Livres
472 801
Membres
445 827

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:22:23+02:00

Ce n’est pas pour ce meurtre, pourtant, que je vais être pendu. Non. Comme châtiment, je fus condamné à la prison à vie. J’avais trente-six ans à cette époque. J’en ai quarante-quatre à présent. Les huit années intermédiaires, je les ai vécues dans la prison d’État de Californie, à San Quentin, dont cinq passées dans les ténèbres d'un cachot. C’est ce qu'on nomme, dans le langage des lois, la détention solitaire. Les hommes qui l’endurent l'appellent la « mort vivante ».

Afficher en entier
Extrait ajouté par SherCam 2019-06-05T20:00:24+02:00

. je couche ces lignes dans la cellule des condamnés à mort, où j'ai été transféré. On a placé près de moi, pour m’épier, la garde de la mort. Elle veille, nuit et jour, sans s’éloigner, et sa fonction paradoxale est de s’assurer que je n’attente pas à mes jours. Je dois être conservé vivant pour la pendaison. Autrement le public serait dupé, la loi bafouée, et une mauvaise note serait donnée au directeur de cette prison, dont le premier devoir est d’avoir soin que les condamnés soient dûment et proprement pendus.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:22:17+02:00

Voilà le grand secret découvert. La colère noire ! C’est elle qui m’a perdu, en cette vie actuelle qui est la mienne. À cause d’elle, d’ici à quelques courtes semaines, je serai tiré de la cellule où j’écris pour être hissé sur un plancher en équilibre, le cou orné d'une bonne cravate de chanvre. Là on me, pendra jusqu’à ce que mort s'ensuive.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:22:09+02:00

Absurde, dis-tu ?... N’oublie pas pourtant, toi que je tenterai de faire cheminer à ma suite, à travers le temps et l’espace, n’oublie pas, je t’en conjure, que j’ai longuement réfléchi sur ces sujets, que, durant cinq années, au cours de nombreuses nuits pleines d’angoisses et de sueurs de sang, j’ai médité dans les ténèbres, face à face avec ces nombreux « moi » qui me tourmentaient. J’ai retraversé les enfers de toutes mes existences et je t’en apporte ici le récit, que tu liras pour te distraire une heure, ce livre en main, dans ton confortable chez toi.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:54+02:00

En ce qui me concerne, je me rappelle fort bien qu’à l'époque lointaine où je n'étais qu’un marmot balbutiant, un petit être tendre, poussant de faibles vagissements pour exprimer sa faim ou son besoin de sommeil, je me souviens, oui, je savais que j’avais été un vagabond des étoiles. Moi dont les lèvres n’avaient jamais émis le mot « roi », moi dont l’oreille ne l’avait jamais entendu prononcer, je me souvenais d’avoir été jadis le fils d’un roi. Et aussi d'avoir clé un esclave et un fils d’esclave, et d’avoir porté un collier de fer autour du cou.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:47+02:00

Wordsworth savait. Ce n'était ni un voyant ni un prophète, simplement un homme ordinaire, comme toi ou n’importe qui. Ce qu'il savait, toi tu le sais, tout homme le sait, mais il l’a merveilleusement exposé dans cette page qui commence ainsi : « Ce n’est pas dans une nudité complète, ni dans un oubli total... »

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:37+02:00

Tout, cependant, dans ces visions lointaines de ton être, n’était pas un songe. Quand tu étais enfant, tout petit enfant, il te semblait, durant ton sommeil, que tu tombais dans le vide, d'une hauteur infinie: lorsque lu croyais voler dans l’air comme font les oiseaux du ciel ou que tu regardais avec horreur, autour de tes pieds enlisés dans la boue, ramper mille araignées répugnantes, mille créatures immondes courant sur leurs pattes innombrables ou se tramant sur leur ventre, lorsque dansaient devant tes prunelles closes des formes de cauchemar, inconnues, et que tu voyais se lever ou se coucher d’étranges soleils qui ne sont pas de ce monde, tout cela peut-être n’était pas un vain rêve de ton imagination échauffée et fiévreuse.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:32+02:00

Bien souvent, au cours de mon existence, j’ai éprouvé une impression bizarre, comme si mon être se dédoublait : d’autres rires vivaient ou avaient vécu en lui, en d'autres temps ou en d'autres lieux. Ne proteste pas, toi, mon futur lecteur. Scrute plutôt toi-même ta conscience. Remonte en pensée jusqu'à cette époque où ta personne physique et morale n’était pas encore constituée, où, élément ductile, âme en flux comme la mer montante, tu sentais à peine, dans le bouillonnement tumultueux de ton être, ton identité se former.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:23+02:00

Tout condamné à la prison à vie, s'il agresse un gardien, est passible de la peine de mort prononcée par le directeur... à la discrétion des gardiens : il leur est facile de provoquer un détenu dont on souhaite se débarrasser de façon définitive. Tout condamné qui dénonce un délit commis par un compagnon de captivité voit automatiquement réduire sa peine. C’est encourager, au-delà de la délation, la vengeance envers un codétenu détesté, c'est même une prime au mensonge, si gros d’avantages. Tout détenu coupable d'un manquement à la discipline est passible d'une mise au cachot agrémenté du port de la camisole de force, accessoire sobrement dénommé the jacket (« la veste »), et, sur cinq jours consécutifs, de privation de nourriture.

Afficher en entier
Extrait ajouté par ilovelire 2016-08-13T22:21:08+02:00

Depuis longtemps – depuis qu'il a goûté à l’hospitalité carcérale pour « vagabondage » en 1894 –, Jack London a un compte à régler avec le système pénitentiaire. Pas seulement sur le plan personnel : il le considère comme le chien de garde de la société capitaliste. Au-delà de l'auxiliaire zélé, c’est elle qui est visée tout entière, et c'est contre elle qu’il dirige ce brûlot en larme de roman qu'est Le Vagabond des étoiles, rédigé, après une gestation de deux années, entre la fin de 1913 et mars 1914.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode