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Bibliothèque de lena05 : Mes envies

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Les treize roses Les treize roses
Jesús Ferrero   
"Jesús Ferrero développe ici, de façon romanesque, un épisode oublié de l'immédiat après-guerre civile espagnole. Treize jeunes femmes, certaines encore mineures, de l'organisation communistes de Madrid, sont arrêtées, jugées et exécutées. Après leur mort, on commence à les appeler "Les treize roses", en souvenir du poème de ce nom écrit par l'une d'elle.
Ferrero imagine leurs derniers jours, depuis leur arrestation jusqu'à leur exécution, et compose une sorte de tragédie antique, un choeur ou chacune des condamnées vient tour à tour sur le devant de la scène et joue le rôle du coryphée. Cela donne à ce livre une grande intensité dramatique et une grand beauté poétique, qui lui ont valu d'être unanimement salué en Espagne comme un roman qui fera date."

par Hiyoko
Dites aux loups que je suis chez moi Dites aux loups que je suis chez moi
Carol Rifka Brunt   
Ma note : 18/20

L'histoire se déroule à New York et dans sa banlieue, en 1980. L'intrigue paraît simple mais aborde beaucoup de thèmes intéressants et forts : le sida pour commencer, qui est tabou et encore très mal connu à cette époque, le passage à l'âge adulte, au travers des différents personnages qui nous racontent chacun leur parcours, la fraternité, l'amitié et l'adolescence.
Ce sont tous ces thèmes, et la façon plus que brillante dont ils sont abordés, qui rendent ce roman si fort et exceptionnel.

Je vais procéder un peu différemment pour cette critique, je vais d'abord parler des personnages et de l'écriture puis des différents thèmes de façon plus approfondie.

« Cette nuit-là, j’étais dans mon lit à imaginer le baiser de Finn. J’étais dans mon lit à penser à tout ce que j’avais sur le cœur, que ce soit possible ou impossible, bien ou mal, dicible ou indicible, et, quand toutes ses pensées se sont envolées, il ne restait plus qu’une certitude : à quel point mon oncle Finn allait me manquer. »

Les personnages sont tous très forts, ils nous inspirent des émotions intenses, que ce soit de l'attachement, de la peine, de la pitié, de la joie ou même de la colère, on passe par un panel d'émotions fortes et on finit par s'attacher même au plus égoïste des personnages.
J'ai particulièrement adoré June, à qui je me suis identifiée, elle est seule, perdue dans l'adolescence, elle se sent bizarre, un peu hors des normes, elle n'arrive pas à se faire d'amis et n'en ressent en fait, pas vraiment le besoin, elle veut vivre hors du temps, hors de son temps. Mais en même temps, elle est déjà terriblement mature pour son âge (14 ans) elle a des pensées arrois très enfantines et parfois étonnement adultes.
Puis il y a sa sœur, Greta, un condensé de méchanceté, qui va se révéler n'être que le fruit d'un mal être très profond.
Ses parents aussi, surtout sa mère, sont forts, pleins de rêves brisés, ils représentent l'adulte qui est devenu ce qu'il a dû et non ce qu'il a voulu l'adulte qui fait vivre sa famille et qui s'oublie.
Puis il y a Finn qui, bien que mort, traverse toute l’histoire d'un bout à l'autre, il est le début, la fin et le fil conducteur, il est le lien entre tous nos héros, le liens entre chaque phrase, il est plus vivant que tous les autres et en même temps, chaque personnage le recouvre du voile de la perfection qu'on n'accorde qu'aux défunts.
Et enfin il y a Toby, le pauvre Toby qui inspire tant de compassion, d’amour et de peine. Toby qui finit par devenir Finn, Toby qu'on finit par aimer si fort, peut-être même plus fort que Finn.
Finalement, on a beaucoup de mal à quitter ces personnages, on a envie de rester avec eux encore des jours et des jours parce qu'ils sont forts, parce qu'ils sont beaux, parce qu'ils ont besoin de nous et parce qu'on a besoin d'eux.

Mais les personnages ne sont pas la seule perle de ce livre, il y a aussi la plume de l'auteur (j'ai du mal à croire que ce ne soit que son premier roman, amis elle ira loin)
Elle a une plume très belle, douce, légère et en même temps terrible. Elle nous fait comprendre le deuil, la douleur, la souffrance, la solitude mais aussi l'amour, l'amour fraternel, l'amour d'un oncle, l'amour interdit, l'amour secret, l'amour si fort et si terrible qu'on a le cœur qui explose.
Elle parvient à se mettre dans la tête de June et à nous y glisser aussi, avec des phrases d'une innocence et d'une naïveté puérile mais très attachante et d’autres peuplées de réflexions fortes et matures.


« C'est ça le secret. Si l'on s'assure d'être toujours exactement celui qu'on veut être, si l'on fait en sorte de ne connaître que les personnes les plus formidables, alors on peut mourir demain. Ce sont les gens les plus malheureux qui veulent vivre éternellement parce qu'ils considèrent qu'ils n'ont pas fait tout ce qu'ils voulaient. Ils pensent qu'ils n'ont pas eu assez de temps. Ils ont l'impresssion d'avoir été arnaqués. »

Puis il y a les thèmes abordés, qui sont intéressants, parfois banals, parfois presque inédits, mais tous très bien traités.
J'aimerai commencer avec le premier, le plus important mais aussi le plus évident : le sida.
A cette époque, c'est encore une maladie très peu connue, on ne sait pas comment on l’attrape, elle est vue comme une maladie d'homosexuels, une maladie dégoûtante, elle est tabou et les gens qui en souffrent sont mis à l'écart, rejetés.
June nous apprend, bien plus que les autres, la tolérance et l'acceptation des autres, elle nous apprend à ne pas avoir peur du sida ni de ceux qui en souffrent, elle nous apprend à les aimer et à les aider. Et elle est la seule à en être capable car, même si elle est très adulte, elle voit ces choses-là comme une enfant, de son regard innocent qui apprend à découvrir le monde.
On en apprend un peu plus sur le regard porté sur le sida à cette époque, les tabous, l'intolérance, la peur et le dégoût....
C'est un livre fort qui plus que le sida, parle aussi de la mort.
De la mort et du deuil, de l'acceptation de la perte de quelqu'un. Et j'ai trouvé toutes ces remarques sur la mort, le deuil et la solitude qui s'ensuit très justes et très belles.
On est face à la mort d'un oncle, d'un être cher, d'un frère, d'un amour, et chaque personnage vit son deuil différemment, vit son deuil et essaie de se relever à sa manière.
Mais ce n'est pas une simple mort, c'est une mort du sida, il y a donc la culpabilité, celle qu'on fait peser sur l'amant, celui qu'on rend responsable, celle qu'on ressent aussi au plus profond de nous.
Ce livre restera l'un des plus beaux et des plus forts que j'ai pu lire sur la mort et le deuil.

« J'ai réfléchi à toutes les sortes d'amour qui existent. J'en ai trouvé dix sans effort. La façon dont un parent aime son enfant, la façon dont on aime un chiot, la glace au chocolat, sa maison, son livre préféré ou sa soeur. Ou son oncle. Il y a ces sortes d'amour et puis il y a l'autre sorte. Quand on tombe amoureux. »

Au travers de la mort de Finn sont abordées d'autres thématiques, notamment celles de l'amour et de l'amitié.
En effet, June ressentait un amour fort et fusionnel pour son oncle Finn
et à travers cet amour elle découvre l'adolescence et le passage à l'âge adulte.
Puis elle apprendra à aimer un autre homme d'un amour presque aussi fort et complice que celui qu'elle éprouvait pour Finn. Elle va alors apprendre l’amour, le besoin, la peur, l'amour interdit, l'amour secret.
Et puis il y a l’amour que porte Toby à Finn, un amour rédempteur, un amour qui sauve, qui consume.
C'est terriblement émouvant et tellement réel. On est plongé dans leur cœur. Ca en devient presque gênant de ressentir leurs émotions, leur amour.

