, comme une souris devant un chat.

— Est-ce que c’est vrai ? s’impatienta Orion.

— Bien sûr que non. On ne me déjoue jamais. Mais elle aura six mois de plus. Parce que je la trouve sympathique. Détendez-vous.

— Je parle de votre jumeau ! s’écria le Chasseur. La gémellité chez les Allégories, ça n’arrive presque jamais parce que…

— Parce que ça ferait de nous une seule entité composée d’une somme de deux pouvoirs.

— Ça et aussi que…

— La douleur que je lui inflige est aussi la mienne. Sacrée ironie du sort, n’est-ce pas ? Ils m’ont fait lui arracher le cœur et ce faisant, j’ai brisé le mien.

Orion resta muet. 

— Ah ! s’écria Jack en souriant de toutes ses dents. Je vous parais un peu moins antipathique. Je veux une autre limonade.

Son acolyte mit une seconde à réagir et montra du doigt les ombres rampantes qui avaient atteint le plafond. Jack fronça les sourcils.

— Orion ? — J’ai peut-être un peu ajouté de l’alcool à votre boisson.

— J’y suis allergique.

— J’avais oublié.

— Vous avez autant de place dans votre cerveau que celui d’un moineau. Vous avez intérêt à être opérationnel demain à la première heure !

Disant ses mots, Jack quitta le bar et fila hors du Lizard Lounge d’un pas un peu moins assuré qu’à son habitude. Les spectres noueux dégringolèrent du plafond et suivirent leur maître. Quand celui-ci fut hors de l’établissement, les ombres disparurent aussi, comme si elles n’avaient jamais infesté la salle. Seule la fossilisation des bouquets de fleurs témoignait du passage des mains noires.

La mâchoire d’Orion était toujours légèrement affaissée et ses yeux arrondis dans leur orbite ne pouvaient se détacher du chemin emprunté par Jack.  »

Extrait de: Miller, Oren. « Le Tyran des Songes. » iBooks.

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Gruvioler 2017-12-14T01:06:21+01:00

« — Menteurs, balbutia-t-elle, déchirée par une vive émotion.

— Non… prononça Orion, à peine audible.

Sans attendre davantage, comme si elle avait eu peur de changer d’avis, elle empoigna la main d’Hypnos avec précipitation. Celui-ci dégagea une nuée de volutes ensablées qui brouillèrent la vue de la Mort et d’Orion. Quand l’air devint à nouveau respirable et le jardin visible, le Marchand de Sable et le Porteur avaient disparu.

Après le chaos de la bataille, les choses parurent figées en un tableau lacéré, l’illustration pénétrante d’un conte horrifique. Mais l’immobilisme ambiant ne dura guère et les sirènes de voitures de police, alertées par tout le voisinage, commencèrent à percer au loin.

— Je déteste quand il fait ça, ça colle aux vêtements, on ne s’en débarrasse jamais, toussa Jack en époussetant sa redingote sombre sans grande efficacité.

— Non, répéta Orion, le visage stupéfait.

— Si. Mon manteau est bon à jeter. J’adorais ce manteau. Ah, vous parlez de ce merdier ? Je confirme, c’est une catastrophe.

— Que lui a-t-il fait ? questionna le Chasseur, débordé de colère.

— C’est Hypnos, Orion, le maître des songes, des rêves et des fantasmes. Manipuler les consciences, c’est un petit peu inclus dans le personnage. Sans oublier ce détail qui a failli nous coûter cher : elle est un morceau de lui. Ça commence à rentrer ?

— Ce n’est pas vrai…

— Écoutez, elle est encore en vie. Cela veut dire qu’il n’est pas en mesure d’accomplir le rituel pour l’instant. Il doit lui manquer quelque chose. Et ça, c’est très bon pour nous.

— On ne doit pas avoir la même définition du mot bon, rétorqua Orion, amer.

— Changez de dictionnaire. Trouvons la chose qui lui manque et nous le trouverons, lui. Et alors, sans doute, faudra-t-il se montrer moins diplomate.

— D’accord, alors dépêchons-nous, renchérit Orion qui grattait convulsivement sa nuque. Le temps presse, elle est avec lui. Elle est perdue et ce monstre en profite ! Il abuse d’elle.

— Oui, j’ai compris, vous êtes inquiet et jaloux. Passons vite les clichés.

— Rien à voir ! tempêta le Chasseur avec une extraordinaire mauvaise foi. Chaque minute qui s’écoule la rapproche de son destin : la mort !

— Certes, certes. »

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Extrait de Le tyran des songes ajouté par Bleuopale 2016-12-01T18:17:41+01:00

« il s’autorisa à se laisser aller à une certaine mélancolie. La Mort avait aussi ses mauvais jours. Celui-ci l’était particulièrement. Du genre qui vous faisait boire un verre de lait en plein milieu de la nuit quand le monde était sur le point de basculer. »

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