« Je n’étais pas seulement triste parce que je ne faisais pas partie du monde de Toby et de Finn, mais parce qu’il y avait aussi des choses que j’aimais de Finn qui ne venait pas du tout de lui. »

Mais l'amour peut aussi s'exprimer entre un frère et une sœur, un amour pleins de regrets, de peine et de temps perdu, un amour fraternel qui unit, éternellement, un frère et une sœur qui se sont perdus de vue.
Ou l’amour d’une sœur envers une sœur, lorsqu'on est la seule personne à comprendre l'autre, sans mots,, à remarquer son trouble, son mal être. Une fraternité difficile, emplie de peur, de séparation, de secrets mais qui nous unit à vie à cette personne qui nous aimera toujours, peu importe nos choix.
La deuxième relation prenant exemple sur la première pour ne pas faire les mêmes erreurs et la première essayant tant bien que mal de réparer les dégâts causés par des années de séparation et de jalousie.

« Parfois les mots de Greta étaient si tranchants que je les sentais me couper les entrailles, réduisant mes organes, mon coeur, en petits morceaux. Je savais qu'elle me regardait, essayant de lire mon visage, alors j'ai tenté de le fermer aussi vite que possible. Mais c'était trop tard, elle avait eu le temps de voir ma réaction. »

Et puis il y a l'amitié qui vient s'ajouter à l'amour. June est face à la difficulté de se faire des amis, à la solitude qu'elle semble aussi un peu chérir. A ce mal du siècle que je comprends très bien.
June a peur des autres parce qu'elle n'est pas sûre d'elle, elle a peur de passer pour une fille bizarre, nulle, sans intérêt alors que lorsqu'elle ne cherche pas à faire semblant, lorsqu'elle est elle-même, elle est très intéressante.
Elle représente les jeunes laissés de côté, ceux qui se définissent autrement que le reste du monde. Les solitaires, les rêveurs, ceux qui se satisfont d'un seul vrai et très bon ami, ceux qui sont hors des normes, qui semblent bizarres mais qui sont juste eux-mêmes.
Et c'est ça aussi qui m'a fait tant aimé ce livre, car June est typiquement le genre de personnages que j'aime et auxquels je m'identifie. Car je pense comme elle, je me sens comme elle.

Et enfin, le dernier thème que j'aimerai aborder et qui me semble le plus important après la maladie, c'est le passage à l'âge adulte.
On le constate, selon moi, à travers trois personnages : la mère, Greta et June.
La mère représente l'adulte qui a des regrets et qui tente maladroitement d'apprendre la vie, le pardon et savoir saisir les chances à ses deux filles. Elle représente cet enfant qui a grandi et a dû devenir une mère et une épouse, qui a laissé ses rêves de côté pour grandir. Et bien souvent c'est ce qu'on croit, qu'il faut abandonner ses rêves, les laisser de côté pour grandir et devenir adulte.
Puis il y a Greta, qui a l'impression d'avoir grandi trop vite, poussée par une mère qui pense avoir abandonné à jamais ses rêves. Elle se sent mal dans cette adolescence trop rapide, trop brusque, dure et froide, elle a peur d'être seule, elle n'a personne pour l'accompagner et ça l’effraie. Elle voudrait encore courir et être enfant. Elle représente le temps qui passe, l'adolescence qui se transforme en âge adulte et qui nous prend par surprise.
Puis il y a June. Elle est encore une enfant mais elle bascule dans le monde des grands, à cause de la mort de son oncle, de cette maladie qui défraie al chronique, de Toby avec qui elle av partager son deuil. De l’amour qu'elle apprend à reconnaître.
Elle bascule lors dans ce monde de grands qu'elle ne comprends pas très bien, un monde de rêves brisés, de peurs et d'hypocrisie. Elle va apprendre à comprendre les grands et leurs façons d'agir ou de penser. Et grâce à son regard encore assez enfantin pour être innocent elle va apporter avec elle la tolérance et l’amour, le pardon et la solidarité.

« Peut-être que je suis la personne la plus jalouse de la terre. Peut-être que j'avais envie que Toby entende les loups qui vivaient dans l'obscure forêt de mon cœur. Et peut-être que c'est ce que ça voulait dire. Dites aux loups que je suis chez moi. Peut-être que c'était ça. Peut-être que Finn avait tout compris, comme d'habitude. Autant leur dire où on habite, parce qu'ils nous trouveront de toute façon. Ils nous trouvent toujours. »

Nous sommes donc face à un roman qui nous plonge dans les années « sida » sous le regard d'une jeune fille qu'on va voir grandir. J'ai aimé tous ses aspects du roman, les personnages qui ont tous quelque chose ) offrir, quelque chose à nous faire découvrir. La plume impressionnante, juste et terrible à la fois et enfin tous ces thèmes, la maladie, l'amour, l'amitié, la relation entre deux sœurs ou un frère et une sœur, le deuil et la souffrance, l'amitié et la solitude, la peur de grandir, de mourir, de partir.
Tout ce qui fait qu'on se sent vivant.
C'est donc un gros coup de cœur pour ce roman. Mais attention, ne le prenez pas pour un roman ou tout est bien qui finit bien, c'est un roman fort et puissant qui va vous faire ressentir énormément d’émotions différentes, qui va vous faire comprendre et découvrir des choses, qui va vous bouleverser, vous faire pleurer, paniquer, rire, un roman humain plus que tout. Un roman qui va vous marquer.

par Amita
Le Livre perdu des sortilèges Le Livre perdu des sortilèges
Deborah Harkness   
CONQUISE !!!
Ce livre est PASSIONNANT et INTELLIGENT.
J'ai été littéralement séduite par ce premier ouvrage qui a fait l'unanimité de la critique à travers le monde. Voici une histoire riche et aboutie, avec des personnages étoffés et accomplis.
Le récit se déroule dans le monde universitaire, mélangeant les sujets comme l'histoire, la génétique, l'Alchimie ainsi que les différentes créatures surnaturelles. L'écriture est raffinée et on sent une maturité certaine dans l'approche et le développement de l'intrigue.
Ce livre est réellement plus consistant que la plupart du même acabit. Les personnages paraissent également plus crédibles et concrets que les protagonistes masculins fantasmagoriques d'autres auteures.
Une histoire envoutante, en un mot : SUBLIME !
A DECOUVRIR SANS DELAI

par ccmars
Talon, tome 5 : Inferno Talon, tome 5 : Inferno
Julie Kagawa   
What if dragons walked among us in human form? Enter a modern fantasy of heroes, sacrifice, forbidden love and enemies turned allies who have no choice but to fight side by side… Don't miss the epic conclusion as Ember, Riley and Garrett face off against Dante and the Talon dragon clones. Join them…or burn.

par Eileeen
Sauveur & fils, Tome 4 Sauveur & fils, Tome 4
Marie-Aude Murail   
Avec la finesse et justesse de la plume de Marie-Aude Murail, on retrouve tout autant de plaisir à retrouver Sauveur Saint-Yves entouré de tous les autres personnages, que se soit côté professionnel ou privé. Néanmoins, il faut avouer que ce quatrième tome n’est pas à la hauteur des autres et que la trame de fond plus décevante essouffle le concept. La brièveté de la période couverte par le roman fait en sorte que l’on a l’impression de peu retrouver les patients et leur retranscriptions psychologiques, au profit de la vie familiale de Sauveur qui elle, avance peu.
Sauveur & fils - Saison 5 Sauveur & fils - Saison 5
Marie-Aude Murail   
« Chacun de nos actes a trois motivations, celle qu’on avoue aux autres, celle qu’on n’avoue qu’à soi, celle qu’on ne s’avoue même pas. » Marie-Aude Murail, dans cette saison 5, va nous le prouver ! Deux années ont passé depuis la saison 4, et pendant ce temps, que sont devenus Blandine et Margaux Carré, Samuel Cahen, Lionel et Maïlys, Ella-Elliot, Frédérique Jovanovic ? Et la famille recomposée de Sauveur ? Et puis, comme à chaque saison, de nouveaux personnages vont faire leur entrée, Louane et ses animaux de soutien émotionnel, Madame Tapin qui, à 81 ans découvre le féminisme… Une nouvelle fois, le cabinet de consultation de monsieur Saint-Yves nous ouvre ses portes.

par Loumiel